AME
Ame. ( Métaphysique. ) On entend par dme un principe doué de connaissance et de sentiment. Il se présente ici plusieurs questions à discuter : 1** quelle est son origine } 2^* quelle est sa nature ; 5** quelle est sa destinée 5 4'' quek sont les êtres en qui elle réside. ' . .
D y a une foule d^opinîons sur son origine 9 et cette matière a été extrêmement agitée dans l'antiquité , tant païenne que chrétienne, H ne peut y avoir que deux nianières d'envisager Tâme 9 ou comme une qualité^ ou comme une substance. Ceux qui pensaient qu'elle n'était qu'unç pure qualité , comme Épicure , Dicéarcbus , Aristoxène » Asclépiade, et Galien, croyaient, et devaient nécessairement croire , qu'elle était anéantie à la mort. Mais la pluf grande partie des pbilosoplies ont pensé que l^âme était ime substance. Tous ceux qui étaient de cette opinion, ont soutenu unanimement qu'elle n'était qu'ime partie séparée d\in tout 5 que Dieu était ce tout, et que l'âme devait enfin s''y réunir par voie de réfusion. Mais ils différaient entre eux sur la nature de ce tout j les uiis soute-
SOO . , EftPUlT
naient qu'il n'y avait dans lanature qu'ui^e^ule «ibst^nce, les autres prétendaient qu'il y en avait deux. CçUx qui contenaient qu'il n'y avait .qu']ine seule substance unlverçdle, ëtaîent de vrais athées : leurs sentime^ et ceux dés spini)sîste$ modernes sont les mêmes ; et Spinosa salis doute a pi^isé. £^e^ /ersieur^ dans cette source corrompue de l'antiquité. Ceux qui soutenaient qu'il y avait dans la nature deux substances générales , Dieu et la matière , concluaient en conséquence de cet axiome fameux , de rien rien , que l'une et l'autre étaient éternelles : ceux-ci formaient la classe des philosophes théistes et déistes , approchant plus ou moins , suivant leurs différentes subdivisions , de ce qu'on appelle le spinosisme. H faut remarquer que tous les séntiinens des a,ncien$ sur la natm'è de Dieu , tenaient beaucoup de ce système absurde. La seule barrière qui soit entre eux et Spinosa ^' c'est que ce philosophe ^ ainsi que Straton , destituait et privait de la connaissance et de la raison cette force répandîie daps le monde , qui, selon lui , eu vivifiait les parties et entretenait leur liaison ; au lieii que les philosophes théistes donnaient de la raison et de l'întetiigençè à cette âme du mopde. La. divinité de Spinosa n'était qu'une nature aveugle,. qui n'avait ni ?îe îii sentiment, et qui néanmoins avait produit tous ces beaux ouvrages , et y avait mis, sans le savoir, une symétrie et une subordination qui paraissaient évidemment l'effet d^une intelligence très-éclairée , qui choisit: ses fins et ses moyens. La divinité des philosophes, 'au, contraire, était unie intelligence éclairée , qui avait présidé à la formation de l'univers. Ces philosophes ne distinjguaient Dieu de la matière , que parce qu'ils ne donnaietit le nom de matière qu'à ce qui est sensible et palpaple. j^insi Dieu étant dans
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leur système une substance plus déliée , plus agile j plus pénéti'anie que les corps exposés à la perception des sens, ils lui donnaient le nom d^esprity quoique dans la rigueur il fût matériel.
Parmi les théistes, les uns ne reconnaissaient qu'une j]^^^ Y J'^^ • seule personne dans la divinité , les autres deux ou trois : , ( f^M A
en sorte que les premiers croyaiefnt que l'âme était ime *^} ^
partie du Dieu suprême, et les derniers croyaient seulement qu'elle était une partie de la seconde on de la troisième hyposiasey ainsi qu'ils l'appelaient. De même qu'ils . multiplièrent les personnes de la.divinité, ils multiplièrent la nature de l'âme: les Uns en donnaient deux à chaque homme ; les autres, encore plus libéraux, lui en donnaient. trois : il y avait Y {une inteHectuelle , ïdme aen&itiùe , et \dme ^égétatwe. Mais l'on doit observer qu'entre ces âmes, ainsi multipliées, ils croyaient qu'il n'y en avait qu'une seule qui fût partie de la divinité-; les autres étaient seulement une matière élémentaire , Ou de pures qualités.
Quelque différence de sentiment qu'il y eût sur la nature de l'âme, tous ceux qui croyaient que c'était une substance réelle, s'accordaient en ce point, qu'elle était une partie de la substance de Dieu , qu'elle en>avait été séparée , et qu'elle devait y retourner par réfusion. La proposition est évidente par elle-même à l'égard de ceux qui n'admettaient, dans toute la natxire,. qu'une seule substance uni^* versjelle ; et ceux qui en admettaient deux , les • considéraient comme réunies, et composant ensemble l'univers, précisément comme le corps et l'âmë composent l'homme : Dieu en était l'âme, et la matière le corps; et de même <{ue le corps retournait à la masse de la matière dont il était $orti ^ l'âme Wournait à l'esprit universel 9 .de qui
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tous les esprits tiraient leur substance et leur existence. C'est conformétnent à ces idées que Ctcéron expose les sentimens des pliilosc^hes Grecs : « Nmis tirons^ dit-il ^ nous puisoÀs nos âmes dans la nature des dieux , ainsi que le soutiennent les boniines les plus sages et les j^kis savans ». Les expressions originales «soBt plus fortes et plus ënergi- ^pijes 7 A naturâ daorum , ut docthsimls saptentisêimùque pUh^uit, haieséoE ammos et libatos hahemus* De Divin» lib* n , c. xlix. Dans un autre endroit , il dit que IVsprit htimain , qai est tiré de l'esprit divin y ne peut être CQmparé qu'à DSeu : Humanu/B'mitam animus decerptus eat meniediffindj cmntdio niMb nisi cum ipso deo cont" pararipotest. TuBCui» qu»st. Hb« Y ^ c. xv. Et afin qu'on ne s'imagine pas quo ces sortes de {ilirase^ , que l'âme est une |>artie de Dieu, qu'ette efi^ tirée de lui , de sa nature, ( phrases qui reviennent continuellement dans les écrits des anciais ) y ne sont que des expressions figurées ^ et que l'on ne doit point iflofterpriéter avec Une sévérité métaphysiçpie^ il ne faut qu'ol^erver la conséquence qu'on tirait de ce principe 9 et qui a été universellement adoptée par toute l'antiquité 9 que Tâme était étemelle , à parte antè f^àpariepéat\ b'est-Â-dire qu'ette était sans commencement et sans fin ^ ce que le» latins exprimaient par le seul TQi^\àiè9em^ierneUe* C'est œ que Cicéron indique assez clairement^ quai^ U dit qu'on ne peut trouver sur la terre l'ùrigine des âoKS 2 « on ne rencontre rien, dit-il, dans la Bature terrestre, qui ait la faculté de se ressouvenir et de penser, qui puisse àe rappeler le passé, considérer le présent, et prévoir Tavenir. Ces facultés sont divines» et Jfon ne trowrera poittt d'où l'homme peut les avoir « s! cem^estde DieUi^ Ainsi ce quelque chose qui sent, qui
goftt^, ^i veut^ est câeste et diTin^ et par cette raison il doit être nëcessairexoent étemeL La manière dont Gicéron tire la conséquence y ne permet pas d'envisager le principe dans .un autre sens que dans un sens précis et meta-' physique.
Lorsqu'on dit que les «iiciens eroyaient l'ëtemité de
l'âme, sans commenconent comiae sans fin ^ on ne doit
pas s'imaginer qu'ils crussent que T&me existât de toute
éternité d'une manière distincte et particulière 9 mais seu^
lemeut qu'elle était tirée ou détachée de la substance éter/-(
neUe de Dieu dont elle faisait partie j et qy'elle s'y derait \
réunir et y rentrer de nouveau. C'est ce qu'ils expliquaient
par l'exemple d'une bouteille remplie d'eau ^ nageant dans
la mer 9 et venant à se briser ^ l'eau coule de nouveau et se
réunit à la masse commune : il en était dé marne de l'âme
à la dissolution du oh^. Bs 9e différaient que sur le tems
de cette réunion; la plus grande partie soutenait qu'elle
se fai^t à la mort, et les pythagoriciens prétendaient
qu'elle j^ ^ faisait qu'après plq^içurs transmigratioBS. Lea
pLatoniçiens , marchant entre ces deux opinions , ne réu*
JCiisjiaient k l'e^it universel » immédiatement après la
xxiort y que les.âmes pures et san3 tache. CeUes qni ^'étaient
souillées par dej» vices ou par dçs. crimes, passaient par
un^ succession de corps di£EéreDS^ pour se pur^r avant
qu^ de retoujcnçr k leur s^stan^ primitive. C'étaient-là
les 4çu:9^ espèces dç métçmpsycosea naturelles ^ dont fai-^
ss^ie^t réeUemei^t profession ces. deux écoles de philo-*
Qi^. cç. spi/^idrjittes. véritable smtiaiieBS de l'anliquilé, nçus W pf iQivr<^i^. P^ ksr quatre gisandss sectes de l'aft*
ciçnne philosophie^ 4ay<W; ks pythagoriciens y les plato»
niciensv lès péripâtëticîens, et les stoïciens : Fexposîtion de leurs sentimeDS confirmera ce que nous avons dît de ceux des philosophes en général sur la nature de Fâme.
Cicëron , dans la personne de Velléius l'épicurien , accuse Pythagore de soutenir que Tâme était une substance détachée de celle de Dieu, ou de la' nature universelle , et de ne pas voir que par-là il mettait Dieu en pièces et en morceaux. <( Pythagore et Empédocle» dit Sextus Empiricus, croyaient, ainsi que toute l'école italique, que nos âmes sont non-seulement de la même natm*e les unes que les autres , mais qu'elles sont encore de la même nature que celles des dieux et que les âmes irrationnelles des brutes , n'y ayant qu'un seul esprit infus dans l'univers qui lui fournit des âmes , et qui unit les nôtres avec toutes les autres. »
Platon appelle souvent l'âme sans aucun détour , Dieu, une partie de Dieu. Plutarqué dit que Pythagore et Platon croyaient l'âme immortelle , et que , s'élançant dans l'âme universelle de la nature, elle retournait à sa première origine. Arnobe accuse les platoniciens de la même opinion y en les apostrophant de la sorte : u Pourquoi donc l'âme » que vous dites être immortelle , être Dieu , est-elle ma- » lade dans les maladies, imbécille dans les enfans, caduque n dans les vieillards? 6 folie, démence, infatuation! »
Aristote^ à quelques modifications près, pensait , sur la nature de l'âme, comme les autres philosophes. Après avoir parlé des âmes sensitives , et déclaré qu'elles étaient mortelles, il ajoute que l'esprit ou l'intelligence existe de tout tems, et qu'elle est de nature divine : mais il fait une seconde distinction : il trouve tjue l'esprit est actif ou passif, et quede ces deux sortes d'esprit, le premier est
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immortel et éternel y le second corruptible. Les plus savons commentateurs de ce philosophe ont regardé ce passage comme inintelligible , et ils se sont imaginés, que cette obscurité "provenait des formes et des qualités qui infectent sa philosophie, et qui confondent ensemble les substances corporelles et incorporelles. S'ils eussent fait attentien au sentiment général des philosophes grecs sur lame universelle du monde , ils auraient trouvé que ce passage est clair , et qu'Aristote , de ce principe commun que l'âme est une partie de la substance divine , tire ici une conclusion contre son existence particulière et distincte dans un état futur : sentiment qui a été embrassé par tous les philosophes , mais qu'ils n'ont pas tous avoué aussi ouvertement. Lorsqu'Aristote dit que l'intelligence active est seule immortelle et éternelle , et que l'intelligence passive est seule corruptible ; le sens de ces expressions ne peut être que celui-ci : que. les sensations particulières de l'ame, en quoi consiste son intelligence passive, cesseront à la mort ; mais que la substance en quoi consiste son intelligence active, continuera de subsister, non séparément, mais confondue dans l'âme de l'univers; car. l'opinion d'Aristote , qui comparait l'âme à une table rase , était que les sensations et les réflexions ne sont que des passions de lame, et c'est ce qu'il appelle Y intelligence passive ,cpXy comme il le dit, cessera d'exister, ou qui, en d'autres termes équivalens, est corruptible. Ses commentateurs, et ses paroles mêmes, nous apprennent ce qu'il faut entendre par X intelligence active^ en la caractérisant di intelligence dii>ine, ce qui en indique l'origine et la fin. Par là, cette distinction extravagante, en apparence^ de l'esprit humain en intelligence active et passive, parait sijnple et
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. exacte. Pour n'avoir point eu la clé de cette ancienne métaphysique, les partisans d'Aristote ont été fort partagés entre eux , poiu: décider ce que leur maître croyait de la mortalité ou de Finmiortalité de l'âme* Les expressions Sintelligehce paaawe ont même fait imaginer à quelquesuns 9 comme à Némésius , qu'Âristote croyait que Tâme n'était qu'une qualité.
Quant aux stoïciens , voyons la manière dont Sénèque expose leurs sentimens : « Et pourquoi , dit -il, ne croirait-on pas qu'il y a quelque chose de divin dans celui qui est une partie de la divinité même? Ce tout dans lequel nous sommes contenus est un y et cet un est Dieu. Nous sommes ses associés, nous sommes ses membres. » Epictète dit que les âmes des hommes ont la relation la plus étroite avec Dieu; qu'elles en sont des parties; qu'elles sont de» fragmens séparés et arrachés de sa substance. Enfin* Marc- Antonin combat par ces réflexions, la crainte de la mort. «La mort, dit-il, est non-seulement conforme au cours de la nature , mais elle est encore extrêmement utile. Que l'on examine combien un homme est étroitement uni à la divinité ; dans quelle partie de nou»-mêraeâ cette union réside, et quelle sera la condition de cette partie ou portion de l'humanité au moment de sa réfusion dans l'âme du monde. »
Les sentimens des quatre grandes sectes des philosophes sont, comme on le volt, à peu près uniformes sur ce point. Ceux iqui croient, comme Plutarque, qu'il y avait deux principes, l'un bon et l'autre mauvais, croyaient que l'âme était tirée , partie de la substance de l'un , et partie de la substance de l'autre; et ce n'était qu'en cette cîr- ^ Y constance seule qu'ils différaient des autres philosophes.
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Peu de tems après la naissance du christianisme , lea philosophes étant puissamment attacpiéspar les^ écrivains chrétiens , altérèrent leur philesopliie et. leur Keligîom, en rendant leur, philosophie plus religieuse et leur rdâgîon plus philosophique. Pajmi ka rafinemens du paganisme ^ l'opinion qui faisait de Tâme ime partie de la substamce divine 9. fut adoucie. Les< platoniciens la bornèrent à* Fâme des brutes. Toute puiasance irrationnelle^ dit Porphyre^ ^) retourne par réfusion dans Pdme du touL Et l'otk doit j renaarqaer que ce n'est seulemjent qu'alors que les philosophes commencèrent à croire réellement et sincèrement le dogme des peines et desj r&rompenses d'une autre vie. Mais les- plus sages d'entre eux n'eurent pas plutôt abandonné l'opinion de l'âme universelle ^ que les gnostiques^ les manichiens. et les prisoiUiens^ s'en emparèrent : ils la transmirent aux Arabes, de qui W athées de ces derniers* siècles , et notamment Spinosa y Font empruntée. >
On demand^a peut- ètare d!où les Gréeront tiré cette opinion si étrange de l'âme universdle du monde; opinion aussi détestable que l'athéisme même; et que Bajle trouve ^ avec raison: plus^ absurde que le système des atomes de\ Démocrite et d'Epicure. '
On s'est imaginé qu'ils avaient tiré cette opinion d'Egypte. La nature SQule de cette opinion £ait suffisamment voir, qp'elle n'est point égyptienne; elle est trop rafinée^ trop subtile 9 trop métaphysique^ trop systématique: Tan** cienn^ philosophie dès Barbares» (sous ce nom > les Greca ente:ndaienJt.les Egyptiens comme, les autres nations )• con^sistait. seulement en maxiioies détachées, transmises des maîtres, au3^ disciples par la tradition, où rien ne ressentait la.spéaulation^ et ou L'onne tnmvait ni les rafinemens ni
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le^ subtilités qui naissent des système^ et des hypottièses. Ce caractère simple ne régnait nulle part plus qu'en Egypte. Leurs sages n'étaient point des sophistes scolastiques et sédentaires, 'comme ceux des Grecs; ils s'occupaient entièrement des affaires publiques, de la religion et du gouvernement; et en conséquence de ce caractère, ils ne poussaient les sciences que jusqu'où elles étaient nécessaires pour les usages de la vie. Cette sagesse si vantée des l%yp* tiens, dont il est parlé dans les saintes écritures, consistait essentiellement dans les arts du gouvernement , dans les talens de la législation et dans la police de la société civile.
Le caractère des premiers Grecs , disciples tles Égyptiens , conârme cette vérité; savoir , que les Égyptiens ne philosophaient ni sur les hypothèses, ni d'une manière systématique. Les premiers sages de la Grèce , conformé— ment à l'usage des Egyptiens leurs maîtres, produisaient leur philosophie par maximes détachées et indépendantes, telle certainement qu'ils l'avaient trouvée, et qu'on la leur avait enseignée. Dans ces anciens tems^ le philosophe et le théologien, le législateur et le poète ^ étaient tous réunis dans la même personne: il n'y avait ni div^ersité de sectes , ni succession d'écoles : toutes ces choses sont des inventions grecques , qui doivent leur naissance aux spéculations de ce peuple subtil et grand raisonneur.
Quoique l'opinion du génie de la philosophie égyptienne, avec le dogme de l'âme universelle , soit seule suffisante pour prouver que ce dogme n'étant point égyptien ne pouvait être que grec , nous en confirmerons la vérité, en prouvant que les Grecs en furent les premiers inventeurs. Le plus beau principe de la physique des Grecs eut deux auteurs, Démocrite et Sénèque : le principe le plus
vîcietix de leur méiaphysigtLe eut jde même deux auteurs^ Phérécîde le Syrien , et Thaïes le Milésien > philosophes contempoi'aîns.
Phérecide le Syrien , dît Cicëroii ^ ftit le premîer qui soutint que les âmes des hommes étaient sempiternelles j opinion que Pythagore y son disciple ^ accrédita beaucoup.
Quelques personnes , dît Diogène Laërce ^ prétendent que Thaïes fut le premier qiii soutînt que les âmes des hommes étaient sempiternelles» Thaïes , dit encore Plutarque, fut le premier qui enseigna que l'âme est i^ie nature éternellement mouvante ^ Ou se mouvant par elle-* iné^ëé
On entend communément par lé passage ci-de^us de Cicéron , et pat celui de Diogène Laërce , que les philcH sophes dont il y est fait meMion ^ sont les premiers qui aient enseigné l'immortalité de Fâme. Mais comment ae« corder ce sentiment avec ce que dit Cîcéron > ce que dît Plutarque , ce qu'ont dit tous les anciens , que-l'immorta-* lité de l'âme était Une chose que l'on avait crue de tout tems ? Homère l'enseigne , Hérodote rapporte que les Egyptiens l'avaient enseignée depuis les tems les plus re^ culés : c^est sur cette opinion qu'était fondée la pratique si ancienne de déifier les morts. D en faut conclure , qu'il n'est pas question dans ces passages de la. simple immorta^ lité 9 considérée comme une existence qui n'aura. point de fin , mais qu'il faut entendre une existence saiis commencement j aùssi^bien que sans fin : c'est ce que signifie le mot de sempiternelle y dont se sert Cicéron* Or , réternité de l'âme était , eomme nous Tavôns déjà fait voir, luie conséquence qui ne pouvait naître que du principe qui faisait l'âme de l'homme une partie de Dieu> et qui f par