II. — SO'X ORGANISA TIOI
a) Sa constitution.
Un corps ecclésiastique sans doctrine est, dans la plupart des cas, une chose contre le droit, car, en remontant à l'origine de ses pouvoirs, il trouve une doctrine. C'est par elle et pour elle qu'il a été institué ; et quelle qu'ait été dès lors la marche de Vopinion publique, elle n'a pu rien changer aux conditions soii^ lesquelles il existe ; la doctrine est toujours son titre et son titré unique. Q. 143.
Un corps ecclésiastique sans doctrine est un être de raison, une chimère pure. Toujours ce corps se divisera, se fractionnera par opinions théologiques. Toujours sur les dissentiments en apparence les plus étrangers au dogme, le dogme se retrouvera ; et une affaire purement administrative sera une controverse déguisée. 133.
Qu'on aille dire dans un cercle quelconque, de beaux esprits ou d'ignorants, de croyants ou d'incrédules, qu'il y a un corps ecclésiastique qui, par principe, n'est ni arien ni orthodoxe, ni rationaliste ni supranaturaliste, ni pélagien ni calviniste, ni catholique ni protestant, mais tout cela tour à tour, suivant le souffle de l'opinion publique, un corps, par conséquent, dont l'unique symbole est de n'en point avoir, cela paraîtra une chose si étrange qu'à grand'peine voudra-t-on la croire. 141.
Le plus extrême latitudinarisme ne met les uns au large que pour mettre les autres à l'étroit, parce que les croyances positives veulent être exprimées, et que les taire c'est les nier. 274.
Si l'on a cru, en conscience, pouvoir interpréter l'Évangile dans le sens du déisme, on peut en conscience gouverner l'Église dans le sens du déisme. Menteuse image du christianisme, un tel gouvernement réunit dans son sein toutes les tendances, non comme dans un foyer où tous les rayons colorés deviennent une même pure lumière, mais comme dans une arène, où l'on ne se cherche que pour se défier et se combattre. 225.
La conscience d'une Église, c'est sa foi, c'est la vie que cette foi développe, c'est la liberté dont cette vie a besoin ; c'est, en un mot, ce qui fait qu'une Église est une Église, et sans quoi elle n'est plus qu'un je ne sais quoi qui n'a de nom dans aucune langue. 183.
h) Confession de foi (sa nécessité, son origine, ses dangers^ son abrogation et son rétablissement).
Partout où l'Église aura quelque réalité, c'est-à-dire quelque vie, un symbole existera au milieu d'elle ; et l'espèce de syncrétisme qui attribue une égale valeur à toutes les croyances, accu-