TOME II
M OÍS A TI N.
teristiques que nous devons renoncer à faire connaître autrement que dans cette Notice : aussi nous en tiendrons-nous à un seul essai.
Don Leandro Moratin fit apprécier la nature de son talent par un petit chef-d’œuvre comicosatirique intitulé: le Café, ouvrage de sa jeunesse, dirigé contre les fades rapsodies qui avaient nouvellement envahi notre théâtre. Ses critiques, et surtout les exemples qu’il a fournis h la scène espagnole, peuvent réclamer l’honneur de son amélioration. Ses comédies les plus importantes sont le Oui des jeunes fûtes , qui a été traduit en français et joué sur un des théâtres de Paris , et la Mojigata 1 ( Tartufe femelle). On
1 hes écrits dramatiques de M. Moratin ont été récemment l’objet d’une analyse détaillée, aussi honorable pour notre auteur qu’intéressante pour les lecteurs , mserée dans la Revue encyclopédique (février 1827). h article est signé du nom espagnol que vient de recommander à la considération de la France littéraire un ouvrage de longue haleine et du premier ordre : V Esp agile sous les rois de la Maison de Bourbon. . . , par Don Andrés Muriel.
MOU ATI N.
distingue, parmi ses poésies détachées , une pièce de vers adressée au prince de la Paix, dans laquelle le poète s’est plu à faire revivre le langage et la versification d’Alphonse X; composition charmante, dont le moindre mérite est le redoublement des difficultés vaincues : une satire intitulée Leçon poétique , où l’auteur prêche encore d exemple, et l’ode élégiaque que nous avons choisie. Nous désirions contribuer, autant quil était en nous, à honorer l’homme vénérable, saocint antiquaire , historien 1 et humaniste, victime des vicissitudes politiques, avec lesquelles il n’eût jamais soupçonné qu’il aurait un jour quelque chose de commun.
1 La mort a frappé Don Antonio Conde avant qu’il eût élevé sa réputation à la hauteur où l’on sent qu’il allait arriver par son travail précieux, publié récemment sous le titre d 'Histoire de la Domination des Arabes en Espagne. D’un autre côté, il est piquant d’y trouver les élémens en brut , à telles enseignes que, conservant encore l’empreinte du texte original arabe, la langue castillane maudit les rois {le Castille, déplore nos succès, et demande notre extermination.
MOR ATIN.
ODE