CHEAP TR EI UV
renciées où chacun est obligé de travailler pour
gagner sa vie; encore son apparition est-elle favorisée par certains travaux en commun, comme la cueillette. Mais il est assez répandu dans les sociétés très évoluées, à richesses accumulées, où beaucoup d'individus ont des loisirs, et surtout dans les démocraties où le talent de la parole est l'instrument du pouvoir. Il croit en nombre et en prestige à mesure qu’on s'éloigne des pays septentrionaux pour pénétrer dans les pays méridionaux.
Le verbal possède une facilité naturelle d’élocution (°), qui est renforcée par l'éducation et par le milieu social. Il s'attache à développer en lui l’art de parler, il apprend à « parler pour parler » : c’est ici que la formule de l’art pour l’art trouve son application la plus rigoureuse. La parole, qui est normalement au service de la pensée, s’affranchit chez le verbal de sa tutelle et devient peu à peu souveraine : Le mot qui n’était qu'un moyen d'expression
É, verbal existe rarement dans les sociétés peu diffé-
(‘) La localisation cérébrale du centre de la parole est une des plus nettes qu’on connaisse, et la première en date. Mais les conclusions de Broca ont été récemment contestées par le D' Marie, et les recherches cliniques ne permettent pas encore de trancher la question.
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devient une fin en soi, et le signe se substitue aux choses signifiées. Ainsi, pour l’avare, l’argent qui n'est qu'un instrument d'échange, devient un absolu, une déité. Le processus par lequel la faculté verbale se transforme en faculté autonome et dominante est le processus même qui préside à la formation de toutes les passions exclusives : c’est l'association par transfert.
Mais des circonstances particulières favorisent cet affranchissement. D'abord, le langage est d’une utilité permanente : acquis de bonne heure par un apprentissage prolongé, il se perfectionne pour ainsi dire durant toute la vie. Aussi l'habitude a-t-elle une influence considérable sur l’élocution, et elle produit sur elle ses effets ordinaires d’accroissement d'inconseience et de rapidité. Le langage acquiert bientôt en chacun de nous un caractère étonnant d’automatisme : on en arrive à parler sans comprendre ce qu'on dit, et sans penser à ce qu'on va dire. Comme on récite machinalement des prières, on aligne des mots qui, d'eux-mêmes, prennent la place qui leur convient. Non seulement les acteurs et les orateurs peuvent débiter leurs rôles ou leurs discours sans faire attention aux idées qu'ils expriment; mais l’homme le moins habile à parler a des absences quand il cause ou qu'il discute, et il fournit des réponses dont il ne comprend la signification qu'après coup. Même dans le discours Le plus surveillé, il y a des moments où la direction de la phrase nous échappe : après la mise en train qui est toujours pénible, nous sommes entrainés par le volant de la phrase, les mots accourent sans effort et la période déroule spontanément ses anneaux. Conditionnée surtout par les nécessités de la respiration et les exigences de l'oreille, la parole est régie par une sorte de logique, très différente de la logique ordinaire et dont on acquiert peu à peu l'usage. Parlée ou écrite, la phrase a sa technique qu'on
arrive à posséder après quelques tâtonnements, et dont on joue ensuite inconsciemment.
A cette cause générale s'ajoutent des causes plus spéciales qui ont été analysées par M. Ossip-Lourié (1). Il fait remarquer, en premier lieu, que chez l'enfant le langage devance la pensée. Les enfants répètent les syllabes, les mots et les phrases comme des échos : ils jonglent avec les sons avant d’en saisir le sens. Grâce à leur merveilleux instinct d'imitation, ils acquièrent un vocabulaire purement verbal, et ils savent bientôt parler de tout, même de ce qu’ils ne connaissent pas. Cet emploi mécanique des mots se prolonge d’ailleurs après l'enfance : que de mots les adultes utilisent sans avoir contrôlé leur sens précis, et surtout sans avoir l'expérience des choses ou des états qui leur correspondent! En second lieu, l’organisation de l’école dans la majorité des pays favorise le développement du psittacisme. L'écolier apprend à lire, à écrire et à compter machinalement. L'enseignement qu'il reçoit est presque entièrement livresque et formel, basé sur les signes et non sur les réalités. L'éducation classique elle-même tend à former des rhéteurs et à encourager la phraséologie. Les règles de la composition française, auxquelles on accorde tant d'importance chez nous, renforcent la logique artificielle plutôt que la logique vivante (*). La plupart des examens et des concours, même de ceux qui servent au recrutement des praticiens, mettent en lumière les qualités de forme et de dextérité verbale, plutôt que les qualités foncières et les aptitudes professionnelles. Enfin, le verbalisme
() V. Le langage et la Verbomanie. Essai de Psychologie morbide. Paris, Alcan, 1912.
(2) Il est juste de reconnaître que la formation classique est un précieux adjuvant pour les têtes bien faites et déjà meublées; mais elle exerce des ravages dans les esprits faibles, et grise certains cerveaux.
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est consacré et exalté par la participation de tous à la vie publique et par la contagion de l’éloquence parlementaire. Les foules, aussi bien celles des assemblées ou des réunions que celles de la rue, sont plus accessibles aux grands mots et aux belles phrases qu'aux faits et aux actes : celui qui parle bien est le roi de la démocratie.
Après avoir indiqué les causes qui favorisent l’éclosion du verbal, essayons d'analyser sa mentalité. Le verbal (qui n’est pas nécessairement un auditif, mais plus souvent un moteur) est caractérisé par un double divorce entre ses paroles et la réalité d’une part, entre ses paroles et sa conduite d'autre part. Chez lui l’idée est dissociée des sensations et des actes : n'étant plus calquée sur les choses, elle n’aboutit plus à l’action utile. Plus exactement, il ya chez le verbal divorce entre la parole et la pensée, conséquemment entre la parole et l'action qui est une suite de la pensée. En parlant, le verbal a l'illusion de penser et d'agir : le mot est pour lui l'équivalent de l'idée et de l'acte. Un discours habile lui parait trancher une difficulté théorique et pratique (!).
D'abord, le verbal est un illuminé qui ne vit pas dans le monde réel, mais dans une architecture sonore ou dans la cité des Coucous. Prenant les mots pour des choses, il s'émerveille de la facilité avec laquelle il les assemble. Certains mots ont à ses yeux une vertu magique : il les écrit avec une majuscule et s’en sert fréquemment, « carle mot c'est le verbe, et le verbe c’est Dieu ».
(°) « Quand M°° de F... a dit joliment une chose bien pensée, elle croit avoir tout fait; de sorte que, si une de ses amies faisait à sa place ce qu’elle a dit qu'il fallait faire, cela ferait à elles deux une philosophie M. de T... disait d’elle que, quand elle a dit une jolie chose sur l'émétique, elle est toute surprise de n'être point purgée. » (CHamrorr : Mazximes.)
Le mot, le terme, type on ne sait d’où venu,
Face de l’invisible, aspect de l'inconnu...
Formule des lueurs flottantes du cerveau.
Oui, vous tous, comprenez que les mots sont des choses ().
Les mots sont des choses qui hantent les esprits et couvrent la face du réel de leur noir fourmillement, sorte de réseau impondérable qui dérobe la vue des choses véritables. Les faits ne déroutent pas le verbal, puisqu'il ne les rejoint jamais : il est situé sur un autre plan. Incapable d'expérience autre que la pratique des mots, il est incapable de changement et s'enfonce toujours davantage dans ses illusions. Sa légèreté d'esprit est incurable.
Le verbal, qui manie des mots, croit manier des idées générales, puisque le mot est le substitut de l'idée et que toute idée est générale. À vrai dire, ses idées sont de pseudo-idées et des généralités vides, étrangères à l'expérience qui, seule, nourrit l'idée. Elles ne résultent ni de l'observation ni de la réflexion, mais uniquement de la mémoire. L'idée est déjà simplification et appauvrissement du réel : que dire du mot, résidu ou trace matérielle de l'idée, qui n’est même pas l'ombre de la chose? « Connaît-on Paris, écrit Jouffroy, quand on a vu le plan? Et sait-on ce que c’est que l'amour quand on a lu des romans ? » Le verbal se documente en lisant ou en écoutant : il a l’art d'extraire d’une masse de témoignages quelques aperçus généraux et vagues. Toute sa science est de seconde main et d’assimilation hâtive. Connaissant les endroits où le savoir est accumulé, il sait se renseigner rapidement et se faire une opinion plausible, il apprend sur toute espèce de question juste ce qu'il faut pour en parler avec vraisemblance. Mais il ne saisit Les choses qu’en gros et du dehors, semblable au bibliophile
(:) V. Huco : Réponse à un acle d'accusation (Suite).
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qui juge les livres d’après leurs qualités apparentes. Il sait déchiffrer les étiquettes des choses, mais il ignore leur véritable signification (‘). Sa méthode, tout artificielle, consiste à comparer entre elles les réalités désignées par le même mot, ou plutôt les extraits de ces réalités, sans tenir compte de leurs différences individuelles : géographiques, historiques, psychologiques, etc. À force de négliger les différences, il voit partout des ressemblances, et sème partout la confusion, parce qu'il n’envisage que les sommités des choses. Ses idées ont le flou des photographies composites de Galton, et elles n’ont même pas le mérite de provenir de clichés réels. Le verbal imagine je ne sais quel homme abstrait, toujours identique à luimême sous toutes les latitudes et à toutes les époques ; il dote cet être chimérique de qualités immuables et lui assigne des buts fictifs. L’irréel est son domaine, où il se meut avec aisance sans rencontrer d'obstacles; l'utopie est son royaume. Malheureusement, il en sort pour instruire les hommes et fonder des institutions caduques.
Le propre du verbal est encore de réduire toutes les pratiques en traités et de croire que la pratique s'enseigne par des mots, car il s’imagine qu'on connaît une chose quand on peut en parler avec vraisemblance. C'est le verbal qui multiplie les écoles soi-disant pratiques où l’on enseigne des généralités sur l’agriculture, l’industrie et le commerce, et où l’on forme des théoriciens qui deviennent professeurs ou avocats. C’est le verbal qui a proclamé
(*) Cf. William Hazurrr : On the Ignorance of the Learned (1824), traduit dans le Spectateur de mai 1914 sous ce titre : L'ignorance des gens instruits (pp. 180-195).
« Il vaut mieux ne savoir ni lire ni écrire que de savoir cela et n’être capable de rien d'autre...
« Il est un certain genre et un certain degré d'intelligence dans laquelle les mots prennent racine, mais dans laquelle les choses n'ont pas le pouvoir de pénétrer. »
le dogme de l'instruction uniforme et égale pour tous. IL débite l'instruction comme une denrée, et il est convaincu qu'elle améliore l’homme automatiquement et presque malgré lui. Il évalue le niveau d’un pays d’après le nombre des illettrés, étant persuadé que seuls les hommes qui savent lire et écrire sont instruits, alors que ce sont souvent les plus ignorants des hommes, parce qu'ils ne savent rien directement (:). Le paysan ou l’ouvrier illettrés ont un savoir infiniment supérieur à celui du docte qui est gonflé de généralités ou d’à-peu-près. La formule verbale par laquelle on décrit un art est inefficace par ellemême. Expliquez-moi avec clarté et minutie les règles de la natation, vous ne m’apprendrez pas à nager. Ce que vous me transmettez ainsi, ce n’est pas la science de la natation, mais la notion de la chose sue. L’instruction ne proeure l’habileté en aucun art : celui qui disserte savamment sur les métiers et qui fabrique des manuels de science peut ignorer complètement ce dont il parle. « Le savant professeur de toute science etde tout art ne peut en
(:) Cf. Julian Risera : Deux Modes de Savoir (Extrait d’un ouvrage espagnol sur la Superstition pédagogique, dans le Spectateur de novembre et décembre 1911) : « Il faut distinguer nettement deux modes de savoir : le savoir immanent, implicite, qui accompagne toujours les actions humaines, et le savoir de celui qui se renseigne sur ce que lui-même ou un autre fait.
« Le savoir actif est le type dont procède le savoir informatif et la fin dernière de celui-ci.
« Il faut répéter jusqu’à satiété ce qu'a dit Aristote et ce qu’a dit Vico, et ce qu'ont dit et répété les esprits les plus pénétrants : « Ce que l’homme sait, c'est ce qu'il fait. » Cela veut dire que chacun réussit à savoir d’une façon vivante ce qui entre dans le cercle de son expérience personnelle, non ce qu’il entend ou ce qu’on lui dit. Le savoir informatif accumulé par l'humanité reste mort et ne revit pas s’il n’est fécondé à nouveau par la pratique, sans laquelle il ne peut vivre, pour cette raison très simple que le savoir réel ne peut pas se transmettre. »
Rappelons la distinction des trois modes de connaissance dans le De Intellectus Emendatione de Spinoza : le verbal sait par oui-dire, il répète machinalement des formules apprises par cœur; le praticien connaît les applications, il a éprouvé la vérité des formules; le théoricien peut les expliquer, il sait les raisons des effets.
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mettre aucun en pratique, bien qu'il puisse en tirer des articles pour une encyclopédie (!). » Si le verbal agissait d’après ses principes, son ignorance éclaterait à tous les yeux; mais l’instinct et l'habitude le soutiennent, à défaut du bon sens et de la raison. Parfois il est guidé par un idéalisme qui a certes sa générosité, mais qui égare les masses, et qui a besoin d’être contrebalancé par de vigou-
reux réalistes.
Le verbal $’incarne ordinairement dans l’orateur. Mais
il y a deux formes distinctes du talent oratoire : celui du discoureur et celui de l’écrivain. Tel orateur qui soulève les foules est un médiocre écrivain, et tel écrivain merveilleusement éloquent ne sait pas dire deux mots en public. La phrase parlée a ses lois particulières (*). Le Littérateur est souvent un verbal, que ce soit un abstrait comme notre Balzac du xvu° siècle ou un imaginatif comme Chateaubriand {*); mais il ne l’est pas nécessaire-
() W. Hazurr, loc. cit., p. 191.
() L'étude des purs orateurs ne devrait pas faire partie de l’histoire littéraire, non plus que celle des auteurs dramatiques. L’éloquence et le théâtre sont deux genres à part, qui ont leurs lois spéciales, et qui ne coïncident qu’accidentellement avec les genres littéraires.
($) Le verbalisme de Chateaubriand a été admirablement noté par Joubert dans une lettre à M. Molé datée de Villeneuve-le-Roi, 21 octobre 1803 (on la trouvera dans Sainte-Beuve : Nouveaux Lundis, t. III, article cité) : « Il ne s'interroge jamais, à moins que ce ne soit pour savoir si la partie extérieure de son âme, je veux dire son goût et son imagination, sont contents, si sa pensée est arrondie, si ses phrases sont bien sonnantes, si ses images sont bien peintes, etc. » Plus loin Joubert souligne sa préoccupation de l'effet sur le public : « Il parle aux autres, c'est pour eux seuls et non pas pour lui qu'il écrit... /l n'écrit que pour les autres. » C’est précisément le contraire de Maine de Biran : « La plupart des hommes, écrit-il dans son Journal intime le 15 janvier 1817, ne cherchent à concevoir, connaître, ou travailler d’une manière quelconque leur intelligence que pour la produire au dehors. Alors qu'ils semblent penser le plus profondément, c’est encore l'effet extérieur qui les occupe. Aussi ont-ils besoin de communiquer, de donner à leur conception l’appareil le plus brillant, le plus propre à frapper; et n'ont-ils pas une idée sans l’habiller de signes, sans l’orner le plus richement ou le plus élégamment qu'ils peuvent. L'emploi de leur vie est d'arranger des phrases, et ils tournent toujours leurs pensées dans le
ment. Il glisse aisément dans le verbalisme, parce qu'il est amoureux des mots comme tels, qu'il s'enivre du nombre et du rythme, et qu’il attache plus d'importance à l'expression qu'au contenu de la phrase. Verbal aussi Vimaginatif qui veut être un penseur, verbal, l’abstrait qui s’évertue à décrire. L'orateur n’est pas forcément un verbal, non plus que l'écrivain. Quand il subordonne sa parole à la pensée et la pensée à la vérité, il sort du verbalisme. Inversement, il est des verbaux qui ne sont pas verbeux. Le verbal est une variété morbide du subjectif.
De tous les types intellectuels, le verbal est le plus populaire, parce qu'il fournit immédiatement ses preuves qui sont à la portée du premier venu. La foule, qui est superficielle, méconnait le silencieux qui se révèle par des actes ou qui peut être un sot, mais elle applaudit le bavard. Un seul discours suffit pour classer un orateur, tandis qu’un acte ne suffit pas pour Le discernement de l’habileté, d'autant que les actes importants sont à échéance lointaine. Le verbal conquiert d'emblée les masses : La foule croit naïvement que celui qui parle connaît les choses dont il parle, qu’il les connaît mieux que celui qui les pratique sans pouvoir les exprimer. Les paroles de celui qui sait diffèrent si peu de celles du phraseur! De plus, l’orateur agit sur nos sentiments, il nous émeut et nous séduit;
moule grammatical ou logique, bien plus occupés des formes que du fond. J'observe que les hommes ainsi disposés sont tous plus ou moins forts ou vifs, qu'ils ont de bonne heure contracté l'habitude d'exercer l’art de la parole et qu’ils sont aussi peu méditatifs. Je me trouve contraster avec ces hommes par une sorte de faiblesse naturelle. Ma sensibilité réagit peu au dehors; elle est occupée, ou par des impressions internes confuses, et c’est là l’état le plus habituel, ou par des idées qui me saisissent, que je renferme, que je creuse au dedans, sans éprouver aucun besoin de les répandre au dehors. Je néglige les expressions, je ne fais jamais une phrase dans ma téte : j'étudie, j'approfondis les idées pour elles-mêmes, pour connaître ce qu’elles sont, ce qu’elles renferment, et avec le plus entier désintéressement d'amour-propre et de passion. » Le verbal ne s'oppose pas moins au psychologue qu’au praticien.
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les natures les moins portées à se payer de mots doivent attendre que les derniers échos de sa parole soient éteints pour se ressaisir et le juger froidement. Un vote qui suit un discours éloquent est ordinairement faussé par la contagion verbale. Le développement du verbalisme est un danger pour une société (:).
(:) Le futur verbal se reconnaît à plusieurs signes : la volubilité des paroles ou la verbosité dans le style — l'admiration pour les phrases et les phraseurs — le goût pour les chapelets de mots associés par les sons comme : pain bis, bissac, sac à puces, puceron, rond de serviette, étang, tango, gorille, etc., — la recherche des homonymes et des calembours de mots. Il y a du verbal dans le poète (rimes), il y a plus encore chez cer-
tains aliénés. Tout est une question de mesure.
à Te \ L À