ARRIA Z A
Vain espoir! Diras-tu les miracles sans nombre Des jeux de la lumière et des effets de l’ombre?
Vois ce brillant flambeau, cet astre, glorieux D’envoyer la clarté jusqu’aux pôles des cieux :
S il darde ses rayons vers ce mur solitaire.
Orné par le pinceau d’un marbre cinéraire , Qu’ombragent des cyprès et qu’entoure le deuil : Lieux, où dorment, unis à l’autel funéraire,
Deux amans que l’amour poussa dans le cercueil ,
Le rayon s’amortit dans ces cadres funèbres ;
L art triomphe , et le dieu qui ramène le jour Renonce désormais à charmer le séjour Que le peintre consacre à d’augustes ténèbres.
Environnée ailleurs de ses traits éclatans,
Alois que la peinture autour de moi retrace
Et les champs que j’aimais, aux jours de mon printemps ,
Et les faits illustrés dans les fastes du temps ,
Cet art qui de la terre a changé la surface,
Effort sublime où l’homme imprima son audace , L’architecture aussi me ravit à son tour :
Par elle , au lieu de l’antre où rugit la lionne ,
Au lieu de ces abris que le castor maçonne,
De l’être intelligent s’éleva le séjour.
Elle dompte Neptune , elle peuple les ondes.