‹ Espagne poetiqueChapitre 70 sur 112 · CANTILÈNE · texte numérisé non relu

CANTILÈNE

. J e sentis , jeune encore ,

Par ma lyre sonore Mon esprit s’exalter ,

Me voyant écouter De celle que j’adore.

Voilà que m’élevant,

Je chante, la première.

L’aimable avant-courrière ,

Qui se presse devant Le char de la lumière.

Je dis ce que j’en sai :

Son voile nuancé De safran et de rose ;

Sur les fleurs qu’elle arrose Son vif éclat lancé ;

Et ces fleurs , si distinctes ,

Par tant de fraîches teintes.

Bientôt j’élève encor Ma voix et mon essor :

Du dieu du jour , lui-même ,

Je dis le trône d’or.

VG LES I AS.

Et le pouvoir suprême :

Ses feux, jamais taris, Chassant la nuit peureuse.

Et. sur la terre heureuse Rétablissant les ris.

Alors , je fais en sorte Que ce que j’ai chanté , Sans effort , se rapporte A ma jeune beauté.

J’y réussis, mais elle Répond : « Gentil berger,

» Épargne à ton Adèle » Ce style mensonger.

» Ta douce voix qui loue,

» D’un ton si gracieux,

» Pouvait s’employer mieux » Qu’à colorer ma joue.

» Je ne suis pas le jour :

» Mais je t’aime d’amour ;

» Je ne suis pas l’aurore :

» Mais je t’aime et t’adore.

» Peins la constante foi ,

» L’excès de la tendresse ,

» Pour que cela s’adresse ,

» JNe s’adresse qu’à moi. »

Y GLESI AS.

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