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existe entre l’activité pratique d’une part et certaines dispositions de l’intelligence de l’autre : « C’est d’abord une direction purement objective de la pensée spéculative et contemplative, ou encore le dilettantisme de l'esprit — c'est aussi le développement excessif de l'imagination rêveuse, romanesque et chimérique — c’est enfin la manie épuisante de l'analyse, l'extrême subtilité de l'esprit. » Le même auteur essaie ensuite d'établir les relations positives qui existent entre les grandes facultés de l'esprit : sensibilité, intelligence et activité. Mais les concordances apparaissent avec moins de netteté, parce que nous ne pouvons employer ici la méthode de différence qui est le cas limite de la méthode des variations. On ne peut guère citer que des exemples : J.-J. Rousseau constate en lui « une lenteur de penser jointe à une vivacité de sentir » (‘); les grands imaginatifs sont habituellement des émotifs ; les classiques sont des réfléchis et les romantiques des inspirés, etc. Le noologiste aurait besoin de préciser les relations qui existent entre les différents éléments de l'intelligence : sensation, image, souvenir, idée, formes de l'association, attention, jugement, raisonnement. Tâche délicate entre toutes, et qui est à peine amorcée : que nous voilà loin des ambitions de Taine !
Après une enquête de trois ans sur ses deux filles, Binet conclut dans le même sens que nous: « Nous avons fait, dit-il, un long parallèle entre deux fillettes dont nous avons étudié avec détail les idées, les images et les mots. Malgré le soin mis dans ces études, malgré les circonstances exceptionnelles qui en ont favorisé la précision
trouve quelques remarques judicieuses dans Pauzrax : Analystes et Esprits synthétiques, p. 86 et sq. et dans la Préface de la 2° édition de ses Caractères. M. Paulhan insiste avec raison sur la multiplicité et la souplesse de ces corrélations.
(1) Confessions, I, nr.
et l'étendue, nous ne sommes arrivés qu'à de petites vérités partielles, n'atteignant pas ce qui avait été autrefois l’ambition de Taine : connaître la faculté maitresse de l'individu et en déduire toute son organisation mentale.
« On se rappelle les tentatives si curieuses qu'il a faites pour dégager la faculté maitresse d’un Shakespeare ou d’un Michelet. C’est très intéressant, au point de vue de la critique littéraire, mais ce n’est nullement de la psychologie, au sens tout récent où nous prenons ce mot. Taie, du reste, malgré la puissance de sa pensée, n'est jamais parvenu à saisir nettement la différence entre le scientifique et le littéraire (). »
Ce que l'étude remarquable de Binet à mis hors de doute, c’est qu'il existe une continuité mentale entre les modalités des fonctions qu’il a explorées. Il n'ose pas affirmer qu'il existe une relation nécessaire entre ces différentes aptitudes (cela ne pourra résulter que d'enquêtes multiples et de contre-épreuves) ; sans aller jusqu'à la nécessité, il admet l'harmonie: « Profitant, dit-il, de ce que j'avais à ma disposition, d’une manière indéfinie, deux sujets dont je connais la vie privée, j'ai fait sur eux des tests avec la préoccupation de trouver un lien logique entre les faces de caractère que j'étudiais successivement, et avec des tests différents. Ce lien existe, avec quelque patience je l’ai trouvé (*). »
IL a trouvé d’une part, chez l'un de ses sujets, la pré-
cision de la pensée, l’aptitude à se rendre compte, la constance de l'attention, l'esprit pratique, le développement médiocre de l'imagerie spontanée, el par-dessus tout l'attention dirigée vers le monde extérieur. Cet ensemble de qualités s'oppose à l'autre sujet chez lequel l'esprit
(4) Étude expérimentale de l'intelligence, p. 302. (2) 1dem, p. 306. Voir la liste d'expériences qui suit.
MENTRÉ. — /Voologie. 3