CHAPITRE V
A11B1VÉE D'ALl'IIOXSE D’AJlAfiOX.
Les choses en étaient là lorsque Alphonse, roi d’Aragon, jugeant le moment favorable à la réalisation de ses projets, parut tout à coup dans les mers de la Corse à la tête d’une flotte considérable. Calvi , surpris inopinément par des forces supérieures , ne put opposer u’une faible résistance, et fut obligé e se rendre. Il ne restait plus aux Génois que Bonifacio. Alphonse résolut de leur enlever ce dernier asile. Les barons ultramontains étaient venus se présenter à lui dès qu’ils avaient appris son arrivée, et l'avaient reconnu pour souverain de l’île ; ce fut en leur compagnie qu’Alpbonse se dirigea sur Bonifacio, qu'il attaqua par terre et par mer. Le siège de cette ville fut long et plein de péripéties. Son dévouement
CORSE
à la métropole fut admirable. Malgré les efforts des assiégeants , elle sut résister aux assauts répétés, à la famine et à l’épidémie. Alphonse, qui ne s'attendait pas à une défense aussi vive, et que d’autres intérêts appelaient à Naples, abandonna la conduite du siège à Vincentello, et se retira avec le regret de n’avoir pu mener à fin son entreprise.
Il était temps d’ailleurs pour lui de uitterla Corse : la conduite imprudente e ses troupes avait excité un mécontentement générai à Campoloro, et les paysans avaient pris les armes sous MarianodaCaggio |>ours'opposorà la levée arbitraire des impôts. Calvi s’était également révolte et avait chassé sa garnison espagnole. De toutes parts il y avait comme une haine sourde contre les Aragonais. Vincentello et quelques autres barons soutenaient seuls les intérêts d’Alphonse. Le'siégede Bonifacio continua à être poussé avec vigueur; mais dessecours importants ayant pénétré dans cette ville, Vincentello se vit forcé d’abandonner le siège et de se retirer. Les choses se retrouvèrent alors au point où elles étaient avant l’arrivée d’Alphonse, c'est-à-dire que les Génois continuèrent à occuper Calvi et Bonifacio, et que Vincentello demeura maître du reste du pays.