TOME
ments naturels,.... ce sont les dispositions d'un cœur renouvelé par l'Esprit d'en haut ; ce sont tous les sentiments, les motifs, les impulsions qui sont propres à une âme régénérée. S'affectionner aux choses qui sont en haut, c'est s'affectionner à Dieu même ; c'est lui subordonner notre vie ; c'est chergher et trouver Dieu en toutes choses. D. 203.
Mon Dieu ! ne sentirons-nous jamais que nous sommes tous, dans un autre sens que Jésus-Christ, en chute et en relèvement à plusieurs, et que, bon gré mal gré, nous engendrons des vies semblables aux nôtres? Oh!- si nous pouvions suivre des yeux, dans le présent et dans l'avenir, cette postérité qu'enfantent nos exemples; si nous pouvions compter les âmes qui, pendant notre vie, et celles qui, après notre mort, auront droit de se réclamer de nous et de nous imputer en grande partie ce qu'elles sont devenues, de quelle frayeur ne serions-nous pas saisis, et de quel besoin de nous jeter de nouveau dans les bras de la miséricorde de Dieu, mais aussi de quelle sainte émulation et de quelle joyeuse espérance! N. D. 156.
Dieu ne donne rien absolument que lui-môme ; tout le reste il le prête, ou il le confie ; rien n'est à vous que Dieu même, vousmêmes vous n'êtes qu'à Dieu; et vous ne voulez, ô! la plus cruelle des folies ! ni être à lui, ni qu'il soit à vous! N. E. 123.
Sacrilèges de tous les jours, nous nous enlevons nous-mêmes à notre Créateur ! Oh ! c'est là que se marque, même dans les âmes d'élite, la profonde et générale déchéance de la famille humaine. Là est le sceau de notre réprobation, que nous ayons oublié pourquoi et pour qui nous fûmes envoyés dans le monde. D. 199.
Vivre, c'est faire une œuvre qui dure, c'est rassembler autre chose que de vains souvenirs, c'est convertir tout son présent en avenir, c'est préparer sa mort, c'est la faire d'avance triomphante, glorieuse, pleine d'immortalité ; vivre, c'est se conduire sur la terre en citoyen du ciel. 200.
Si la persécution apporte des grâces que la paix ignore, la persécution a des dangers que la paix ne connaît pas. Dans le tumulte et dans la poussière du combat, les formes des objets s'effacent
ou s'altèrent; l'esprit s'exalte et la chair s'exaspère, et si un côté, un hémisphère de la vérité se découvre alors à nous, il est bien à craindre que l'autre ne se voile. Livrés en spectacle au monde, aux anges et aux hommes, mais surtout à Dous-mênies, nous aurons peine peut-être à nous défendre de l'orgueil. N. E. 394.
Chose bien étonnante ! on peut assurer que ceux de la bouche desquels sort le plus fréquemment le nom de Dieu, sont communément ceux qui pensent le moins à ce grand Être. M. 309.
Ne soyez point trop sévère envers l'homme étroit; il ne l'est que par sévérité envers lui-même. Respectez les motifs en blâmant les effets ; préférez tout à l'indifférence, et imputez à l'homme étroit, mais consciencieux, toutes les affections qu'il n'a pas, mais qu'il aurait si sa conscience les lui avait permises, et qu'il aura dés qu'il les connaîtra justes et nécessaires. Ce moment pour lui n'est pas encore venu. H. 6U.
Un chrétien est un homme qui a pleuré et qui a été consolé, qui pleure encore tous les jours, mais que son Dieu console tous les jours. Son bonheur n'est point sans larmes ; ses souvenirs en tiennent la source ouverte, des expériences douloureuses viennent souvent l'élargir. Mais son bonheur est du bonheur pourtant, un bonheur profond, un bonheur dont l'âme est comblée, car il est composé de paix, d'espérance et d'amour, et les larmes saintes de la componction y tombent comme une rosée. C'est s'il ne pleurait pas qu'il faudrait le plaindre. C'est quand cette source tarit que le vrai malheur commence. D. 345.
La vérité bien conçue doit avoir l'un ou l'autre des deux effets opposés : elle doit nous désespérer sans retour ou nous consoler sans mesure, nous rendre tout k fait heureux ou tout à fait malheureux. 370.
Qui ne croit qu'à Jésus glorieux, ne sait rien ; qui croit à Jésus humilié, à Jésus anéanti, sait tout. M. 325.
N'y aura-t-il qu'une manière de rendre gloire à la vérité ? La plus expresse est-elle en tout cas la meilleure ? et vivre, n'est-ce pas parler? U. xlvii.
Je ne sais quelle âme insipide et quelle vie factice menacent
incessamment de prendre la place de notre âme et de notre vie. Je ne sais quelle force magique nous fait recueillir comme la naïve inspiration de notre conscience, et défendre avec la chaleur de la conviction, des systèmes et des formules qui sont nés hors de nous du conflit des idées et du cours des événements. On observe, on imite, on répète, et l'on croit expérimenter. N. E. 269-270.
TllOISIÈME SECTION CHRISTIANISME HISTORIQUE