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CHAPITRE IL

LA MAONA AIUIIGO DELLA HOCCA.

Le gouvernement génois, trop préoccupé en ce moment de sa propre conservation , ne prêta qu’une oreille distraite à cette nouvelle demande : cependant quelques citoyens lui offrirent d'aller en aide aux seigneurs, à la condition d'avoir la Corse en fief. Le sénat accéda volontiers à cette proposition, et rendit un décret qui autorisait la compagnie de la Maona.

Cette compagnie se composait de cinq membres, appartenant aux familles les plus influentes et les plus riches de Gênes : c’étaient Leonello Lomellino, Giovanni da Magnara, Luigi Tortorino, Andrea Ficoneet Crisloforo Martil'fo. Son but était la soumission et l'exploitation de la Corse pour son pro-

LUJS’IVERS.

pre compte (I). La Maona lit des préparatifs considérables , et partit pour sa destination. Quoique bien accueillis par les mécontents, qui étaient en grand nombre, les nouveaux gouverneurs n'obtinrent pas le succès qu'ils s’étaient promis. Le comte Arrigo les combattit avec des chances telles que, ne pouvant avancer leurs affaires, ils lui proposèrent, pour en finir, de faire partie de leur société. Arrigo consentit a cet accommodement,d’autant plus volontiers qu’on lui laisserait, disait-on, l’autorité sur les provinces du delà des monts.

Mais comme il savait fort bien qu’il ne tâllait point sc liera veuglément à ces promesses , il se tint sur ses gardes. Il ne tarda pas à s'apercevoir qu’on n’avait voulu que l'endormir dans la sécurité, et qu'on préparait contre lui un armement. Il n’attendit pas qu'on vînt l’attaquer; il fondit tout à coup sur les gouverneurs, et leur fit éprouver une sanglante défaite. Dès tors la guerre se poursuivit avec acharnement des deux côtés. La Corse fut partagée en deux camps. Les gouverneurs de la Maona, profitant de la division qui avait éclaté entre quelques barons ultramontains, s’emparèrent de la Cinarca et de la ville d’Ajaccio; mais Arrigo ne les laissa pas longtemps jouir de leur conquête. Il leur reprit en quelques jours la Cinarca et obligea Ajaccio à se rendre à discrétion.

Les affaires de la Maona déclinaient sensiblement ; elle avait perdu un de ses membres dans un combat contre le comte; de plus, ses ressources étaient épuisées. Les gouverneurs résolurent

(I) L’auteur de la Giustijicazione rapporte un paragraphe du contrat qui fut fait alors entre la république el les cinq feudataires à qui elle livrait la Corse. On peut y voir que la république se considérait comme relevant du saint-siège pour la souveraineté de la Corse: « i’arimente nan promesse délit feudatarii « en’ loro vassalli alfaticarsl per quantn pos- « sono al conquisto ed acquisto di delta isoia, « c luoghl... e per l’acquislo, conquisto, e ripa- « razione , spendere lire quaranla mila di (ie- • nova in Ire anni prossluii venltiri. Aneora « il commune di Genova cou buona fede, e a « lullo suo poterc . darâ niuto, consiglio , e fa- ■■ vore, che li deltl feudatarii per suoi ambas- « cladori, a sue proprie spese, ottengauo la •> confcrmasione délia delta concessionc del n feudo dal somino ponlelice riunano. e Ginstijlcazitmc drlla rivotmionr di Corsica, pag. 87. Curti , 1784

d’abandonner la partie, et retournèrent à Gênes, dégoûtes d'une entreprise qui leur avait été très-funeste (1380).

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