‹ Espagne poetiqueChapitre 95 sur 112 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

semble nécessaire. On ne songe pas à faire à Garcilaso un reproche pareil que l’on pourrait lui adresser sur les mêmes indices. Les poésies de M. d’Arriaza , qui sont à leur cinquième édition , parlent à la raison et à l’esprit, comme au cœur et à l’imagination ; elles offrent en même temps aux amateurs de la langue castillane les sons harmonieux et les tournures piquantes qui la distinguent , avec une grande élégance de diction et une clarté rare chez la plupart de nos écrivains ; avantage dont il est, du reste, possible que son vers soit plutôt redevable à l’instinct qu’au travail. Depuis Lopé de Véga , M. d’Arriaza est le seul de nos poètes qui nous semble penser en vers. La nature le lit poète , les événemens font fait auteur. Il était arrivé à sa réputation littéraire sans y prétendre; il l’a accrue, pour ainsi dire, à son corps défendant. Voilà le juste reproche qu’on peut lui adresser. On doit regretter qu après avoir connu ses moyens, il en ait si peu usé, et, le plus souvent, pour des ouvrages de eir-

constances. G est du temps perdu que nous ne saurions trop l’engager à réparer. M. d'Arriaza peut être sûr que îa postérité lui tiendra compte de tout ce qu’il aura fait à son intention.

Attaché aux affaires publiques dans la carrière la plus apparente, ce poète a dû se faire remarquer de manière à exposer au jugement des hommes plus que ses chants. Il ne peut espérer d’être apprécié sous d’autres rapports avec une impartialité égale dans tous les partis : quelques notices biographiques altèrent même les laits à son égard. Il a combattu des systèmes, et des hommes qui, vaincus aujourd’hui, nous imposeraient les ménagemens dus à la mauvaise fortune , quand même d’autres considérations plus particulières ne nous parleraient pas en leur faveur. Néanmoins nous avons cru pouvoii i ele ver , en faveur de M. d’Arriaza , des attaques qui s étaient adressées à des opinions triomphantes alors.

nentrant dans la poésie sans quitter tout-àfait le sujet du paragraphe précédent ,

nous

Page 1