‹ Espagnols et Flamands au 16e siécleChapitre 8 sur 39 · SEPARATION D]:S PROVINCES DT" NORD Q · texte numérisé non relu

SEPARATION D]:S PROVINCES DT" NORD Q

souple et réfléchi, à un tempérament calme, à un jugement solide, toutes qualités qui manquaient à ses deux prédécesseurs et surtout à don Juan, trop ardent, trop porté à céder à la première impulsion, à manifester ses antipathies comme ses préférences, au préjudice de la mission d'apaisement dont il était chargé.

Comme Requesens et don Juan, Alexandre Farnèse avait pour instructions de gouverner avec douceur, de rechercher l'entente, de promettre l'oubli du passé et le pardon aux conditions exigées jusque là : maintien de la religion catholique, obéissance au roi et rétablissement de son autorité. Pour le reste, on ferait toutes les concessions possibles (i). L'accomplissement de ce programme rencontrait pourtant des obstacles. La situation était des plus embrouillées et des plus difficiles : 14 provinces restaient au pouvoir des insurgés, gouvernées par un propre neveu du roi, un prince de la maison d'Autriche ; il fallait gagner les états et Guillaume d'Orange, débarrasser le pays des étrangers qui défendaient la cause des mécontents sous les ordres du frère du roi de France et du fils de l'électeur palatin. Pour cela, de l'argent et des renforts considérables étaient nécessaires (2).

Sa perspicacité fit bientôt apercevoir à Farnèse chez l'adversaire un point faible dont il allait profiter : l'anarchie croissante dans les provinces méridionales, la division qui s'accentuait entre l'élément

(1) Le roi à Farnèse. 13 octobre 1571^. Archives du royaume. Correspondance de Philippe II .

(2) Fnrnèse au roi. 2 octobre 1578. Revista dearchivos. IX, 101-162.

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wallon et l'élément flamand (i). Le conflit s'était sourdement manifesté sous l'impression de l'ascendant conquis par Guillaume d'Orange; il s'était fortement accentué chez les catholiques par suite des violences commises à Gand, où le radicalisme et l'intransigeance des calvinistes avaient dégénéré en un véritable despotisme. Ces dissensions, Farnèse sut en tirer admirablement avantage (2).

En même temps qu'il annonçait aux états de Hainaut, d'Artois, de Lille, Douai et Orchies, du Tournaisis et aux villes principales des Pays-Bas méridionaux la mort de don juan, il leur promit de les maintenir en leurs privilèges, usages et coutumes « comme du temps de l'empereur, » d'oublier le passé, de ne pas leur imposer de garnisons d'étrangers, pourvu qu'ils maintinssent la religion catholique romaine, rentrassent sous l'obéissance du roi et ne gardassent pas non plus d'étrangers à leur service (3). Puis, conformément aux intentions (}u'il manifestait ainsi, et qui étaient celles du roi, il poursuivit les négociations entreprises par don fuan avec les personnages restés fidèles dans les provinces méridionales.

De ces personnages, le plus résolu, le plus dévoué à la cause royale, comme à ses propres intérêts, d'ailleurs, était Valentin de Pardieu, seigneur de la

II" Les provinces wallonnes n'étoient contentes des Flamengs et Brabançons, qui leur vouloient tionner la loi et commander, tant en l'assemblée générale qu'en la nianiance et administration des denier.".. » Renon de France, Histoire des troubles, 11, •,295.

(2) Farnèse au roi, 20 f)Ctobre 1578. Revista de archivos, IX, ;^o7.

(3) Lettre circulaire du 10 octobre 157^^. Gachard, Collection de aocumcnis iiiédi/s, L ;i7;î 373.

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