‹ Espagne poetiqueChapitre 61 sur 112 · FABLE · texte numérisé non relu

FABLE

Docile au frein qui le guide.

Un cheval trotte et bondit ;

Un écureuil , peu timide ,

Va l’accoster, et lui dit;

Mon beau sire ,

Si j’admire Ton adi ’esse 1 ,

Ta souplesse ,

J’aime à croire ,

Pour ma gloire ,

Que je sais en faire autant.

Je suis preste ,

Vif et leste :

Me promène ,

Me démène ;

Je travaille.

Sans qu’il faille Me reposer un instant.

1 Le traducteur demande ici pardon d’avoir sacrifié une règle de la versification française au désir de rendre le rhythme imitatif de la fable originale.

YR I ARTE.

Le coursier, toujours honnête, Se mettant à i unisson ,

Prend de la petite bête La sautillante façon :

« Que mon maître ,

Fier de l’être ,

Au service M’ asservisse ,

J’aime à faire ,

Pour lui plaire,

Des efforts dont il fait cas ;

Mais que preste ,

Vif et leste ,

Tu te tournes

Et retournes Sans relâche ,

Je ne sache

A quoi sert tout ce tracas. »

Tels s’agitent , dans 1 ecole ,

Ces disputeurs sur des riens.

Ou, dans une œuvre frivole,

Epuisent tous leurs moyens.

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