NO RON A
Ils baignent leur poitrail cl une brûlante écume , Furieux, essoufflés,
Par le fouet résonnant sans répit harcelés.
Sous la rapide roue on voit l’air qui s’allume ; L’indestructible essieu ,
Comme un épi léger, de lui-même a pris feu.
Le char ^ole. Partout le carnage et les crimes Signalent son abord.
La Seine le subit, et son aimable bord , Méconnaissable, effraie, encombré de victimes.
Le trône heureux des lis Tombe , et l’impie insulte aux temples démolis.
Un jour brise le Belge. Albion se retire Au sein de ses vaisseaux.
Mais en vain , froid liatave , es-tn fort de tes eaux : Le char t’y presse. Il part : c'est le Uhin qui l’attire Et les plaines du Rhin
Ont fléchi sous le poids de sa masse d’airain.
Les Alpes, au grand choc , se courbent en arrière : La Mort passe dessus ;
Et le Sarde frémit de ses efforts déçus.
C est ainsi qu effaçant toute gloire guerrière ,
Qui devança la leur,
Des français déchaînés triomphe la valeur.
NORON A.
Et toi , qui de tes fers lavas l’ignominie Au sang du Sarrasin ;
Qui, du plus grand trophée illustras le Tésin , Triomphas du Français et soumis l’Ausonie ;
Toi , dont l’auguste pié
Du monde , à ton plaisir , affaisse une moitié :
Taillante Espagne : eh! quoi! tu cours, échevelée, Loin de tes boulevards !
Ta main laisse tomber le glaive des Yivars !
T a ceinture en désordre et* ta robe foulée ,
Et de ton cou charmant En débris répandu le superbe ornement !
Quel dieu t’accable ainsi? JNTest-il point d’espérance Pour tes graves douleurs ?
» - — Il n’en est point. J’ai vu , sous les triples couleurs, » S’incliner le Pyrène en vassal de la France » Sais-tu bien quels guerriers » Elle envoie en mon sang retremper ses lauriers ?
» L ois le fleuve soumis , vois le rempart docile » Aux lois de l’étranger ;
» Le soc sans laboureur, les troupeaux sans berger ;
» La terreur , le besoin, plus d’appuis , nul asile.
» Errantes à l’entour ,
» Les Muses au soldat ont livré leur séjour.