‹ Esprit de l'encycloped́ie, ou recueil des articles les plus curieux et les plus interessans de l'encycloped́ie en ce qui concerne l'histoire, la morale, la literature et la philosophieChapitre 37 sur 62 · VERS · texte numérisé non relu

VERS

V ERS. ( Littérature. Poésie. ) Le sentiment du rliyihme iOUs est si naturel, que, chez les peuples, même les plus lavages, la danse et le chant sont cadencés. Or la poésie ncienne, dans sa naissance, était chantée : Illud quidem \um omnem poesin oUm cantatam fuisse. ( IsAAC fossius. ) La parole, accommodée au chant, fut donc ii soumise à la mesure et à la décence. Telle fut Tori-

du vers métrique des anciens.

Tout vers métrique n'est pourtant pas régulièrement I. RappeloDS-nous d'abord que ce vers était comde pieds ; et le pied, de syllabes , dont chacune était re ou longue : la brève, ° , ne faisait qu'un tems dans inre; la longue, ~~, en. valait deux. La mesure à trois élait donc l'ïambe , ® — ; le chorée, — ** 5 et le triîhe , /* " ° . Les mesures à quatre tems , les plus en I, étaient le spondée, —7"; le dactyle, — ® ° 5 et Faite, ^ ^ "~. A-vec l'intelligence de ces figures, on verra coup d'oeil quelle était la forme des vers. L'hexamètre était régulier et plein d'un bout à l'autre ; en même tems il était susceptible d'une variété contille, par la liberté qu'on avait d'y employer, dans le* itre premières mesures, ou le dactyle, on le spondée, cinquième pied seulement exigeait le dactyle, et le :ième le spondée : encore , si le caractère de Texpres- ^n ou l'harmonie imitative le demandait, pouvait -on

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mettre an cinquième pied le spondi^'e an lieu du dai qu'on plaçait au quatrième » et le vers alors a ap apondaïque.

Fera hexamètre.

/^«er^ apondaïque.

Cest IVgalitë de ces deux'mesures et la liberté qa le poëte de les combiner à son gré , c'est là , d!s*je , i faisait de lliexamètre le plus harmonieux de tous les aussi i^ait-il consacré h la poésie héroïque.

Les pieds du pentamètre et de l'asclépiade sont comme ceux de l'hexamètre , des mesures à quatre mais dans l'un et l'autre il y avait une c&ure à Fh tiche , et à la fin du pentamètre une autre syllal suspens.

Pentamètre^

mm SJ \/ t^ ^*y/^

Aêclépiade.

, — W^ — y mm SJS,^ - O V,

Le vers ïambique, tout composé de mesures in^ était le plus irrégulier et le plus approchant de la p car non - seulement il était entremêlé de spondc d'ïambes ^

• ^ B— mm ^ \^ mm ^ *—

DE l'encyclopédie. 55$

mais à ses pîeds impairs il receTait le dactyle, ou l'anapeste, ou les trois brèves à la place de Tiainbe; et cette marche libre et variée l'avait fait préférer pour la poésie dramatique.

Mais ce qui est une énigme pour notre oreille , c'est ^e les vers employés dans l'ode , et qu'on appelait vers lyriques , étaient aussi presque tous composés de mesures io^ales , comme les vers de Sapho et d'Alcée.

Dans la basse latinité, lorsqu'on abandonna le vers métrique, c'est-à-dire, le vers mesuré prosodiquement , lur le vers rbythmique, beaucoup plus facile^ parce la prosodie n'y était plus observée, et qu'il suffisait «den compter les syllabes sans nul égard à leiu* valeur ; les êtes sentirent que des vers privés du nombre avaient in d'être relevés par l'agrément des consonnances : de Tusage de la rime, introduit dans les langues modernes, pté par les Provençaux, les Italiens , les Français, et ^fu tout le reste de l'Europe.

> On vient de voir que dans le vers métriqae régulier, la IJtoesure est constamment la même, tandis que le nombre " " is syllabes varie. Un hexamètre , composé de cinq dacles et d'un spondée , est un vers de dix-sept syllabes , idis qu'un hexamètre, composé de cinq, spondées et f on dactyle ^ n'en a que treize.

On peut voir de même que , quel que fût le nombre syllabes et le mélange des deux pieds , la mesure du était inaltérable.

Pàndïtur intereà dômùs ômnïpÔtèntïs olimpi, Lûctàntès vèntôs témpèstàtèsquê sÔnôràs.

Silvèstrèm tënûl mûsàm mëdï taris àvènâ, lUà vël intâctàe segetis pèr sûmmà l'Ôlârèt.

Au contraire, nos vers rhythmiqne sont tous, àrâisiod près y le m^me nomlire de syllal>es; et entre mille « il n*y en Q pas deux de suite dont la mesure soit égale, à comp« ter le nombre des tcms.

Nos vers r<'gulicrs sont de douze , de dix , de huit oa de sept syllabes ; c'est ce qu'on appelle meêure. Le yen douille est coupé par un repos après la sixième; et leren de dix après la quatrième : le repos doit tomber sur âne syllabe sonore; et le vers doit tantôt finir par une sonore, tantôt par uiie muette : c'est ce qu'on appelle cadenct» i Toutes les syllabes du vers, excepté la finale muette^ doivent être sensibles à Toreille ; et c'est ce qu'on appds! nombre.

La syllabe muette est celle qui n'a que le son de cet ^ faible qu'on appelle muet on féminin i c'est la finale d^ vie et Ae flamme. Toute autre voyelle a un son pleiiu

Dans le cours du vers , Ve féminin n'est admis sans &» \ sion qu'autant qu'il est soutenu d'une consonne, comiv^ dans Home et dans ffloire. S'il est seul , sans articulation^ 1 comme ù la fin de vie et iï année ^ il ne fait pas nombrCf J et Ton est obligé de placer après lui une voyelle qm té^i lide , comme vi* active , anné* abondante. ]

On peut élidcr Ye muet final quand même il estartii et soutenu d'une consonne ; mais on n'y est pas obH Gloire durable etgloir^ éclatante sont an choix dn

Si l'on veut que Ye muet articulé fasse nombre, il éviter qu'il soit suivi d'une voyelle; comme si l'on t qu'il s'élide , il faut qu'une voyelle initiale lui succède im'.j médiatemcnt. Dans la liaison iïliommeê iUuatrea^ Ym muet d'/io/n/nff« ne s'élide point; 1'* finale y met ob»^ taclc. i

DE UENCYCLOPÉDIE. So/

Le repos de Phémistîche ne peut tomber que sur une syllabe pleine. Si doncle mot finit par une syllabe muette, elle doit s'ëlider , et l'hémistiche s'appuyer sur la syllabe qui la précède.

Il n'y a d'élision que pour Ve muet ; la rencontre de

deux voyelles sonores s'appelle hiatujs ^ et l'hiatus est

banni du vers. Je crois avoir prouvé qu on a eu tort de l'en exclure. Quoi qu'il en soit , l'usage a prévalu.

Le repos de l'hémistiche est une suspension dans le

sens : mais la plus légère y suffit 5 et pourvu qu'il n*y ait

kfSiS une continuité absolue , c'en est assez. Ainsi , entre le

^nominatif et le verbe, entre le verbe et son régime , entre

le substantif et son adjectif, entre deux termes comparés

■ ou relatifs l'un à l'autre , la suspension est assez sensible ,

iila voix y peut faire la plus petite pause. C'est même un

art que de ménager de tems en tems , dans la coupe du

tfers, des repos plus marqués que le repos de l'hémis-

le.

; Tai dit que la finale du vers est tour à tour sonore et

»tte. Le vers à finale sonore s'appelle masculin : les

lis le nomment vers à rime simple ; et les Italiens ,

frs tronqué. Le vers à finale muette s^ appelle féminin.

Anglais et les Italiens le nomment i^ers à rime dou-

r. Dans le vers français , la finale muette est plus faible

dans le vers italien ; mais l'une est aussi brève que

, et cVst de la durée, non de la qualité des sons,

résulte le nombre du vers.

Cette finale , sur laquelle la voix expire , n'étant pas

!z sensible à l'oreille pour faire nombre, on la regarde

le superflue , et on ne la compte pas. Le vers fémi-

, dans toutes les langues , a donc le mémo nombre de

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