CHAPITRE VU
De la Division et cle la Réunion du Travail.
De la Dirâion du TravaiL
La division du travail est un véhicule puissant du travail, un des moyens les plus importants de la production , une cause de la civilisation et de la richesse, et par conséquent un signe de Fane el de Tautre. Quelque puissantes que soient les ùt^ cultes de l'homme, elles ont des bornes, «noD fixes, au moins sensibles, et en restreignant son activité, l'homme en augmente l'efTicacité. On ne saurait tout embrasser et tout faire à la fois. Ce^ lui qui voudrait tout faire ne pourrait rien faire, ou du moins ne ferait rien de bien. Prétendre à tout, c'est prétendre à l'impossible, et plus le but qu'on se propose est rapproché, plus ou est sûr de l'atteindre. Celui qui ne s'impose qu'une seule tâche est plus sûr de l'accomplir que celui qui en a plusieurs, et moins cette t&clie
t/nsÈàt. pkB It sMoes sm complet. Sî b pcHro tîao neA pas «or 3hKioo. die nest doooêe à rboame qmc dan» Tsiitcf et daos b division. Il CD est sons œ lappoit do travail nmmel oMBaie do travail imoutcrieL Cdoi qui s*adoooe à uoe seole leicDCc a plos lira de coopter sar le soccès« et peot cqierer d*v parvenir à uoe plus grande hantcor, qoe celai qoi coltiie à b fois pluâeors branclies do savoir bomaio. Celai qui se borne à oo waû iortr— ient a plus de cfaaoce dedeveoir ao boo ■onwrien. <|oe celui qui essave de phiiiciHi^ Le peîotre qui oe bit que des portraits est plos aBoré de parvenir a b periedion , que celui cpn traite en même temps les sujets historiques. LVotrcpt eœur de plusieurs bbriques à b fois ne pent oi les sorveilkr,, ni les bire marcbcraussi bien que celui qui est à b tête d*uoe seule eotreprise. Le négociant dont Texploitation embrasse plusieurs ourcbandises « est plus exposé à b billite et a moins de chances de réussite* que celai qui concentre sur un seul article toutes ses petneSy tontes ses recherches et toute son attention. Il eA ¥Toi de dire, pourtant, que ce ne sont bque des vérités générales , et qui ne s'appliquent ni aus capadiés, ni aux honunes exceptionnels^qui ftNrmenI par b même une exception à b rès:ie générale. Souvent aussi ce qui entrave le succès d'une port • empêche de Tautre b ruiue. Aiusi «
'6S LIYBB PREHIBR.
nourrit de sa chair et de son lait , et se coavre de sa peau. Une mousse lui sert de pain, et une tente de chaumière. Le cheval est pour le Calmouck ce que le renne est pour le Lapon. L'^lemand des provinces de la Baltique, de son côté, se croit à la tête de la civilisation de la Russie, parce qu'il est à la remorque de celle de rAllemagne. Enfin, le gentilhomme de Saint-Pëtersbourg ou de Moscou représente en Russie la civilisation française.
A l'intérieur, la plupart des paysans russes pourvoient par eux-mêmes à la presque tolalilé de leurs l>esoins. Ils tressent de leurs mains leur misérable chaussure d'écorce; à peine quelquefois, par voie d échange, Tobtiennent-ils du ber^ ger qui, dans ses longs loisirs , en fait plus qu'il n'en peut user lui-même. La femme du paysan se charge d'approvisionner de linge la maison; c'est elle qui (ile le lin , qui tisse la toile et en vét le famille. C'est encore elle ou son mari qui font du drap avec la laine de leurs moutons, et qui confectionnent ces durs et gris cafetans dont ils se couvrent tous. C'est le paysan lui-même qui, sans autre instrument qu'une hache, bâtit sa chaumière 9 la transporte sur le lieu désigné pour sa demeure, et y construit son poêle. Si, dans un village, vous trouvez un forgeron ou un bottier, concluez-en que la localité est riche, suivant le
PHODUCTION DKS RICHESSKS. IlitI
sens habiluet de ce mol et l'ordre des choses en Russie. Les industriels et les marchands sont ambulants dans la plupart des lieux; encore ne visitent-ils jamais les villages pauvres. Lecharpentier et le maréchal, le peintre et le maichand exploitent, plusieurs lieues à la ronde, des districts entiers; et le détaillant parcourt même plusieurs gouvernements en peu de temps. Toutes ces industries ne deviennent sédentaires que dans les locaiilés riches. Le paysan ii'altend tout son salut €|ue de son seigneur : aussi celui-ci se voit-il obligé d'appeler à lui toutes les industries, et sa lé.-;!dencc prend souvent Taspect d'une petite ville. Il se voit réduit à enlever plusieurs paysans à la culture des terres pour les employer à divers métiers. Des uns il fait des cochers; des autres, de trop d'autres malheureusement , il fait des laquais. ' 11 élève des cuisiniers, des menuisiers, en un mot I il s'entoure de toutes les industries. Ce procédé I l'appauvrit plus qu'il ne l'enrichil, car tous ces I artisans lui font perdre plus qu'ils ne lui rappor- I tent: il peut rarement leui- donner assez d'nccu- I pation pour balancer les pertes qu'il essuie en privant la terre des bras qui lui sont si nécessaires t et qui sont encore si rares en Russie. La nécessité L seule le force à celte manière d'agir, qui encore
s'est une ressource que pour le riche. Le propr I taire éclairé tâche au moins de tirer de ces o
170 LIVRE PREMIEll.
vriei'8 le plus grand parti possible en les (aisanl travailler pour ses voisins.
Les villes donnent lieu à des observations anih logues à celles que nous venons de faire au sujet de la campagne. Ne cherchez pas en Russie une auberge dans la plupart des villes de districl. Si vous n'avez avec vous toutes les provisions nécessaires, vous aurez de la peine à trouver de quoi apaiser la faim. C'est fort heureux si le pro* priétaire peut se faire chausser et habiller dans la ville de son gouvernement, car il n'en aurait pas la possibilité dans la ville du district. Il est contraint d'aller faire ses provisions tous les ans dans une des deux capitales. Il n'y a pour toute enseigne dans les villes de district et dans les villages, que celle du cabaret qui attriste la vue et afflige le cœur. L'ivrognerie est une plaie dégoûtante et profonde; elle appauvrit l'Etat plus qu'elle n'enrichit le gouvernement qui en fait une source principale de ses revenus : elle ruine, elle démoralise, elle mine le peuple, et engloutit tous les germes de la richesse et delà force nationale.
A côté de tant de misère, l'économiste trouve cependant où reposer ses regards, et rencontre quelques dédommagements à ses tristes observations. Çà et là des villages entiers ont embrassé des industries spéciales : ici la tannerie, là la poissonnerie, ailleurs le tissage, etc.
FBODCCnO!! DES BICMISSSS. 171
Le premier effet de la divisioD du Invail est le periectioDDeinent du tniTaU même. Mus la tikrfae dTon oa^rier est simple , mieux il sVn acquitte. CettesimplificatioD a même amené plusieurs iu^entiens: le travail le plus simple devenant machinal peut aisément être remplacé par une machine. âdara Smith raconte qu'une des plus grandes améiionlions de la machine à sapeur a été due au désir de jouer qu avait un enfant. Cliargé d ouvrir la oomnuiDication de la chaudière au cvlindre, il reman|iia que s*il attachait le levier au robinet par une ficelle , son travail se ferait de lui-même. Du reste, en œ qui concerne les inventions dans l'industrie , il est juste de les espérer des savants qui combinent les parties avec le tout , les causes avec les effets, plutôt que de les atteinlre de la division du travail qui n\ aboutit que par hasard. Toutefois, les inventions les plus utiles sont dues a des gens ignorés ou obscurs. Les Akwnght, les Hargrave, les Crompton, qui ont créé la manufiKture de coton; les Savarv', les Newcomen, les G>wley et les Watt, qui ont inventé les machines à vapeur, les Jacquart notaient que de simples ouvriers.
Le second effet de la di%'ision du travail est Téconomie du temps. C*est une loi de physique que le changement de direction diminue la célérité du mouvement. In ouvrier, en changeant d*outil.