A B II I A Z A
rapporterons ici une petite plaisanterie attribuée à l’auteur dont nous nous entretenons : el le
porte bien le cachet de sa manière :
¡ El pueblo es soberano ! Estoi ayuno De este dogma que explican y no entiendo :
Pues soberao es sobre, ^ no hay ninguno A quien todos se estén sobreponiendo.
Si he llegado á creer que tres son uno ,
La fé lo manda , y al infierno atiendo •
Pero no admitiré , sin gran trabajo ,
El que haya encima sin haber debajo.
Le peuple est souverain ! Ce dogme politique
Me passe , en attendant que le peuple l’explique.
Souverain dit super : or, Messieurs, commencez
Par nous montrer quelqu’un sur qui tous soient placés.
Je crois que trois font un ; je ne suis point tenace :
L’Eglise me l’ordonne et l’Enfer me menace ;
Mais je doute (et, ma foi, j’espère en être absous) Que l’on puisse arranger un dessus sans dessous 1 .
1 Aussi cette question , qui a pris quelquefois une tournure si grave, nous semble-t-elle une pure question
ARRIAZ A.
Parmi les ouvrages qui assurent h ce poëte facile une réputation durable , on peut distinguer, suivant les goûts, les uns les vers érotiques, fruits spontanés de sa jeune muse, dont nous nous proposons d’offrir un échantillon ; les autres, les chants descriptifs dont nous ferons connaître un fragment ; quelques-uns , ses saillies satyriques, où la supériorité de cet écrivain n’est pas disputée; d’autres, enfin, son ode intitulée la Profecía del Pireneo , ou bien celle que nous traduisons. Nous allons, d’après notre usage , donner d’abord une notice de l’affaire mémorable qui en est le sujet ; mais il ne sera
de mots , qui ne durerait pas long-temps si l’on s’entendait sur ce que l’on veut dire par peuple et par souveraineté • nous rentrerions bientôt dans l’ancien apologue de Menenius. La puissance , que l’on a pu nommer souveraineté, est, ainsi que la force vitale; ainsi que toute faculté, dans le corps social, qu’on a pu appeler peuple ; mais ce corps n’a pas plus que le corps humain le privilège de marcher sans tète, à moins d’un miracle.
A H fl I A Z \ .
pas étonnant qu’un événement du plus grand intérêt, si près de nous, nous arrête plus longtemps que nous ne sommes restés sur la bataille de Xerez , ou sur le combat naval de Lépante.
La France, aidée de l’Espagne, avait fait un dernier efïort, sinon pour disputer l’empire des mers, du moins pour s’y montrer quelque temps. Les forces navales n’étaient plus qu’un agent, sacrifié à l’exécution d’un plus grand dessein , la descente en Angleterre.
Cent soixante mille hommes devaient y être portés par la flottille de Boulogne, sous la protection d'une escadre de soixante à soixante-dix vaisseaux de ligne que l’on avait calculé pouvoir réunir dans la Manche. Il entrait dans le pian de chercher à attirer d’abord les croisières anglaises loin du champ de bataille projeté. En effet, les lords Nelson et Cochrane coururent jusqu’aux Antilles, a la poursuite des divisions sorties de difiéreos ports des deux mers , pour se réunir sous les ordres de l’amiral Villeneuve. L’amiral Gantheaume était demeuré à Brest jusqu’à