‹ Esprit de l'encycloped́ie, ou recueil des articles les plus curieux et les plus interessans de l'encycloped́ie en ce qui concerne l'histoire, la morale, la literature et la philosophieChapitre 18 sur 62 · TRIOMPHE · texte numérisé non relu

TRIOMPHE

Triomi'IIR. ( IJùiL rom, ) Cérémonie et honneur < traorditiaire accordés par le sénat de JWimeet quelqud par le peuple , pour récom[>etiser un général qui par actioiM et ses victoires avait bien mérité di; la patrie*

Homulus et ses successi;urs furent pn;si|ue toujonn guerre avec leurs voisins, |iour avoir di^ citoyens, i femmes et des terres. Ils revenaient dans la ville ê!¥U dépouilles des |>euples vaincus : cVlaicnt des geriMH

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blé et des troupeaux , objets d'une grande, joie. Voilà rorigine des triomphes qui furent dans la suite la princi-*. pale cause des grandeurs où parvint la ville de Rome.

Le mot triomphe tire son origine de âp{(xiiJSoç 9 qui est an des noms de Bacchus, conquérant des Indes. Il fut le premier qui, dans la Grèce, selon l'opinion commune , institua cette réception magnifique qu'on faisait à ceux qui avaient remporté de grands avantages sur les ennemis. Les acclamations du soldat et du peuple qui criaient après le vainqueur : io triumphe , ont çlonné naissance au mot iriumphiis, et étaient imitées de io triambe Sacche , XfOLOn chantait au triomphe de Bacchus.

Tant que Tancienne discipline de la république subâsta , aucun général ne pouvait prétendre au triomphe^ qu'il n'eût éloigné les limites de l'empire pa^r ses conquêtes, et qu'il n'eût tué au moins cinq mille ennemis dans une bataille , sans aucune perte considérable de ses propres soldats; cela était expressément porté par une ancienne loi , en conGrmation de laquelle il fut encore ttabli par une seconde ordonnance, qui décernait une peine contre tout général qui , prétendant au triomphe , ;X>serait donner une liste fausse du nombre des morts, tant dansVarmée ennemie , que dans la sienne propre.

Cette même loi les obligeait , avant que d'entrer dans : Rome , de prêter serment devant les questeurs , que les ' listes qu'ils avaient envoyées au sénat étaient véritables. Mais ces lois furent long-tems négligées, et traitées de 'Weilleries et comme hors d'usage. Alors l'honneur du [ triomphe fut accordé à l'intrigue et à la faction de tout \ général de quelque crédit, qui avait obtenu quelque petit avantage contre des pirates ou des bandits , ou qui avait

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rcpcnissu les incursions de ({ucl({ues barbares sauvages qm s'étaient jetés sur les provinœs i;loigndes de Tcmpire*

C'était une loi dans la république de Rome, qu'un gc« lierai victorieux et qui demandait le t/lomphe » ne défait point entrer dans la ville avant que de l'avoir obtenu.

Il fallait encore , pour obtenir le triomphe^ que le général eût les auspices , c est-à-dire , qu'il fût revêtu d ane charge (|ui donnât droit d'au.spiee ; et il fallait aussi que la guerre fût b'gitiine et étrangère* On ne triomphait ja* mais lorsqu'il s'ugissait d'une guerre civile*

Le général qui avait battu les ennemis dans un combat naval, avait les honneurs du triomphe naval. Ce fut C« Duillius qui les eut le premier , Tan 44(), après avoir dé* fait les Carthaginois : car c'est à peu près dans ce tems la que les llomains mirent une flotte en mer pour la pre^ mière fois. L'honneur que l'on fit à Uuillius fut d'élever i sa gloire une colonne rostrale, roslraiaj parce qu'où y avait attaché les proues des vaisseaux : on en voit encore aujourd'hui une inscription dans le capitolc.

Comme ]>our triompher, il fallait être général en cbef^ lors([u'il n'y eut plus d'autre général en chef que l'empe* rcur, les triomphes lui devaient tUre réservés* Cependant comme le dit très-bien M. l'abbé de La Blettcrie^ Attfl guste, en habile politique, accoutumé à tout attendre éfe à tout obtenir du tems, ne se hâta point de tirer oetl0 conséquence* Au contraire, il prodigua d'abord le triom* plie , et le ut décerner à plus de trente personnes* Mai0 enCn, Tan de Home 74o, Agrippa, soit par modestie^ soit pour entrer dans les vues d'Auguste , qu'il secondfi toujours d'aussi bonne foi que s'il eût approuvé la noi^ velle forme du gouvernement 5 Agrippa , dis-)c , ayaat

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remis sur le trône Polëmon , roi de la Chersonèse tauri^ que , n'ëcriyit point au sénat ^ et refusa le triomphe.

L'exemple d'Agrippa, gendre d'Auguste, et son collègue dans la puissance tribunitienne , eut force de loi ^ on sentit que l'on faisait sa cour au prince en s'excluant soi-même de cet Honneur ; et les bonnes grâces d'Auguste valaient mieux que les triomphes. Ceux qui comman-^ daient les troupes , quelques victoires qu'ils eussent remportées , n'adressèrent plus de lettres au sénat, et par là , sans exclusion formelle , le triomphe devint un privilège des empereurs et des princes de la maison impériale.

En privant les particuliers de la pompe du triomphe » on continua de leur accorder les distinctions qui , de tout tems, en avaient été la suite, c'est-à-dire, le droit de porter la robe triomphale à certains jours et dans certaines cérémonies ; une statue qui les représentait avec cet habillement , et couronné de lauriers ; enfin , quelques autres prérogatives moins connues^ qui sont renfermées dans ces paroles de Tacite : Et quidquid pro triumpho datur.

Auguste , pour faire valoir et pour ennoblir cette espèce de dédommagement dont il était l'inventeur , voulut i. qoe Tibère , quoique devenu son gendre après la mort d'Agrippa , se contentât des omemens ^triomphaux , au lieu du triomphe que le sénat lui avait décerné : ce ne fut qae long - tems après , et pour d'autres victoires , qu'il loi permit de triompher.

Le dernier des citoyens qui soit entré dans Rome en triomphe , est Cornélius Baibus , proconsul d'Afrique , neveu de ce Cornélius Baibus, connu dans l'histoire par les liaisons avec Pompée , Cicéf on et Jules César. Baibus , le neveu, triompha l'an de Rome 735 , pour avoir vaincu

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