‹ Espagnols et Flamands au 16e siécleChapitre 28 sur 39 · LES PROVINCES OBÉISSANTES · texte numérisé non relu

LES PROVINCES OBÉISSANTES

trouver vingt ou trente, lesquels, avec le peu de bétail que la tyrannie des soldats leur a laissé, s'entretiennent le mieux qu'ils peuvent dedans les églises ou vieux chasteaux..., n'osant personne se tenir en sa maison. Les ecclésiastiques en plusieurs lieux sont deschassés et griefvement oppressés, la noblesse, autrefois tant renommée, est presque estaincte, le trafic et commerce grandement empesché, et généralement tous estats extrêmement travaillés, appovrys et reduicts à très grande misère et calamité(i). » L'agriculture était négligée. Ce que le travail des champs donnait encore était en partie détruit ou consommé par les soldats mutinés, les vagabonds, les maraudeurs, les viijbueters, qui ravageaient les campagnes isolément ou en bandes, de jour et de nuit, en toute liberté, car il n'v avait plus ni police, ni justice. En iSgi, ces z'nyè«^/^r.v s'étaient tellement multipliés qu'on lança contre eux, en Brabant et en Flandre, des ordonnances sévères. Afin de garantir la libre circulation, le comte de Mansfeld leur fit faire la chasse par des soldats. Une partie de ces malfaiteurs se réfugièrent alors en Hollande et en Zélande, où on acheva de les exterminer (2).

Mais c'est dans le désordre de l'armée que s'apercevait surtout la désorganisation dont tout le monde se plaignait et à laquelle personne ne savait ou ne voulait porter remède. Alexandre Farnèse avait réussi, par son énergie, à empêcher une explosion

11) J. Willot, Discoitts, passim.

i2i Van Meteren, Histoire des Pays-Bas, •jSa-j.S.;. — Renon de F'ranc*' Htsioire des troubles, III, 324.

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générale parmi ces troupes mécontentes, non sans raison, indisciplinées. Lui mort, elles se soulevèrent de différents côtés. En i5g3, l'armée que Charles de Mansfeld, le fils de Pierre-Ernest, avait commandée en France, venait de Picardie vers la frontière de l'Artois, quand un millier des hommes, mourant de faim, à moitié nus, se mutinèrent. Ils se choisirent un chef, un eletto, comme c'était l'habitude en pareil cas, et se fortifièrent dans la ville de Saint- Pol, où d'autres les vinrent rejoindre. Au nombre de 2.000 à 2.5oo, il se constituèrent en république. Ils avaient un conseil; des officiers levaient pour eux des contributions dans le pays. A son arrivée, l'archiduc Ernest leur donna trois payes pour les faire rentrer dans le devoir, ce qu'apprenant, les Italiens réclamèrent et se soulevèrent à leur tour. Comme les Espagnols, ils se choisirent un eletto et s'organisèrent en république, la « république de Sichem : » c'est le lieu où ils s'étaient rassemblés. De là ils expédiaient des lettres patentes, signées et scellées, aux villages voisins, aux dépens desquels ils vivaient. Leurs messagers allèrent ainsi jusqu'aux portes de Bruxelles. Ils en envoyèrent même à Maurice de Nassau pour obtenir l'assistance des Provinces-Unies. L'archiduc chercha à composer également avec eux et, après des résistances, ils consentirent à entrer en arrangement. Mais il fallut leur donner une ville en garantie, la ville de Tirlemont, et un officier espagnol en otage jusqu'au payement intégral de ce (|ui leur était dû (i).

(ij (>arnero, Htstona de las f^uerras civiles, ;^oi, 34;^-3.(4. On tmiixe de

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