ADULTERE
Adultère {Afomle). Je ne mettrai pas ici rn qucslîon si Tadultère est un crin&e , et s'il défigure la société. U n^y a personne qui ne sente «i sa conscience que ce n'est pas là une question à faire , s'il n'affecte de s'étourdir par des raisounemens , qui ne sont autres que les sobtifa'tés de Tamour-propre. Mais une autre question bien digne d'être discutée, et dont la solution emporte aiïssi celle de la précédente, serait de savoir lequel des deux fait le plus de tort à la société, ou de celui qui dd>auche la femme d au^ trui , ou de celui qui voit une personne libre , et qui évite d\issm*er Tétat des enfans par un engagement régulier. > ^ous jugeons avec raison , et conformément au se^ntimeut de toules les nations , que l'adultère est , après Fhomicide, le plus punissable de tous les crimes , poice qu'il
DE l'encyclopédie. io5
est de tousses vols le plus cruel , et un outrage capable d'occasiooner les meurtres et les excès les plus déplorables.
L'autre espèce de conjonction iUëgitime ne donne pas lieu communément aux mêmes éclats que l'adultère. Les maux qu^elle fait à la société ne sont pas si apparens : maïs ils ne sont pas moins réels , et quoique dans un moindre degr^ d'énormité, ils sont peut-être beaucoup plus grands par leurs suites.
L'adultère, il est vrai, est l'union de deux coeurs corrompus et pleins d'injustice y qui devraient être un objet d'horreur l'un pour l'autre , par la raison que deux voleurs ' s'estiment d'autant moins qu'ils se connaissent mieux. L'adultère peut extrêmement nuire aux enfàns qui en proviennent, parce qu'il ne faut attendre pour eux, ni les effets de la tendresse maternelle , de la part d'une femme qui ne voit en eux que des sujets d'inquiétude , ou des rqxroches d'infidélité 5 ni aucune vigilance sur lemrs mœur^, de la part d'une mère qui n'a plus de mœurs, et qui a perdu le goût de l'innocence. Mais quoique ce soient-là de grands désordres , tant que le mal est secret , la société en souffre peu en apparence; les enfans sont nourris, et reçoivent même unie sorte d'éducation honnête. 11 n'eti est pas de mênsié de l'union passagère dès personnes qui sont sans eogagèràent.
Les plaisirs que Dieu a voulu attacher à la société conjugale , tendent à &ire crottre le genre humain ; et l'effât suit l'iaistitiition de la providence, quand ces plaisirs sont assujettis à une règle : mats la ruine de la fécondité et l'opprobre de la société sont les suites infaillibles des liaisons irrégulières.