‹ Esprit de l'encycloped́ie, ou recueil des articles les plus curieux et les plus interessans de l'encycloped́ie en ce qui concerne l'histoire, la morale, la literature et la philosophieChapitre 21 sur 62 · Tome xv · texte numérisé non relu

Tome xv

^r,2 CftPllIT

kullrai^cs (le ia r4'|>iililir|iic! : il ne pmivnit cunstmlir (icr ta puissance , mais il aumil dfîsin: <{u*nri la lu ciilrc l<» mains : il voulait iliv Iioniicurs qui le ilist ficot de tous les capiljiiiiv* de son teins.

Modéré eu tout le reste, îl uc [Mjuv.iil souCTri gloire aucune comiMrnison : toute égalité le blus; il eût voulu , ee sundili- , ôlrc le seul généxal de I. Iiliquc, quand il devait se eunlenler d'être le p Cette jalousie du cunimaudeiiieitl lui attira un nombre d'ennemis , dont César, dunsla suite, fut dntigcreux et li: plus redoutable : l'un ne voulu d'é'gul , comme nous venons île din: , et l'autre ne | soulFrir de supérieur, (^tle etJiiriirrencc nmb dans les deux preniicrs bonuncs de l'univers, c révolutions dont nous allons iiiditjuer l'origine cl ces, à la suite du portrait de César.

Caractère ite C^aar. 11 éUiit né de l'illustre fam Jules, (|ui, eumine toutes les grandes mnisons, cliînière , en se vantant du tirer son origine d'An< de Vénus. C'était Tbonime de son tems le mici adroit ù toutes sorirs d'exercices, infatigable au plein de valeur , i-l d'un courage élevé , vaste dans . seins, magniiiquc dans sa dépense, et libéral jnt profusion; la nature, qui semblait l'avoir fait naît commander su reste des Lommes , lui avait dooi» d'empire, et de la dignité dans ses mulièrea ; msti o gnmdeorëUittempërëpsr UâoucearBt UCsdlit mfxnn. Son ûoq^eata iusinuanic et invincible él eore plus aUa«hfe aux ekaiTm^ de sa personne forée de ses raisoru, Oux qui élaii^ut n^w.^ durs g aister k l'impltusiOH t^tm fjyp'^jat fautttt'aÙHable

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n'ikhappaitnt poiat à ses bienfaits ; et il commetiça par gagnet les ccciirs, comme le fondement le plus solide de la domination à laquelle il aspirait. ■

Ne simple citoyen d'une république, il forma, dans une condition pcivfe , le projet d'asservir sa pairie. La grandeur et les pfîrils d'une pareille entreprise ne IVpouvantèrent point : il ne trouva rien au-dessus de son ambition , que IV'tendue immense de ses vues. Les exemples récens de Marius et de Sylla , lui firent comprendre qu'il n'était pas impossible de s'dlever à la souveraine puissance $ mais sage jusques dans ses dësirs îmmod^és, il distribua en différens tems l'exécution de ses desseins. Doué d'un esprit toujours juste, malgré son étendue, il n'alla que par degrés au projet de la domination; et quelque éclatantes qu'aient été depuis ses victoires, elles ne doivent passer pour de grandes actions, que parce qu'elles furent toujours la suite et l'effet de grands desseins.

A peiue Sylla fut-il mort, que César se jeta dans les affaires; il y porta toute son ambition. Sa naissance, une" jes plus illustres de la république , devait l'attacher au parti du sûnat et de la noblesse ; mais neveu de Marius , et gendre de Cinna , il se déclara pour leur faction , quoiquMle eût été comme dissipée depuis la dictature de CâylU. n entreprit de relever ce parti , qui était celui du mple , et il se flatta d'en devenir bientôt le clief , au lieu ■îaîfÛ lui aurait fallu plier sous l'autorité de Pompée, qui aalt à la tôte du sénat.

SyUa avait fait abattre, pendant sa dictature , les trois de Marius ; César n'était encore qu'édile , qu'il Gt e aecr^-tcmcut , par d'excellens artistes, la statue de é pa^ les lins de la Victoire. Il y ajouta

l64 IvSPIUT

des inscriptions à sou lioiinrur, f|ui ral.salcnl mention de la dclallc des ClmbriNS, et îl (it pincer de nuit ers nouveaux trophées dans le (lapitole. Tout le ])enp1e accourut en foule le matin pour voir ce nouveau spectacle. Les partisans de Sylla se rrerirrent contre une entreprise si hardie; on ne douta point (pie César n'en iïit Tau tcur. Ses ennemis publiaient (ju'il aspirait à la tyrannie, et <pi*on devait punir un homme qui osait, de son autorité privée, relever des troplitres qu'un souverain magistrat avait fait abattre. INIais le peuple , dont Marins s'était déclaré protecteur, donnait de grandes louanges ù César, et disait qu'il était le setd qui, par son courage, méritât de succéder aux dijçiiités de Marins. Aussi, les principaux de chaque tribu ne Hirent pas long-tems sans lui donner des preuves de leur dévouement à ses inlérels.

Après la mort du grand pontife Métellus, îl obtînt cet emploi , passii avec facilité à la préture, et en sortant de celte charge, le peuple lui déféra le gouvernement de riispaîçne.

César, en possession de ce gouvernement, porta la guerre dans la (lalice et dans la Lusitanie, ([u'il soumit à renq)ire romain ; mais , dans cette eoncpiête, il ne négligea pas ses intérêts particulicTs. Il s'empara, par des contributions viohîiites , de tout l'or et l'argent de ces pr<^ vinces, et il revint à Rome chargé de richesses, dont il se servit pour se faire de nouvelles créatures, par des libéralités continuelles : sa maison Icîur était ouverte en tout tems; rien ne leur était caché que son cœur, toujours impénétrable , même à ses plus cliers amis.

On ne doutiit point qu'il ne se fût mis à la tôte de la conjuration de Catihna , si elle eût réussi ; et ce fameux

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rebelfe , qui croyait ne travailler que pour sa propre grandeur , se fût vu enlever le fruit de son crime , par un homme plus autorisé que lui dans son propre parti , et qui avait l'adresse de ne lui laisser que le péril de l'exécution* Cependant le mauvais succès de cette entreprise et le souvenir de la mort des Gracques , assassinés aux yeux de la multitude qui les adorait^ lui firent comprendre que la faveur seule du peuple ne suffisait pas pour le succès de ses affaires; et il jugea bien qu'il ne s'élèverait jamais jusqu'à la souveraine puissance , sans le commandement des armées, et sans avoir un parti dans le sénat. Formation dupremier triumvirat. Ce corps si auguste était alors partagé entre Pompée et Crassus, ennemis et rivaux dans le gouvernement ; l'un le plus puissant , et l'autre le plus riche de Rome. La république tirait au moins cet avantage de leur division , qu'en partageant le sénat 9 elle tenait leur puissance en équilibre et mainte- Bait la liberté. César résolut de s'unir tantôt avec l'un y tantôt avec l'autre , et d'emprunter , pour ainsi dire , leur crédit de tems en tems , dans la vue de s'en servir pour parrenir plus aisément au consulat et au commandement' des armées. Mais comme il ne pouvait ménager en même tems l'amitié de deux ennemi» déclarés , il ne songea d'abord qu'à les réconcilier. Il y réussit^ et lui seul tira toute Futilité d'une réconciliation si pernicieuse à la liberté publique. Il sut persuader à Pompée et à Crassus de lui confier, comme en dépôt , le consulat, qu'il n'aurait pas vu tans jalousie passer entre les mains de leurs partisans. H fut [du consul avec Calphuruius Bibulus , par le concours des deux (actions. Il eu gagna secrètement les principaux, dont 3 forma un troisième parti ^ qui opprima dans la suite

rf'llX-riiAfrif'»r|iii.iViii«'iit h* plus rfiiilriliiif' .1 Htm l'Irvalioii. Hfiriic m: vit .ilfiricii |it'iiii;.'i r.ifiiliilioii ilr Iroii lioiiiiiii:., f|ili par le ri'rilit fli- l<riiiii.i«'tif»in n-iiiiic» flii|io>»f-rirrilMiU- V(*r;iiiiciiiriit ilr-t f|i^;iiilrt ri ilf.i 4-fii|iliii^ di: |.i r('|iiililii|iu;. (ira*iHii.*t, loiijdiirH .'ivarcr, (;l lnj|iii(:lir pour un jmrticulirry hriri('/'.'iit moi m ;i {',rri%*iir .son |i;irtî «|uVi .'iijt.iAftirr dt: nouvi'lli:>» ri(;li<-«i'.(ri. Poiii|M-r, rofit«'fil flrt iii;in|ur*s vn\vr'u:iui'A fir rv'\\ivrX ri dr vf'o'jMtiori «|iir lui iiltimii IVclal ilc m^ vidoin-H, jouiikviil i\itin une rii'.ivr1«' ilnuyr.rv.UM: tli: Mm iTrilil cl fie *i:i r«'|iulalioii. .M.iit driiir, jihi^ lial)i!(M:l|iliii f-a«:li<' (|U(r tout K"i rlnix , j<:l.iil lounlrniMil li!fi roiifli:iii<:UA fit: HA jiroprr {'^randirur %ur If Irop dr: fi^curilc: cl«; Tun cl dcTauln:. Il ii'ouliliail rien pour f:nln:lf:iiir leur coilfiniicr, prndaul «piVi l'orri: di: |)rr'f!n't, il t.H'.liaîi t\i* ^gficr knifti!jialruri ipji lf:ur ûinivnl \t:H plus dévou^N» Iaî% uitlU (k* l'omp«'(: «idrClra'tHU'» dcviurrnl, nau^ M*n H|K?n:nvoiry iii« nratiim de (ItSar. Pour «Hrc avciti de loulci; #pj| m* ^mr .'lail dam leurA nialtotiH, il ■i«:duiiil ju^piVi IrurHidi'niricliif, rpji ih: purcnl ré.ki'tler .1 «ii-i ld)f'ralih-i. Il employa wiiln; l'ompre eu parlir.ulier , le.i ioree» ipi'il lui avait dotiti<:f:K el fieA arlifieo iiiénH*; il tiouMa la ville |iar m-h éuiiviuîn». cl V! M-ndit maître tU-t l'ieeliofr»; ronsulM , pirteuri, Irîl)Un*i iurenl aelieli-'» au prix ipriTt iniienl eux-même».

l'itant Cfiinul, il (il parta;;4 r le-i Letret de la CjamjMlli^ eulievinf^l luilli: lauiilh"» rouiaitirr'i. il<: iurenl daui la MUÎU autant de f:lii*n'>, i|ue leur inlérél en^'a^^ea à niainlirnir tijl^ c;<* (pli r)V:lail (ail pendant. ion e.on*iidat. Pour prévenir O fpie M'u nuefu:'»'»! uift datr» «elfi- di/;fiilr pourraient cnlfc^ prendre eonUe la di".|>o'âtion «li: eelte loi , il en (it imMClUie r»ec:onde, (|ui oldi^'ieail le /lénal entier, et louft CCI9> <pii parviendruient 4 (|U(;l<pic ina{;ifttrulure , de liiire ftCtr

^^Hr.ji^>...-H' J9

ment de ne jamais rien proposer au prdjudice de ce qni a?ait été arrêté dans les assemblées du peuple pendant son consulat. Ce fut par cette habile précaution qu'il sut rendre les foudemens de sa fortune si sûrs et si durables , que dix années d'absence, les tentatives des bons citoyens, étions les mauvais offices de ses envieux et de ses ennemis ne la purent jamais ébranler.

Cimentation de ce triumvirat. Mais comme il craignait toujours que Pompée ne lui échappât, et qu'il ne fût re-* gagné par le parti des républicains zélés, il lui donna sa fille Julie en mariage , conmie un nouveau gage de leur union. Pompée donna la sienne à Servilius, et César épousa Calpumie , fîUe de Pison , qu'il fit désigner consul pour l'année suivante. II prit en même tems le gouvernement ^ Gaules , avec celui de l'Illyrie, pour cinq ans. On déeerna depuis celui de la Syrie à Crassus, qui le demandait dans respérance d'y acquérir de nouvelles richesses ; en quoi il réussit , car il doubla les trente millions qu'il possédait. Pompée obtint l'une et l'autre Espagne, qu'il gouverna toujours par ses lieutenans , pour ne pas quitter les délices de Rome.

Os firent comprendre ces différentes dispositions dans k même décret qui autorisait le partage des terres , afin d^en intéresser les propriétaires à la conservation de leur propre autorité. Ces trois hommes partagèrent ainsi le monde entier. Voilà la ligue qu ou nomnia le premier trkumfiratf dont l'union , quoique momentanée , perdit ia république* Rome se trouvait en ce malheureux état , ^'eHe était moins accablée par les guerres civiles que par la paix , qui réunissant les vues et les intérêts des principaux^ ne faisait plus quunc tyrannie.

I/u8U[;r donnai L un ^ouvrrncnicnl aux consuls à l'issiK' <lu consulat , ri Cii-sar, tlv i!onc(Tl avec Ponspre et Cr»s> eus, sVtail luit (h'IrrcT celui de la (îaule (jisal|)ini.*, (|uî nVlail pas ('loi^néc de Honicf. Valinus, triliun du peuple, i:t créature de (îésar, y (il ajouter celui de Tillyric , avec la (jaule Transalpine, tM-sl-à-dire, la iVovence, une partie du Dauphiné et du Lant^uedoc, «pu: (^ésar souhaitait avec pas.sion , pour jiouvoir porter se.s armes plus loin, et que le sénat même lui accorda , parce (|u'il ne se sentait |)as assez puissant |)Our le lui refuser.

Il avait choisi le gouvernement de ces provinces comme un champ de hâtai Ile propre à lui faire un grand nom. Il envisagea la complète ('Utière des (jaides, comme uu ohjet digne de son courage et de sa valeur; et il se flatta c:n même tenis d'y amasser de grandes riehesscs , encore plus ni'cessaîn.'s pour soulc^nir son erédît à ilonie, ([uc pour fournir aux frais de la guerre, il partit pour In concpiele d(!s (îauhts, à la liHe de «pialre légions, et Pom[M!e lui en prêta depuis une autre, «pi'il détacha de Tannée qui était sous ses on Ires , en qualité de gouverneur de TEspagne et de la Lyhitr.

].e8guem^s deCé.sar, ses e.ond)ats, ses victoires ne sont ignorés de personne. On sait (|U*eii moins de dix ans, il triompha des llelvétiens et l(;s forea de se renfermer dans leurs montagnes; ((u'Il alta(|ua etquil valnr|uit Arioviste» roi des (jcrmains, ampiel il Ht la guerre, quoique ce priuce eût éttî au nondux* des alliés de TMlat ; qu^il sou* mit depuis les Belges à ses lois ; qu'il conquit toutes les Gaules; et que les Romains, sous sa conduite, passèrent la mer y et arborèrent pour la première fois les aigles dans la Grande-Bretagne,

DE l'encyclopédie. 169

On prétend qu'il emporta de force , ou qu'il réduisit par la terreur de ses armes j huit cents villes ; qu'il subjugua trois cents peuples ou nations ; qu'il défit en difiérens combats trois millions d'hommes, dont il y en eut un million qui furent tués dans les batailles, et un autre million faits {Prisonniers; détail qui nous paraîtrait exagéré , s'il li'était rapporté sur la foi de Plutarque et des

I antres historiens romains.

Ambition et conduite de César. Il est certain que la "épublique n'avait point encore eu un plus grand capi- ||ûiie, si on examine sa conduite dans le commandement armées , sa rare valeur dans les combats , et sa modeition dans la victoire. Mais ces qualités étaient obscurpar une ambition démesurée et par une avidité insa- )le d'amasser de l'argent , qull regardait comme l'inslent le plus sûr pour faire réussir ses grands desseins. >ai8 qu'il fut arrivé dans les Gaules, tout fut vénal dans camp : charges, gouvernemens, guerres, alliances, il iqnait de tout. Il pilla les temples des Dieux et les rcs des alliés. Tout ce qui servait à augmenter sa puls- ^ce paraissait juste et honnête ; et Cicéron rapporte pi^ avait souvent dans la bouche ces mots d'Euripide : 'iS'Il Êiut violer le droit , il ne le faut violer que pour régler; mais^ dans des affaires de moindre conséquence, on t peut avoir trop d'égards pour la justice. » Le aënat, attentif sur sa conduite , voulait lui en faire lidre compte, et il envoya des commissaires jusques His les Gaules, pour informer des plaintes des alliés. Itou 9 au retour de ces commissaires , proposa de le lifer à Arioviste , comme un désaveu que la république «ait de Finjustice de ses armes, et pour détourner sur

1 70 I.SPJIIT

5a \&iv seule la vongcnnrr céleste <1e la foi violée. Mais recelât (le ses victoircfi, lairectioii du peuple, et Fargent (|u il savait répandre dans le sénat , tournèrent insensiblemeut les plaintes en éloges. On attribua ses l>r!ganâaga a des vues politiques ; on décerna des actions de grioa aux Dieux pour ses sacrilèges : et de grands crimes, co» ronncs de la réussite, passèrent pour de grandes vertOK César devait ses succès a sa raie valeur^ et à la passioi cpjc SQS soldats avaient pour lui : il en était adord ; ils k suivaient dans les plus grands périls avec une confiaM Lien honorable pour un général. Ceux qui, sous d'a«M capitaines, n'auraient comliattu que faiblement , inM traient sous ses ordres un courage invincible, et def0 naient par son exemple d autres Césars. 11 les avait atl^ elles a sa personne et à sa fortune , [Hir le soin infini (ji\ prenait de leur subsistance , et par des récompenses gnifiqucs. Il doubla leur solde, et le blé qu'on ne distribuait ({ue par rations réglées , leur fut donné mesure. 11 assigna aux vétérans des terres et des sions. Il semblait qu'il ne fut riuc le dépositaire richesses immenses qu'il accumulait tous les jours i qu'il ne les conservât que pour en faire le prix devaleur, et la récompense du mérite. 11 payait m&atf dettes de ses principaux officiers , et il laissait entrent ceux (jui étaient engagés pour des sommes ex f|U ils n'auraient jamais rien à craindre de la poursttilli leurs créanciers , tant qu'ils combattraient sous seigiies ; soldats et officiers^ chacun fondait l'espéram sa fortune sur la libéralité et la protection du généraL là les soldats de la rrpubli(|uc deviiu'eiil in&ensibl les soldats du César.

DE l'encyclopédie. I7I

Son attention n'était pas bornée à s'assurer seulement

cle son armée. Du fond des Gaules il portait ses vues sur

[la disposition des affaires, et jusque dans les comices et

fies assemblées du peuple; il ne s'y passait rien sans sa

participation. Son crédit influait jusque dans la plupart

des délibérations du sénat. Il avait dans l'un et l'autre

corps des amis puissans , et des créatures dévouées à SP3

intérêts. Il leur fournissait de l'argent en abondance, soit

payer leurs dettes , ou pour s'élever aux principales

;es de la république. C'était de cet argent qu'il ache-

ît leurs suffrages, et leur propre liberté. Emilius Paulus

'tUsoi consul, en tira neuf cent mille écus, seulement pour

■e s'opposer point à ses desseins , pendant son consulat.

CD donna encore davantage à Scribonius Curion , tri-

da peuple, homme factieux, habile, éloquent, qui

avait vendu sa foi , et qui pour le servir plus utile-

'teit, affectait de n'agir que pour l'intérêt du peuple.

Mixture de Pompée avec César. Pompée ouvrit enfin

jeux, et résolut de ruiner la fortune de César. La

ie du gouvernement , et une émulation réciproque

gloire, firent bientôt apercevoir qu'ils étaient en-

|liemisy quoiqu'ils conservassent encore toutes les appa*

ï^eiioes de leur ancienne liaison. Mais Crassus, qui par

Ion crii^t et ses richesses immenses , balançait l'autorité

de roQ et de l'autre , ayant été tué dans la guerre des

l^arthes, ils se virent en liberté de faire éclater leurs

lentimens. Enfin la mort de Julie , fille de César y qui

!|ftîva peu de tems après, acheva de rompre ce qui restait

de correspondance entre le beau-père et le gendre.

César demanda qu'on lui continuât son gouvernement , Comme on avait fait à Pompée , ou qu'il lui fût permis ,

I7'i rsiMUT

naii/i ^lic (Lirts Komr, di; |Mmr»iiivn,' l<: coiisulul. Il ajouta flaiih Ifi ini^tiji' l( ttrc (|uc: .*ii iNiiii|)t'c prcHciidiiit nttcnir le eofiiii»ari(l(:rtieril , il .saiiruil bien hc. iimitiieiiir de «un cAU h lu UMr <lc M>ii arriuV*; (*i qucii <:o dut, îl serait daru peu lie jour» A Iloine pour y venger hc» propres injure» , ci «MïlIeM (|U^)ll faisait à la patrie, (a:h dernières |Mirolcs rcmp plies de menaces, parurent au sénat une vraie déclaratioa de guerre. Lueian Doniitius Jfut nommé sur-lc-cliamp', pour son suiresMMir , (;t on lui donna qualre mille hommes de li'oupes, pour aller prendre |K)SHeMsion de sou gouvernenirnt ; mais ('ésar dont les vueti et Taclivité étaient ineoniparahles , avait déjà prévenu ee décret, |mr la har«* diesse et la promptitude de sa marche.

('cnar iiHuriHi Li tyrannie par len arnw/t, Im mùmf, frayeur «pi^Ânnihai porta dans Itome aprcss lu hutuilL* de Guuics, César ïy répandit lor&tpi^il passti le UubicoOt| Pompée éperdu ne vil, dès les premiers niomcus de U^ guerre, de parti ik prendre que relui ({ui reste dans lei^ iiilttires désespérées : il ne sut i\uv itéder et fuir ; il sortit^ de ilome et y laissa le trésor publie ; il ne put nulle part , n;larder le vaincpusur ; il abandonna une partie de M*9' troupes, toute ritalii;, et passa la mer.

Clé^ar entra dans Home en maître, et s*étunt empare^ du trésor |>ublic , où il trouva environ ein(| millions àùr^ livres de notre monnaie , il se mit en état de poursuivre^: Pompée et ses partisans ; mais vr |;énéral du sénat i\ui voulait tirer la (guerre en lonj^ueur, pour avoir le tem*" d^ani.isher de plus (grandes forces, pas.*«a d'Italie en i*ipire^ , «1 api es s'clre ('udiaripié à Hrinde.s, il aborda (lans le puri' d(! Diriacluiun. Cé.sar ne Tiiyaiil pu joindre, se rendit mal tic de toute lllulie en moins de do jour.*).

de^l'encyclopédie. 1 n5

HétaW et le succès cle la guerre civile n'est poiut de jjet, Onsaitque l'empire ne coûta, pour ainsi dire, r qu'une heure de teras, et que la bataille de Phar- . d&ida. La perle de Pompée, qui piîrit depuis eu 3, entraîna celle de son parti. L'actiyité de Cësar et dit^ de ses conquêtes , ne donnèrent poiut le teois verser ses projets. La guerre le porta dans des clïiOerens. La victoire le suivit presque partout, et la ne l'abandonna iamaîs.

parle beaucoup de la fortune de César ; mais cet e extraordinaire avait tant de grandes qualitijs , icun défaut , quoiqu'il eût bien des vices , qu'il eût Bcile que quelque année qu'il eût commandée, il •té vainqueur, et qu'en quelque république qu'il , i! ne l'eiit gouvernée.

tt plie sous sa puissance. Tout plia sous sa puiset deux aus après le passage du Rubicon, l'an 696, ïit rentrer dans Rome maître de l'univers. Il parà tout le monde : mais la modération que l'on e après qu'on a tout usurpé , ne mérite pas de 5 louanges.

sénat , à son retour, lui décerna des honneurs exlinaires , et une autorité sans bornes , qui ne laisos à la république qu'une ombre de liberté. On le la consul pour dix ans, et dictateur perpétuel. On nna le nom d'empereur , le titre auguste de père de trie. On déclara sa personne sacrée et inviolable, t réunir et perpétuer en lui la puissance et les pris annuels de toutes les dignités de l'état. On a)ouia e profusion d'honneurs le droit d'assister à tous les dans une chaire dorée, et une couroimc d'or sur la

tAU:; H il fui onlorind pnr \v. flf^rrrt, fpir mAmf! Apr/nia innrt, on |>l;icx*r;iii UMijoiirA caUv ri m in; H criU* f^riiironriR (iaii% 1(1111 lf*« A|H'ct;inU7.H , |Kmr iiiiinorlHlivr m mrmoirr«

M.'iJA la plijpnrt (Ii?a M'iinl<:urA ne lui nvnifut «i^rcrrn^ trnM c:fft lionrii:ur» irxirnonlinnirifflilont noui vrnonmir iMirifr« <|Uf; |Kiur II* nmdn; [ilu« odieux « i:i pour le; pouroir pcr« fin; pluA h(iTvtw.ti\s lif'H (^r;infU Mirtout (|ui nvaiimt ffaifikj (orhuif! (Il; i'(fm|Mri'9 irt (pii nn fHmvaifrnt pnnlonnerili la vie (pi^il leur avait donnireil/in^ li;^ plaines de PhffrMlCfl m; n'pro(:lji'ii(;nl MrerirUmient hf,H liienfatU, r/»mrnc le prilj de la lil>erl(: puldifpie; et eeux ip/il iToyait M:.4tnirill amîi, ne rceevaient w:% ^rAeei ipje pour approcher pli pnVi de fin |Krrif»nri(; , et pour le faire pirrir plu.^i AÛreil

// ffft ahiiHc r.l pf^rii. Il e»Aaya , pour aiuii dire^ le r!! drme; main voyant (pje \f peuple eeMait m;« nedanuiti^ il nVi^a haiarder irailerinir la rouronne fiur aa iéie; |)endant il eaA%a Uih trihnni du iHruple, et (it enccM'e Si tre% tentatives |»our le e/>nduire h la royauté : frmn on peut comprendre (pDI put imap ner rpii; I^a I(orrUiinf| pour le Miuiïrir tyran , ainia<Mnt \t(iUT vAa I4 tyrannie.

Il eornniit beaucoup d'autrci faut«:i, en témoignant peu dVgard ipi'il avait pour K; sénat, en cliOi|tiant les rémonieset le% uiat^es de ee r:firps. fl lyorti jk^h mépris jl fpjVf faire lui-ineme les AéfMtu^-r:finâult«rii, et A les crire du nom de* j>remiers sénateurs /pii lui venaient Tcsprit. «J apprend* quel/piefois , dit Cic4$mn ( Jhmil, lipr/; IX)^ qu^un sénatuA-Cfinsolte, painéi avis, a été porté im Syrie rt en Arménie, avant «ue j'i 5U (|ull ail été fût; et pluni^'urs prinr:«r<l m ont écrit lettres de nnierelmens swr m fpn: j'avais été davi* mi leur donnât Ir: lilte de n»h^ que non-seulc*rnent Je ne

DE l'encyclopédie, 1^5

Tais pas être rois , maïs môme qu'ils fussent an monde. )> Eo un mot , il était d'autant plus difficile que César pût défendre sa vie , qu'il y avait un certain droit des gens , iipe opinion létablie dans toutes les républiques de Grèce et dltalie 9 qui faisait regarder comme un homme ver- Ineux 9 l'assassin de celui qui avait usurpé la souveraine paîfisance. Â Rome surtout, depuis l'expulsion des rois , la loi était précise , les exemples reçus ; la république armait le bras de chaque citoyen , le faisait magistrat pour le moment , et l'avouait pour sa défense. Brutus osa bien dire à ses amis , que quand son père reviendrait sur la terre , il le tuerait tout de même s'il aspirait à la tyrannie. En eflfet , le crime de César , qui vivait dans un gouvernement libre, n'était-il pas hors d'état d'être puni, autrement que par un assassinat? Et demander pourquoi on ne l'avait pas poursuivi par la force ouverte ou par des lois , n'était-ce pas demander raison de ses crimes?

H est vrai que les conjurés finirent presque tous malheureusement leur vie ^ il fallait bien que des gens , à la tète d'un parti abattu tant de fois, dans des guerres où l'on ne faisait aucun quartier, périssent de mort violente. De là cependant on tira la conséquence d'une vengeance céleste qui punissait les meurtriers de César , et proscrivait leur cause.

Conduite du sénat et d Antoine après la mort de Cesar. Après la mort fle ce tyran , les conjurés ne firent rien pour se soutenir; ils se retirèrent seulement au capitole^ flass savoir encore ce qu'ils avaient à espérer ou à craindre de ce grand événement ; mais ils virent bientôt avec amertume que la mort d'un usurpateur allait causer de nouvelles calamités dans la république.

I fCi nsviUT

Le lentlcnuiiii , I/piJuH &i\ miAii dr In pince Rotna'inc iivrc 1111 i*orpA ilr trmipoA , (|U*iI y fil nvanccr par ordre <r.\nti>liir , nlorii prrniirr roimil. liCH soldats vdtdram, «pil rrai|i;iinM:ni t\Uim iir rrprlAl \vh dons imttiotises qu*ik jivalnil rems , onln^rnit dniis llonu*. Lo signal s^nsscmbla: ri conuiir il t^tnil ipioslioii de dt^cidcr s! GSsnr nvnil é\é un lyrnn ou un ninginlrnl Irgitinir, et si ceux qui Tavaicnt tur nirrilnienl des primas ou des rt^coni|N*ns(?s ; jntnais ni iiu^uste conseil no s\Uail Icnu pour une ninlièr» si Snlpo^ tanle el si dcSlicale. Apn\<i plusieurs nvis iliirdrens, on prit un lenip<^rnmenl pour contenter lirs deux |>nrtts. Onooiivint (pi*on ne poursuivrait point la mort de Ct^jnr ; miii on arrêta y pour coneilitT les extrêmes, cpie toulcs sci ordonnances sernient raliiiées ; ce qui produisit une fausM paix.

Antoine, dissimulant se.s senlintens, souscrivit nu dderet du st^nat. Les provinces tun*nl distribudcs en mAim trnis : Drutus eut le gouvernement dt* Ttle de Crible , Goii* .sliis tle rMrique , Tn^mnius île TAsie , («imher de la liilliynie, el tm eoniirnia A Dreinuis Hrutus celui de la (inule (lisalpine, que ('«é.sar lui avait donniS. Antoine COU* Kent il nti^inr à voir Hnitu.s et twis.sius. Il se fit une CSpàoe fie rreoneiliMliou t*ntn* ces eliells de parti : n^union apparente <pii ur tronqia personne.

Connue le signal avait approuve Ions l(*s actes do Cdsar sans restriction , el que rexéention en fui donmSè aux r^tistdN , Antoine 9 (pii Télait, se .saisit du livre des misons rie OWr, y,i^{\\\i\ Mm .seeriUaire, et y fil rerire tout ce qu'il vtminl : de nianirre que le dielateur iv^nait plus impd* rieusenienl «pie ptMidanl .sa vie; car ee ((u*il n aurait jamais lait, Antoine le tiii.sail; Tarifent quH n aurait janmisdonniSy

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Antoine le donnait; et tout homme qui avait de mauvaises ntentions contre la république , trouvait soudain une ré« :ompense dans les prétendus livres de César.

Par un nouveau malheur^ César avait amassé , pour son expédition ^ des sommes immenses , qu'il avait mises dans le temple d'Ops. Antoine , avec son livre , en disposa à sa fantaisie.

Les conjurés avaient d'abord résolu de jeter le corps de César dans le Tibre : ils n'y auraient trouvé nul obstacle ; car, dans ces momens d'étonnement qui suivent une action inopinée 9 il est facile de faire tout ce qu'on peut oser : cela ne fut point exécuté, et voici ce qui en arriva. Le sénat se crut obligé de permettre les obsèques de César; et effectivement, dès qu'il ne l'avait pas déclaré tyran , il ne pouvait lui refuser la sépulture. Or , c'était une coutume des Romains , si vantée par Polybe , de porter dans les funérailles les images des ancêtres , et de faire ensuite l'oraison funèbre du défunt. Antoine , qui la fit , I montra au peuple la robe ensanglantée de César , lui lut son testament , où il lui prodiguait de grandes largesses y et l'agita au point qu'il mit le feu aux maisons des conjurés.

S'ils furent offensés des discours artificieux d'Antoine^ le sénat n'en fut guère moins piqué ; et sans se déclarer ouvertement, il ne laissa pas de favoriser secrètement [leurs entreprises, persuadé que la conservation du gou- I reniement républicain dépendrait des avantages de ce [parti. Cependant Antoine s'acheminait à la souveraine puissance , lorsqu'on vit arriver le jeune Octavius , petit- [neveu de César , qui se présenta pour recueillir sa suc-, [cession.

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