‹ Esprit de l'encycloped́ie, ou recueil des articles les plus curieux et les plus interessans de l'encycloped́ie en ce qui concerne l'histoire, la morale, la literature et la philosophie (volume 4)Chapitre 35 sur 62 · ADULTERE · texte numérisé non relu

ADULTERE

Adultère {Afomle). Je ne mettrai pas ici rn qucslîon si Tadultère est un crin&e , et s'il défigure la société. U n^y a personne qui ne sente «i sa conscience que ce n'est pas là une question à faire , s'il n'affecte de s'étourdir par des raisounemens , qui ne sont autres que les sobtifa'tés de Tamour-propre. Mais une autre question bien digne d'être discutée, et dont la solution emporte aiïssi celle de la précédente, serait de savoir lequel des deux fait le plus de tort à la société, ou de celui qui dd>auche la femme d au^ trui , ou de celui qui voit une personne libre , et qui évite d\issm*er Tétat des enfans par un engagement régulier. > ^ous jugeons avec raison , et conformément au se^ntimeut de toules les nations , que l'adultère est , après Fhomicide, le plus punissable de tous les crimes , poice qu'il

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est de tousses vols le plus cruel , et un outrage capable d'occasiooner les meurtres et les excès les plus déplorables.

L'autre espèce de conjonction iUëgitime ne donne pas lieu communément aux mêmes éclats que l'adultère. Les maux qu^elle fait à la société ne sont pas si apparens : maïs ils ne sont pas moins réels , et quoique dans un moindre degr^ d'énormité, ils sont peut-être beaucoup plus grands par leurs suites.

L'adultère, il est vrai, est l'union de deux coeurs corrompus et pleins d'injustice y qui devraient être un objet d'horreur l'un pour l'autre , par la raison que deux voleurs ' s'estiment d'autant moins qu'ils se connaissent mieux. L'adultère peut extrêmement nuire aux enfàns qui en proviennent, parce qu'il ne faut attendre pour eux, ni les effets de la tendresse maternelle , de la part d'une femme qui ne voit en eux que des sujets d'inquiétude , ou des rqxroches d'infidélité 5 ni aucune vigilance sur lemrs mœur^, de la part d'une mère qui n'a plus de mœurs, et qui a perdu le goût de l'innocence. Mais quoique ce soient-là de grands désordres , tant que le mal est secret , la société en souffre peu en apparence; les enfans sont nourris, et reçoivent même unie sorte d'éducation honnête. 11 n'eti est pas de mênsié de l'union passagère dès personnes qui sont sans eogagèràent.

Les plaisirs que Dieu a voulu attacher à la société conjugale , tendent à &ire crottre le genre humain ; et l'effât suit l'iaistitiition de la providence, quand ces plaisirs sont assujettis à une règle : mats la ruine de la fécondité et l'opprobre de la société sont les suites infaillibles des liaisons irrégulières.

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