RAISON
JtiAlsON. ( Logique, ) On peat se former dÏTenes no' tions du mot raison, x' Ou peut entendre simplement et sans restriction, cette facutt^ naturelle dont Dieu a pourra les hommes, pour connaitrela ràité, quelque lumière qu'elle suire , et à quelque ordre de matières qu'elle s'applique.
s' On peut entendre par raison cette mime faculté coustâ^r^c, mm absolument, mais uniquement en tant qu'elle se conduit dans ses recherches par certaines notions que nous apportons eu naissant, et qui sont communes à tous les hommes du monde. D'autres n'admettant point ces notions, entendent par la lumière naturelle, IVridence des ohjets qui frappent l'esprit, et qui lui enlèvent son consentement.
3' On entend quelquefois par raison, cette lumière naturelle même « par laquelle la faculté que nous désignons par ce même nom, se conduit. C'est ainsi qu'on l'entend ordinairement, lorsqu'on parle d'une preuve oa d'une objection prise de la raison, qu'on veut distinguer par là des preuves et des objections prises de l'autoritë divine ou humaine. Au contraire, on entend cette faculté que nous appelons raison , lorsqu'on dît que cette raison se trompe , OU qu'elle est sujette à se tromper , qu'elle est aveugle , qu'elle est dépravée ; car il est visible que cela
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convient fort bien à la faculté ^ et nullement à la lumière naturelle.
4° Par raison on peut aussi entendre l'enchaînement des vérités auxquelles Pesprit humain peut atteindre naturellement, sans être aidé des lumières de la foi. Les vérités de la raison sont de deux sortes; les unes sont ce qu'on appelle les vérités éternelles , qui sont absolument nécessaires ; en sorte que l'opposé implique contradiction r et telles sont les vérités dont la nécessité est logique y métaphysique ou géométrique, qu'on ne saurait renverser fians être mené à des absurdités. 11 y en a d'autres qu'on peut appeler positives ^ parce qu'elles sont les lois qu'il a plu à Dieu de donner à la nature y ou parce qu'eUes en dépendent. Nous les apprenons, ou par l'expérience, ^tsi-kaire à posteriori f ou par la raison; et k priori ^ c'est-àdire par des considérations tirées de la convenance, qui les ont fait choisir. Cette convenance a aussi ses règles et ses raisons ; mais c'est le choix libre de Dieu , et non pas une nécessité géométrique qui fait préférer le convenable» Ainsi , on peut dire que la nécessité physique est fondée sur la nécessité morale , c'est-à-dire , sur le choix du sage , digne de sa sagesse, et que l'une aussi-bien que Vautre doit être distinguée de la nécessité géométrique. Cette nécessité physique est ce qui fait l'ordre de la nature, et consiste dans les règles du mouvement et dans quelques autres lois générales , que Dieu a établies en créant cet univers. Les lois de la nature sont toujours sujettes à la dispensation du législateur , qui peut , quand il lui plait f les arrêter et les suspendre ; au lieu que les vérités éternelles, romme celles de la géométrie, ne sont assujetties à aucune loi arbitraire. Or, c'est à ces dernières vérités
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Jusque-là s'étend Fempire de la foi : et eela sans fai aucune violence à la raison , qui n'est point blessée ou troublée , mais assistée et perfeclionnée par de nouvelles lumières émanées de la source éternelle de toute connaissance. Tout ce qui est du ressort de la révélation doit prévaloir sur nos opinions, sur nos préjugés et sur nos intérêts , et est en droit d'exiger de l'esprit un parfait assenti— ment. Mais une telle soumission.de notre raison à la foi 9 ne renverse pas pour cela les limites de la connaissance humaine, et n'ébranle pas les fondemens de la raison; elle nous laisse la' liberté d employer nos facultés à l'usage pour lequel elles nous ont été données..
Si l'on n'a pas soin de distinguer les différentes )uri-^ dictions de la foi et de la raison par le moyen de ces bornes y la raison n'aum point de lien en matière de religion 9. et l'on n'aura aucun droit de se moquer des opinions et. des cérémonies extravagantes qu'on remarque dans la. plupart des religions du monde. Qui ne voit que c'est là ouvrir un vaste champ au fanatisme le plus outré , aux superstitions les plus insensées ? Avec un pareil principe y. il n'y a rien de si absurde qu'on ne croie. Par là' il arrive que la religion , qui est l'honneur de l'humanité , et la prérogative la plus excellente de notre nature sur les bètes ^ est souvent la chose du monde en quoi les homme» paraissent les plus déraisonnables.
DiDBKOT.
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