L. 19MI
Si Jésus-Christ parle en son propre nom ^ il n'a évidemment pas le droit d'abolir ou d'altérer la loi , et , s'il vient de Dieu, il est impossible qu'il l'abolisse, car ce serait abolir Dieu lui-même. La loi est nécessaire entre Dieu et la créature ; la loi est essentielle à notre nature morale, notre conscience nous disant à tous que nous avons des dsvoirs et que nous sommes faits pour obéir ; la loi est éternelle comme nos rapports avec Dieu et comme Dieu môme ; la loi, c'est la vérité dans l'ordre moral : or la vérité peut-elle être abolie? M. 234.
La loi nous semblera parfaite bien longtemps avant de nous paraître agréable, et peut-être ne nous semblera-t-elle jamais agréable autant qu'elle nous semble parfaite. 245. On peut et l'on doit même presser avec une force égale le principe du devoir et celui de la grâce, s'imposer à soi-même tout le poids de la loi parfaite et n'attendre que de Dieu la force de l'accomplir. L. R. m, 93.
La grâce qui nous est donnée , c'est de marcher sans cesse et
d'avancer toujours ; la grâce est d'être de plus en plus enraciné dans la foi , et de sentir toujours plus étroit et plus indissoluble le lien qui nous unit à Dieu ; la grâce est d'être certain que l'œuvre de Dieu en nous ne s'interrompra jamais, et que la lumière grandira dans notre èeniïevjusquà ce que le jour soit dans sa plénitude ; la grâce est d'avoir, de la perfection , une idée toujours plus complète , de nous en faire un but toujours plus cher ; la grâce est de voir toute une éternité ouverte à nos progrès, et de respirer d'avance, comme un parfum du ciel , cette liberté dont nous jouirons dans un monde meilleur , où , tous les obstacles étant enlevés , toutes les tentations écartées , toutes les chaînes brisées , nous serons enfin tout ce que nous désirons devenir et tout ce qu'une créature peut être. M. 101.
Le vrai chrétien obéit parce qu'il aime ; il aime parce qu'il est aimé. 247.
La grâce , le pardon est donc le premier mot de l'Évangile ; l'obéissance en est le dernier.
Et attendu que Dieu pardonne parce qu'il aime , et que l'homme obéit parce qu'il aime , nous pouvons dire encore que l'amour est le premier mot de notre religion et que l'amour en est le dernier.
Mais ce qui est le premier doit rester le premier. Dieu doit être nommé avant l'homme , le bienfait avant la reconnaissance.
Le chrétien, l'homme nouveau est comparable à l'aiguille aimantée, qui peut bien, sous certaines latitudes, ou dans le voisinage des hautes montagnes, offrir à l'œil quelques déviations, mais dont la direction n'en passe pas moins pour constante, et qui toujours tremblante sur son pivot, ne s'obstine pas moins à montrer le pôle. L'action permanente de la terre ou de la chair se peut faire sentir à la boussole intérieure que le chrétien porte avec soi ; mais celui qui voudrait, au lieu du nord, lui faire montrer l'occident, et la fixer dans cette direction n'y réussirait jamais. C'est dans ce sens qu'on est chrétien , c'est dans ce sens qu'on est appelé à voir le Seigneur. ^ N. D. 370.
Il siérait peu à des disciples de l'Évangile de ne voir dans cet