ARRIA ZA
Et ses châteaux ailés , sur les vagues flottans ,
Volent porter la foudre à travers les autans.
Du métal précieux les retraites profondes ,
La prison des rubis , les berceaux de f airain Vont s’arrondir en voûte, agrandis par sa main.
Et quand elle revient des routes souterraines Offrir à l’horizon ses magiques présens ,
Des montagnes de marbre elle force les chaînes ,
Et détourne le cours des fleuves malfaisans.
Ici, voisins jaloux et rois de la contrée ,
Deux monts, se menaçant de leur front sourcilleux , L’un , de ses champs flétris sentinelle orgueilleux , Aux eaux de son rivai en a fermé l’entrée :
Les ruisseaux refoulés , de leurs flots caressans ,
Ne peuvent entourer les arbres languissans :
Mais l’homme avec dépit a vu l’onde égarée ,
Et les tiges sans force , et les fruits imparfaits Tromper, chaque saison, ses avides souhaits.
Vous le voyez rêveur parcourir les campagnes ;
Il sonde le vallon et juge ces montagnes Dont les faîtes rivaux se cachaient à ses yeux.
Il ose enfin : armé de savoir et d’adresse ,
Il va , monte , gravit , les mesure , les presse Sous des rocs enchaînés. Un arc victorieux,
De l’une à l’autre cime embrassant la distance , Soutient les bords nouveaux pour l’onde préparés : La Naïade applaudit, change d’urne et s’élance ,
Et les mourantes fleurs et les champs altérés S’enivrent de ses flots si long-temps désirés.
Ainsi, dans son essor, la noble architecture Change, au gré de ses lois, les lois de la nature.
Sur les sommets , dont seuls approchaient les éclairs
Sur 1 arc qui de ces monts presse les flancs, sur l’onde. Qui, dans son nouveau cours heureuse et vagabonde, Ti averse avec orgueil le royaume des airs;
Sur ces masses, enfin, dont le vaste assemblage Etonne les regards , le voyageur ravi Du génie inventeur croit voir planer l’image ,
Noble image de l’homme ; et cet être asservi ,
Que la glèbe rattache aux pas qui l’ont foulée.
Ici touche du front à la voûte étoilée