‹ Esprit de l'encycloped́ie, ou recueil des articles les plus curieux et les plus interessans de l'encycloped́ie en ce qui concerne l'histoire, la morale, la literature et la philosophie (volume 4)Chapitre 33 sur 62 · ADOPTION · texte numérisé non relu

ADOPTION

Adoption. {Jurisprud.j HisU anc. et mod.) L'adoption est un acte par lequel un homme en fait entrer un autre dans sa famiUe, comme son propre fils, et lui donne droit à sa succession , en cette qualité.

Ce mot vient de adoptare , qui signifie la même chose en latin; d'où on a fait, dans la basse latinité, adobare^ qui signifie faire quelqu'un chevalier , lui ceindre Tépée ; d'où est venu aussi qu^on appelait miles adobatus un chevalier nouvellement fait , parce que celui qui l'avait fait chevalier était censé en quelque façon l'avoir adopté.

Parmi les Hébreux , on ne voit pas que l'adoption pro* prement dite. ait été en usage. Moyse n'en dit rien dans ses lois; et l'adoption que Jacob fit de ses deux petits -fils Ephraïmet.Manassé, n'est pas proprement une adoption, mais une espèce de substitution par laquelle il veut que les deux fils de Joseph aient chacun leur lot dans Israël^ comme s'ils étaient ses propres fils : Vos deux fils ^ dit-il, seront à moi; Ephrdim. et Mariasse seront réputés comme Ruben et Siméon : mais, comme il ne donne pas de partage à Joseph leur frère , toute la grâce qu'il lui &it,

c^est qu^au lieu d'une part qu'il aurait eu a partager entre Ephraïm et Manassé, il lui en donne deux; l'effet de cette adoption ne tombait que sur Faccroissement de biens et de partage entre les enfans de Joseph. Genèse^ xhiij. 5. Une autre espèce d'adoption, usitée dans Israël^ consistait en ce que le frère était obligé d'épouser la tcutc de son frère décédé sans enfans ; en sorte que les enfaûs qui naissaient de ce mariage étaient censés appartenir au frère défunt, et portaient son nom 5 pratique qui était en usage avant la loi, ainsi qu'on le Toit dans l'histoire de Thamar. Mais ce n'était pas encore la manière d'adopter connue parmi les Grecs et les Romains. DeuL xxv. 5. Ruih. iv. Matih. xxif. 24. Gen. xviij. La fille de Pharaon adopta le jeune Moyse, et MardiOchée adopta Esther pour sa fille. On ignore les cérémonies qui se pratiquaient dans ces occasions , et jusqu'où s'étendaient les droits de l'adoption ; mais il est à présumer qu'ils étaient les mêmes que nous voyons dans les lois romaines ; c'est*à-dire que les enfans adoptifs partageaient et succédaient avec les enfans naturels; qu'ils prenaient le nom de celui qui les adoptait , et passaient sous la puissance paternelle de celui qui les recevait dans sa famille. JExode ij. lo. Esther if, i5.

Par la passion du Sauveur, et par la communication des mérites de sa mort qui nous sont appliqués par le baptême, nous devenons les enfans adoptifs de Dieu , et nous avons part à l'héritage céleste. C'est ce que Saint-Paul nous enseigne en plusieurs endroits. Foiis n^uifezpas reçu l'esprit de servUude dans la crainte , mais pousavez reçu Fesprit d'adoption des enfans par lequel ofous criez , inon père , mon père» Et : nous attendons Tadoption des enfone de Dieu. Et encx)re : Dieu nous a envoyé son fils pour ra^

DB L'jt^rCYCLOPiMfi. 9;

cheter ceux qui étaient éoua la Iqi^ afin que nofiê recevions Tadoption des enfans. Rom» viij. i5* et 25. Galal. iv. 4 et 5.

Paitni les Musulmans, la cérëmotiie de 1 adoption se fait en faisant passer celui qui est adopta paivdedans la che^ mise de celui qui ladopte. C'est pourquoi pour dire adopter en Turc, on d^xt faire passer quelqu'un par sa che^ mise; et parmi eux un enfant adoptif est appelé ahietoffliy fils de l'autre vie, parce qu'il n'a pas été engendré en celle-ci. Onr<*marque parmi les Hébreux quelque chose d'approchant. Élie adopte le prophète Elisée , et lui communique le don de prophétie 5 en le revêtant de son manteau, Elias jnisit pallium suunï supêf iUum i et quand Élie fut enlevé dans un char d^e feu ^ il laissa tomber son manteau, qui fut enlevé par Elisée son disciple , soti fils spirituel , et son successeur dans k fonction de prophète. D'Herbelot, Bibliot. orient, page A-y. III. Reg. xix. ig. IV. Reg. xj. '16.

Moyse revêt Éléasar des habits sacrés d'AaTon, lorsque ce grand-prètre est prêt de se réunir à sf^s pères , pour montrer qu Éléasar lui succédait dans les fonctions du sacerdoce^ et qu'il l'adoptait en quelque sorte pour Fexercice de cette dignité. Le Seigneur dit à Sobna , capitaine du temple , qu'il le dépouillera de sa dignité , et en revêtira Éliacim fils d'Helcias. Je le revêtirai de potr'e tunique , dit le Seigneur, et Je le ceindrai de votre ceinture j et je mettrai votre puissance dans sa main. Saint Paul en plusieurs endroits dit que les Chrétiens se sont revêtus de Jésus-Christ , qu'ils se sont revêtus de VJiomme nou~ veau , pour marquer V adoption des enfans de Dieu dont ils sont revêtus dans le baptême; ce qtii a rapport à la pra-

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