‹ Esprit de l'encycloped́ie: ou recueil des articles les plus curieux et les plus interessans de l (volume 3)Chapitre 35 sur 58 · SI»K1T · texte numérisé non relu

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Alors que peut avoir de si effrayant pour eux la mêlaphysique de l'éloquence? et, par exemple, quoi de plus clair, de plus sensible , de plus facile à concevoir , que le développement de l'idée de la vertu , tel que Cicéron nous le donne , lorsqu'ils liront qu'elle est à la fois prudence , justice^ force et tempérance \ que \^ prudence est le discernement des choses , bonnes, mauvaises, indifférentes ; que la Justice est l'état habituel d'une âme attentive et fidèle à rendre à chacun ce 'qui lui est dû^ sans préjudice du bien public ; que la force consiste à braver les périls et à supporter les travaux; qu'elle est composée Ae grandeur d'âme 9 de confiance^ Ae patience et Ae persévérance^ que le propre de la grandeur dame est de former de gé« néreux desseins , et d'y porter une résolution qui leur donne encore plus de lustre ; que le caractère de la confiante est de compter sur soi , dans de louables entreprise§ , et de mettre en ses propres forces une espérance ferme d'en vaincre les obstacles et d^en surmonter les dangers ; que la patience s'exerce à souffrir volontairement et long-tems ^ pour remplir des devoirs pénibles, que \di persévérance est une stabilité perpétuelle dans des résolutions mûrement réfléchies, et qu'on n'a prises qu'après avoir tout prévu et tout consulté ; que la tempérance est la domination d'une raison sévère sur tous les mouvemens de l'âme et sur tous %e^ penchans impétueux et déréglés ; que ses espèces sont la continence , la clémence et la mx>^ destie ; que sous le frein de la continence , la fougue des désirs est réprimée par la raison; que la clémence adoucit les transports d'une colère aveugle ou d*un âpre ressentiment; que la modestie enfin répand une pudeur honnête dans toute la conduite d'un homme de bien , et

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ajoute un nouvel éclat à la dignité des actions louables ? Ainsi y après avoir commencé par définir en dialecticien , le jeune homme apprendra à définir en orateur; et peu à peu se rassemblera dans son entendement cette foule d^étres intellectuels qui environnent l'élocpience , et qui , dassës avec méthode , doivent un jour pouvoir se succéder rapidement et sans confusion dans la pensée de l'orateur. -

Ce sera surtout dans les faits que lui présentera l'histoire j que Pélève retrouvera sa métaphysique en exemple et sa morale en action, mais modifiée par les circonstances, qui quelquefois changent Pobjet, au point de rendre digne de louange ce qui est en soi digne de blâme , et de rendre digne àè blâme ce qui de sa nature est digne de louange. Ici la tâche que le rhéteur imposera à son disciple sera de démêler , dans le caractère de l'action , ce qui la rend problématique y ou ce qui la distingue et l'excepte de la loi générale et de l'ordre commun.

De ces études on verra se former, non pas un système de philosophie subtile et transcendante, mais un cours de philosophie naturelle et sensible, accommodée à la vie et aux moeurs ; ce qui fut toujours , dit Cicéron , le partage de l'éloquence : Quôd êemper oraioris fuit» Et sans prétendre , comme lui , que l'orateur, pour être accompli, doive être en état de parler de tout avec connaissance de cause , et autant d'abondance que de variété , au moins dirai-je qu'en laissant à la philosophie ses subtilités et ses profondeurs^ l'éloquence doit être prémunie de toutes les idées morales qui caractérisent et distinguent leurs actions. Oratori quœ aunt in liominum njitd (quando qui quidem in eâ versatur orator atque ea est ei subjecta

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ynateriea)^ omnia quœsita^ auditUy lecla, dispuiaia^ tracÉatay agitata esse debent. (De Orat. , lib. 5.}

Mais il est tems que l'éloquence elle-même reçoive ses disciples des mains de la philosophie; et je propose 'pour eux encore un exercice qui convient à leur âge y et dont l'exemple de Crassus et l'autorité de Cicéron garantissent rutUité.

«Pour me former à l'éloquence (dit Crassus dans le dialogue de Y Orateur)^ j'avais d'abord adopté la méthode des exercices de Carbon. Je répétais de souTeuir^ je commentais y j'amplifiais quelque morceau de poésie ou d'éloquence que je venais de lire en notre langue* Mai5 je m'aperçus que cette méthode était mauvaise, en ce que mon auteur s'étant saisi d'abord^ pour rendre sa pensée, des termes les plus convenables, les plus forts, les plus éiégans, si je me servais de ces mots, je ne faisais rien de moi-même ; si j'en employais d'autres , je faisais plus mal. Je préférai d'expliquer de mémoire les oraisons des plus célèbres orateurs grecs ; et alors j'eus le choix de tous les termes de ma langue^ pour exprimer en liberté les pensées de mon auteur. »

Voilà, je crois, le genre d'exercice le plus propre à former les disciples de l'éloquence; et c'est celui que je substituerais à ces compositions futiles dont on fiitigue les enfans.

Cet exercice commencerait, dans l'école assemblée, par la lecture à haute voix d^un morceau pris d'un bistorieu, d'un orateur ou d'un poète; car on sait bien que l'éloquence est répandue dans toute la sphère de la littérature , *vagam et Uberam et latè patentem , mais dans tel climat plus brûlante , dans tel autre plus tem-

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|>érée ; et qu'en passant sur diffërens sujets, comme par différentes plumes, elle change de caractère» de mouvement et de couleur. Nam quant eat oratio moUU, et tenera et iià flexibiliê ui sequatur quocumque tor-^ quèaai tàm et naturœ varioBj et voluntatea , tnaltum inter se diatantia èffecerunt gênera dicendi, ( Orat. ) Ainsi tous les exemples en seraient varies, et tantôt là raison y dominerait, tantôt le sentiment, ou quelque passion violente. Dans les Uns, la justesse, la précision^ l'énergie; dans les autres*, lé coloris^ la hardiesse des pensées, la vivacité des images; dans les autres, enfin, le ton, le style propre aux mouvemens passionnés ^ se présenteraient pour Inodèles : et après la lecture > quî serait sobrement accompagnée de réflescions^ on laisserait chacun exercer sa mémoire^ son esprit ^-son talent à reproduire dans une autre langue ce qu'il en aurait retenu. Le jeune élève ne serait, dans ce travail, ni absolument livré à lui-même^ ni absolument privé dU plaisir de la production : il aurait , comme en traduisant , le mérite et l'attrait de l'invention du style , et de plus le mérite , en-** core plus attrayant j de l'invention des idées , pour snp* pléer à ses oublis* J'y crois voir surtout l'avantage de lui faire donner toute son attention aux figures ^ aux mou-^ vemens , aux tours du style de l'écrivain qu'on lui aurait donné pour modèle : et combien plus vive et plus profonde serait l'impression de l'exemple s lorsqu'au moment de la correction on lui ferait apercevoir qu'il aurait mal saisi le caractère de son auteur, mal répondu, je le suppose, à l'énergie de Tacite, à la précision de Salluste , à l'élocutien pleine , harmonieuse et oratoire de Tite-Live !

C'est en l'exerçant à travailler ainsi d'après de grands Tome xiii. ' 20

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modèles sur des sujets intéressans ^ qu'on lui élèverait Tesprit^ l'aihe et le style^ et qu'on lui donnerait cet ardent amour de son art » sans lequel « dans la vie y et singii^èrement dans la carrière de Téloquence , on ne fidt rien de grand. Studùun, et ardorem quemtiajn amoris^ mne quoy quùm in mki nïhil quidquam egregium^ tum hoc quod tu expetiêy nemo unquàm <Zê8equetur. ( De Orat. , 1. 1. )

Dans ces pr^nières ëtudes de Tëloquence , Pétrone , le grand ennemi de la déclamation, voulait qu'on fût nourri «de la lecture des poètes, et surtout de celle d'Homère :

Detprimos versibus efnnos ,

Mœoniumijiue hihaifelîci pectore foniem,

Théopbraste reconnaissait que la lecture des poètes ^tait in&niment utile aux orateurs, Longin la recommande à ceux qui veulent s'ëlever au ton de la haute âoqu^ce* Quintilien pense comïue eux ; « C'est dans les poètes, dit41 , qu'on doit chercher le feu des pensées , le sublime de l'expression , la force et la vérité des senti* mens, la justesse et la bienséance des caractères. »

n ne laisse pas d'y avoir quelques précautions à prendre, pour empâcher que les jeunes gens ne confondent l'éloquence du poète avec celle de l'orateur ; et le maître Aurait attention de leur faire bien distinguer , dans les tours, les figures et les images du style poétique, ce qui excède les hardiesses qui sont permises au langage oratoire. Mais la distance de l'un à l'autre n'est pas aussi grande qu'on l'imagine : Est finitïmiia oraiori poëta numeris adatrictior paulàf verborum auiem licentid liberiory muUU verà omandi gvneribuê sociua acpenè

DE l'eNCYCLOPÉDIB, So^

par* ( De Oral. 1. i, ) Aussi le Sophocle latin y Pacuvius , était-il k kcture la plus habituelle Aà Crassus et de Gicevon; et je suis bien persuade que de tous les modèles , celui que MassiUou avait le plus étudie » c'était Racine.

J'oserai oef»endant n'être pas de l'avis de Gicéron, lorsqu'il assure que la sphère de Forateur est aussi étendue <que celle du poète s In fioc cette propè idem , nullis ut terminis circumBcriiat aut definiat jus auum. ( De Omt* 1. 1») Et 'dans le ohoix des sujets qu'on propose, ou des exemples qu'on pr&ente aux disciples de l'éloquence, on doit se souvenir que towt ce^ui convient à un art dont le but n'est que .de séduire et de plaire , ne convient pas à un art dont la fin est d'instruire et de persuader. Ainsi les écarts, les épisodes, les détails de pur agrément, qui sont permis à la poésie, ne le «ont pas à l'âoquence. Dans oeUe-ci cien.de superflu; tout doit tendre à la pèrsua^on; plaire, émouvoir, n'en sont que les moyens. En deux mots , le luxe , qui n'est que luxe , est interdit à l'élo* quenoe ; Pagréable y doit être utile ; les omemens de son édifice en idoi vent être les appuis.

Qoamt & l'étendue de leur domaine , oekii de la poésie embrasse, iion*<eulement dans la nature, mais au-delà, cUns les possibles, 4laii8 les espaces du merveilleux , tout les objets , réels 4m fantastiques , dont la peinture peut nous )>Iaire : k vérité connue , ia feinte , le menson^ , tout est de son ressort. L'éloc[uence au contraire n'a pour objet que ce qui intéresse sérieusement les hommes , le ^uste, l'honnête, l'utile, et le vrai dans ces trois rapports, mais le vrai qui n'est pas connu ou qui n'est pas assez senti; sans quoi l'éloquence serait sans 'objet et n'aurait plus aucune force. Elle aurait beau couler, comme un

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fleuve rapide, dans un lit vaste et libre, elle paraîtrait cafane et semblable à luie eau dormante. C'est aux écoeîls qu'elle rencontre y qu'elle heurte et qu'elle franchit , c'est au détroit où ses fiots se resserrent et redoublent de force €t d'impëtuiosité) c'est là quelle se fait connaître, et perd le nom d'ëlocution, pont prendre celui d'éloquence.

Gekus avait don6 qudque raison de dire que l'ëloquence ne s'exerçait que sur des choses contestées ; mais la résistance est encore plus souvent dans la volonté que dans l'entendement; et c'est la plus difficile à vaincre*

La poésie n'a que la vraisemblance à se donner , et que l'illusion à répandre; l'histoire n'a communânent que l'ignorance à éclairer; la philosophie a de plus l'erreur et le préjugé à combattre; l'éloquence a, non-seulement l'opinion, mais les affections > les passions à subjuguer, à dominer : ce sont là ses triomphes ; et cette différence fera seule sentir aux jeunes gens pourquoi le caractère de la poésie est une séduction perpétuelle; celui de l'histoire , une sincérité noble et calme ; celui de la philosophie , une discussion sagement animée ; celui de l'éloquence, une action pleine de chaleur, et plus ou moins véhémente , selon la force des obstacles que son sujet lui donne à renverser. De ces obstacles , le moindre , c'est le doute; et avec tout le charme du langage, celui qui, n'ajant aucune résistance d'opinion , d'indination , de doute à vaincre dans son auditoire^ ne ferait que lui exposer des vérités connues, serait un beau parleur , et , si l'on veut, un homme disert, mais non pas un homme éloquent. C'est donc toujours un objet sérieux, intéressant, problématique, et relatif à l'un de ces trois points , le juste , Fhonnète , et l'utile , qu'il faut choî-

DE L'ENCYCLOPÉniE. Sog

sir ^ même dans les poêles, pour y exercer les enfans» Enfin , ce qui me semble décider en faveur de cette espèce de leçons que je propose pour la seconde classe , c est qu'ea devenant tous les jours un peu plus difficiles et un peu plus savantes^ elles amènent les disciples à ce troisième degré d'études , où ils auront à saisir d'un coup d^œjl l'ordonnance et la. contexture de la harangue et du plaidoyer.

Et sans cette méthode , comment leur faire en même tems observer l'ordre » l'enchaînement, l'accord, et la di- -versité des parties dont cet ensemble est composé? Une simple lecture ne les captive point, et ne laisse presque jamais dans de jeunes esprits que de légères traees : la traduction est pénible et lente , et l'attention y est absorbée par les détails de l'expression : le travail d'apprendlre par cœur est mécanique , dès qu'il est commande, et se réduit à retenir des mots : l'extrait n'excite aucune ardeur, aucune émulation dans l'âme : enfin la composition en grand est insensée, avant l'étude des modèles. Quel moyen reste-t-il pour en graver l'empreinte dans l'esprit des élèves , que la méthode de Crassus , une lecture à haute voix , et après la lecture une rédaction , une traduction de mémoire ?

Ici l'on n'aura point à craindre Finapplication des élèves: émus jusqu'à l'enthousiasme par cette lecture enivrantes, pleins des beautés qu'ils auront admirées dans les mouvemens , les pensées, le langage de l'orateur | en se frappant de ses raisons y ils auront été encore plus saisis des pas- $ions^ qui l'animaient : fatigués de cette foule d'idées et de sentimens qu'il leur aura transmis, ils brûleront de Içs répandre; et s'ils ont en eux quelque germe d'élo-

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quence naturelle i on yerra ces germes éclore a la ehakor TÎYe et profonde dont il les aura pénétrés.

Je ne sais si ce grand exemple de Crassus me &it illiision ; mais je crob voir le jeune élèt e sortir de eetle école avec une force d'appréhension ^ une vigueur de jugement, une habitude à saisir l'ensemble d'un sujet ou Félat d'une cause , son point de vue favorable , ses vrais moyens , et en mftme tems son côté faiUe et périlleux ; une promptitude à s'affecter des passions dont elle est susceptible ; une facilité à changer de ton^ de mouvemens, et de langage; une impétuosité dans l'attaque , une adresse dans la dé* fense , une souplesse et une agilité à parer tour à tour et à porter des cou[^ rapides ; enfin une richesse y une abondance d'élocution, que nul autre genre d'étttde et d'exercice ne petit donner.

Cependant» comme après avoir exercé long-tems les jeunes peintres à dessiner d'après de grands modèles , on leur permet de composer ; on pourrait de même permettre aux élèves de l'éloquence de s'essayer en liberté j lorsqu'ils auraient acquis des forces. Ce serait , même dans les deux classes , une récompense honorable que l'on pro» poserait k leur émulatidn.

Mais je persiste à demander : i° Que ce sujet soit pris d'un écrivain du premier cnrdre y afin d'avoir plus sûrement à leur donner pour correctif, après la composition , le meilleur modèle possible. Que ce soit une question douteuse et sujette à discussion » soit d'une partie avec Fautre , soit de l'orateur avec lui-même : car ce qui serait évident et incontestable ne donnerait plus lieu ni a la preuve ni i. la réfutation » le vrai combat de l'orateur : l'élève doit savoir qu'il a toujours im adversaire dans Fopi-

BIT L'BNCYC1.0PéDÏE. 5lt

mot» opposée à la eienne; et (yuand €et adversaire est

laauet , c'est à lui de prendre sa place , et de parler contre

lui-même avec autant de force et de ckaleur que ferait

un bomiçe (Moquent. S° Que peur ces essais on préfère

les causes dont le principe est conteste ,. non-seulement

parce qu'içiles donnent plus d'espace et d'essor à de jeunes

esprits , mais parce qu'elles prêtent au développement de

ces idées élémentaires que l'élève a di^jà reçues , et qu'elles

sont les seules où il soit en état de faire quelques pas sans

être mené par la main : car d'examiner , eoçome on le fait

dans une cause particulière , si une chose est telle ou telle;

ou si le fait dont il s'agit est arrivé de telle oade telle façon y

par malice y par imprudence, involontairement^ ou par

ziéeessité ; si l'accusé a iait ce qu'on lui impute; et s'il l'a

fait selon la loi y hors de la loi , contre la loi , seul , de son

propre mouvement^ ou par l'mpulsion d'un autre ^ etc.;

tout cela tient à des circonstances dont il est impossible

que les écoliers soient instruits*

Toutefois en donnant la préférence anx causes générales , non-seulement comme plus simples , mais comme plus propres à faire connaître les grandes régions de IMlo*» quence (i), et comme un moyen d'accoutumer l'esprit à voir les conséquences dans leur' principe (s) ; je ne laisserai pas d'observer qu'un grand nombre des plus belles causes. sont des causes particulières, dont le principe est ^recpqnu; et c'est pour celles'^ci que la méthode des rhéteurs serait nécessaire aux élèves.

( 1 ) yos$g rêgiùn6$ tniivl^ttaf ventre deéêaSj ut fervettigeê quod quœrat.

(a) UH eum (oofnm omii!k0m oi^itaUoné upeeHs , 9% tnwio usufn rerum fereaUuerU » nihii tê effugiêi , iUqu4 omnê q%iod erit in rê099urret aiquê inddtU (De Ortt.X a.)

Ces rhéteurs avaient pris la peine de classer tontes Te* causes oratoires , et d'assigner à chaque espèce les moyeod qui lui convenaient: c'est ce qu'on appelait hca : arsenal oratoire , où il faut avouer que les armes étaient rangées avec beaucoup d'ordre et de soin.

Cette méthode avait l'avantage de tracer des routes y d'y poser des signaux ^ d'avertir l'orateur de celle qu'il aurait à suivre ; Cicéron lui-même en convient : Habet enim quœdajn ad commojiendum oratorem. Mais Pélëve qui, après les premières études, aurait besoin d'aller chercher dans ces lieux oratoires les moyens propres à sa cause y serait un esprit lent , timide et sans essor : Quod etiamai ad instituendos adokscentulos magia aptum ^st , ut , simul acposita ait causa , habeant quàae refe-^ rant ^ undè statim expedita possint argumenta depro^ mère : tamen et tardi ingenii est rîpuloa consectari ^ jàntem rerum non videre. ( De Orat. lib. 3. )

<x Qu'on me donne , disait Antoine dans ce même dia-^ logue , un jeune homme qui ait bien fait ses études ; si , avec un peu d'usage de l'art oratoire , il a dans le génie quelque vigueur , je le porterai en un lieu où il trouvera , non pas un filet d'eau enfermée et captive dans des ca-^ neaux étroits , mais un fleuve entier qui s'élance impé* tueusement de sa source. <( Si ait ia , qui et doctrinâ 2iberaliter mihi institutus ^ et aliquojàm imbutua uau^ eu aaiia acri ingenio. esse videatur ; illùc eu7n rapiam , ubi non aecluaa aliqua aquulateneaturfaedundè univer^ aumflumen erumpat. ( De Orç^t. 1. 2« )

Quelle était donc cette source abondante, auprès de laquelle tous les lieux communs des rhéteurs ne lui sem-^ blaient que des filets d'eau? C'était la cauçe elle-tnème:

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«l sa méthode , à lui^ consistait à la méditer profondément, à bien savoir quelle en était la nature, quœ nunquàm latet y disait-il , et à tirer de cette connaissance ses procédés et ses moyens.

La pratique de l'orateur que )e viens de citer, pour sHnstruire à fond d'une afi'aire , était d'engager sa partie à plaider sa cause elle-même devant lui , sans témoin, afin qu'elle eût plus d'assurance; et de plaider contre elle, afin de l'obliger à mettre au jour tous ses moyens* «Après avoir renvoyé mon client, je faisais, dit -il, à moi seul, trois personnages différens , le mien , celui de mon adversaire , et celui de nos juges : ainsi , je plaidais les deux causes, et le mieux qu'il m'était possible ; après cela je prononçais avec la plus rigoureuse équité. )i

Voilà une grande leçon et en même tems un moyen assez simple de rendre les causes particulières accessibles aux jeunes gens ; car si le rhéteur veut se mettre à la place de la partie , et se laisser interroger , l'élève fera de son côté le personnage de l'avocat; et la justesse , la sagacité y la promptitude de son discernement percera dans cet ' exercice , par le soin qu'on lui verra prendre de démêler, de dénouer les difficultés véritables par l'attention qu'il donnera aux points essentiels de la cause , par le choix * qu'il fera des moyens décisifs ; car rien ne distingue plus sûrement une bonne et une mauvaise tête , qu'une curiosité judicieuse qui va au but ^ et ime curiosité vague qui se dissipe et s'égare en chemin.

Il ne faut pas oublier cependant que l'exercice apprend à voir aux jeunes orateurs , comme il apprend à voir aux jeunes peintres , et qu'on prend quelquefois pour manque d'intelligence et d'aptitude y ce qui n'est que légèreté ,

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dissipation, distraction. L avocat, parce qu'il est ins^mît^ voit d*un coup d'œil, parmi les circonstances et les moyens qu on lui expose j ce qui lui est bon et ce qui lui manque ; ses reckerches sont éclairées ; celles de l'écolier peuvent être d'abord inquiètes et indécises. Il faut donc se donner la peine de lui apprendre à examiner j à développer une cause 9 à la voir sous toutes ses faces, à prévenir dans tons les points ce qu'on pourra lui opposer , et à se tenir préparé pour l'attaque et pour la défense. Or ^ c'est ce qu'on n'a jamais fait.

Le premier tort des rhéteurs a été , comme je l'ai dit , de croire enseigner l'art de l'^oquence à des enfans ; et pour cela ils l'ont réduit jeu miettes : Qui omnes tenuissimas particulas.,. ut nutricea infantibuapuerU^ in oê insérant (De Orat. y lib* 21.) : et au contraire, le moyen de simplifier l'art , de le faciliter, aurait été de l'enseigner en masses : un petit nombre de grands principes appuyés sur de grands exemples , aurait suffi , et n'aurait troublé ni fiitîgué de jeunes tètes.

La même erreur a fait assujétir à des règles minutieuses et à des méthodes serviles ce qu'il y a de plus capricieux , de plus impérieux au monde , l'occasion et la nécessité. La rhétorique , ainsi que la tactique , ne peut rouler que sur des hypothèses ; dans l'un et l'autre genre de combat 9 il y a deux grands ordonnateurs , le jugement et le génie ; mais ils sont tous les deux soumis à des hasards qui déconcertent toutes les méthodes et font fléchir toutes les r^les.

Il fallait donc simplifier Fart le plus qu'il eût été pos* sîble y ne pas ériger en principe ce qui n'est juste et vrai que sous certains rapports , n'enseigner que le difficile , ne prescrire que l'indispensaMe , en un mot , laisser au talent^

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comme les lois doWent laiaaer à l'homme , autant de sa libertë naturelle qu'il en peut avoir sans danger. Les régies prescrites par les rhéteurs sont presque toutes de bons conseils et de mauvais préceptes.

Tout se réduit, dans Tart oratoire^ à instruire, à plaire^ à émouvoir : encore^ des trois , tm seul doit-il paraître en évidence ; et lors même que Torateur emploie tous les moyens de se concilier le juge ou l'auditeur j de le flatter, de le fléchir, de l'irriter, ou de l'apaiser,, le comble de l'art serait encore de ne sembler occupé qu'à l'instruire. Vna , ex tribus hia rehua^ reaprœnobia eatferendaj utnihil aUudj nui docere^ velle Dideamur. Reliquœ duœ , eicui sanguia in corporibua^ aie illœ in perpetuia orationibua fuaœ eaae debebunt. Cette règle en renferme mille ; et si on l'a bien saisie « ni les lieux oratoires , ni les figures , ni les oroemens, ni aucune des formules de rhétorique^ ne s'introduiront qu'à propos et comme sans étude et sans dessein^ dans ^éloquence. Je sais que les figures en sont l'âme et la vie ; et il n'en est aucune qui , naturellement employée et mise à sa place , ne donne de la grâce ou de la force à l'élocution. Mais il faut que l'élève apprenne à les connattre , et non pas à les employer. Celles qui , dans la chaleur de la compositi<Hi > ne se présentent pas d'ellesmêmes , décèleraient trop l'artifice : la nature les a inventées , la nature doit les placer.

A l'égard de l'économie et de l'ordonnance de l'ouvrage oratoire , on le divisera , si l'on veut, en six , en cinq> ou en trois parties. Mais quoiqu'on puisse donner pour modèle un discours dans lequel ces parties , distribuées selon l'âge , tendent au but commun de la persuasion ; l'exorde^ par SB modestie et sa douceur insinuante ; l'exposition >

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par la clartë d'une division régulière et complète ; la narration , par son adresse et ^on air d'ingénuité ; la preuve , par sa solidité , sa vigueur et sa rapidité pressante ; la réfutation , par la dextérité des tours , la force des répliques et la chaleur des mouvemens; la confirmation^ par on accroissement de force et d'énergie; la conclusion, par cet éclat qui part des moyens rassemblés ; la péroraison <> par des mouvemens d'indignation et de douleur ^ quand la cause en est susceptible , ou par la séduction d'un pathétique doux et pénétrant sans violence ^ quand la cause ne donne lieu qu'à la commisération; le rhéteur ne laissera pas d'avertir son disciple que c'est au sujet à prescrire l'économie du discours , à décider du nombre , de la distribution , du caractère de ses parties , et que non - seule-^ ment sous différentes formes un discours peut être élbque.nt , mais que pour l'être autant qu'il est possible , il ne doit jamais affecter que la forme qui lui convient.

Savoir de quoi , dans quel dessein , à qui^^ ou devant qui Ton parle; et, dans tous ces rapports^ dire ce qui convient, et le dire comme il convient : c'est l'abrégé de l'art oratoire.

Ainsi l'importante leçon , la seule même dont l'élève aurait besoin^ si elle était bien développée, serait de lui apprendre à viser à son but, à se demander à hii-même quel est l'effet qu'il veut produire ; s'il lui suffit d'instruire, ou s'il veut émouvoir; s'il est en état de convaincre, ou s'il aura besoin d'intéresser et de fléchir; s'il se propose d'exciter l'admiration ou l'indulgence, l'indignation ou la pitié. Alors il sentira si son exorde doit être véhément ou timide; si son exposition ou sa narration ci:ige la simplicité, la modçstie ou la magnificence; si^

DE l'encyclopédie. 3i7

Sans la preuve y il lui faut insister sur le principe ou sur les conséquences ; si , dans la réfutation , il doit agir de vive force , ou ruiner insensiblement les moyens de son adversaire, employer l'artifice de l'insinuation, ou le tranchant du syllogisme, ou les entraves du dilemme, ou le piège de l'induction ; si le caractère de la përoraison doit être la vëhëmence et l'ënergie , ou la douceur de la séduction, un pathétique violent et brûlant, ou cette sensibilité modérée qui fait couler de douces larmes , on cette douleur déchirante qui pénétre dans tous les cœurs.

Enfin , la conclusion de ce long cours d'étude sera d'avertir les élèves les mieux instruits , que ce n'est encore rien que ce qu'ils ont appris : car sans compter, pour l'avocat , cette immense étude des lois ; sans compter , pour rhomme d'Etat , la connaissance de la chose publique dans ses détails et dans tous ses rapports ; sans compter , pour l'orateur chrétien , la lecture et la méditation des livres sacrés, dont il doit être plein comme de sa propre substance y leur grande étude à tous , l'étude de toute leur vie , sera celle des hommes qu'ils auront à persuader , à dominer par la parole; et pour cette étude, la véritable» la seule école , c'est k monde : nulle spéculation ne peut y suppléer, nulle hypothèse n'y peut suffire. L'homme est un être si mobile y si changeant , si divers , qu'il est impossible d'enseigner quels seront les hommes de tel lieu , (le tel tems , de telle conjoncture ; quel sera tel jour , à telle heure ^ l'esprit dominant de la nation , de la cité , des tribunaux^ de l'auditoire. C'est là cependant ce que l'orateur doit savoir , et il ne le saura bien que sur le lieu , sur le tems, en subodorant^ comme dit Gicéron, les sentimens et les pensées, en mettant le doigt sur les cœurs. Sans

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cela l'éloquence est rague , et manque des deux propri^ t& qui en font tonte la force, la convenance et l'à-propos.

Que les jeunes gens sachent donc que l'école n'a été pour eux qu'une lice obscure et paisîMe , dont les combats étaient des jeux ; et que mamtenant îl s'agit de se porter sur le diamp de bataille. Educenda deindè dictio est ex hdc dometticd exercitadone et umbratiU, jnediuTn inagtnen, inpttlverem,inclamorem, in castra, atqiie acUm forenaem.,,. periclitandœ virea ingénu , et Ula conanenlatio incluaa in veritatia lucem proferanda esl. (DeOrat. 1. 1.)

Selon la mAbode que je viens de tracer , d'après les plus grands maîtres de l'art , on voit que les ëtndes de la rhétorique ont trois degrés ; que celles, de la prenaîèrc classe sont conmnnes à tons les bommes dont on vent former la raison, coltiver l'esprit et polir le langage, et que jusque-là l'homme dii monde et l'orateur ont besoin des mêmes leçons; et que celles de la seconde classe deviennent pins propres à l'^oqueoce, mais conviennent également à l'oratenr, au philosophe, à l'historien et au poète; enSu , que les études de la troisième classe , oà l'on enaeigne expressément les procédés de l'éloquence, semblent ne convenir qu'aux jeunes gens qui se destinent ou à la chaire, ou au barreau, ou à quelque fonction publique qui demande tin homme éloquent. Mais comme , pour développer le corps et lui donner -plus de force et plus de souplesse, on exerçait les jeunes îtomains au combat de la lotie, sans vouloir en faire des athlètes; de même, m Fon veut m'en croire, on exercera l'esprit de la jeunesse destinée aux fonctions qui demandent le don de la parole , on IVxerci'ra' long-tcms dans la lïce du plaidoyer : car il n'est

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^t)înt de genre d'éloquence qui ne se réduise aux règles <le la plaidoirie» .Instruire, prouver, réfuter , émouvoir et persuader , c'est , dans toutes les situations de la vie , l'art de dominer les esprits.

On peut me demander quel tems je veux que l'on donne à ces études. Le tems qu'elles exigeront. Dans les beaux jours de l'éloquence , les anciens ne le comptaient pas, et le croyaient bien employée aussi le sénateur, le consul, le censeur, l'homme de loi, l'homme d'état, s'y formaient-ils en même tems ; et chaque citoyen destiné aux fonctions publiques , en sortait propre à les remplir. « C'est un beau rêve, me dira-t-on ; et s'il a quelque réalité , ce n'est plus nous qu'elle intéresse. Au milieu d'un peuple , à la (bis législateur et juge , devant qui l'on plaidait , non-seulement pour la fortune et la vie du citoyen ^ mais pour l'utilité , la gloire et 1« salut de la république ; dans un Etat où chacun aspirait à dominer par la parole ; que des hommes , sans cesse en guerre dans la lice de l'âoquence , pour leurs amis ou pour eux-mêmes , et qui ve« naieut y décider, comme des gladiateurs, de leur perte ou de leur salut , aient attaché à ce grand art tout l'intérêt de leur sûreté , de leur fortune et de leur gloire; rien de plus naturel. Mais quel serait pour nous le fruit , l'emploi de ces longues études ? où serait la place de ces talens cultivés avec tant de soin? Sommes -nous dans Rome ou dans Athènes ? et avons-nous une tribune où l'orateur , homme d'état , puisse parler en liberté? »

Fasse le ciel qu'il s'en élève , et en grand nombre , de ces citoyens éloquens ! On demande où serait leur place ! Partout où la voix de la sagesse, de la vérité, ^e la vertu, de l'intérêt public y de l'amour de l'humanité , a le droit de

se faire entendre ; et sous ce régne , où ne Pa-t-elle pas ? L'éloquence n'a plus de tribune ! Mais la chaire en est nue encore pour cette morale sublime, que rend plus pure encore et plus touchante la sainteté de ses motifs. Mais les académies sont des tribunes, où, la palme à la main , an demande aujourd'hui , comme autrefois dans la place d'Athènesy Qui 'veut parler pour le bien public? Dans nés, ce n'était qu'au moment où la république était nacée , dans les jours de crise et de danger , que la voix du héraut se faisait entendre : ici , dans le sein de la paix , et lorsque l'indolence de la sécurité , de la tranquillité publique, semblerait pouvoir refroidir l'intérêt général ; ici , tous les jours 9 et du centre et des extrémités du royaume* la Toix s'élève, et dit aux orateurs : « Tel abus règne, tel préjugé domine ; pour le combattre et le détruire , Qui veut parler? Qui veut parler contre la servitude, contre la rigueur inutile de nos anciennes lois pénales , contre l'iniquité des peines infamantes , sur les moyens de conserver cette multitude innombrable d'enfans qui vont périr dans les asiles de l'indigence , ou sur les moyens de détruire ce vieux fléau de la mendicité , sans manquer au respect que l'on doit au malheur : Qui veut parler?

a L'exemple des hautes vertus , des std>Iime8 talens, des travaux héroïques , s'efface dans l'éloignement , et ne jette plus qu'une pâle et froide lumière; pour en ranimer l'émulation avec le souvenir : Qui veut parler? Le génie et l'ambition des souverains se tourne vers la solide gloire, vers celle qui tie coûtera ni larmes ni sang à leurs peuples et qui sera le prix du bien qu'on aura fait. Les peuple eux-mêmes commencent à sentir qu'une politique funeste les a trompés, en les rendant jaloux et rivaux l'un de

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Tautrcy et que la nature les avait faits pour être amis : (^ui veut parler f pour applaudir à cette grande révolu* lion , pour y encourager et les*rois et les peuples?

Un jeune prince ( de Brunswick ) se dévoue pour se* courir des malheureux qui vont périr; et à l'instant une voix chère à la nation s'élève et demande : Qui reutpar^ 1er , avec Tenthousiasme d'une poésie élor|uente , pour rendre à la mémoire de ce héros de Thumanité, Thomxnage , les vœux , les regrets de la reconnaissance universelle? qu'il acquitte le genre humain de ce devoir ^ et la couronne d'or, qu'on refusait à Démosthènei l'attend et lui est assurée. )>

Qu'on ne dise donc plus cpe les giands objets manquent à l'éloquence; mais bien plutôt que l'éloquence manque le plus souvent aux grands objets qui la demandent , qui l'appellent , qui Tinvoquent de toutes parts. Son domaine aura ses limites : elle ne sera plus séditieuse et'turbulente ; elle ne sera plus délatrice et calomnieuse ; mais si elle n'a pas toute la liberté de l'éloquence républicaine 9 aussi n'en aura-t-elle pas la licence et les vices; Elle fera moins de bien peut-être: mais elle ne fera que du bien ; et fera de grands biens encore. Je ne parle point du barreau , où la justice et l'innocence auront toujours besoin de son organe; mais partout où le bien moral et politique, l'utile , Tbonnôte et le juste sont mis en délibé* ration , clans les conseils , dans les tribunaux , dans les amputations et dans les assemblées, elle aura lieu de se montrer : elle aura lieu de parler aux peuples au nom du souverain j au souverain au nom des peuples; consolante et sensible en émanant du trône , respectueuse et sage en y portant les vœux, les gémissemens des sujets. Elle ne ToML xiii* âl

5î» ^«SMIT

fera |K)mt d^ c^volution Tiolent«) vms flk am^nerii def «éfimM» irtUea ^ âcat cbangeioeBS iu^apérc'^ : elle rendra du moins f autorité plusi douce, l'obëissanoe plus facile, !• swvtHram plus cher encore , les peuples plus intéres$a9s. Maia il esl pour elle un empire plus étendu et plus d^H s4de* Cet art précieux» que les anciens ne possédaient pèt » l'art de l'imprimerie » donne des aile« et cent voix à l'éloquence % comme i la renommée ; les Hyre^ sont pour ^le de9 miuiatr^ rapidea % qui > d'une ei^trémité du inonda i l'autro» vont porter la lumière et la persuasion ; et B'e&t» f Uq quQ ces organes » de quel prix ne ^raient pas enoore le talent^ le génie et l'âme d'un homme vertueux et sage* à fui , pour rendre sa sagesse et sa yertu féconde , le ciel aurait donné le don d'écrire éloqaçmment ! Un livre où les princîp^A d'uue saine philosophie , d'une politique çaiorale t d'une sage législation , d'une administration sa* lutaire , seront développés avec une éloquence lumineuse et sensible , aéra lui seul pour le monde un bienfait qu'oo ne saurait apprécier. La raison sans doute aurait droit de persuader par elle-même i mais combien de vérités utiles , froidement et négligemment énoncées dans des écrits )u« dicieux , y seraient restées ensevelies , si l'éloquence n'é-* tait venue, les retirer comme du tombeau , et les rendre i la vie , en leur communiquant tout son charme et teul aen pouvoir?

UàMMQvm*

DB L'B^K;YCLOPéDIK.

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