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CHAPITRE II

De la paix et de la guerre. De la nalionalilé et du cosmopolitisinç.

ti Je ne ferai point, disait J.-J. Rousseau , l'ofleose à mon lecteur de prouver que la paix vaut mieux que la guerre. » Mais, à voir la légèreté avec laquelle on s'engage tous les jours dans la guerre, en sacrifiant les délices de la paix ; à voir le développement des forces militaires qui frappe partout les yeux , et épuise les peuples, il faut convenir que les idées de paix n'ont pas encore prisasses de consistance et d'extension ; et , tant que le monde sera tourmenté par le démon de la guen*e , c'est à Tesprit à s'armer contre lui de toute sa puis-

sance. Le gouffi'e qui sépare ^s iialions se comble bien lentement , el les lumières n'aplanissent pas assez vite les bornes que la barbarie a élevées entre les peuples. La lour de Babel est debout, et Ton ne sait, ni quand nous échapperons à la condamnation qui pèse sur nous depuis tant de milliei*s d'années , ni si les haines et les préventions entre les peuples feront jamais place à des sympathies véritables.

Les États sont encore, quant à leurs rapports réciproques, dans l'état de nature. On fait appel à la force dans la plupart des différends; l'état de guerre entre les peuples, c'est l'état de nature enti'e les individus ; ne fera-t-îl donc jamais place à l'état de société, de paix et d'ordre , où les rapports entre les nations soient fixés par des lois , et leurs différends résolus par des jugements? La paix universelle sera-t-elle toujours du domaine des rêves, et ne passera-t-elle jamais dans celui de la réalité? H est plus facile, pour nous, de nous re|iré-

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senler ravénement de la paix générale, qu'il ne Fa pu être , pour les sauvages, de pressentir rétablissement des États, de prévoir le jour ow ils vivraient côte à côte , sans guerre, pour leur bien connmun. Le monde a toujours procédé ainsi : d*abord c'étaient les individus qui se faisaient la guerre ; puis « réunis les uns aux autres, ils l'ont faite aux hameaux; ensuite se sont formées des cités qui se sont entredéchirées ; puis la rivalité a passé à des provinces , jusqu'à ce qu'enfin celles-ci aient été absorbées par les États. La guerre prenait des dimensions plus grandes , à mesure que les liens entre les hommes se i*esserraient davantage; les luttes devenaient plus désastreuses en devenant plus décisives , moins longues et plus rares. Actuellement ce sont les nations et les États qui se combattent les uns les autres. L^ paix univei*selle est le degré suivant dans cette voie de la perfectibilité humaine.

Patrie est un des mois -dont on a le plus abusé, et on la toujours mal compris. C'était

d'abord le hameau où Ton était né, la chaumière, Tarbrequi ont abrité les premiers jours deThomme. Puisle cercle de sa vue s'est étendu avec ses connaissances, et ses sentiments ont suivi la même progression : il a compris tout un pays sous ce nom de patrie. Un jour viendra où nos lumières s'étendront à l'univers entier et où chacun pourra se dire citoyen du monde. II y a déjà des esprits assez forts pour être à cette hauteur; faisons des vœux pour que leur nombre aille en s'accroissant.

La nationalité a fait du bien , mais elle a fait son temps, et doit faire place au cosmopolitisme. Elle a été un mieux dans la marche de l'humanité : elle a permis l'établissement des Etats, le développement des peuples; elle leur a donné force et consistance, et a produit entre eux des rivalités bienfaisantes. Mais à côté de cela, combien n'a-t-elle pas pi'oduit de maux! C'est en son nom que les peuples se sont déchirés pendant des siècles. Toutes les guerres en sont découlées, ou y ont puisé leur

principal aliment. Aujourd'hui , l'esprit de nationalité n'est plus que l'égoïsme des nations, et c'est lui seul qui divise et ensanglante le monde. Nationalité anglaise ou française, russe ou polonaise, aucune d'elles ne peut trouver merci devant le tribunal de la raison. Sans elles, on aurait vécu en paix, et le bonheur aurait régné sur le monde.

Je ne ferai pas le tableau des calamités de la guerre; je ne visiterai pas les champs jon« chés de morts; je ne retracerai pas les cris des blessés et des mourants, les angoisses des assiégés , le deuil des familles ; je ne fieindrai ni riocendie des cités ni le sac des villes. Je ne remuerai pas davantage riiistoire. ^/ui ne sait que cpiiconque a péché par le giai%e a toujours péri par le glaive ? L^ empires qui sont sortis de b conquête se sont édipsé* aosn vile qulls s'étaiefit Cr/rnié*. f ^ Verna , h Bbcédoioe, Rume et TK^pagiie M/tit ti^mfié#f% à peine par»efiue% a la cifiie du fM/UW/ir.

n Du triomphe à la chute, il n'y a souvent « qu'un pas 9 » a dit l'homme dont la chute a égalé le triomphe. S'étendre, c'est s'affaiblir; gagner en espace , c'est peitlre en force et en consistance : telle est la loi de la nature entière. Un État qui est un amalgame de peuples est un État peu normal; il ne vit pas de sa vie propre, mais d'une vie factice, et se traîne dans l'agonie jusqu'à sa mort, qui ne tarde que trop peu. Ce qui fait du bien à une de ses parties fait du mal à une autre; ce qui est nécessaire à une de ses provinces est funeste à une autre.

Un État simple présente une communauté d'intérêts et d'esprit qui le met à l'abri de la discorde et de la ruine ; un État composé porte en lui-même le germe de la décomposition. La nationalité n'est pas chose qu'on détruise aisément; elle brave la ruse et la force, la corruption et la violence. On l'endort parfois, on ne l'étouffé jamais : c'est un feu qui couve sous la cendre, et que la moindre étincelle

H>UT1QUË EXHi^RIEURE. S^i

luet eu flaninie. En proscrivanl la langue et la religiou du peuple soumis, on peut arrivei* à ia destrucliou île sa uatioualité; mais ce sout là (les moyens coudamuables poui* un Inii peu jusdfiabie. La dissémination de la population conquise peut aussi amener le même résultat, mais c'est là aLiattre le fniil avec larbre. La physionomie d'un peuple ne s efface quavec lui, et, tant qu'il vit, il liait se^ oppresseurs, le.s auteurs de ses uiallieurs, et u a qu'un seul but, celui décbapper au joug. ]jes Juifs eux-mêmes, sur qui pèse le doigt du Sauveur, quoique sans patrie, ne sont pas sans uaiionalité. Et cbose étrange, mais pourlaoi bien naturelle, cesL dans les pays où ils sont en butte a la plus dure oppression, qu'ils coufiervent le plus de leur originalité : on s'atiacbe à une chose en proportion des efforts que Ton fait pour nous Tarraclier, et Tou s'en dessaisit, alors que les autres no témoignent pour elle que de rindilTérenoe. Le Fioois et le Tatare consei'vent encore les

traces de leur origine et les particularités de leur race. La Hongrie gène l'Autriche; la Norvège incommode la Suède; la Belgique n'a pu se maintenir avec la Hollande; l'Italie cherchera toujours à échapper au Tudes-que, et les Polonais ne seront pas de sitôt de loyaux sujets moscovites.

Tout bien considéré, laFranceest aussi forte que l'Angleterre, dont les membres, dispersés dans toutes les parties du monde, ne se lient à leur tronc que par la domination des mers qui peut échapper à l'Angleterre, comme elle a échappé à l'Espagne et à la Hollande. Elle est plus forte que l'Autriche, dont les parties n'atteddent qu'un moment favorable pour se disloquer ; plus forte que la Russie elle-même, dont la population , clair-semée sur un territoire immense, divisée dans ses intérêts, maintenue sous un seul sceptre par la seule force de Tautoci*atie , ne i>eut mettre, dans la balance européenne, qu'un effectif de troupes bien inférieur à celui que peut y jeter la France.

POUnQDE EXTÉRIEIIRE. us

Si k Turquie n'est qu'un cadavre, c'est préci- •éoMnt parce que les conquérants y sont moins nombreux que les peufdies qui supportant leur joug barbare et lâche.

Les limites naturelles sont les seules qu^un État dcHt rechercher, les seules dans lesquelles il puiMC jouir du repos et être fml , et ces Kflriles ne sont pas autant des mers, des montagnes et des fleuves, que la langue, la religion, la conibcinitë d'origine^ de mœurs et de prineipeâ. Si des pays comme rAllemagne et iltahm cmK tout à gagner à réunir en faisceau leur petits États, les Étata4Jnis et l'àngleterre ont retiré tous deux d'immeuses avantages en se séparant fun de l'autre ; il n'en peut être autrament de la Belgique et de la Hollande ; et c'est enoore une question de savoir si l'assujettisseBieQt de la Pologne a plus assuré que compromis la sécurité de la Russie.

Dqà une réaction se fait sentir en faveur de

la paix. Elle est due à Napoléon , cet homme

que Rome a oublié de fiiire naître, selon le

inot de Saint-Simon. Son sort est trop récent et trop frappant y pour engager sur ses traces des guerriers moins habiles. Après avoir l)ouleversë l'Europe par son ambition et fatigué le monde de sa gloire , il n'a légué à son peuple que des lauriers brisés. Mais il a rapproché les- peuples , et a laissé la{>aix après la guerre , et cette paix est devenue aussi bienfaisante que les guerres qui l'ont précédée ont été funestes. Elle a augmenté la population , la richesse et la prospérité de l^urope. Cest aux gouvernements à ne pas compromettre ces avantages y et à utiliser la tendance générale vers la paix.

Si les passions des princes les rendaient toujours sourds à la voix de la raison, si leur moralité et leurs lumières ne peuvent faire cesser l'état de discorde et d'inquiétude où ils vivent perpétuellement , les peuples pourront et devront, d'eux-mêmes , se charger d'assurer leur bonheur, en établissant la paix universelle. A quoi bon tous ces diplomates ^

fouhqiie EnfiEneDiiE.

«i ce ii'«tt pour fle querdler mn le p«s et la prr- «énne, ponr perpétuer les méftinleUigeiices ma lien de les «louffer à leur ^enae ; ces confères cpii n'ont d'antre soin que de s^nracher les dqKHiilles d'un aott ou d'un mounoit ? He poumîent-ils pas mettre leur esprità rq|ler les difierends des pecqples; «e constituer en permanenoe^amsique Font Mi les ambassades dles-fuémes, qui sont <ievenues staUes, de lampuiaîres qu'elles étaient dans l'angine; a'ocg^aniser en tribunal suprême des peuples, et ^FeUler sur les intérêts généraux du monde, mns plus penser à léser l'un pour enrichir l'autre?

tS

356 LIVRÉ tAoisiÈ^.

GHAPITRK HI;

De Fequière poEtiqua

Ëb àttéildaiit là pàii unii^i^sélîe, f^i ûiAïi Vè^M\hrè p6\il\^ué qu'on chëréhé ël cïtf dii i^bittfouvei* Ik sauvegarde dés tkibleé, là^^atitiede la paix et le salut du monde. Les hdÀîUiëk d'État y ont foi, comme les musulmans dans la fatalité , et pourtant il y a à peine un principe plus confus en théorie et plus éphémère en pratique ; mais, ainsi que l'homme qui se noie se confie à la première planche qu'il trouve flottante sur l'onde , ainsi les peuples se sont toujours reposés sur l'équilibre politique^criant partout son nom , le cherchant partout y et le

POLITIQUE EKTÉRqSUBE. W

voyant échapper au moment même où îU crpynîeot le tenir. QuanU ce n'était pas la pré^ vQyapce ou l'expérience qui le leur faisait re-^ chercher, ç etait^ pour ainsi dire, leur instind d^ conservation qui le^ y guidait. Si ce n*est pas à son abri précisément qu'on a joui de quelqpis paix, c'est pour lui que se $ont faij(es la plupart des guerres. De tout temps les peuples opprimés , ou qui craignaient de Télre, se liguaient entre eux , ou se mettaient sous la protectioD du plus fort , pour opposer unç digue à Tenvahisseraent des conquérants. Lors même que réquilibre politique semblait renversé^ son assiette seule était changée ; l'ancien faisait place à un autre, et la tendance des peu* (des vers l'équilibre est aussi constante que celle des liquides à prendre un même niveau et le plus bas possible.

L'équilibre politique est une répartition de forces, entre les différents JÉtats , telle qu'elle assure leur mutuelle indépendance et Tinviolabililé de leurs intérêts respectifs. Pour cela ,

H n'est nirflement nécessaire que tous les Étals soient égaux en puissance; il suffit qu'aucun d'eux n>'ait une telle prépondérance sur les autres, qu'il puisse régner en raattre, s^étendre k leurs dépens ou assujettir l'un d'eux impunément II peut et doit y avoir des États plus ou moins forts les uns que les autres, nais il fiiut que le faible ne puisse devenir la proie du fort.

Le plus grand obstac^ à l'étabKssemeDi d'un équilibre véritable , est dans la difficulté d'apprécier et de coordonner les éléments de la puissance des différents États. L'étendue du territoire en est une base fort incertaine : loi» d'être une source de force , elle n'est souveiik qu'une cause de Êiiblesse. Elle ne présente en temps de guerre qu'un seul avanti^, celui de faciliter les mouvements des troupes , soil qu'on veuille les réunir pour le combat , ou les rallier après la défaite. Mais elle affiiiblil l'effectif de l'armée de tou t ce qui est nécessaire aux garnisons, dont l'importance est en rap-

POLITIQUE EXTËRIEUBE. 359

port direct avec le nombre des poinis à garder et leur éloignement. La qualité du sol est plus à considérer que son étendue, et le chifTre de la population est plus important encore.

L'état des finances et des richesses nationales est un des principaux éléments de la puissance des peuples. C'est par sou or que l'Angleterre a pu soudoyer et entretenir la plupart des coalitions lors de la révolution française, el, fiiute d'ai^enty la Russie ne peut satisfaire ses goûts de guerre et de conquête.

Le caractère d'une nation doit également être pris en considération. On doit voir si un peuple est belliqueux ou iaible, persévérant ou changeant; s'il aime ses institutions , s'il tient beaucoup à sou indépendance. Un pays qui dans son propre seip a des germes de troubles et de discorde, présente à l'ennemi un côté faible et accessible à l'attaque. Un gouvernement qui peut tout sur son peuple, assure plus de succès à ses projets que celui qui n'en est pas aimé ou qui est entravé

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par lui dans ses projets. Les rois absolus, qui peuvent mouvoir leurs troupes à leur gré, compromettent bien plus la paix uoivarselle que les gouvernements représentatifs. Vorgat^ nisation, Texpérience, l'esprit de ï^rmé^^ ne doivent pas oon plus être perdus de vue. L'impétuositë de l'armée française ira de pair avec l'inébranlable ferçieté de Tarm^e rM^^ f mais ?Ue l'emportera par l'instruetioQ des généraux, toutes les foi$ qu'elle «'wrt pp$ à craindre une trop grande infériorité nogs 1^ rapport du nombre. L'Albion jettera ^n or dans la balance politique; la Russie, son fer et son absolutisme ; la France, sa plupiie» ce pouvoir de l'esprit, qui de nos jours a acquis une si grande importance.

L« question est difficile, mais n'est pas iusor lublet et le grand homme d'État, le fin poJiti* que sauront assigner à chacun de ceséléfU^ts sa valeur véritable et différente selon les circonstances.

Cet éqMiUhre enfin , si laborieus<?m/?pt ins-

POUTlQL£ EXTEUEURE. Mt

lîliury m peu ou k beaucoup d'erreurs près, un homme arrive, comme Kapoléon , qui le brise ainsi qull a brisé la porcelaioeà Rastadt, ainsi qu'il brisait les empires; mais ces météores se paraissent qu'à de longs intervalles, trop irréguliers pour être prévus, trop rares pour inspirer des craintes perpétuelles.

El , lors même quels dévastation qu'ils por* tent avec eus ne peut être empêchée entière- ■Mut, elle peut être conjurée à temps par des alliances bien combinées. L'à-propos est , dans les coalitions , la condition essentielle. Si les peuples de l'Italie s'étaient ligués contre Rome, an moment où sa puissance devenait menaçante, elle aurait dû sucxromber sous leurs efforts réunis. Si les alliés avaient développé, au début de la carrière de Napoléoo , Ténergie qu'ils ont montrée à la fin , ils auraient pu , peut-être, arrêter à temps le cours de ses dé* vastations.

L'équilibre politique n'est pas fixe. Les poids qui servent à rétablir doivent se |>orter d'uit

point à un autre; il faut toujours secourir l'endroit menacé et soutenir le côté qui chancelle. Tantôt réquilibre politique est entre deux puissances qui s'observent, se mesurent, et assurent par leur jalousie le repos des autres États; tantôt il est entre plusieurs Élats, ou entre plusieurs et un seul, contre lequel les premiers se tiennent en garde et se coalisent, pour réprimer ses goûts entreprenants.

En ce moment l'équilibre politique existe évidemment en Europe. Car si la France s'étendait trop en Afrique, elle rencontrerait sur sa route l'Angleterre, si ce n'est la Turquie; si l'Autriche s'avançait en Italie, l'Angleterre ou la France y apporteraient des empêchements. L'Angleterre et la Russie s'observent entre elles, en Asie, où elles se touchent presque, et, avant que la Russie ait occupé Constantinople, il se versera bien du sang : si toutefois on ne trouve le moyen de s^entendre pour démembrer l'empire Ottoman, qui penche évidemment vers sa chute; et le lot est

assez beau, pour qu'on parvienne un jour à en faire des parts égales.

 présent qu'on ne se bat plus presque pour des caprices de rois , qu'on a le bon esprit de chercher à vider en paix les questions d'intérêt et les griefs, la guerre n'est plus possible que pour les principes, et, de ce côté même, il y a équilibre. Deux principes divisent le monde, la démocratie et la monarchie; deux camps partagent l'Europe, le camp constitutionnel et le camp absolu. Dans le premier, les rois ont fait la paix avec les peuples; dans le second , la guerre n'a pas encore éclaté. Les deux champions se mesurent ; et s'ils n'en sont pas venus aux mains, c'est parce que leurs forces sont égales.

D'un côté , il y a la Russie, l'Autriche et la Prusse; de l'autre, l'Angleterre, la France et l'Espagne. La Prusse elle-même n'est là que comme un paravent entre les deux principes^ l'obscurantisme russe et ce qu'elle croit être la propagande française. Entre la Russie et la

364 LIYEË TROISIÈME.

France, la Prusse trouve Tune irqp absolue, Tautre trop libérale. Elle ^ les yeux fixés sur les dpnn. puissances, et le peuple, s-appiiyant sur les promesses qui lui ont été faites, empêche le gouvernement de se décider en £|vei|r de la Russie, vers laquelle il penqhe par ses goûts. La Turquie est en dehoi's du combat; ritalie est neutre, et, au jour décisif, i| es( probable qu^etle se prononcera en faveur d^ la liberté; la Suéde et la Norvège sont assurées, à tout jamais, à la cause démocratique. Si jamais des peuples barbares venaient renforcer le camp de Tabsolutisme, TAmérique viendrait se ranger dans celui de la liberté, el ferait indubitablement pencher la balance en sa faveur. Quelle que soit la perversité de la politique de l'Angleterre, on ne peut croire qu'elle trahirait les principes constitutionnels auxquels elle a donné le jour. Si la liberté a essuyé un échec en Pologne , elle q'a peut-être reculé que pour mieux sauter; en revanche, elle s'est relevée en Grèce, et l'aveug^ment

POLmQVB EKTÉRIEORE. sei

seul pourrait décider Tabsolutisme à engager la lutte avec le parti contraire.

Le triomphe ou la chute de ces deux principes ne viendra, suivant toute apparence, que du sein de chaque État, et le combat est éminemment in tellectuel. Cest dans les champs de Fesprit, et avec ses armes, que se décideront les intérêts de Thumanité. Les idées constitutionnelles paraissent assez sourire aux peuples. Cest le cas ou jamais, pour les rois atsohis, de se foire sages et humains.

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