Tome V. i
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point une nécessite prise dans le sens des fatalistes ^ tine nécessite aveugle et absolue , mais une ndcesaitë morale ^ compatible avec la liberté la plus parfaite.
Argument Jiistorique. Moyseditqu'auconunemseDKent Dieu créa le ciel et U terre | il marque avec précitfion Tépoque de la naissance de l'univers; il nous apprend le nom du premier homme; il parcourt les siècles depuis ce premier moment jusqu'au tems où il écrivait , passant de génération en génération , et marquant le tenu de la naissance et de la mort des hommes qui servent à sa chrono-* logie. Si on prouve que Ifi monde ait existé avant le tems marqué dans cette chronologie , on a raison de rejeter cette histoire ; mais si on n'a point d'argument pour attribuer au monde une existence plus ancienne » c'est agir contre le bon sens que de ne la pas recevoir.
Quand on fait réflexion que Moyse ne donne au monde qu'environ 24io ans, selon l'hébreu, ou S943 ans, selon le grec , à compter du tems où il écrivait, il y aurait sujet de s'étonner qu'il ait si peu étendu la durée du monde , s'il n'eût été persuadé de cette vérité par des monumens invincibles.
Ce n^est pas encore tout : Moyse nous marque un tems dans son histoire , auquel tous les hommes parlaient un même langage. Si avant ce tems-là on trouve dans le monde des nations, des inscriptions de di€Bérentes langues, la supposition de Moyse tombe d'elle-même. Depuis Moyse, en remontant à la confusion des langues, il n'y a dans l'hébreu que six siècles ou environ, et onze^ selon les Grecs : ce ne doit plus èlre une antiquité abso-lument inconnue. Il ne s'agit plus que de savoir si en tra-
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versant douze siècles tout au plus, on peut trouver eiï quelque lieu de la terre un langage usitë entre les hommes, différant de la langue primitive usitée, k ce qu'on prétend, parmi les habitans de l'Asie. Examinons les histoires , les monumena , les archives du monde : renversent-elles le sysièiàe et la chronologie de Mojse* ou tout concourt-il ^ en affermir la vérité ? Dans le premier cas , Moyse est un imposteur 9 également grossier et odieux ; dans l'autre ^ son récit est incontestable : et par conséquent il y a un Dîeu> puiaqu'il y a un être créateur. Or, durant cette longue durée de siècles cpii se sont écoulés avânt nous , il y a çu des auteurs sans nombre qui ont traité des fondations des empires et des villes , qui ont écrit des histoires générales , ou les histoires particulières des peuples f celles même des Ass^yriens et des Égyptiens , les deux nations , comme l'on sait , les plus anciennes du monde : cependant avçc tous ces secours ^ dépositaires de la plus longue tra-^ ditioa, avec mille autres que je ne rapporte point , jamais on n a pu remonter au-delà des guerres de Thèbes et de Troye^ jamais on n'a pu fermer la bouche aux philosopher qui soutenaient la nouveauté du monde.
Âvdnt le législateur des Juifs , il ne paratt dans ce monde aucun vestige des sciences , aucune ombre des arts. La sculpture et la peinture n'arrivèrent que par degrés à la perfection où elles montèrent : l'une, au tems de Phidias , de Polycrète , de Lysippe , de Miron , de Praxitèle et de .Soopas ; l'autre , par les travaux de Nicomachus , de Protogène, d'Apelles , de Zeuxis et d'Aristide. La philosophie ne commença à faire des recherches qu^à la trentecinquième olympiade , cù naquit Thaïes; ce grand changexsent , époque d'une révolution dans les esprits , n'a pas
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uue date plus ancienne, ^astronomie na fait chez les peuples qui l'ont le plus cultivëe ^ que de très-faibles progrès j et elle n'ëtait pas même si ancienne parmi leurs sa- Tans qu'ils osaient le dire. La preuve en est ëyidente. Quoique en effet ils eussent découvert le zodiaque , quoiqu'ils l'eussent divisé en douze parties et en 36o degrés , ils ne s'étaient pas néanmoins aperçus du mouvement des étoiles d'occident en orient; ils ne le soupçonnaient pas même y et ils les croyaient immuablement fixes. Auraientils pu le penser ) s'ils eussent eu quelques observations antiques? Ils ont mis la constellation du bélier dans le zodiaque, précisément au point de l'équinoxe du printems : autre erreur. S'ils avaient eu des observations de 2202 ans seulement » n'auraient-ils pas dit que le taureau était au point de l'équinoxe? Les lettres mêmes , je veux dire f Fart de l'écriture ^ quel peuple en a connu l'usage avant Moyse? Tout ce que nous ayons d'auteurs profanes s'accordent à dire que ce fut Gadmus qui apporta les lettres de Pbénicie en Grèce ; et les Phéniciens , comme on sait , étaient confondus avec les Assyriens et les Syriens , parmi lesquels on comprenait aussi les Hébreux. Quelle apparence donc que le monde eût eu plus de durée que Moyse ne lui en donne , et toutefois que la Grèce fût demeurée dans une si longue en&nce, ne connaissant rien, ou iie perfectionnant rien de ce cpii était trouvé déjà ? On voit Içs Grecs, en moins de quatre cents ans , devenus habiles et profonds dans les arts et dans les sciences. Est-ce «donc que les hommes de ces quatre heureux siècles avaient un esprit d'une autre espèce et d'une trempe plus heureuse que leurs aïeux ?
On pouvait dire à M. Jacquelot , de qui cet argument
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est tiré , qa'en se renfermant dans les connaissances et dans les inventions de la Grèce» il prenait la question du cote le plus avantageux à sa cause, et lui opposer l'ancienneté prodigieuse des empires d'Assyrie , d'Egypte , de la Chine même. Aussi prend-il soin de rechercher en habile critique l'origine de ces nations , et de faire voir qu'elles n'ont ( au moins ces deux premières ) que l'antiquité que leur donne Moyse. Ceux en e£fet qui acccordent la plus longue durée à l'empire des Assyriens , ne l'étendent pas au-delà de 1700 ans. Justin l'a renfermée ' dans l'espace de treize siècle. Gtesias n'y ajoute que 60 années de plus; d'autres ne lui donnent que i5oo ans. Eusèbe la resserre en des bornes encore plus étroites ; et Georges Syncelle pense à peu près comme Gtesias. G'est-à-dire qu'à prendre le calcul le moins sévère , les Assyriens n'auront commencé que deux mille cinq ou six cents ans avant 3é^ sus-Ghrist, et environ cinq ou six siècles avant la première connaissance que l'histoire nous donne de la Grèce» A l'égard de l'Egypte 9 qui croira , dans la supposition: qu elle fût aussi ancienne qu'elle se vantait de l'être , que Moyse n'en eût pas accommodé l'histoire avec la chronologie du monde, et qu'il eût exposé la fausseté de ses dates à la dérision d'un peuple si connu de lui , si habile , si voisin ? Gependant il le fait descendre d'une race maudite Je Dieu; et en le disant , il ne craint point d'être repris. Il est constant , d'ailleurs , qu'il n'y a guère eu de peuple plus célèbre que les Egyptiens dans les annales profanes* La senle ville d'Alexandrie, devenue comine le rendes* vous des grands talens, renfermait dans ses murs , et surtout depuis l'établissement du christianisme, des savâns de toutes les parties de l'univers, de toutes les religions
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et de toutes les sectes; des juifs, desH^lirëtiens et des phi-, losophes* On ne peut vraisemblablement douter qu'il n'y eut souvent des disputes entre eux^ car où il y a des sayans , il y a bientôt des conteaitations ; et la yérité ellemême y est toujours, combattue avec ces armes que l'esprit humain ne sait que trop bien employer dans les matières de doctrine. Or , ici tout routait sur des faits : tout dépendait de savoir si l'univers , ainsi que Moyse lavait dit, n'avait que six miU^ ans tout au plus; si quatre siècles avant lui » ce monde avait été noyé dans les eaui; d'un déluge qui n'avait épargné qu'une famille, et s'il était vrai que trois mille ans auparavant , il n'y eût sur la terre qu'un sçul et unique langage* Qu'y avait-il de plus facile à éçlaircir? On était sur le lieu même. On pouvait aisément examiner les temples , les sépulcres , les pT^^ mides^ les obélisques, les ruines de Thèbes^et visiter ces fameuses colonnes Sciriadigiées, ou, comme le^ appelle Ammien Marcellin ^ ces syringues souterraines , où Ton avait gravé les mystères sacrés. On avait sous la main lesi ^mnales des prêtres; et enfin on pouvait çouaulter les histoires, qui alors étaient nombreuses. Toutefois au milieu de tant de ressources contre l'erreur , ces faits posés avec tant dci confiance dans les livres de Moyse, ne trouvaient point de Gontradidteurs ; et l'on défie la critique , qui ose tant 9 d'pser les nommer.
Le seul Manethôn , qui vivait sous Ptolémée Philadelphe, mit au jour une histoire ehronolo^que de Tl^yple , depuis son origine jusqu'à la fuite de Nectanebo eUr Éthio^ pie, environ la cent dix-septième olympiade^ Mais quelle histoire ! et qui pouvait s'y laisser tromper? Elle fisiit ré-> ^er en E^pte six dieux , dix hcros ou demi-dieux , du-
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rant trente-un ou trente-deux mille ans; ensuite elle fait paraître le dieu Menés, et compose la liste de ses successeurs de trois cent quarante monarques , dont la durée totale est d'environ trois mille ans. De grands hommes ont essayé dans tous les tems de mettre quelque ordre dans la confusion de ce cahos y et de débrouiller ce monstrueux entassement de dynasties de dieux j de Jtérps et de jprm* ces; mais ce que l'étude la plus opiniâtre a fait d'e^orts , n a servi qu'à en montrer l'impuissance ^ et le jour n'a pu percet encore de si épaisses ténèbres. Ces dynasties sontelles successives , sont-elles collatérales ? On ne sait. %.€& années Egyptiennes n'étaient-elles que d'un mois ou de deux, comme quelques-uns l'ont prétendu? Étaient-elles de quatre, et se réglaient^eUes par les saisons, comme d'autres le soutiennent ? Question impossible à détermi'^ ner paf les témoignages anciens; ils se contrarient trop sur cet article. Nos modernes eux -mômes sont encore moins unanimes; et malgré les travaux de Scaliger* du père Petau , du chevalier M arsham ^ du père Pezron , et des autres , cette chronologie de Manethon est demeurée un hd>yrinthe , dont il faut pour jamais désespérer de sortir.
Il y a un peuple encore subsistant, ce sont les ChincHs , qui seçible donder au monde une plus grande aneîehneté que nos ËeritUres ne lui eh donnent^ Depuis que ces ré^ gîons nous sont plus connues , on en a publié les annales historiques , et elles font remonter l'origine de cet empire à peu près trois mille ans au-delà de la naissance de Jésus* Christ. Nouvelle difficulté souvent saisie 'par les ineré-dides contre la chronologie de Moyse. Afin de détruire ce prétexte , M. Jacfjtielot lait diverses remarques , toutes
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importantes et solides , sur l'incertitude de l'histoire chî-. noise. Mais , pour trancher, il soutient que, même en lui accordant ses calculs , ils ne nuiraient point à la vérité des nôtres. Rien n'oblige en effet à préférer la supputation de l'hébreu à celle des septante. Or, dans celle-ci, Pancienrneté de l'univers est plus grande que dans l'autre. Donc , puisqu'il ne faudrait pour concilier les dates des Chinois avec les nôtres, que cinq siècles de phts que n'en porte le texte hébreu , et que ces cinq siècles sont remplacés , et au-delà, dans la traduction des septante, la difficulté es| levée; et il est clair que l'empire de la Chine est postérieur au déluge.
Objection* Suivant les abrégés latins des annales mai&p tenant suivies à la Chine , les tems même historiques de cet empire commencent avec le règne de Hoamit^ 2697 ans avant Jésus-Christ, et cette époque qui, dans la chro^ nologie du texte hébreu , est antérieure au déluge de plus d'un siècle , ne se trouve dans le calcul des septante , pos? térieure que de 200 ans , à la dispersion des peuples et à la naissance de Phaleg. Or ces 200 ans, qui d'abord semblent un assez grand fonds et une ressource capable de tout concilier^ se trouvent à peine suffisans pour conduire les fondateurs de la colonie Chinoise et leurs troupeaux depuis les plaines de Sennaar , jusqu'aux extrémités orientales de l'Asie , et encore par quels chemins ? à travers des solitudes affreuses et des climats devenus presque inaccessibles , après les ravages de l'inondation générale.
M. Freret , un des plus savans hommes de nos jours et 4es plus versés dansla comiaissance des tems , a senti toute 1^ forcç de celte objection, et se lest faite. 11 a bien vu
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que , pour la résoudre , il était nécessaire de percer plus qu'on ne l'avait fait encore dans les ténèbres de la chro-» nologie Chinoise. Il a eu le courage d'y entrer , et nous lui avons l'obligation d'y avoir jeté du jour par ses doctes recherches, n est prouvé maintenant, du moins autant qu'il est possible, que cette immense durée que les Chinois mo« demes assignent aux tems fabuleux de leur histoire , n^est que le résultat des périodes astronomiques inventées pour donner la conjonction des planètes dans certaines constellations. A l'égard des tems historiques, il est prouvé de même que les règnes d'/oo et de Chum , les deux fon-*dateurs de la monarchie Chinoise , ont fini seulement 199 1 ans avant l'ère chrétienne 5 que ces deux règnes ne font au plus que 1 56 ans , qu'ils ne peuvent par conséquent avoir commencé que vers l'an du monde 2 147^ plusieurs années après la vocation d'Abraham , et du tems même de l'expédition des Élamites dans le pays de Ghanaan , c'est-à-* dire bien après les établissemens des empires d'Egypte et de Ghaldée. Voilà donc la naissance des plus anciens peuples du monde ramenée et réduite à sa juste époque, l'histoire de Moyse confirmée, et le fait de la création évidem** ment établi , et par cela même l'existence de l'Etre suprê*me invinciblement démontrée.
Argument physique. Les animaux ne se perpétuent que par la voie de la génération; mais il faut nécessairement que les deux premiers de chaque espèce aient été produits ou par la rencontre fortuite des parties de la matière, ou par la volonté d'un être intelligent qui dispose la matière selon ses desseins.
Si la rencontre fortuite des parties! de la matière a pror*
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duit les premiers animaux , je demande paurquoi elle n'en produit plus ; et ce n'eAt que sur ce poiut que roule tout pkon raisonnement. On ne tro^vera pas d'abord grande difficulté à répondre , que lorsque la terre se forma , comme elle était remplie d'atomes vifs et agissans , imprégnée de là même matière subtile dont les astres venaient d'être formés, en un mot , jeune et vigoureuse , eUe put être assez féconde pour pousser hors d'elle-même toutes les différentes espèces d'animaux, et qu'après cette première production qui dépendait de tant de rencontres heureuses et singulières, sa fécondité a bien pu se peirdre et s'épuiser; que païf exemple on voit toUs les joiirs quelques ma* rais nouvellement desséchés, qui ont toute une autre force pour produire que cinquante ans après qu'ils ont été labourés. Maisje prétends que quand là terre^ selon ce qu'on suppose, a produit 1^ animaux,, elle a dû être dans le même état où elle est présentement. 11 est certain que la terre n'a pu produire les animaux que quand elle a été en état de les nourrir ; ou du moins il est certain que ceux qui ont été la première tige des espèces n'ont été produits par la terre que dans un tems où ils ont pu aussi bien être nourris* Or , afin que la terre nourrisse les atlitntf ux ^ il faut qu elle leur fournisse beaucoup d'herbes différentes; il faut qu'elle leur fournisse des eaux douces qu'ils puissent boirci; il &ut même que l'air ait un certain degfé de fluidité et de chaleur pour les aniniaux^ dont la vie a des l-àpports asses connus à toutes ces qualités*
Du momeM que l'on me donne la terre couverte de toutes les espèces d'herbes nécessaires pour la subsistance des animaux , arrosée de fontaines et de rivières propres ^ étancher leur soif ^ environnée d'tai air respirable poiu
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eux; on me la donne dans l'état où nous la voyons ; car ces trois choses seulement en entraînent une infinitë d'autres, avec les^juelies elles ont des liaisons et des enehaine* meus. Un brin d'herbe ne peut crohre qu'il ne soit de con< cert y pour ainsi dire , avec le reste de la nature. U faut de certains sucs dans la terre; un certain mouvement dans ces sucs, ni trop fort, ni trop lent; un certain soleil pour imprimer ce mouvement ; un certain milieu par où ce soleil agisse. Voyez combien de rapports, quoiqu'on ne lea marque pas tons» L'air n'a pu avoir les qualités dont il contribue à la vie des animaux, qu'il n'ait eu en lui à peu près le même mélange et de matières subtiles, et de va* peurs grossières ; et que oe qui cause sa pesanteur , qua-r Uté aussi nécessaire qu'aucune autre pur rapport aux ani-r laaux, et nécessaire dans un certain degré , n'ait eu la. même action. Il est clair que cela nous mènerait encore, loin , d'^alité en égalité : surtout les fontaines et les ri-^ vières dont les animaux n'ont pu se 'passer , n'ayant cer-^ tâinement d'autre origine que les pluies , les animaux n'ont pu nattre qu'après qu'il a tombé des pluies, c'est*à<»direun tems considérable après la formation de la terre ^ et par " conséquent lorsqu'elle a été en état de consistance , et que ce chaos ^ à la faveur duquel on veut tirer les animaux du néant , a été entièrement fini.
Il est vrai que les marais nouvellement desséchés pn>dnisent plus que quelque tems après qu'ils l'ont été ; nutia^ enfin ils produisent toujours un peu » et il sufiirait que la terre en ùt autant ; d'aiBeurs le plus de fécondité qui est dans lés inarais nouvellement dessécha, vient d'une plua grande quantité de séh qu'ils avaient amassés par les pluies ou par le mouvement de l'air^ et qu'ils avaient consçrv^«
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tandis qu'on ne les employait à rien : mais la terre a toa« jours la même quantité de corpuscules ou d'atomes propres à former dès animaux, et la fécondité, loin de se* perdre, ne doit aucunement diminuer. De quoi se forme un animal? d'une infinité de corpuscules qui étaient épars dans les herbes qu il a mangées, dans les eaux qu'il a bues, dans l'air qu'il a respiré; c'est un composé dont les parties sont venues se rassembler de mitte endroits différens de notre monde; ces atomes circulent sans cesse, ils forment tantôt une plante, tantôt un animal; et après avoir formé Pun, ils ne sont pas moins propres à former l'autre. Ce ne sont donc pas des atomes d'une nature particulière qui produisent les animaux ; ce n'est qu'une matière indi£Férente dont toutes choses se forment successivement , et dont il est très-clair que la quantité ne diminue point, puisqu'elle fournit toujours également à tout. Les atomes , dont on prétend que la rencontre fortuite produisit au commencement du monde les premiers animaux, sont contenus dans cette même matière^ qui Êiit toutes les générations de notre monde; car quand ces premiers animaux furent morts , les machines de leurs corps se désassemblèrent , et se résolurent en parcelles qui se dispersèrent dans les eaux et dans l'air; ainsi nous avons encore aujourd'hui ces atomes précieux, dont se durent former tant de machines surprenantes ; nous les avons en la même quantité aussi propres que jamais à former de ces machines ; ils en forment encore tous les jours par la voie de la nourriture y toutes choses sont dans le même état que quand ils vinrent à en former par une rencontre fortuite ; à quoi tient-il que par de pareilles rencontres ils n'en forment encore quelquefois ?
Hm L'âfrCTCLOPÉOIE. î2o5
TotU les atiimanx , ceux même qu'on avait soupçonne Venir ou de pourritore, ou de poussière humide et ëchaut fée, ne viennent que de semences que l'on n'avait pas aperçues. On a découvert que les macreuses se forment d'œufs que cette espèce d'oiseaux fait dans les lies désertes du septentrion : et jamais il ne s'engendra de vers sur la viande où les mouches n'ont pu laisser de leurs œu&. Il en est de même de tous les autres animaux que Ton croit qui naissent hors de la voie de la génération. Toutes les expériences modernes conspirent k nous désabuser de cette ancienne erreur ; et je me tiens sûr que dans peu de' tenu il n y restera plus le moindre sujet de doute*
Mais en dût-il rester, y eût-il des animaux qui vinssent hors de la voie de génération, le raisonnement que j'ai fait n'en deviendrait que plus fort. Ou ces animaux ne naissent jamais que par cette voie de rencontre fortuite ^ ou ils naissent et par cette voie, et par celle de génération : s'ils naissent toujours par la voie de rencontre fortuite , pourquoi se trouve-t-il toujours dans la matière une disposition qui ne les fait naître que de la même manière dont ils sont nés au commencement du monde; et pourquoi , à l'égard de tous les autres animaux que l'on suppose qui soient nés d'abord de cette manière^là, toutes les dispositions de la matière sont-elles si changées qu'ils ne naissent jamais que d'une manière différente? S'ils naissent et par cette voie de rencontre fortuite , et par celle de génération $ pourquoi toutes les autres espèces d'animaux n'ont-elles pas retenu cette double manière de naître? Pourquoi celle qui était la plus naturelle» la seule conforme à la première origine des animaux, s'est-elle perdue dans pres^ que .toutes les espèces ?
jïo6 fesi'iitr
Une autre ireflexîon c[ai fortifie la première, cest qu'il n'eut pas suffi que la terre n'eût produit les animaux que quand elle était dans une certaine disposition où elle n'est plus. ¥lle eut du aussi ne les produire que dans un ëtat oà ils eussent pu se nourrir de ce qu'elle leur offrait ; elle eut dû, par exemple, ne produire le premier homme qu'à liage d^uD an ou deux, où il eût pu satisfaire, quoiqu'ayec peine, à ses besoins, et se secourir lui-même. Dans ia faiblesse où nous voyons un enfant nouveau-në^ en vain on le mettrait au milieu de la prairie la mieux couvert f dlierbes , auprès des meilleures eaux du monde , il est indubitable qu'il ne vivrait pas long-tems. Mais comment les lois du mouvement produiraient-elles d'abord un enfimt à l'âge d'un an ou de deux ? Gomment le {produiraientelles même dans l'état où il est présentement^ lorsqu'il vient au monde? Nous voyons qu'elles n'amènent rien que par degrés, et qu'il ny a point d'ouvrages de la nature qui , depuis les commencemens les plus faibles et les plus éloignés , ne soient conduits lentement par une infinité de cfaangemens tous nécessaires, jusqu'à leur dernière perfection, n eût fallu que l'homme qui eût dû être formé par le concours aveugle de quelques parties de la matière, eut commencé par cet atome , où la vie ne se remarque qu'au mouvement presque insensible d'un point ; et je ne crois pas qu'il y ait d'imagination assez fausse pour concevoir d'où cet atome vivant, jeté au hasard sur la tenre, aura pu tirer, du sang ou du chyle tout formé, la seule nourriture qui lui convienne, ni comment il aura pu croître, exposé à toutes les injures de l'air. Il y a là une difficulté qui deviendra toujours plus grande ; plus elle sera approfondie , et plus ce sera un habile physicien qui l'approfondira. La
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rencontre fortuite des atomes n'a donc pu produire les animaux ; il a fallu que ces ouvrages soient partis de la main d'un être inteUigont, c'est-A'dire de Dieu même -, les cieux et les astres sont des objets plus ëclatans pour les yeux : ^naîs ils n'ont peut^tre pas pour la raison des marques plus sûres de l'action de leur auteur. Les plus grands ouvrages ne sont pas toujoun ceux qui pariott Is plus de leur ouvrier. Que je voie une montagne «planie, je ne sais si cela s'ost fait p» l'ordre d'un prince eu par uq tTCTiblement de terre; mais je serai assure que c'est par l'ordre d'«n prince , si je vois sur une petite oc4onne une inscription de deiu l^nes. Il me paraît que ce sont les animaux qui portent, pow ainsi dite, l'inscription la plus nette , et qoi'nous apprennent le mieu« qu'il y a un DieU auteur de l'nnîvers. Celte démonstration, dont on peut vanter avec raison la force et la solidité est de Fontmcdle, IS l'avons déjà dit.
M. FOHM&Y.
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