CANTILÈNE
. J e sentis , jeune encore ,
Par ma lyre sonore Mon esprit s’exalter ,
Me voyant écouter De celle que j’adore.
Voilà que m’élevant,
Je chante, la première.
L’aimable avant-courrière ,
Qui se presse devant Le char de la lumière.
Je dis ce que j’en sai :
Son voile nuancé De safran et de rose ;
Sur les fleurs qu’elle arrose Son vif éclat lancé ;
Et ces fleurs , si distinctes ,
Par tant de fraîches teintes.
Bientôt j’élève encor Ma voix et mon essor :
Du dieu du jour , lui-même ,
Je dis le trône d’or.
VG LES I AS.
Et le pouvoir suprême :
Ses feux, jamais taris, Chassant la nuit peureuse.
Et. sur la terre heureuse Rétablissant les ris.
Alors , je fais en sorte Que ce que j’ai chanté , Sans effort , se rapporte A ma jeune beauté.
J’y réussis, mais elle Répond : « Gentil berger,
» Épargne à ton Adèle » Ce style mensonger.
» Ta douce voix qui loue,
» D’un ton si gracieux,
» Pouvait s’employer mieux » Qu’à colorer ma joue.
» Je ne suis pas le jour :
» Mais je t’aime d’amour ;
» Je ne suis pas l’aurore :
» Mais je t’aime et t’adore.
» Peins la constante foi ,
» L’excès de la tendresse ,
» Pour que cela s’adresse ,
» JNe s’adresse qu’à moi. »
Y GLESI AS.