‹ Espagne poetiqueChapitre 103 sur 112 · ARRIA Z A · texte numérisé non relu

ARRIA Z A

Vain espoir! Diras-tu les miracles sans nombre Des jeux de la lumière et des effets de l’ombre?

Vois ce brillant flambeau, cet astre, glorieux D’envoyer la clarté jusqu’aux pôles des cieux :

S il darde ses rayons vers ce mur solitaire.

Orné par le pinceau d’un marbre cinéraire , Qu’ombragent des cyprès et qu’entoure le deuil : Lieux, où dorment, unis à l’autel funéraire,

Deux amans que l’amour poussa dans le cercueil ,

Le rayon s’amortit dans ces cadres funèbres ;

L art triomphe , et le dieu qui ramène le jour Renonce désormais à charmer le séjour Que le peintre consacre à d’augustes ténèbres.

Environnée ailleurs de ses traits éclatans,

Alois que la peinture autour de moi retrace

Et les champs que j’aimais, aux jours de mon printemps ,

Et les faits illustrés dans les fastes du temps ,

Cet art qui de la terre a changé la surface,

Effort sublime où l’homme imprima son audace , L’architecture aussi me ravit à son tour :

Par elle , au lieu de l’antre où rugit la lionne ,

Au lieu de ces abris que le castor maçonne,

De l’être intelligent s’éleva le séjour.

Elle dompte Neptune , elle peuple les ondes.

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