‹ EspagneChapitre 75 sur 153 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

DOMINATION DU COMTE BONIFACE , MAItqUIS DE TOSCANE, ET DE BE- BANGEB, DUC D’iVBÉE.

Comme nous venons de le voir, la Corse avait subi bien des vicissitudes

( l ) Fflinhard, Annal** regtim francorum.

(2; Kginliurü, Annales reg um francorum.

depuis la chute de l’empire romain.

Abandonnée par ceux qui en étaient les défenseurs légitimes, elle était devenue la proie des Barbares et avait suivi le sort des provinces de l’Italie. En dernier lieu , les Grecs l’avaient eue sous leur domination; mais, n’ayant pu se maintenir dans l’exarchat de Ravenne, ils avaient été obligés de renoncer aux autres possessions, beaucoup moins importantes pour eux, et s’étaient retirés, abandonnant à qui les voudrait la Corse et la Sardaigne. En sc déclarant empereur d'Oeeident, Charlemagne prit naturellement la Corse sous sa protection : tant qu’il vécut , sa grande puissance fut comme une égide salutaire pour ce pays; mais à sa mort, son successeur comprit, malgré sa bonne volonté, que la Corse serait pour lui d’une très-difficile défense , à cause de l’éloignement et des occupations de l’intérieur. 11 en confia alors le gouvernement à Boniface, marquis de Toscane. La valeur bien connue deBoniface, la proximité de ses possessions, le mettaient à même plus que tout autre de veiller à sa défense. Boniface ne tarda pas à entrer en lutte avec les Sarrasins, qu’il battit à plusieurs reprises. Pour arrêter leurs incursions , il fit construire à l’extrémité sud de l’île un fort qui aujourd'hui encore porte son nom. Lajbscurité historique dans laquelle se trouve plongée cette époque au moyen âge nous laisse dans une grande ignorance sur ce que fit Boniface. Tout ce que nous savons, c’est que son fils Adalbert lui succéda dans le gouvernement de la Corse (846); qu’il combattit comme lui les Sarrasins, en fut vainqueur, et laissa à ses descendants le comté qu’il avait reçu de son père. Ce fut ainsi que la famille du comte Boniface posséda pendant près de cent ans la souveraineté de cette lie et ne la perdit qu’à la mort de Lambert, dernier marquis de Toscane (931).

La Corse passa, à cette époque, à Béranger II, neveu de Béranger duc de Frioul. La famille de Béranger remplaça celle de Boniface : on sait peu de chose sur elle; toutefois, on peut affirmer qu’ Adalbert, fils de Béranger, lui succéda. Adalbert combattit Otiion Ier, empereur d’Allemagne; mais, ayant été

L’UNIVERS

vaincu, il se relira en Corse, où Othon n’osa pas aller le chercher. Cependant, après la mort d’Adalbert et d’Othon 1er, Othon II fit faire une expédition contre la Corse, qu’il soumit et qu’il donna en fief à Hugues, fils d’Ubert, marquis de Toscane , autrefois dépossédé par Béranger II. Ce nouveau souverain survécut peu de temps à son investiture, et, à sa mort , les seigneurs , qui s’étaient depuis longtemps organisés, dans celte île comme sur le continent, en régime féodal , profitèrent de l’état d’.Tnarchie dans lequel se trouvait le royaume pour se déclarer indépendants.

Il est nécessaire de dire ici deux mots de ces seigneurs.

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