‹ Esprit d'Alexandre Vinet. Pensées et reflexionsChapitre 48 sur 81 · iO · texte numérisé non relu

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La colère, au point de vue du christianisme, non-seulement n'est pas légitime, elle n'est pas raisonnable. L. C. 498.

La colère de l'homme est toujours injuste. Ce qui est juste de sa part, ce qui lui sied, ce qui lui sert, c'est d'avoir pitié des autres comme on a eu pitié de lui. Qu'il défende au lieu d'accuser.

— La prière ressemble à cet air si pur de certaines îles de l'Océan, où aucune vermine ne peut vivre. Nous devons nous entourer de cette atmosphère, comme le plongeur s'entoure de sa cloche avant de descendre dans la mer. T. 129.

La prière est représentée dans l'Évangile comme un acte saint et solennel, que nous ne saurions entourer de trop de précautions pour empêcher que rien de profane et de mondain ne trouble la respectueuse intimité de cet entretien de la créature avec son Créateur. Si la prière nous est le plus souvent présentée par les auteurs sacrés comme le moyen de la vie chrétienne, on dirait quelquefois, à les entendre, que la prière en est le but, et qu'il faut tour à tour prier pour pouvoir vivre chrétiennement, et vivre chrétiennement pour pouvoir prier. La prière prépare aux actes d'abnégation, de courage et de charité; et, à leur tour, les actes de charité, de courage et d'abnégation préparent à la prière.

Se faire de la prière un but, et régler sa vie en vue de ce moment solennel, suppose un progrès dans les voies de la piété, et une délicatesse de sentiment chrétien à laquelle on n'arrive que par degrés. 437.

La prière, qui a droit sur toute notre vie, n'en réclame pas moins un lieu à part et des heures consacrées. Cet acte de la prière qu'on n'aura pas voulu concentrer, se tournera en émotion superficielle, en vague rêverie; la pensée, la réflexion, sans lesquelles aucun acte sérieux ne s'accomplit, auront cessé d'en faire partie, et la prière, qui devait être un exercice, un travail de l'âme, n'en sera plus (Dieu nous le pardonne ! ) qu'une sorte d'amusement. Il y a presque toujours dans le mépris des moyens vulgaires, une présomption dangereuse ; il y a dans l'usage fidèle de ces moyens un exercice salutaire de soumisbion et d'humilité ; la né-

gligence des moyens de grâce est plus prés qu'on ne croit du mépris de la grâce ; ce dédain de la l'orme extérieure pourrait, de proche en proche, aller si loin, que l'objet môme auquel appartient cette forme se fondrait et disparaîtrait ; et il est fort à craindre que celui qui dédaigne d'entrer dans son cabinet pour prier, ne finisse, et plutôt qu'on ne pense, par ne prier nulle part... On méprise les moyens : mais la prière est aussi un moyen ; et si l'on trouve indigne de soi de lui réserver certaines heures, on peut aussi trouver indigne de soi de prier. N. E. 296-297.

En tout temps l'Eglise a suffi à l'Eglise, la vérité à la vérité. L'éloquence et l'enthousiasme n'ont pas fait autant pour cette cause sacrée que les vertus modestes, l'activité uniforme et les prières patientes de milliers de fidèles dont les noms nous sont inconnus. D. 241.

On ne prie point avec l'intelligence, mais avec le cœur. 394.

La prière est la seule forme régulière et complète de la pensée religieuse. S. ix, 380.

L'enfant de Dieu a de grands privilèges ; mais le plus grand est celui de savoir supplier. N. E. 25.

Celui qui prie est plus voisin de Jésus-Christ que ne l'étaient les apôtres. 4 46.

Isolé, et livré à ses opinions individuelles, l'homme n'offrirait probablement à l'objet de son adoration qu'un culte fort simple. Mais les rapports de l'homme avec ses semblables ne tardent pas à en compliquer les formes. Pour agir sur sa famille, il croit avoir besoin de plus de formes que pour agir sur lui-même.

Le culte est d'une telle importance pour le maintien de la religion parmi les masses, qu'à lui seul souvent il fait à cet égard ce que la vérité ne ferait pas aussi sûrement. 46.

Il est important de donner un corps aux sentiments et aux idées fondamentales de la religion. La vie ne se passe pas plus de symboles que le langage de métaphores ; le rite est une métaphore en action. T. 213.

L'adoration est un état de l'âme que le chant seul peut exprimer. 214.

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