‹ Esprit de l'encycloped́ie: ou recueil des articles les plus curieux et les plus interessans de l (volume 3)Chapitre 2 sur 58 · PORTRAIT · texte numérisé non relu

PORTRAIT

Portrait ( Peinture ). Ouvrage d'un peintre qui imite d'après nature, l'image, la figure , la représentation d'une personne, en grand ou en petit. On fait des portraits à l'huile, en cire, à, la plume ^ au crayon, en pastel, en miniature , en émail , etc.

Le principal mérite de ce genre de peinture est l'exacte ressemblance, qui consiste principalement à exprimer le caractère et l'air de physionomie des personnes qu'on représente. Si la personne que vous peignez est naturellement triste , ne lui donnez pas de la gaieté qui serait toujours quelque chose d'étranger sur son visage. Si elle est enjouée^ faites paraître cette belle humeur par Texpressien des parties de la physionomie où elle se montre. Si

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elle esl grare et majesttteuse, les rb sensibles renànieàt cette majesté fade et niaise* Qiacpie personne a un earactère distinctif qu'il faut saisir. U y a des vues du naturel qui sont plus ou môms avantageuses; il y a des positions et des niouTemens où ce naturel se développe davantage; Qn doit les étudier*

l/Wj le coloris^ les ajustemens, l'attitude, sont des choses essentielles à la perfection à^unportmit. L'air est cet accord des^ psurties dans le moment , qui marque la physionomie, l'esprit en quelque sorte ^ et le tempéra^ ment d'une personne. Le coloris ou le teint , dans les portraits, est cet cpanchemcnt de la nature qui sert à faire connaître d'ordiuaire le caractère propre d'une personne. La distinction des états et du rang se tire en grande partie des ajustemens , et l'pn doit avoir soin que les draperies soient bien choisies et bien jetées. L^attitude est la posture et comme l'action de la 6gure. On sent bien que cette attitude ne doit pas seulement convenir à l'âge, au sexe^ au tempérament, mais qu'elle doit ^tre propre à dbacun pour prodi^ire son exacte ressemblance.

Tous les portraits des peintres médiocres sont placée dans la même attitude ; ils osit tous le même air-, paive que ces peintres n'ont pas les yeux assez bons peur diseerlier l'air naturel qui est différent dans chaque personne , et pour le donner k <^aque personne dans son portrait. Mais le peintre habiJe sait donner à chacun l'air et l'attitude qui lui sont propres , en vertu de sa conformation ; il a le talent de discerner le naturel qui est toujours varié. Ainsi la oontenanee et l'action des personnes qu'il peint sont touioiu^ variées. L'expérience aide encore beaucoup 4 trouver la différence qui est réellement entre |es objets

DE l'bNCYCLOPÉDIB. f

qai y att premier coup d'œil , nous ptrmient les mènes , Ceux 4{ui voient des nègres pour la première fois , croient que tous les visages des nègres sont presque semblables; mais i force de le» voir , ils trouvent les visages des nègres aussi différens entre eux que le sont les visages des hommes blancs.

U est impossible de (aire cboix j dans les objets amméi , d'une attitude assez permanente pour qu'elle soit absolument | analogue à l'immobilité de la peinture ; mais la raison veut au moins qu'on choisisse celle qui en approcho davantage^ quelque éloignée qu'elle en puisse être. Tout doit contribuer à la ressemblance d'un portrait ; or , plus on choisit dans la nature de circonstances approchantes de celles où la peinture est assujettie , plus on se trouvo avoir rassemblé de circonstances illusoires qui contribueront à la ressemblance du portrait à son OTiginal, ou, si l'on peut le dire, de l'original à son portrait.

Une attitude forcée déplatt dans un portrait y àés qu'on le regarde beaucoup plus long-tems que cette attitude n'aurait pu durer dans la nature. Sa continuation détruit alors y sans qu'on y pense , l'illusion qu'on chercherait à se faire; elle révèle trop grossièrement et trop tôt l'imposture agréable de l'art, lors même qu'on tâchait avec plaisir de s'y prêter. U serait aisé de donner plusieurs exemples de l'absurdité de l'introduction des attitudes instantanées dans le portrait.

Le sourire , par exemple , serait désagréable dans la na* ture, s'il était perpétuel. U dégénérerait en idiotisme, en fadeur, en imbécillité. Le peintre qui le perpétue en )'in« troduisant dans un portrait , sous prétexte de peindre une grâce II assujettit son ouvrage au même défauts Dans

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toat portrait , on ne peut trop le dire , la ressemblance est la perfection essentielle. Tont ce qoi peut contribuer à laffîiiblir ou à la d^uiser , est une absurdité ; c'est pour cela que tout ornement introduit dans un portrait aux dépens de l'effet de la tète, est une inconstance. C'est pour cela pareillement que tout attribut qui, sous prétexte de faire tableau, égare nos idées et nous fait manquer la reconnaissance, est une erreur , une Ceiiblesse , une défiance prématurée , de pouvoir remplir suffisamment la principale intention de Touvrage , la ressemblance ; et qui , en cherchant d'avance à en compenser le défaut , le produit. En effet , peut-on aisément reconnaître le portrait de sa femme ^ ou de toute autre à qui on s'intéresse , dans l'image païenne d'une folle échappée de l'Olympe , parcourant les airs sur une nue, ou d'une Minerve avec le casque d'un soldat , etc. Mais les personnes qui se font peindre aiment ces déguisemens; elles se font masquer , et sont siirprises de n^être pas reconnues.

Le Chevalier de Jaucourt.

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Portrait. {Prose et poésie.) L'art de bien peindre les qualités particulières de l'esprit et du cœur d'une personne, n'est pas une chose fecile.. Il faut aussi caractériser l'air qui forme la ressemblance^

«c Mademoiselle de Chatillcm était une grande fille bise et sèche , d'une physionomie ambiguë,, d'un maintien équivoque; elle se présentait de bonne grâce, s'asseyait de mauvaise grâce, dansait noblement > marchait maL Elle avait ordinairement de l'esprit , rarement du bon sens , jamais de la raison. Elle était vive dans ses réparties, tur*

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bulente dans ses manières ^ froide dans le courroux , évaporée dans la joie. Ses gestes , ses paroles, son action , tout avait l'activité d'un éclair , tout annonçait Forage, la grêle, le tonnerre. Elle avait du penchant à l'amour et de l'aversion , pour la galanterie. Délicatesse, inquiétude, discrétion, mystère, ménagement ; en un mot, toutes les grftce^ riantes et légères qui accompagnent la tendresse, lui déplaisaient mortellement. Elle voulait clu bruyant, du brusque , de l'éclat. Elle était coquette , mais par imitation, d'après les modèles les plus vils et les plus décriés. »

Saint -Evrement et l'abbé de Saint -Real nous ont donné tous les deux le portrait de la belle Hortense Mancini , nièce du cardinal Mazarin , qui avait épousé le duc de la Meilleraye. On trouve bien des choses finement pensées dans l'un et l'autre tableau; mais on y voudrait plus de laconisme et de précision : il faut savoir peindre fortement et en peu de mots.

<( Les nations , dit Voltaire , crurent l'Angleterre ensevelie sous ses ruines , jusqu'au tems où elle devint tout-àcoup plus formidable que jamais, sous la domination de Gromwel qui l'assujettit , en portant l'évangile dans une main, Tépée dans l'autre , le masque de la religion sur le visage , et qui dans son gouvernement couvrit des qualités d'un grand roi tous les crimes d'un usurpateur ». Yoilà dans ce peu de lignes toute l'histoire de la vie de Cromwel.

Voulez- vous un portrait de fiction noblement écrite lisez celui d'Artenice, par la Bruyère.

<( Elle occupe, dit-il, les yeux et le cœur de ceux qui lui parlent : on ne sait si on l'aime ou si on l'admire : il y a

en elle de quoi faire une parfaite amie, ily aau«$i de quoi vous mener plus loin cpie l'amitié : trop )eiuie et trop fleurie pour ne pas plaire , mais trop modeste pour songer à plaire , elle ne tient compte aux hommes que de leur mërite , et ne croit avoir que des amis. Pleine de viyacitd et capable de sentiment, elle surprend et elle intéresse; et sans rien ignorer de ce qui peut entrer de plus fin et de plus délicat dans les conversations , elle a encore <res saillies heureuses qui entre autres plaisirs qu'elles font « dispensent toujours delà réplique : elle vous parle comme celle qui n'est pas savante , qui doute, et qui cherche à 8?éclaircir , et elle vous écoute comme celle qui sait beaucoup y qui connaît le prix de ce que vous lui dites , et auprès de qui vous ne perdez rien de ce qui vous échappe.

« Loin de s'appliquer à vous contredire avec esprit , et d'imiter Elyire j qui aime mieux passer pour une femme vive y qUe marquer du bon sens et de la justesse, elle s'approprie vos sentimens, elle les croit siens, elle les étend , elle les embellit ; vous êtes content de vous d'avoir pensé (i bien 9 et d'avoir mieux dit encore que vous n'aviee cru.

« £Ue est toujours au-dessus de la vanité, soit qu'elle parle, soit qu'elle écrive, elle oublie les traits où il faut des raisons ; elle a déjà compris que la simplicité est éloquente. S'il $'agit de servir quelqu'un et de vous jetter dans les même intérêts , laissant à Elvireles jolis discours et les belles - lettres qu'elle met à tous usages , Artenice n'emploie auprès de vous que la sincérité , Tardeur, l'empressement et la persua9ion.

« Ce qui domine en elle, c'est le plaisir de la lecture, avec le goût des personnes de nom et de réputation, moin#

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pour ea être co&aue que pour les connaître. Ou peut 1r louer â'aTaace àt toute la sagesse qu'elle aura un jour, et de tout le mërite qu'elle se prépare par les années , puisqu'aYec une bonne conduite elle a de meilleures intentions » des principes sûrs, utiles à celles qui sont comme elles exposées aux soins et à la flatterie ; et qu'étant asscx particulière , sans pourtant être farouche , ayant même un peu de penchant pour la retraite , il ne lui aurait peut* être manqué que les occasions, ou ce qu'on appelle un grand théâtre , pour y faire briller toutes ses vertus.

L'auteur de TV/^ma^z/ea fait, en ce genre, des portraits d'une grande beauté ; mais il n'en a point fait qui soit audessus du portrait de la reine d'Egypte par l'abbé Terrasson. Il mérite bien d'être transcrit dans cet ouvrage.

fc Le grand-prêtre de Memphis , conducteur du convoi de la reine, monta sur le pied du char, et se tenant debout et la tête nue , il prononça ce discours :

4C Inexorables dieux des enfers , voilà notre reine que vous avez demandée pour victime dans le printéms de son tge^ et dans le plus grand besoin de ses peuples. Nous ve** nons vous prier de lui accorder le repos dont sa perte va peut-être nous priver nous-mêmes. Elle a été fidèle à tous ses devoirs envers les dieux. Elle ne s'est point dispensée des pratiques extérieures de la religion , sous le prétexte des occupations de la royauté ; et les seules pratiques ex-* térieures ne lui ont point tenu lieu de vertu. On apper*^ cevait au travers des soins qui l'occupaient dans ses con<» seils, ou de la gaieté à laquelle elle se prêtait quelquefois dans sa cour, que la loi divine était toujours présente k son esprit , et régnait toujours dans son cœur.

» JDe toutes les fêtes auxquelles la majesté de son ralig>

le succès de ses entreprises « ou Tamour de ses peuples Tout engagée, il a paru que celles qui l'amenaient dans nos temples «étaient pour elle les plus agréables et les plus douces. Elle ne s^est point laisse aller , comme bien des rois y aux injustices, dans Fespoir de les racheter par ses offrandes ; et sa magniGcence i Fégard des dieux a été le fruit de sa piété, et non le tribut de aes remords. Au lieu d'autoriser l'animosité , la vexation , la persécution , par les conseils d une piélé mal entendue , elle n'a voulu tirer de la religion que des maximes de douceur, et elle n'a fait usage de la sévérité que suivant Tordre de la justice générale , et par rapport au bien de l'état.

» Elle a pratiqué toutes les vertus des bons rois avec une déâance modeste^ qui la laissait à peine jouir du bonheur qu'elle procurait à ses peuples. La défense glorieuse des frontières, la paix affermie au dedans et au dehors du royaume, les embellissemens, et les établissemens de dif* férentes espèces^ ne sont ordinairement, de la part des autres princes que des effets d'une sagesse politique, que les dieux , juges du fond des cœurs, ne récompensent pas toujours; mais de la part de notre reine, toutes ces choses ont été des actions de vertu , parce qu'elles n'ont eu pour principe que l'amour de ses devoirs et la vue du bonheur public.

» Bien loin de regarder la souveraine puissance comme un moyen de satisfaire ses passions , elle a conçu que la tranquillité du gouvernement dépendait de la tranquillité de son âme ; et qu'il n'y a que les esprits doux et patiens qui sachent se rendre véritablement maîtres des hommes. Elle a éloigné de sa pensée toute vengeance ; et laissant à des hommes privés la honte d'exercer leur haine dès qu ils

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le peuvent, elle a pardonné comme les dieux avec un plein pouvoir de punir,

» Elle a rëprimé les esprits rebelles , moins parce qu'ils résistaient à ses volontés^ que parce qu^ils faisaient obstacle au bien qu'elle voulait faire. Elle a soumis ses pensées aux conseils des sages , et tous les ordres du royaume à l'équité de ses lois. Elle a désarmé les ennemis étrangers par son courage et par la fidélité à sa parole ; et elle a surmonté les ennemis domestiques , par sa fermeté et par l'heureux accomplissement de ses projets.

» Il n'est jamais sorti de sa bouche ni un secret , ni un mensonge ; et elle a cru que la dissimulation nécessaire pour régner ne devait s'étendre que jusqu'au silence. Elle n'a point cédé aux importunités des ambitieux ; et les assiduités des flatteurs n'ont point enlevé les récompenses dues à ceux qui servaient leur patrie loin de sa cour.

» La &veur n'a point été en usage sous son règne; l'amitié môme qu'elle a connue et cultivée , ne l'a point emporté auprès d'elle sur le mérite , souvent moins affectueux et moins prévenant. Elle a fait des grâces à ses amis , elle a donné les postes importans aux hommes capables. Elle a répandu des honneurs sur les grands, sans les dispenser de l'obéissance ; et elle a soulagé le peuple sans lui ôter la nécessité du travail. Elle n'a point donné lieu à des hommes nouveaux de partager avec le prince, et inégalement pour lui, les revenus de son état; et les derniers du peuple ont satisfait sans regret aux contributions proportionnées qu'on exigeait d'eux, parce qu'elles n'ont point servi à rendre leurs semblables plus riches, plus orgueilleux et plus méchans.

» Persuadéque la providence des, dieux n'exclut point

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la vigilance dès hommes qui est. un de se^ présens ^ elle a prévenu les misères publiques par des provisions régU» lières ; et rendaut ainsi toutes les années égales , sa sagesse a maîtrisé en quelque sorte les saisons et les élémens. Elle a facilité les négociations , entretenu la paix , et porté le royaume au plus haut point de la richesse et de la gloire, par l'accueil qu'elle a fait à tous ceux que la sagesse dé son gouvernement attirait des pays les plus éloignas ^ et elle a inspiré à ses peuples l'hospitalité qui n'était point encore assez établie chez les Egyptiens.

» Quand il s'est agit de mettre en œuvre les grandes maximes du gouvernement , et d'aller au. bien général malgfélesiuconvéniensparticuliers, elle a subi avec une généreuse indifférence les murmures d'une populace aveugle ^ souvent animée parles calomnies secrètes des gens plus éclai* rés,qui ne trouvent pas leur avantage dans le bonheur public. Hazardant quelquefois sa propre gloire pour l'intérêt d'un peuple méconnaissant, elle a attendu sa justification du tems ; et quoique enlevée au commencement de sa course, la pureté de ses intentions, la justesse de ses vues , et la diligence de l'exécution lui ont procuré l'avantage de laisser une mémoire glorieuse et un regret universel.

» Pour être plus en état de veiller sur le total du royaume, elle a confié les premiers détails à des ministres sûrs* obligés de choisir des subalternes qui en choisissaient encore d'autres, dont elle ne pouvait plus répondre elle-même, soit par l'éloignement , soit par le nombre. Ainsi, j'oserai le dire devant nos juges, et devant ses sujets qui m'entendent : si dans un peuple innombrable, tel que l'on connaît celui de Memphis , et des cinq lâille villes de la Dynastie, il s'est trouvé, contre son intention,

DB l'ekcyclopAdie. ^ l5

qaelqn'un d'opprimé; pou -seulement la reine est excusable par l'impossibilité de pourvoir à tout; mais elle est digne de louange • en ce que connaissant les bornes de Tesprit humain, elle ne s'est point écartée du genre des affaires publiques^ et qu'elle a réservé toute son aitentioti pour les premières causes et pour les premiers mouvemens.

» Malheur aux princes dont quelques particuliers se louent , quand le public a lieu de s'en plaindre; mais les particuliers mêmes qui souffrent n'ont pas droit de condamner le prince 9 quand le corps de l'état est sain et que les principes du gouvernement sont salutaires. Cependant quelque irréprochable que la reine nous ait paru à Tégard des hommes y elle n'attend par rapport à vous, ô justes dieux, son repos et son bonheur que de votre clémence* )>

Si on compare ce morceau au portrait qu^a fait Bossuet de Marie Thérèse, on sera surpris de voir combien le grand maître de l'éloquence est au-dessous de l'abbé Terrasson dans son éloge.

Un portrait en vers est une petite pièce de vers dans laquelle on peint, comme on fait en prose ^ une personne par les traits les plus propres à faire connaît re ses agrémens et son caractère. Tel est le portrait de madame de Rochefort, par le duc de JSivernois :

Sensible avec délicatesse.

Et discrette sans fausseté

Elle s^it joindre la finesse

A l'aimable natreté.

Sans capHce, humeur, ni fofie.

Elle est jeune , vive et jolie ;

Elle respecte la raison ;

Elle déteste Fimposture ;

Trois syllabes forment son nom ,

El les trois Grâces sa figure.

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Voici celui d'une autre dame par Voltaire :

Être femme miu jaloufie.

Et belle miu coquetterie ; Bien jager moi beaucoup mtoît.

Et bien parler aans le vouloir.

If 'être baute ni familière , B'aToir point d'inëgalilé »

C'est le portrait de la Vallière ; Il n'est ni fini, ni flatté.

Il y a des portraits satjriques; j'en supprime les exemples quelque bons , quelque Trais en eux-mêmes que soient ces portraits ; car la qualité des objets ne fait rien à la chose* dès qu'on la peint avec tous les traits qui lui conviennent. Que ce soit les grâces ou les furies, il n'importe; Gicéron dit : Gorgonis oa pulc?ierrimu7n crinitum anguibua. ( Orat. 4 , in Verrem. )

Un portrait plein d'énergie et d'une heureuse simpli-* cité, est celui de l'empereur Titus par Ausone :

Félix imperio jfeUoi hrwHate regendi , Expen ciçiUs sanguinis , orbis amoK

Enfin, on fait quelquefois des portraits en vers i la gloire des beaux génies. Despréaux fit ceux-ci pour être mis au bas du portrait de Racine :

Du tbéfttre Français l'bonneur et b merveille. Il sut ressusciter Sopboole en ses écrits , Et dans l'art d'enchanter les cœurs et les esprits , Surpasser Euripide et balancer Corneille.

-Le Chevalier de Jaucourt.

DB l'I«NCYGLOP^.DIK. If

Portrait. ( Littérature. ) Description de la figure ou du caractère d'une personne , ({uelquefois de l'une et de fautre. Lorsque c'est une espèce d'hommes que l'on peint, comme l'avare, le jaloux, lliypocrite, la prude, la co* quelle, ce n'est plus un portrait, c'est un caractère; et c'est là ce qui distingue la satire permise , de U satire qui ne l'est pas. La Bruyère fut accusé d'avoir fait des porlraitst il n'avait fait que des caractères ; mais la malignrté^ en les appliquant et en calomniant le peintre > avait deux plaisirs à la fois.

La poésie, l'éloquence, et l'histoire , sont également Isusceptibles de cetle sorte de peinture ; il fiiut seulement observer que leur manière n'est pas la même.

Pai déjà dit qu'en poésie , et singulièment dans le poème héroïque , l'art de peindre est l'art d'esquisser avec esprit^ et de laisser à l'imagination le plaisir d'achever l'Image* He tous les poètes épiques , l'Âriosle est le seul qui se soît amusé à finir un portrait , celui de la beauté d'Âlcide ; le tonlibre et badin de son poème l'a permis. Mais ni Homère^ ni Virgile , ni le Tasse , u'ont peint la figure que par es-^ quisse et d'un trait rapide; l'intérêt dominant de l'action ne leur a pas laissé le loisir de peindre en détail.

Dans des poésies^ dont le sujet moins vaste, moins sé« rieux, moins entraînant, permet au poète de s'égayer ou de se reposer sur un objet unique f un portrait fini sera placé , s'il est intéressa?it.

Dans l'élégie ou dans l'églogue, l'amant , occupé de sa mattresse , peut naturellement s'en retracer les charmes et n'en rien oublier. De même, lorsque la nature du poema

ToMl XIII. 2

«xige qu^un objet allégoriqae soit dëcrit, comme dans letf Métamorphoses , le poète ne saurait mieux faire que de rendre l'idée sensible aux yeux : alors peindre , c'est définir. Virgile aura dit en passant malesuada famés i Ovide décrira ce que n'a fait qu'indiquer Virgile.

Hhrtus erat crinis^ caça lumna , palhr in are 9 etc . Ovide aura décrit l'Envie :

Pailor in are sedetj macies in corpore toto , Nusquàm recta ades , liftent rubigine dentés : Pectorafelie virent , lingua est su/fusa peneno ; Risus abest^ nisi quem visi moQere dolores y etc.

Voltaire, en passant, touchera quelques traits de ce même vice :

Là glt la sombre Envie , i l'œil timide et louche t Versant sur des lauriers les poisons de sa bouche: Le jour blesse ses yeux dans l'ombre éteiocelans ; Tritte amante des morts , elle hait les fivaos.

U n'en est pas absolument du caractère comme de la figure : s^il est curieux, intéressant^ et d'une singularité rare , le poëte épique lui-même se donnera le soin de le développer.

Tel est , au second livre de la Pharsale, \q portrait du stoïcien dans la personne de Gaton.

• • . . .Himoresi hœcduri immoia Catonis Sectafuii : servare modumjinemque tenere^ Naiuramque sequii pairùxque impendere vilàm , etc.

Le genre où Ton est le plus sôtnnsnt tenté dé faire des portraits , c'est le comique ; et c'est là justement qu il faut

})E L'SNCirCLOI^l^DlSi tg

«n être le plus sobre i rien de plus contraire à la vivacité du dialogue et de Faction* J*ai vu le tems où nos comédies étaient des galeries de portraits; et avec de Tesprit, cela faisait d'assez mauvaises comédies. Quand Molière a voulu prévenir les reproches des faux- dévots, il a tracé ^ dans le premier acte du Tartufe, les deux caractères opposés delà dévotion et de l'hypocrisie x le sujet , le motif, la cijr^ constance, en valaient la peine. Lorsqu'il a voulu ^ dans une scène où le Misanthrope est en situation , irriter son humeur, en le rendant témoin d'une conversation du monde, de celles où, selon Pusage, on médit de tous les absens, il a fait des portrait : et ceux-là sont de main de maître» Mais hors de là, c'est l'action qu'il peint; et jamais^ dans ses comédies , les caractères annoncés ne sont dessinés en repos*

La tragédie exige quelquefois , et pour la vraisemblance et pour l'intérêt de l'action, des peintures de caractères^ et cela fait partie de l'exposition ; mais tout ce qui n'est pas nécessaire à l'intelligence des faits , tout ce qui n'a au^ can trait à l'action présente, doit être exclu de ces pein« tures ; car tout ce qui est inutile est froid, fut-il d'ailleurs le plus beau du monde.

Dans tous les genres d'éloquence , un portrait peut être placé. Dans la louange et dans le blâme, rien de plus naturel. Dans là délibération , il importe encore plus de faire connaître les hommes, et par conséquent de les peindre. Dans le plaidoyer , c'est aussi très-souvent par les qualités personnelles qu'on peut )uger de l'intention , de la vraisemblance, de la nature même de l'action, et du degré d'indulgence ou de rigueur qu'elle mérite.

Or, danâ tous les cas, où l'orateur a un grand intérêt

)• BS^Rrr

de fiiirfi eonnattre ime personne » il a droit de la peindre ; «t pins le portrait sera fidèle, intéressant , important à la cause , plus il aura de beauté réelle ; car la beauté, en fait d'éloquence, n'est que la bonté combinée avec la force du moyen*

Enfin, lliistoire est de tous les genres, celui auquel cette manière de rassembler les traits d'un caractère et de le dessiner avec précision , semble être la plus propre et la plus familière. Mais dans lliistoirc même , lorsqu'ils «ont trop fréqueAs , les portraits nous^ sont importuns. Vrais, singuliers y intéressans pour l'intelligence des faits, importansparle rôle qu'ont joué les personnes; frappans, et par leur ressemblance , et par là force , la justesse , l'originalité des traits qui les composent , ils font sur nous l'impression d'une vérité lumineuse^ qui répand au loin •es rayons. Mais le portrait d'un bomme isolé et dont le caractère n'est d'aucune influence, n'a lui-même aucun intérêt, et ne peut être dans l'histoire qu'un ornement pos* ticbe et vain , digne tout au plus d'amuser une curiosité frivole; mais indigne d'un écrivain sage, comme d'un lec- ' teur sérieux. La règle de l'un sera donc de ne se donner { la peine de peindre que les personnes qui , par leur caractère , leurs fonctions, leurs rapports avec les faits intéressans , peuvent donner envie à. Pautre de les connaître et de les voir au naturel. Par là les portraits seront rares , et ils se feront désirer.

Je croirais même, et j'en ai pour exemple tousses meilleurs historiens, que, lorsque tout un caractère se développe dans l'action même, il est assez connu par elle, et qu'il est inutile d'en résumer les traits.

Plutarque les a réunis, mais au moment du parallèle.

X>B L'BNCYCLOPiDIB. ftl

et c^est alors qu'il est indispensabU de rassembler tous les rapports.

Si cependant , & la fia d'un règne bu de la vie d'un homme , un court épilogue en rappelle les circonstances les plus marquées y et le fait voir lui-même d'un coup d'œîl avec les traits, du caractère, les variations, les contrastes , les qualités diverses ou opposées que les événemens ont fait paraître en lui ; ce sera sans doute jun mérite et une grande beauté de plus* Tel est, dans Tacite, cepor* irait de Tibère à la fin de son règne , modèle effrayant y pour, ne pas dire désespérant, de précision , de force et dei clarté.

Morum quoque iempora ilU diversa : egregium vU4

famâque quoàd prwatua j n^el in imperiis aub A^uguêio

fuit^ occulùum ac aubdolumfingendia virtutibusg donao

Germanicua ac Druaua auperfu4rei idem inter bona

malaque nUxtua , incolumi mfitfie; inteatabilia aofi^iiidp

aedobtectia libidinibuaj, dùm Sejanum dilexit timuiiye s

jpoatremo in acelera aimul ac dedecora prorupit^^poat,^

quam, remoto pudore et /ne6^., auQ iantum ingénie tsta^

baiur^ ( Annal* VI. )

II est aisé de concevoir pourquoi^. dans dés mémoires particuliers, les .portraits sont naturellement plus fréquent qu'ils ne doivent l'être dans l'histoire. Celle-ci n'aguèro intérêt que défaire connaître l'homme public , et les événemens l'exposent ; au lieu que des mémoires nous décè« lent lliomme privé , et ne font qu'ei&eurer les actions publiques. Les mémoires du cardinal de Betz sont le derrière de la toile du singulier spectacle de la Fronde ; et dans les portraits qu'il nous trace des personnages principaux de cette soène béroï « comique , il nous fait voir

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souvent ce que l'actlou môme ne nous en aurait point appris,

Par la même raison , lorsque dans l'histoire un personnage a plus d'influence que d'apparence , qu'il agit plus au dedans qu'au dehors ; il est intéressant de décrire avec soin ce ressort intérieur et secret des événemens qu'on raconte. Ainsi , rien de plus nécessaire , de plus intëres-< aant y dans le récit du régne de Tibère , que le portrait de Sejân.

Jifox Tiberium variis artïbus devinxit adeb^ ut obs" ëurum adçersùm alios, sibi uni incautum intectumque efflceret : non tant solertiâ ( quîppe iisdem artihus a)ic'^ tus est ) , quàm deûm ira in rem romanam , cujus pari exitio 'Vfguit cecîditque. Voilà le personnage : voici son caractère. Corpus illi lahorum tolerans; animus audax; <siii obtegens; in alias criminator;justà adulutio et su^ perbia; pàlàin composiius pudori intùs summa apis'* tendi libido , ejusque caussd , Tnodo largitio et luxus , sœjpiùs industria ac vigilantia , haud minits noxiœ y quàtièns pnrando tegnofinguntur. ( Annal. IV. )

Dans un historien éloquent ( presque tous les anciens rétàient : témoins Thucydide , Xénophon, Salluste, Tîteïiîve et Tacite), la manière de peindre ne diffère de celle "lELe l'orateur que par une précision et une vérité plus sévères : oh va le voir par des exemples qui dédommageront un peu de la sécheresse de m^ observations. Sallust« peint Catilina.

Lucius Catilina j nùbiligençre natus^fuit magnd w animi et corporisj sed ingenio malo pt^a/î^oque. Huic ah adoleseentiâ bella intestina, ccedesj rapinoe, dia^ çordia çmli^ , grata fuérey ibigue Jupentutem auam

DK l'encyclopédie. sS

exerçait.. Corpus patiens inediœ^ algoria, vigiliosy aw prà quàm ciUquam credibiîe est. Animua audax , aub^ dolua 9 varias , cujiuaUbet rei aimulator ac diaaimulator^ aUeniappetena , auiprofusuaj ardena in cupiditatihua t aatia loquentiœ , aapientiœ parùm : vaatua animus p. immoderata, incredibiliay nimia al ta aemper cupiebat^ ( Catil. V. )

De ce caractère et de celui de César , Bossuet semble avoir formé le portrait de Gromwel.

.«( Un homme, dit-il, s'est rencontré d'une profondeur d'esprit incroyable : hypocrite rafBné, autant qu'habile politique, capable de tout entreprendre et de tout cacher , également actif et infatigable dans la paix et dans. la guerre, qui ne laissait rien à la fortune de ce qu'il pouvait lui ôter par conseil et par prévoyance ; mais au resfe si vigilant et si prêt à tout, qu'il n> jamais mcpiqué les occasions qu'elle lui .a présentées^ enfin ^ un de ces esprits remuans et audacieux qui semblent être nés pour, changer le monde. »

Ici l'on voit le ton de l'éloquence plus élevé que celui de l'histoire.

Mais voici de grands exemples de Tun et de Tautre genre d'écrire. Le cardinal de J[t.etz , dans ses mémoires , fait ainsi les portraits du grand Condé et de Turenne.

M. le prince, né capitaine, ce qui n'est jamais arrivé qu à lui , à César et à Spinola ( cela est-il bien vrai ? ) 9 a ^^alé le premier et a surpassé le second. L'intrépidité est l'un des moindres traits de son caractère. La nature lui avait fait l'esprit aussi grand que le cœur : la fortune j en le donnant à un siècle de guerre^ a laissé au^ecorid toute son étendue ; la naissance; ou plutôt l'éducation dans une

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maison trop attachée et soumise au cabinet , à donné des bornes trop étroites au premier. On ne lui a pas inspiré d'assez bonne heure les grandes et générales maximes......

Ce défaut a fait j qu'aVec l'âme du monde la moins méchante^ il a fait des injustices; qu'avec le cœur d'Âlexan^ dre j il n'a pas été exempt , non plus que lui , de faiblesses ^ qu'avec un esprit merveilleux , il est tombé dans des im-^ prudences.

» Turenne a eu dès sa jeunesse toutes les bonnes qualî-* tés , et il a acquis les grandes d'assez bonne heure. Il ne lui en a manqué aucune que celles dont il ne s'est point avisé. Il avait presque toutes' les vertus comme naturelles^ et il n'a jamais eu le brillant d'aucune. On l'a cru plus capable d'être à la tète d'une armée que d'un parti ; et je le crob aussi y parce qu'il n'était pas naturellement entre* prenant : mais toutefois qui le sait? Il a toujours eu en tout 9 comme en son parler , de certaines obscurités , qui ne se sont développées que dans les occasions; mais qui ce sont toujours développées à sa gloire. »

Voilà rhistorien : voici l'orateur.

« Vit-on jamais en deux hommes , dit Bossùet , les marnes vertus avec des caractères si divers, pour ne pas dire si contraires? L'un parait agir par des réflexions profondes ; et l'autre » par de soudaines illuminations : celui-ci par conséquent plus vif , mais sans que son feu eût rien de précipité; celui-là d'un air plus froid, sans avoir jamais rien de lent , plus hardi à faire qu'à parler , résolu et déterminé au dedans , lors même qu'il paraissait embarrassé ^VL dehors. L'un, dès qu'il parait dans les armées, donne une haute idée de sa valeur , et fait attendre quelque chose d'extraordinaire» mais toutefois s'avance par ordre »

BB l'enctclopédib. ^5

et vient comme par degrés aux prodiges qui ont fini le cours de sa vie; Fautre, comme un homme inspire, dès sa première bataille , s'égale aux maîtres les plus consommés. L'un , par de vifs et continuels efforts j emporte l'admiration du genre humain, et fait taire Penvie; l'autre jette d'abord une si vive lumière qu'elle n'oserait l'attaquer. L'un enfin, par la profondeur de son génie et les incroyables ressources de son courage , s'élève au-dessus des plus grands périls , et sait même profiter de toutes les infidélités de la fortune ; l'autre , et par l'avantage d'une si haute naissance , et par ces grandes pensées que le cid envoie, et par une espèce d'instinct admirable dont les hommes ne connaissent pas le secret, semble né pour entraîner la fortune dans ses desseins , et forcer les destinées, etc. »

Bien n'éblouit tant les lecteurs superficiels que lespof^ traits de fantaisie ; rien ne décèle mieux l'ignorance de l'écrivain aux yeux de l'homme instruit et clairvoyant* Sans même consulter les faits et avoir présent le modèle^ un lecteur judicieux distingue un portrait qui ressemble , d'un portrait vague et imaginaire. Par exemple, lorsque le cardinal de Retz dit de madame de Longueville : (( Elle avait une langueur dans ses manières , qui touchait plus que le brillant de celles mêmes qui étaient plus belles 4 elle en avait une, même dans l'esprit, qui avait ses charmes , parce qu'elle avait des réveils lumineux et surprenans. Elle eut eu peu de défauts , si la galanterie ne lui en eût donné beaucoup. Gomme sa passion l'obligea de ne mettre sa politique qu'en second dans sa conduite, héroïne d'un grand parti, elle en devint l'aventurière d ; 'orsqu'il dit de madame de Ghevreuse : « Si le prieur des

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Cbarfrenx lui eàt plu, elle eût été solitaire de boaat toi » ; lorsqu'il dit du président MoU : « II jugeait des actiotis par les }iopuni3a, presque jamais des hommes par les actiiHU »} lorsqu'il dit de M. d'Elbdeuf : a II a été le

premier prince que la pauvreté ait avili la commodité

jie le releva point; et s'il fût parvenu jusqu'à la richesse, on l'eût envié comme un partisan , tant la gueuserie lui ^it propre et faite pour lui )>. On voit que tout cela ressemble , parce qu'il y a je ne sais quoi d'original et de naturel, qu'il faut que, le peintre ait r^llement tu, et qu'il il'a pHMDt imaginé.

Mais lorsque le même écrivain trace \e portrait de la régente , il s'iïtudie à le nuancer avec une finesse si re- «berchée , si mimiUçuse , si artificielle , qif e l'air de yéiiU n'y est plus : toutes ces antithèses graduées ne sont [^ rien que dubel-çsprit, et du &ux bel-esprit.

Mabmontei..

DE l'encyclopédie. ^7

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