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anciens. Aristote Icn réduit tontes i quatre combinai» « n faut , dit-il 9 que le crime s^achère ou ne ii'acl pa9, et que aJui qui le commet ou ra le commet! agisse sans connaissance, et de propos délibéré* i» déjà dit qu^il donne la préférence , tantôt k celle de combinaisons où la connaissance du crime que Yot commettre empêche qu'il ne s'exécute, tantôt a cdlc le crime n'est reconnu qu'aprëf qu'il est exécuté. La Té est que le crime connu avant d'iHre commis, et le cri commis arant d^être connu , sont deux actions très-l chantes; mais celle-ci réserve le fort de Tintérèt pou dénoument', comme dans V Œdipe ; l'autre Tépuise av la révolution , comme dans Xlphiginie en Tauride. crime commis avant d'être connu, rend la catastro| terrible, et remplit l'objet du système ancien. Le cri connu avant d'être commis , rend la solution du no consolante, et convient mieux au système moderne* fatalité manque son effet , si le crime n'est pas consono la passion a produit le sien, dès qu'elle a conduit lliom au bord du précipice.
Un genre de fable qn' Aristote semblait avoir banni théâtre , et que Corneille a réclamé, est celle où le crii entrepris avec connaissance de cause ne s'achève p « Cette manière, dit le philosophe grec, est très-^m Taise; car, outre que cela est horrible et scélérat, il n'i rien de tragique , parce que la fin n'a rien de touchant Cest ainsi qu'il devait raisonner, penoàâé cosBsae Tétait y qde le pathétiq résidait dans la catastroph aussi ajoute-t-il que, ces occasions, il Tant tnîa
que le crime s'exécute coi ne celui de Médée , et c'esl ce genre de fable qu'il le le troisième rang. Conietll
DE l'encyclopédie. ni
an contraire , avait en vue les mouvemens que doît exciter
k pathétique intérieur de la fable jusqu'au moment de la
solution ; et c'est par là qu^il s'est décidé, « Lorsqu'on
agit , dît-il , avec une entière connaissance , le combat des
passions contre la nature, et du devoir contre l'amour,
occupe la meilleure partie du poè'me ^ et de là naissent
les grandes et les fortes émotions. » Il convient donc
qu'on crime résolu, prêt à se commettre, et qui n'est
empêché que par un changement de volonté , fait un dé-
QOÛment vicieux ; mais si celui qui l'a entrepris fait ce
ju'il peut pour l'achever , et si l'obstacle qui l'arrête vient
i'une cause étrangère, « il est hors de doute , poursuit
Corneille, que cela fait une tragédie d'un genre peut-être
plus sublime que les trois qu'Âristote avoue. »
Aristote et Corneille ont été conséquens. L'un se proposait de laisser la terreur et la pitié dans l'âme des spectateurs après le dénoûment ; il devait donc souhaiter que le crime fût consommé. L'autre se proposait d'exciter ces deux passions durant le cours du spectacle, peu en peine de ce qui en résulterait quand tout serait fini , et que miusion aurait cessé ; or tant que l'innocence et la vertu sont en péril , et que l'on croit voir approcher l'instant «ù elles vont succomber, on s'atrendrit, on frémit pour elles, et plus le danger est pressant , plus la crainte et la pitié redoublent : de là les grands mouvemens du cinquième acte de Rodogune ^ qu'il s'agissait de justifier.
A l'égard du crime empêché par un changement de lésolntion dans celui qui allait le commettre avec connaissance de cause, il y en a des exemples sur notre théâtre, concune dans Y Orphelin de la Chiney et, pourvu que faction préméditée ne soit pas atroce , ces dénoûmens
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ont leur lieautr. Il arrive inrnie simvcnt qncractioii tra« giqucy sans Êlrc un crime, ne laisse pas tl*ctrc funeste; comme serait la ven{;cancc crAuf^usle dans Cinna , et celle <lc (jusniaii dans Atzire , dont le dt'nouemeut n'est autre chose qu un clian^^cmenl de volonlr.
Ainsi , le sy.stcnie des passions admet toutes les fornics de fables, excepte celle dont rcvrnement est favorable nu crime; et encore Ta-t-on fioulluTtc quand le dénouement donnr par riiiïtoin! nu pu c-lre changé, couime dans liriUttinivus et C- ns JSluhomvi. Mais la grande dif" ficnltc est dans la disposition intérieure de la fable; et ])0ur la rendre irnnide en incidrns, en révolutions |)athéliqiit's, le vrai moyen est d'y réunir Timporlance du Aujttt , la force et It* contraste des caractères, et la chaleur des senti mens et des intérêts opposés. 'l'ont le reste naît de fioi-nu^nie) et dans une Table ainsi constituée , on verra les situations, les scènes vives et pressantes , se succéder \ sans peine el sans relâche, et se pousser comme les ilolsi au lieu (pie t si 1rs intérêts n'ont rien de passionné , comiM dans SerloriitH ^ si les caractères opposés nu caractère priQ" | cipal sont né^igésy comme dans ^Irianc j si tout est&i" ' ble, et le sujet, et les caractères, et les sentimens, comme , dans liérvniccj le ti.ssu de Taction se ressentira de cette faiblesse , el toute Féloquence du poète sera insudUante pour en remplir les vides el en ranimer la langueur.
L'on sent bien (juctle est la faiblesse du sujet de Serîo^ 1 riuH^ et ([U avec toute son importance il n'a rien de pas^ ; sionné. Mais pourquoi le sujet de Bérénice est-il pinif faible que celui XAr'uuie , que celui Xltièn , que celui dtf ^ /)/(/o/}?n est-ce pas le même problème, la même aller* ^ I ive? Non : la simple maladie de lamour u*cst point -
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tragique; il faut, ai je l'ose dire, qu'elle soit compliquée. Le malbeur de Bérénice n'est que la peine légitime d'un amour imprudent; or, c'est l'indignité du malheur qui le rend pathétique. Titus , en renvoyant Bérénice , n'est qu'un homme sage ^ qui cède à sa gloire et à son devoir ; Thésée est un perfide , Enée est un ingrat , Phèdre serait un monstre. Qu'une femme se plaigne, comme Bérénice, qu'on ne la préfère pas à l'empire du monde , sa douleur touche faiblement : mais qu^une femme se plaigne d^ètre trahie , déshonorée , abandonnée par un amant à qui elle a tout sacrifié , pour qui elle a tout fait , comme Ariane et Didon ; il n'est personne qui ne ressente les déchiremens de son cœur : Ils sont encore plus douloureux , si elle est épouse et mère comme Inès. Ce n'est plus l'amour seul, c'est tout ce qu'il y a de plus cher et de plus saint dans la nature , qui est compromis dans ces sujets , l'honneur , la bonne foi, la reconnaissance, et dans Inès les nœuds de l'hymen et du sang. Ainsi, tous les poisons de la perfidie, de l'ingratitude et de la honte , versés dans les plaies ' de l'amour , les enveniment ; et c'est là ce qui le rend tra-
pque.
On verra mieux , dans V article Action , ce que j'entends par la force du sujet. Quant à celle des caractères , elle consiste dans l'énergie et la chaleur des senlimens, si le personnage est en action , et dans la fermeté de Fâme , lorsqu'il ne fait q^e résistance. Dans un roi , dans un père, une froide rigueur, une autorité inflexible, une vertu inexorable, suffisent pour rendre malheureux deux jeunes cœurs passionnés. Mais, soit du côté de l'action, soit du côté de l'obstacle , soit dans le choc de deux mouvemens opposés, chacun des caractères, dans sa situation, doit