‹ Espagne poetiqueChapitre 97 sur 112 · A R RI A Z A · texte numérisé non relu

A R RI A Z A

ce qu’il pût être

dégagé par l’escadre com¬

binée.

Toutefois, quand celle-ci revint en Europe, le grand objet de ses mouvemens se trouvait au moins ajourné : on venait de voir éclater une nouvelle guerre continentale. La sortie de Cadix et le combat décisif qui s’ensuivit ne paraissent donc pas avoir été commandés par aucune combinaison supérieure. On sait que l’amiral espagnol Gravina s’y opposa au conseil avec la même obstination qu’il mit ensuite à se battre. On a dit que l’amiral en chef Villeneuve , sachant son successeur arrivé à Madrid , lut pressé par un désir irrésistible de se mesurer avec l’ennemi avant de céder le commandement.

Quoi qu’il en soit, l’escadre combinée réunie à Cadix, au nombre de trente-trois vaisseaux , mit dehors dans les journées des 19 et 20 octobre (1805). Les signaux de la tour annonçaient dix-huit voiles au sud. Le 21, l ennemi »

parut au nombre de vingt- sept vaisseaux de ligne. L’amiral Villeneuve fait ses préparatifs

de combat ; la direction de sa marche tend à lui conserver ouvert le port de Cadix. La disposition de sa ligne offre, en tête, la division du contre-amiral Dumanoir, suivie de celle du contre-amiral Cisneros ; au centre , l’amiral en chef monté sur le Rucentaure , et le vice-amiral Alava sur la S anta- Ana-, suivait la division du contre-amiral Magon, et enfin l’escadre spéciale

commandéeparl’amiral espagnol Gravina, ayant

son pavillon hissé sur le Prince des Asturies.

L escadre anglaise arrive vent arrière, divisée en deux colonnes. A la tête de la première est 1 amiral en chef porté par le Victory -, Collingwood conduit la seconde avec le Royal- Sovereign. Le premier se dirige sur le Vaisseau amiral français ; le second sur la Santa-Ana : l’un et l’autre rompent la ligne. Collingwood passe entre la Santa-Ana et le vaisseau immédiat le Fougueux. Nelson , qui n’a réussi qu’après, reste aux prises avec la S antisima- Trinidad , vaisseau amiral de Cisneros , le plus grand que l’on eût construit, et avec le Redoutable , que son

ARRIAZA.

commandant, le capitaine Lucas, est venu jeter à la traverse pour couvrir l’amiral français. Ce sont les vaisseaux immédiats au Victory qui passent entre le Bucentaure et le Redoutable , les mettent aussitôt entre deux feux , et trois s’attachent à la Santísima- Trinidad. Les ennemis ont encore rompu la queue de la ligne ; ils tournent les vaisseaux coupés, et vont accabler l’amiral Gravina déjà attaqué du côté du vent. Il est grièvement blessé; son vice-amiral, Alava, l’est aussi en défendant la Santa - Alia , et le contre-amiral Magon tombe en défendant F Algésiras , l’un et l’autre en butte à une double attaque. Les Anglais manœuvrent comme ils veulent, font tout ce qu’ils veulent; enfin, avec six vaisseaux de moins que l’escadre franco-espagnole, ils se donnent la supériorité du nombre et semblent choisir à leur gré leurs victimes. Nelson avait basé son plan sur la difficulté qu’aurait de prendre part à l’action la partie de la ligne qu’il laisserait de côté. Ainsi fut écrasée à peu près toute l’escadre combinée

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qui comba tit. Jamais défense ne fut plus belle. On sait que cette affaire mémorable a coûté Ja vie aux trois amiraux : 1 illustre Anglais mort à I attaque, Gravina de ses blessures. Villeneuve de désespoir. Le poëte espagnol n a pas écouté la fortune \ il a trouvé de nobles inspirations dans un sujet non moins honorable que douloureux.

ARRIAZ A.

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