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AU COMBAT DE TAUREAUX

ROMANCE MORESQUE

Celui que nomma la gloire Jeune Mars, noble Apollon,

Avant qu'une teinte noire Eut nuancé son menton ;

L'heureux guerrier qui succède A tout l’éclat paternel Du héros qui dans Tolède Laisse un renom éternel -,

Zulem, enfin , sans armure ,

Inutile ce jour-là ,

Mais royal dans sa parure ,

Vient aux fêtes d’ Avila.

Le cirque montre sa joie ,

A l’aspect du chef fameux :

11 est rare qu’on le voie Ne s’occuper que de jeux.

GENRE NATIONAL

Près d'eux, sous la haute tente.

Les alcaides Tout assis :

Encor que chacun pressente Qu’ils en seront obscurcis.

Lorsque sur la place arrive Le plus fougueux des taureaux,

Qui jamais, rois de la rive ,

Du Xarame aient bu les eaux':

Large front , nuque charnue , Narine ouverte, poil noir,

Col raccourci, corne aiguë,

OEil en feu : terrible à voir.

En peu d’instans il déblaie L’arène de tout piéton :

Seuls , encor qu’il les effraie ,

Des cavaliers tiennent bon.

Ceux qui se risquent en face Sont plus confians qu’heureux :

L’âpre animal les terrasse.

Chaque fois qu’il va sur eux.

De honte , aucun vers les dames N’ose lever le regard :

Mais elles , avec leurs âmes ,

Avaient les Leurs autre part.

ROMANCES

C’est sur Zulem que la vue Se porte de tous côtés.

A l’écart , une inconnue ,

Belle comme cent beautés ,

Lui dit, des yeux, de descendre, Montrer enfin d’autres coups,

Bien certaine qu’il va prendre Une revanche pour tous.

Lui , charmé que la fortune A sa vaillance ait permis Une marque moins commune De son dévoiement soumis ,

Plus prompt que les fils d’Éole , Il s’élance et se fait jour ;

Bien peut-on dire qu’il vole Sur les ailes de l’Amour.

C’est à pied qu’il va combattre.

Empressé de délivrer Un lancier qu’il voit abattre ,

Et qui semble l’implorer.

Il brandit son cimeterre ,

Frappe l’animal surpris,

Et dégage l’homme à terre.

Au milieu de mille cris.

GENRE NATIONAL

Alors la terrible bête Fond sur lui j Zulem l’attend , S’efface , et, près de la tête ,

Pointe , et fonce au même instant

Le taureau bout de colère ,

Mais recule , tourne autour ,

Beugle', souffle, gratte, flaire,

Et bat le sol , tour à tour.

Il s’accule sur l’enceinte ;

Regarde son ennemi ;

Bonne des signes de crainte ,

Et paraît mai affermi.

Mais, de nouveau, plus farouche.

Il attaque, en vomissant.

Par les naseaux et la bouche ,

Bes flots d’écume et de sans.

Zulem , alors, qui se lasse Be voir traîner le combat ,

Lui porte le coup de grâce ,

Et la victime s’abbat 1 .

1) apres le conibal de taureaux que I on vient de voir, où les athlètes appartenaient aux classes distinguées, et le héros à la plus éminente, on

ROMANCES

peut dire que le goût de nos gentilshommes andalous pour ces mêmes dangers date de loin en Espagne. A l’endroit où nous en avons parlé , nous faisions entendre aussi que nos mœurs nationales les moins en rapport avec celles du reste de l’Europe gagnent assez généralement l’étranger qui séjourne quelque temps parmi nous. Nous avons entendu raconter, par des témoins oculaires , comment le cirque de Xerez eut son Zulem de Tolède dans un jeune lord du nom des Stuarts. Ne songeant , comme le héros maure , qu’à fixer 1 attention de deux grands yeux noirs , c’est sur sa selle anglaise , glissante et sans appui , que le preux d’Albion s’avança, lance en arrêt, pour soutenir le choc de l’animal furieux. Par un dédain miraculeux du taureau, il échappa à ce danger, pour succomber, peu de temps après, en Angleterre, dans une partie de chasse. On a fait la réflexion que le noble amusement , où ce vaillant seigneur perdit la vie, coûte à l’humanité infiniment plus de sang, et un sang bien plus précieux , que n’en font répandre ces combats, si barbares qu’ils soient, que nous reproche l’Europe civilisée.

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ROMANCES

LA INDISCRECION.

« Mira, Zayde , que te aviso Que no pases por mi calle,

Ni hables con mis mugeres ,

Ni con mis cautivos trates ;

Ni preguntes en que entiendo , Ni quien viene á visitarme ,

Ni que fiestas me dan gusto ,

Ni que colores me placen ;

Basta que son por tu causa Las que en el rostro me salen , Corrida de haber mirado Moro que tan poco sabe.

Confieso que eres valiente ,

Que rajas, hiendes y partes,

Y que has muerto mas cristianos , Que tienes gotas de sangre :

Que eres gallardo ginete ,

Y que danzas, cantas, tañes, Gentil hombre bien criado , Quanto puede imaginarse ;

Blanco, rubio por extremo,

Esclarecido en linaje

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