CHAPITRE IL
De la Produclion et des Sources de la Richesse.
De 1a ProdnolMm.
Produire veut dire : créer des richesses, des ol>jets utiles 9 ou des matières capables de devenir utiles à l'homme sous quelque forme ou dans quelque lieu que ce soit, c'est Faction de la nature; trouver aux produits de la nature la faculté de servir aux besoins de Thomme ou augmenter cette faculté, c'est l'action de l'intelligence de l'homme; multiplier les produits de la nature , les modifier ou les transporter pour les rendre plus utiles, c'est l'action du travail de l'homme; servir aux besoins physiques, intellectuels ou moraux de l'homme sans que ces services soient censés se réaliser dans des objets matériels, c'est le travail immatériel.
Produire veut dire créer ou augmenter l'utilité directe, la valeur d'usage des choses, et non pas leur utilité indirecte, leur valeur échangeable.
PMODUCTION DE» MICHBSS18. 101
Od ne donne de la valeur échangeable à une
chose qui n'en a pas, qu'en la rendant propre k
an usage direct des hommes. On ne peut donc
créer de la valeur échangeable , sans créer de la
valeur en usage. Augmenter la valeur échangeable
en augmentant la valeur d'usage, c'est augmenter
Futilité directe; l'augmentation de la valeur en
échange n'est en ce cas qu'une conséquence de
l'augmentation de la valeur en usage. Produire
dans ce sens , ce n'est pas augmenter la valeur
échangeable, c'est augmenter la valeur d'usage.
Un objet devient plus cher lorsqu'il devient plus
utile. Avancer et soutenir qu'il devient plus utile
parce qu'il devient plus cher, c'est prendre l'effet
pour la cause.
Si produire voulait dire augmenter la valeur échangeable^ on produirait en détruisant , puis» que la destruction diminue roflre, et que la diminution de l'offre augmente le prix.
Augmenter la valeur en échange d'un objet, sans en augmenter la valeur en usage, ce n'est pas produire, c'est s'enrichir aux dépens d'autrui. Le gain qui résulte de l'augmentation du prix du produit sans une augmentation proportionnelle de Futilité directe de ce même produit, suppose toujours une perte équivalente supportée par ceux qui payent le surplus du prix.
Au contraire, en diminuant la valeur échan-
102 LIVBB PBEICIEB.
geable des choses , on produit : |>ar la diiiiisutioii des frais de leur production ou par Tabaissc»menl de leur prix réel. — Simplifier la production des montres qui valent 200 francs au pdiol de les pouvoir oflrir à 100 francs, c'est diminuer leur valeur échangeable de moitié, c'est augmenter d'autant leur valeur d'usage; c'est produire.
Supposons que les meilleurs chapeaux de soie se vendent i5 francs, et que le négociant réalise dans ce prix un bénéfice de 3 fr. Ce négociant a l'heureuse idée de les offrir à 1 3 fr. ; il en diminue le prix et il produit : il rend ses chapeaux aoces* sibles à tous ceux qui ne peuvent y mettre t|ue i3 fr.; il crée ainsi en leur faveur une utilité réelle et indubitable, car moin^ cher ou plus uiile sont synonymes en économie politique. Ce négociant sera producteur dans toute l'acception du terme, et pourtant il a diminué la valeur échan* geable de sa marchandise. Lui-même perdra-t-il a ce changement? Évidemment non. 11 continue toujours à gagner par chapeau un franc seulement, il est vrai, mais il vend deux, trois, et peut-être dix fois plus de chapeaux qu'il n'en vendait au prix de i5 fr.; et, en définitive, le nombre des ventes lui restitue, souvent même avec bénéfice, la perte apparente qu'il essuie sur chaque vente en particulier.
Le jour ou la valeur échangeable des choses
PBOMiCTMKI DIS BIGBISSES. . . lOS
senût nulle, et leur \aleur d*usage e&œssîve, ce jour-lâ y le monde aurait atteint le zénith , le point cnlfliinant des richesses : il aurait tout pour rien ! Ao contraire y si b valeur échangeable de tous les objets augmentait à la fois et à Teicès , la poâiioo de tous ne changerait ni ne samélioreraii le moins du monde ; vendant tout au plus liaui prix qall soit possible de s'imaginer, on serait oUigé de payer tout eicessirement cher : on ga* gnerait d'une part ce qu'on perdait de Tautre, m plos ni moins. Nous avons vu que plusieurs ob|els d'une grande utilité directe n'ont aucune valeur échangeable, parce qu'ils ne sont capables ni de se déplacer, ni de s'échanger : telles sont les voies de communication. Si produire voulait dire alimenter la valeur échangeable, on ne serait, pas producteur en créant des routes ou des canaux, et pourtant ce sont là <les moyens trèsimportants de b production et des objets très» ntiles poor b société entière. Les agents naturels n'ont pas de valeur échangeable et sont pomiant des agents poissants de b production.
Le revenu d*un homme n*cst pas une mesure JMie M même un indice certain de b productivité dm Iravafl qui lui rapporte œ revenu. Il peut ne le devoir cfu'à <les circonstances fortuites. Profr laUe pour lui, son occupation peut même être nnisiMe pour d'antres : le re%enu d'un proprié-
104 LITBB PRBICIBB.
taire n'est souvent dû qu'à la misère de ses serfii ou de ses ouvriers. D'autre part, ce qui cause la ruine de certains individus peut profiter à d'au* très et même à la société entière. Que de gens ont ruiné leur fortune , leur santé, leur existence a des inventions , à des travaux ou à des productions dont ils n'ont retiré aucun fruit, et qui ont profité après leur mort! La totalité des revenus des individus, ou le revenu national, n'est pas Téqui* valent de la production nationale; celle-ci se compose de la somme des productions de valeurs d'usage de chacun , et n'est pas susceptible d'une évaluation exacte.
Dm B<mrcet de ki Bichene.
H y a deux sources de richesses : la nature el le travail de l'homme. Ce n'est que si on considé* rail l'homme lui-même comme un produit de la nature, qu'on aurait le droit de dire que la nature est le seul auteur des richesses. Réciproquement, comme les produits de la nature ne sont des richesses, ou n'ont de la valeur qu'autant que l'homme leur reconnaît la faculté de servir a ses besoins, ou pourrait dire en ce sens que les ri* chesses ne sont redevables qu'à l'homme de leur qualité de richesses, ou même que ce n'est que
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Tesprit humain qui crée la valeur. Mais eti fail et en général y la nature et l'honiine sont les deux facteurs des richesses. Les produits exclusifs de la nature n'ont de valeur échangeable que lorsqu'ils ne sont pas la propriété de tout le monde , comme ïe bois , Fherbe , etc. ; ceux qu'on ne peut s'aj^ro- ' prier, comme Tair et la lumière, ne sont pas des biens économiques. Les premiers produits ne sont pour ainsi dire redevables de leur valeur échangeable qu'au droit de propriété»
La nature ne pourvoit qu'à une minime part des besoins de l'homme ; loin de lui être toujours propice , elle est souvent un obstacle qu'il doit vaincre pour parvenir à l'accomplissement de ses vues. Partout où elle es! dans la puissance de sa virginité, et lliomme dans l'impuissance de sa barbarie, partout où elle n'a pas encore subi l'action de l'homme, la nature est non-seulement contraire, mais elle est même dangereuse et nuisible à la santé et à la vie des habitants.
Comme un objet ne devient une richesse que lorsqu'il peut servir à l'homme, nécessairement l'homme entre pour beaucoup dans la détermination de la richesse. C'est lui seul qui décide de la valeur des produits de la nature. Ils ne reçoivent de la valeur en usage que lorsque Thomme a constaté en eux la faculté de servir à ses besoins, et de la valeur en échange, que lors<prii y a joint un ti-a-
J06 LIVBB PBEMIBB.
vail quelconque 9 ne serait-ce que celui de la prise de possession. C'est encore le travail de riiomaie qui peut augmenter presque à l'infini la valeur d'un produit de la nature. Mais si la nature ne peut se passer de Thomme pour lui être utile, riiomme ne peut se passer de la nature pour produire. Il ne lui est pas donné de tirer du néant ou d*y faire rentrer la moindre chose. Dieu seul a ce pouvoir. Si, dans la plupart des productions, la nature agit simultanément avec l'homme, ces deux agents peuvent y contribuer dans des proportions di(Téi-entes. C'est ainsi que le travail de la natqre domine dans la production des blés; l'homme n'y fait que seconder et surveiller l'action de la nature. Dans une dentelle, au contraire, le produit de la nature est si peu de chose, qu'il échappe presque à ^ la vue, et sa grande valeur n'est due qu'au travail de l'homme.
Quant aux productions de l'homme, qui ne se réalisent pas dans une matière quelconque, hâtons* nous de dire qu'elles ne cessent pas pour cela d'être des productions quand elles oqt de la valeur; souvent elles améliorent la position de l'homme plus que les autres, parce qu'elles s'adressent à la plus belle partie de son être. Elles aussi ne sont pas indépendantes de la coopération de la natui*e, et ne font pas une exception à la règle. I^és deux facteurs de la produclion , la nature et le travail,
PBODiiCTiofi DIS BTcansEs. %m
sty reIroaTenI générjJeient. Les productions immatérielles ont souvent une Imae malérielle on ifcitureiie. Les dons de la nature périssent sans tnh irail j le IraTail sans talent nVst pas productif. La perfection ne résolle qoe du talent d'accord avec nq^catfon , que du travail de la nature en har» monie avec celui de l'homme. Une voix naturelle est réduite aui dons de la charité, tandis qoe le dianteur instmit s'enridiit. Maïs un homme sans ¥oix et sans oreille ne saurait produire une note ma^ré toutes ses peines et celles de ses maîtres.
L*action de la nature se montre partout à c6lé de celle du travail, et lliomme lui-même subit cette loi. La nature et le travail lui impriment conjointement le cachet de sa valeur et de son mérite. La nature de Fun aura "été abandonnée à ellemême r elle se sera trouvée faible et peu riche; le mérite de cet homme est nul. Lui-même n^est qpi*oneombre plutM qu*un homme. Cet autre avait été, an physique comme au moral ^ richement dooé par la nature, mais ni le travail ni finstructioD ne sont venus à son aide, et ses bonnes qualités ont pris une mauvaise direction; sa force eorporelle n*a servi qu'à lui 6ûre supporter les amrflranoes, fruits de son inconduite, et à retarder le moment de sa perte. 1^ force de son esprit n a fomiié qu a son propre mal et à celui des autres. H na pmdoît que le rafliiienMmt du %ire. Il % a%ail
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en lui rétoffe d'un grand homme : il n*est devenu qu'un grand scélérat. Heureux celui que son bon génie a préservé d'une fin misérable, el que son esprit a servi au moins à sauver des périls de ce monde! Ceux, au contraire, qui, faisant un bon emploi de leurs capacités , les développent par le travail, assurent leur bonheur. Le faible ou l'incapable même, fortifiant son corps et relevant son âme, peut, à force de travail, se mettre au-dessus de ceux qui ne se sont appliqués qu'au mal, quel-* les que soient d'ailleurs les qualités physiques ou intellectuelles qu'ils ont pu recevoir de la nature.
Si des choses nous passons aux pays , si des hommes nous nous élevons aux nations, nous ne recueillerons que de nouvelles preuves de cette vérité : que la nature et le travail sont les deux auteurs des richesses. Prenez à l'une des extrémités du globe le Samoiède ou le I^pon, et à l'autre rindou. La nature s'est comportée en marâtre h regard du premier, n'a rien fait ou du moins a fait très-peu de chose en sa faveur , et lui a opposé des obstacles qu'il n'a pas su vaincre par le travail: il est misérable et sauvage. L'Indou est resté au même degré de barbarie et de misère au centre de toutes les prodigalités d'une nature généreuse, parce qu'il n'a pas appris le secret du travail, tandis qu'à ses côtés et sous ses yeux , d'industrieux An-
PIODCCTIOll DES BICRCSSES. Î9SÊ
glais se sont enrichis des ressources de son pays. La Hollande nous ofire une nation qui, grâce à m rare persévérance dans le travail , a atteint un haut degré de prospérité. La mer envahissait les terres et dévastait le travail de l'habitant; les Holkindais ont refoulé la mer dans ses limites : ils ont patiemment élevé la terre au-dessus de son niveau, et leurs digues victorieuses en ont fait un éiéiDent inoffensif ; bien plus, elle est devenue propice et utile. Ce qui était un obstacle s'est changé en un secours, et cette mer, autrefois cause de mine, n'est plus qu'un gage de prospérité. A leur tour 9 les Hollandais envahissent la mer, la couvrent de leurs vaisseaux , s'emparent de son règne, et , pendant des siècles entiers , leurs marais ont été l'entrepôt universel des marchandises du monde. Telle est la puissance du travail humain! Supposez un citoyen du monde ancien, dans sa toge et ses sandales , avec ses préjugés et son ignorance, transporté tout à coup au milieu de notre siècle : il se croira sur une autre planète. Les produits des contrées les plus lointaines se tronvent presque sur tous les points de la surface de l'Europe. Sur mer comme sur terre, les hommes, servis par la vapeur, franchissent avec une incroyable rapidité les plus grandes distances. Promptes comme la pensée, les nouvelles se transmettent par les télégraphes aux pays les plus éloi-
IfO LIVBB PREMIEB.
gn<^. l^ vie d'un simple bourgeois de notre temps surpasse de beaucoup en aisance celle d'un aacien patricien. C'est à l'esprit humain qu'il faut rendre grâce de toutes les inventions, mais la nature a'a pas été étrangère à ces métamorphoses. L'espril humain n'a fait, ne fait et ne fera que comprendre les facultés et les forces de la nature, et les appli* (|uer à ses besoins.
Nous n'avons que quelques indices peu inipor* tanlSy que des idées épaisses çà et là sur ce qui fe» rarit la matière de gros volumes d'un Immense in* térét : l'influence de la natur/e sur l'homme. Quaal à la question de l'influence de l'homme sur la ni^ ture 9 réconomie politique ne contribue pas peu à la mettre «n lumière.
Le climat, la position géographique, la qualité du sol exercent une influence incalculable sur l'homme et sur ses actions, sur les destinées des peuples et des nations.
Hegel a -raison de dire dans sa Philosophie de l'histoire, que les extrémités de la iiatui*e excluent l'histoire. En eflet , les pays les plus froids comme les contrées les plus chaudes n'ont pas d'histoire, non parce que, comme le dit Hegel, l'homme y est borné à la contemplation exclusive de la nature^ mais parce que la nature le prive, sous ces climats extrêmes , du libre usage de ses forces. Où les éléments sont dans toute leur puissance , l'homme
Ml imptrissant : mi ré^e la nature « Utomnie est flans les fiprs. Dès qu*il n\ a pas d*a€f ion , il ne peut y avoir de production: où est eicloe rbistoire, IVcoDOime politique ne trouve pas de place.
Le froid excessif resserre le sein de la terre et ripeche le développement de ses forces prodoctÎTCS^ A peine Iaisse4-tl végéter b mousse et quel-i qoes boissons; les plantes, sons ces dimals, et les arbres croissenl rabougris et dairsemés; les homr sont petits et rares, petits de corps et d'âme, s forces et ^aiB intelligence; leur travail ne peol êtrec|ue peu productif: jamais le >iord, voisin dn pôle, ne sera riche. La production et la richesse se développeront tout aussi peu à Feifrémité opposée dn Midi. La nature, dans toute sa pompe, y répand tontes ses prodigalités, et rbomme, par eeb même, y est paresseux et oisif. Les besoins dé fliipeiboréen sont nombrem et pressants, mais ses eflbrts sont vains; les besoins de iliomme dn Sdi sont bornés, mais b nature le combledeses dons : rien ne le pousse au travail et loot Finvite à Finaction.
Le foyer de b production et de b richesse, de réconomie politique comme de l'histoire, est dans les iHimaf^ modérés. Là . les besoins de Hn imme sont fEvands; b nature y récompense suffisamment b peine, f encoerage a multiplier ses bes«jins et les movens d'v satisbire.
us LITBE PBEllIBR.
Tels sont les efiels du climat relativement à ces trois points principaux; mais entre les dinei*ences constatées sur ces points se rencontrent des de* grés variés à Tinfini, et il se présente une foule d'observations qu'il n'est pas de notre ressort d'approfondir. J'ai dû me borner à indiquer les faits les plus importants (i).
La position géographique d'un pays est également d'une influence immense sur sa richesse. Signalons d'abord le rapport de la terre à l'eau. Les fleuves sont les liens naturels des pays, des hommes et des choses, (^est sur leurs bords que vient s'établir de préférence toute société naissanté. Plus tard, quand elle s'est accrue, c'est encore le cours des fleuves qui favorise ses communications. La disposition et la distribution des fleuves est donc une question vitale qui décide de la position des habitants. Le rapport des États aux mers, l'étendue du littoral, les sinuosités des côtes, les facilités qu'elles offrent à l'établissement des ports, sont tout autant de circonstances influentes.
Les montagnards et les habitants des plaines
(i) L*influence du climat est telle, qu'elle peut faire varier la valeur de la production du sol au point que le rapport de surfaces d*égale étendue soit comme ao, aoo, a5a , 3oo, 7Soy aoao , 2092 , 3ooo. (Moreau de Joonès , du Commerce du xix* siècle , t. I , p. 1 3.)
donnent lieu les uns et les autres à des observations difTérentes. Les habitations des premiers , inaccessibles à l'ennemi, restent aussi fermées aux relations amicales et utiles. Les montagnes mettent à Tabri des invasions, mais aussi embarrassent le commerce : les découvertes et les produits étrangers ont la plus grande peine a y pénétrer. En conservant intacte leur indépendance primitive, les montagnards gardent aussi leur barbarie primitive. Etrangers à la peur, ils sont indomptables, mais ils ne connaissent pas non plus ni les aisances ni les douceurs de la vie. Leurs moeurs sont peut-être plus pures, mais ils sont plus pauvres, et je doute fort qu'ils soient plus heureux.
Chaque parcelle de la terre a ses particularités : plus ou moins favorable à tel produit , elle peut être tout à fait contraire à tel autre. L'homme ne peut égaliser que jusqu'à un certain degré les qualités des différents sols; il ne saurait acclimater tous les produits à tous les ciels, ni les transporter au delà de certaines limites. Lui-même est la seule créature qui puisse supporter tous les climats et habiter tous les pays. Mais son influence sur la nature est immense, quoiqu'elle ne soit pas illimitée. Le climat lui-même change sous la main de l'homme. Nous ne reconnaissons pas la France dans la Gaule de César , ni TAllemagne actuelle dans la Germanie de Tacite. Les tableaux de ce
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dernier sembleraient plutôt s'appliquer à la Russie de nos jours, à laquelle je souhaite d'autant plus une semblable métamorphose, qu'elle parait être l'effet de la civilisation.
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