AMATEUR
AmaTeIJK, ( Belles-Lettres. ) Ce serait une classe d'hommes précieuse aux arts et aux lettres , que celle qui , par un goût naturel , plus ou moins ëclaîré , mais sincère et juste , jouirait de leurs productions , s'intéresserait à leur gloire, et, selon ses divers moyens, encouragerait leurs travaux. C'est réellement ainsi qu'un petit nombre d'âmes sensibles aiment les lettres et les arts , sans que la vanité s'en mêle. Heureux l'écrivain qui peut avoir de pareils amateurs pour conseils et pour juges ! Non - seulement ils l'éclairent sur les fautes qui lui échappent i mais , comme il les a sans cesse présens devant les yeux en écrivant, il en devient plus difficile et plus sévère envers lui-m^me 5 et le pressentiment de leur goût règle et détermine le sien. Despréaux avait pour amis le prince de Contî , le marquis de Trèmes, Bossuet, Bourdaloue, Ârnauld, l'abbé de Châteauneuf , le président de Lamoignon , d'Aguesseau , depuis chancelier. Ils" étaient pouf lui ce qu'étaient , pour Térence , Lélius et Scîpiori. Aussi Térence et Despréaux sont-ils les écrivains les moins négligés de leurs siècles* Le goût de Despréaux , formé à cette école , put former celui de Racine; et, en lui apprenant à écrire pour le petit nombre , il lui apprit à écrire pour la postérité.
Mais la foule des amateurs est composée d'une espèce d'hommes qui , n'ayant par eux-mêmes ni qualités , ni talens qui les distinguent, et voulant être distingués, s at-