‹ Espagne poetiqueChapitre 6 sur 112 · EXEMPLE · texte numérisé non relu

EXEMPLE

Ayer me fui à Capuchinos ,

A rezarle à Cristo un credo Y al decir : creo en Dios Padre ,

Dixe : creo en la que quiero.

L’autre jour, dans le saint-lieu.

Voulant prier avec zèle ,

Pour dire : je crois en Dieu;

Je disais : je crois en elle.

L’oreille des étrangers qui, de nos jours, commence à goûter nos mélodies péninsulaires, a déjà été frappée du mot volero. La province du grave Don Quichote a produit une autre danse devenue nationale comme le fandango , moins voluptueuse , mais plus leste. La même fameuse Manche avait vu naître le célèbre Sébastien Zerer, danseur de la capitale , qui , de retour dans son pays , perfectionna le pas manchègue . C’est lui qui, pour son exécution aérien-

GENRE NATIONAL

ne, reçut l’épithète de volcro, ensuite appliquée aux seguidillas , nom primitif de cette danse. Le couplet quH’accompagne est d’une mesure brisée , et tellement pressée qu’il a fallu la facilité de l’assonante pour pouvoir songer à en faire unrhythme. Le voici avec sa ritournelle:

El amor que te tengo Parece sombra :

Mientras mas apartado Alas cuerpo toma.

La ausencia es ay re ,

Que apaga el fuego corto ,

Y enciende el grande.

L’ombre explique l’ amour Qui me tourmente :

Plus elle est loin du jour,

Plus elle augmente.

L’absence et le vent

Eteignent un feu faible,

Irritent le grand.

Les deux exemples qui précèdent constituent les deux rhythmes élémentaires du chant national. L’on a vu qu’il s’alliait intimement à la danse, divisée aussi en deux styles, distincts par la mesure , semblables par le piquant et par la grâce. Ces deux rhythmes se combinent pour former quelques petites compositions, ou bien elles se forment, comme dans le principe, avec le couplet du fandago pur ou mêlé; mais celui du volero seul n’y conviendrait pas.

Au demeurant, des règles de poétique ne présideront pas souvent à la confection de ces ouvrages, de meme que des leçons d’harmonie ne précéderont guère la composition des airs. Ce sont, pour la plupart, des productions qui nont pas eu plus besoin d’art que nos orangers n’en ont de serres chaudes.

La demi-rime, qui donne de la facilité à la versification, prouve, en même temps, quil y a quelque chose de plus harmonique en Espagne qu’ailleurs dans l’organisation

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