FABLE
Docile au frein qui le guide.
Un cheval trotte et bondit ;
Un écureuil , peu timide ,
Va l’accoster, et lui dit;
Mon beau sire ,
Si j’admire Ton adi ’esse 1 ,
Ta souplesse ,
J’aime à croire ,
Pour ma gloire ,
Que je sais en faire autant.
Je suis preste ,
Vif et leste :
Me promène ,
Me démène ;
Je travaille.
Sans qu’il faille Me reposer un instant.
1 Le traducteur demande ici pardon d’avoir sacrifié une règle de la versification française au désir de rendre le rhythme imitatif de la fable originale.
YR I ARTE.
Le coursier, toujours honnête, Se mettant à i unisson ,
Prend de la petite bête La sautillante façon :
« Que mon maître ,
Fier de l’être ,
Au service M’ asservisse ,
J’aime à faire ,
Pour lui plaire,
Des efforts dont il fait cas ;
Mais que preste ,
Vif et leste ,
Tu te tournes
Et retournes Sans relâche ,
Je ne sache
A quoi sert tout ce tracas. »
Tels s’agitent , dans 1 ecole ,
Ces disputeurs sur des riens.
Ou, dans une œuvre frivole,
Epuisent tous leurs moyens.