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LE CARTEL

ROMANCE MORESQUE

« Zaïd , si tu sens ton cœur » Répondre à ton insolence ,

» Et , comme parler sans peur ,

» Tu sais te battre en silence;

» Si tu pousses ton coursier,

» Comme au bal tu caracoles ,

» Et, comme de tes paroles,

» Tu tranches de ton acier;

» Si, quand la trompette sonne ,

» Tu peux quitter les pipeaux ,

» Et payer de ta personne ,

» Comme l’orner d’oripeaux ;

» Tiens voir si ton élégance » En champ clos te défendra,

» Comme on voit ton arrogance

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» Offenser dans l’Alhambra1.

» Mène avec toi , si tu n’oses » Tenir seul , comme on t’attend,

» Un, ou plus d’un combattant ;

» Mais sache , avant toutes choses .

1 Palais des rois maures de Grenade.

» Qu’un chevalier doit rougir

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» De provoquer des querelles » Aux palais 7 et près des belles ,

» Où le bras ne peut agir.

» Tu verras ce qu’en sait faire , Ailleurs , en face de toi ,

» Celui qui , devant le roi ,

» Par respect, a dû se taire. »

C’est ce qu’écrit un guerrier Dont le courroux se rallume ,

Au point que vingt fois sa plume A déchiré le papier.

Puis, à son page qui tremble ,

« Va, » dit-il, « donne, à l’écart,

» Cette lettre, de ma part,

» A Zaïd, dans Vive-Ramble i.

» Et dis -lui queje serai » Près de la tour du calife ,

» Où le Xénil2, resserré,

» Borde le Généralife 3. »

La grande place de Grenade.

L’une des deux rivières qui arrosent cette capitale. Maison de plaisance des rois maures.

GENRE NATIONAL

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