Tome xv
55 i ESPRIT
les mouvemens de fai poésie et de la musicpie, MaU da plus an moins t FdTei du uombre est înTariablc; ce qoi, flu tenu de Platon , exprimait le trouble de Tame et le désordre des passions, Tex prime encore; et Teffet n*en est qu'aibibli. Dans les nombres irr^^iers, que Tinstinct des poètes a cboisis pour animer nos vers , il serait donc possible de déoou?rir les élémens de cette harmonie mystérieuse que nous y sentons quelquefois. Mais celle*là est donnée à la prose ; et après avoir recherché tous les moyens de perfectionner nos vers du côté du rbythne qui leur est propre ^ f en reviens à ce sentiment dont je ne puis me détacher , que 9 quelque charme qu^aient pour nous de beaux vers » on ne doit pas les regarder comme une forme inséparable du langage poétique.
Aristote l'a dit : cW le fond des choses , non la forme des vers qui fait le poète et qui constitue la poésie. Or, si le charme des vers âHomère n'était pas de l'essence de la poésie; si on la concevait dénuée de cette cadence harmonieuse et imitative 9 qui animait tout , qui expri' mait tout ; exigera-t-elle des vers sans rhythme y et dont i le mouvement irrégulier n'imite jamais presque rien?
Un vers italien, un vers allemand, un vers anglaÎB, n'a ni cadence 9 ni mesure sensible pour une oreille firançsiw; un vers français n en a guère plus pour l'oreille de soi voisins : personne 9 même aujourd'hui j ne peut dire qu'il' sente bien distinctement le rhythme du vers senaire des anciens , du vers de Térence et d'Euripide. Il n'y amaii donc pour nous ni poésie dramatique ancienne , ni aUt* cune espèce de poésie étrangère , comme il n'y aurait pour les étrangers aucune espèce de poésie française; ^^ le vers, qui varie sans cesse d'une langue à l'autre as
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point d'être méconnaissable pOur qui n'y est point ac-coutume, serait pourtant un attribut inséparable de là poésie ! C'est ce qui me semble aussi difficile à soutenir qu'à concevoir.
Supposons que les belles scènes d'Euripide et de Sophocle , que les morceaux sublimes de Milton n'aient jamais été qu'une prose éloquente et harmonieuse , dira-tron que les hommes de génie , qui ont si bien peint , ne sont pas des poètes; et qu'un ouvrage de ce style, rempli de pareilles beautés ^ ne mérite pas le nom de poème?
Les étrangers avouent de bonne foi qu'ils ne sentent point l'harmonie des vers de La Fontaine , et qu'ils sont même peu touchés de celle des vers de Racine. Ce ne sont pour eux que des lignes de prose élégantes et mélodieuses, d'un certain nombre de syllabes longues ou brèves à volonté , jet coupées en deux par un repos. Il en est de même pour nous des vers italiens, allemands ou anglais ; et quand il serait vrai que l'harmonie des vers de Virgile et d'H<»nère aurait encore le même charme pour tous les peuples qui les entendent , en est- il de même des vers que chacun d'eux s'est fait au gré de son oreille? Quoique l'Anglais , l'Italien , le Français , scandent chacun k leur manière , les vers de V Enéide^ tous lui donnent les mêmes nombres , et pour tous ils sont composés de six mesures à quatre tems. Mais quelle sera pour l'étranger la façon de scander nos vers? Celui-ci , par exemple ,
Je ne vieux que la voir , soupirer et mourir ,
est composé de seize tems. Celui-ci en a vinge-un ;
Les tems sont arrivés ; cessez , triste chaos.
et tous les deux ont douze syllabes.
De tels vers sont-ils tciicment essentiels à la poésie ^ que Ten priver ce fût Tancantir? Je suis loin de penser qu'une prose inanimée f sans couleur et sans mouTement , puisse les remplacer. Je crois ni£me qu'un poeoie , écrit en prose , demanderait une plénitude d'idées , de sentimens et d'images , une chaleur , une continuité d'intérêt, dont peuvent se passer les vers , par la raison que la singularité de leur mécanisme peut quelquefois par intervalle amuser^ occuper Foreille. Mais eu supposant toutes les beautés poétiques, soit du style , soit de la pensée, réunies dans un ouvrage , l'invention , le dessin , Tordonnance , la vérité de l'imitation , le coloris et l'harmonie de la prose , en deux mots , la peinture et l'éloquence au plus haut degré , ne serait-ce plus de la poésie , dès qu'il y manquerait ce nombre de syllabes, ces repos et ces conaoiuwnces, qui caractérisent nos vers? L'habitude en a fait, sans doute , pour notre oreille, un plaisir de plus, et une infinité de choses faibles et communes ont passé i la faveur de l'illusion que les vers ont faite à l'oreille. Mais la beauté des tableaux , des images que la poésie nous présente, les traits pathétiques dont elle nous pénètre, ont-ils besoin de cette séduction pour se faire admirer, ])Our se faire sentir ? change ra-t-elle de nature en renonçant k l'un de ses moyens et au plus fantasque ^le tous?
La poésie est une p einture qui parle , ou^ si l'on ventf. un langage qui peint ; le comble de l'art serait de peindrt en mème-tems et à Trsprit et à l'oreille ; mais si , réduite à peindre à l'esprit , elle y excelle , n'est-ce pas quelque chose ? Mais si , au lieu d'enfermer ses idées dans les bornes d'un vers sans rliythmc, elle s*applique a tirer avantage de la liberté de la prose, pour en varier les mou-
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emens , les Intervalles et les repos , au gré de rame et e l'oreille ; si cette prose harmoDieuse est de plus animée ►ar les couleurs d'un style figuré , par la chaleur d'une loquence , tantôt douce et sensible , tantôt vive et bru- Einte ; enfin , si on trouve dans ce style le caractère de »eautë idéale qui distingue les grandes productions des trts , cVst-à-dire , un d^é de force , de ricbesse , de lorrection , de précision , d^élégance 9 qui semble pris lans la nature, et qui cependant n'y est jamais ; ne se- 'a-ce point encore assez pour faire de la poésie?
La prose , à ce degré de perfection , est peut-être aussi liffieile et aussi rare que les beaux vers; peut-être même i'est-elle plus, par la raison qu'elle n'a point de formulesprescrites. Mais en accordant aux vers un mérite de plvu , st un agrément de fantaisie que ne saurait avoir la proseV je ne puis souscrire à l'opinion qui en a fait exclusivement le langage de la poésie. J'admire, autant qu'i)^ est possible/ tes poètes qui excellent dans l'art d'écrire en vers ; )e m'y suis exercé moi-même ; et )e sens trop le prix d'un tel talent, auquel l'habitude a donné tant de pouvoir et tant de charme, pour conseiller, à qui le possède ^ de négliger cet avantage ', mais )e croirai toujours que l'écrivain auquel il ne manquera que ce don-là pour être poète, aura le droit de dire encore , en exprimant en prose harmonieuse tout ce que la nature a de plus animé , de plus louchant ^ de plus sublime : Et. moi aussi je suis.poëte.
Mabmontel.
«<M%M^«M «MAMl
Vers. ( Poésie française* ) Assemblage d'un certain nombre de syllabes qui finissent par des rimes, c'est-à-dire par un même son à la fii) des mots.^
S.iii RHIMiir
C*i*al iiculi;mciil par le iiomlirc des (tylLilMfs et non par la rpialiiii de» voyelles loiiguei ou brève», qu'on a détermina le» diil'érenies eA[H!cet de ver» fran(^:aîf • Le nombre de» »yllabe» e»t donc ce qui fait toute la structure de nos ver») et parce que ce nombre de syllabes n'est pas toujours égal en chaque genre de vers, cela a donné occasion de nommer no« vers le» un»ma»culin» et les autres féminins.
Le verê masculin a une syllabe de moins que le fémi^ nin, ctse termine toujours par un éclair, comme beauté^ clarté , ou par quelque syllabe que ce soit , qui ne finisse point par un e muet.
On nomme ver» féminin celui dont la dernière voyelle du dernier mot e»t un e muet ou obscur ^ ainsi que Ve de ces mots, ouvrage^ prince '^ soit qu'après cet « il y ait une ëp comme daip» tous les pluriel» des noms^ ouifragea^ princea, etc., onnt^ comme en de certains tems de$ plu* ricls de» verbes, aiment ^ désirent j etc.
Ve obscur ou féminin se perd au singulier, quand il est suivi d'un mot qui commence par une voyelle ; et alors il est compté pour rien , comme on le peut remarquer deux iois dans le vers qui suit :
Le icxe time k {otiir d'un peu de liberté i
Oo le retient fort mal t? eo rtuitérit^.
( MoLiàsi.)
Mai» il en arrive autrement lorsqu'il est «uivi d'une con' sonne, ou qu il y a une^ ou ntk la fin: alors il nesenumg^ el ne se perd jamais, en qucKjuc rencontre que ce soit.
Son teint eitt compoië de roiet et de lii...,
Ili percent à grandg coupM leum crueli ennemii.
( Racaji.)
Jl f'uut encore remarquer que le nombre des syllabcii n^^
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irend aussi par rapporta la prononciation , et non à Torhographe ; de cette manière le vers suivant n'a que douze >yllabes pour Toreille 9 quoiqu'il en offre aux yeux dixneuf.
Cache une âme tgîtée » rime, oie , espère et erunt.
Quoiqu'on prétende communément que notre poésie n'adopte que cinq espèces différenfés âe vers, ceux de six, de sept, de huit et de dix syllabes, appelés vers communs, et ceux de douze qu'on nomme alexandrins, cette division n'est pas néanmoins trop juste , cat où peut faire des vers depuis trois syllabes jusqu'à douze ; il est vrai que les vers qui ont moins de cinq syllabes , loin de plaire, enr nuient par leur monotonie; par exemple, ceux-ci de Chaulieu ne sont pas supportables i
Grand If evcis > Siiçs vef»
Découlaient »
Jaillissaient De mon fonds ^ Comme ils font De ton che^; Derechef, aurais ja De pied çà Bépondu » etc*
Les 'vers de cinq syllabes ne sont pas dans ce cas ^ et peuvent avoir lieu dans les contes^ les fables et autres petites pièces où il s'agit de peindre les choses agréables.avec rapidité. On peut citer pour exemple les deux strophes suivantes, tirées d^ube épitre moderne assez connue t
Telle est des saisons JLa mascbe éternelle ;
56o E«l»KIT
Oeil flcnn , dci motMon» • Des fruit* , dcf gbçoDi »
L« tribut fidèle , Qui te renoaf elle krto nos ditirs , En rJuingetst not plaines »
Fait tantôt nos peines , Tantôt nos plaisiis.
Cédant nos compagnes Auz tyrans des airs »
Flore et ses compagnes Ont fui ces déserts ; Si quelqu'une y reste »
Son sein outragé Gémît ombragé D'un Toile fonesto ; Et la IVjrmpbe en pleurs Doit être modeste Jusqu'au tems des fleurs*
Les vera de six syllabes servaient autrefois à des odes ^ mais aujourdliui on les emploie volontiers dans les petites pièces de poésie et dans les chansons.
Cber ami» ta fureur Contre ton procureur Injustement s'allume t Gesse d'en mal parler ; Tout ce qui porte plume , Fut créé pour voler.
Les vers de sept syllabes ont de Tharmoniey ils sont propres à exprimer les choses Irès-vivcmcnt ; cVst pourquoi ils servent k composer de fort belles odes , des sonnets , et plus ordinairement des épîtrcs , des contes et des épigrammes.
Matelot) quand je te dis
DE l'encyclopédie. 5Gl
Que tu ne mets en lumière Que des Igrres mal écrits , Qu'on envoie à la beurrière , Tu t'emportes contre moi »
Et même avec insolence.
Ah , mon pauvre ami ! je voi Que la vérité t'offense.
rade a fait une fable en vers de cette mesure :
Le serpent rongeait la lime ; Elle disait cependant : Quelle fureur vous anime > Vous qui passes pour prudent f
ers de huit syllabes, aussi-bien que ceux dû douze^ plus anciens vers français , et ils sont encore fort 3. On les emploie ordinairement dans les odes, ëpîtres y les épigrammes y mais rarement dans les et les sonnets.
Ami 9 je vois beaucoup de bien Dans le parti qu'on me propose ; Mais toutefois ne pressons rien.
Prendre femme est étrange chose :
Il y faut penser mûrement.
Sages gens, en qui je me ûe ,
M'ont dit que c'est fait prudemment
Que d'y songer toute sa vie.
(Maucroiz. )
B sert d'ordinaire des vers communs , ou de dix , dans les épitres , les ballades , les rondeaux , les et rarement dans les poèmes , les odes , les élégies, ets et les épigrammes. Le repos de ces vers est à la ne syllabe , quand elle est masculine ; sinQn il se cinquième j qui doit être toujours un e muet au r, pour se perdre avec une voyelle suivante 5 mais
TyCyM MPIIIT
il li'itnportf* que le repos de ces vers , ni des vers alexanclrîiis, (iiiihse le sens; il ftiui seulement que si le sens i|i au-delà , il continue sans interruption îiasqu à la fin di ▼ers.
Tel d'oB Séoèqnc... affeotê b grioMot * Qui fenit bica*«. le Soiroo à ma piioe*
Les vers que nous appelons alexandrins sont nos phi grands vers; ils ont douze syllabes ëtant masculins » et treize étant féminins , avec un repos an milieu , c^eit-l'i dire , après les six premières syllabes. Ce repos doit étft' nécessairement la fin d^nn mot « on nn monosyllabe mt lequel Voreille puisse agréablement s'arrêter. Il ftnt 9 ^0 plus f qu'il se fasse sur la sixième syllabe , quand die al masculine 9 on sur la septième « quand die est féminiiie; mais alors cette septième doit être d'un e muet an iiiig*lier 9 pour se perdre avec une TOjrelle iniTante* Exemple:
Ao diable toit le ftia».. ildMBM teol le aaoade*
Moaiàaa*
Un poSie à la cour... fàt fedia A li aiodc.
MaU dei fous aoloordlmi... e'est le pins ioooaiiiode.
DiaraiAvs.
On oompoée les fables de toutes sortes de vers» ctU Fontaine l'a bien prouvé.
Pour ce qui regarde les chansons ^ comme c'est Foi^i de mettre une rime i tontes les cadences sensibles d'ii air, on est obligé d'y employer des tronçons de iv/v fv ne sont point sujets à l'exactitude des règles; néuuaoa^ on observe aujourd'hui de n'y point mettre de versdeneoi ni de onze syllabes, s'il iaut noramyr cela des veri» tb
DE l'encyclopédie. S65
lime mieux employer de petits bouts rimés^ lorsqu'ils ont cpelque grâce.
Finissons par une remarque générale de l'abbé Du Bos étt les vers français. Je conviens , dit- il , qu'ils sont susfttptibles de beauco.up de cadence et d'harmonie. On n'en feat guère trouver davantage dans les vers de nos poètes iDodemes j que Malherbe n'en a mis dans les siens ; mais les vers latins sont en ce genre infiniment supérieurs aux rers français. Une preuve sans contestation de leur supéiorité, c'est qu'ils touchent plus, c'est qu'ils affectent lus que les vers français , ceux des Français qui savent I langue latine; cependant l'impression que les expresions d'une langue étrangère font sur nous , est bien plus dble que l'impression que font sur nous les expressions e notre langue naturelle. Dès que les vers latins font plus 'impression sur nous que les vers français, il s'ensuit que rs vers latins sont plus parfaits et plus capables de plaire ne les vers français. Les vers latins n'ont pas naturellelent le même pouvoir sur une oreille française qu'ils raient sur une oreille latine 5 et ils ont plus de pouvoir ue les vers français n en ont sur une oreille française.
^M*M^^n^y¥Wf^^
Yebs blancs. Nom que les Anglais donnent aux vers on rimes , mais pourtant composés d'un nombre déterminé de syllabes^ que quelques-uns de leurs poètes ont bis à la mode ; tels sont ceux de Milton dans le Paradis ^erdu j li V. P' :
'• • • . Round he ihro<vs Jus balefulyes lliat miness' d huge affliction and dismay '^ Mix'd with obdurute pride , and stedfast haie ;
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Tandis qu'à peine à tes pieds tu peux ToÎTf Penses-tu lire au-dessus de ta tête.
|aoique ce soit une faute, en général, cle terminer nilieu du vers le sens qui a commencé dans le vers cèdent y îl y ^ des exceptions à cette r^e qui ne ent que du génie ; c'est ainsi que Despréaux fait dire lui qui l'invite à dîner, sat. 5 :
Hi'y manquez pas du moins ; j'ai quatorze bouteilles D'un vin vieux.... Boucingo n'en a point de pareilles.
ja poésie dramatique permet que la passion suspende
mistiche; comme quand Cléopâtre dit dans Jtodo^
le:
Où seule et sans appui contre mes attentats
Je verrais... Mab, seigneur » vous ne m'écoutez pas.
/exception a encore lieu dans le dialogue drama|tique, que celui qui parlait est coupé par quelqu'un , comme s la même tragédie de RoUogune, elle dit à Ântiochus, î IV, se. i'*' :
£st-ce un frère P Est-ce tous dont la témérité
S'imagine...
Antiocbos.
Apaisez ce courroux emporté»
^uand le dialogue est sur la scène , chaque ré(^t doit ir avec un vers entier , a moins qu'il n'y ait occasion de iper celui qui parle , ou que le tronçon du vers par où 1 finit , ne comprenne un sens entier et séparé par un Ht , de tout ce qui a précédé. Ainsi , dans la scène troime du quatrième acte âiAndromaque , Oresle achève récit de cette sorte :
De Troje en ce pays réveillons les misères ,
366 E8PIUT
Et qu'on parle et noiit , alnti qiM d« m» pèret. Partons , fe taU toot pr^t.
Cet hémistiche ne tient h rien ; et Hermionc, finii sa réponse^ est interrompue avant k fin du vers.
Coures M temple t il CMit munoler*..
Quir
Hiinioiis.
Pjrrrbot.
Tout cela non-seulement est dans les régies , nuis i un dialc^e plein de beautés.
Vers olyco.vique. ( Poésie latine. ) Vers latia trois mesures précises , et qui est composé d'un tpm et de deux dactyles.
Dûlce est dèsiptre m loco.
^Mtm/lMtflUMtt
Vers pentamètre. ( Poésie, ) C'est assez de mi quer en passant^ que les anciens ignoraient eui-m& qui a été le premier auteur du vers pentamètre, en u qu^il n'est pas à présumer qu'on ait aujourdliui pin loaiîèref sur cette question qu'on n'en avait du tems d"! raee ; tout ce qu\>n en a dit depuis n'a d'antre fonden que des passages d'auteurs mal entendus : c^est ainsi qi cite Térentianus Manms, comme en attribuant la §^ Callinus; au lieu que cet auteur rapporte seulement pinion de quelques grammairiens , qui déféraient i |)0€te dl'Iphèu: Hionnenr de l'inTcntion du vers per
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mètre. Il est certain que cette invention est fort ancienne, puisque Mimnerme lui donna la perfection^ et que , pour Favoir rçndu plus doux , plus harmonieux , il mërita le ^surnom de Lygyaixude. Le savant Shuckford fait remonter si haut l'invention du vers pentamètre ou élégiaque , qu'il la découvre chez les Hëbreux ; et sans persuader sa chimère à personne 9 il justifie à tout le monde qu'il a beaucoup de connaissance de la langue hébraïque.
n^^^H^V^^^tMiM»/k
Vers phalisque. ( Poésie latine. ) Vers latin d^ quatre mesures précises , mais qui a toujours un jclactyle à la troisième mesure, et un spondée à la quatrième.
Les deux premières peuvent être remplies indifféremment par des dactjles et par des spondées. Horace s'est même permis une fois de mettre un spondée à la troisième place.
Mobilibus pomoria riph* • .
Oras ingenf iUrabimus apquor» . • O fortes peforaguepassi. . • Ccumine perpétua celehrare, . .
Mensorem cohibetU Archyiœ. • •
Vers politique. ( Littérature. ) E$pèce de vers grec
du moyen âge*
Les sa vans ne sont point d'accord sur la nature des vers nommés politiques : la plupart estiment que ce sont des vers qui approchent fort de la prose, dans lesquels la
368 nsiMii'i
c{uaiitîté n est point olMervce , et où Ion n a ^gard qu ao nombre des nyllabcs et aux accetis. Ils sont de quinze ïïA^ iftbesy dont la neuvième commence un nouveau mot et la <|uatorKième doit être accentu<?e ; tek sont les chiliadei de Tzetzès , grammairien grec du douzième siède. Yigneul Mar ville 9 parlant de cette espèce de vers, adopte le sentiment de Lambécius. a II prétend qu'il &ut entendit par veraua politici , les vers ou les chansom qui se chmtaicnt par les rues. Poïiticoa a*ocaioê arbiUvrj qubdvulff) CufisUintinoj)oU ])er compila canerentur^ ircflltv enmj xoLv IÇoxh^ et sermoniê contractionem , Conslaniiruh polin appellanU Meretrices publicœ à GrœcU reeentio' ribua politicœ vocantur. »
AM«MM^MVWV%
. Vers sapiiiqub. ( Poésie grecque et latine. ) Espèce de vers iiivcntd par Sapho , et qui prit faveur chez les (jrccs et les Latins. Le vers sapliiquc est de onze syllabef ou de cinq pieds, dont le premier , le quatrième et le cin(|ulèmc sont des trochées, le second est un spondée , et le troisième un dactyle. On met ordinairement trois yen de cette nature dans chaque strophe , qu'on termine par un vers adonicpic , composé d'un dactyle et d'un spondée.
éWkymwi^i¥*
Vehs 8ERPEVTIN8. ( B elles- Le tire 8. ) Ce sont des ven qui commencent et finissent par le même mot, commt:
Amboflorentes œtatibus ; Arcades ambo.
Vers tautoguammes. ( Poésie. ) On nomme ainsi ces vers dont tous les mois conmicuccut par la niCme lettre.
DE l'encyclopédie. 569
Nous ne comprenons pas aujourd'hui que cette barbarie du goût ait pu plaire à personne.
^/VVW« ^MV«VMA%
Vers coupés. ( Poésie. ) On appelle ainsi de petits vers français de quatre et six syllabes , qui riment au milieu du vers , et le plus souvent contiennent le contraire de ce qui est exprimé dans le vers entier. En voici deux exemples tirés des bigarrures du sieur des Accords.
Premier exemple.
Je ne Teuz plus — La messe fréquenter. Pour mon repos — C'est chose trèi-louable. Des huguenots — Les prêches écouter.
Suivre l'abus -^ C'est chose misérable, etc.
Second exemple.
Je n'aîmai onc •"- Anne ton accointance A te déplaire — Je quicrs incessamment.' Je ne veux onc — A toi prendre alliance. Ennui te faire -^ Est tout mon pensement.
Pai vu qnantité de strophes en vers coupés > contre les {ésnites; mais ces sortes de jeux de mots sont d'un bien mauvais goût.
VWVMWVVW
VeAS lettRïsÈs. ( Poésie. ) On nomme vers lettrisés, ceux dont tous les mots commencent par la môme lettre. Les auteurs grecs et latins les ont appelés paranœmes , de *irocpa oîaoroçj id estjuxta similis , c'est-à-dire , auprès et semblable : en voici des exemples.
Maonima mulla minax minitaiur maxima mûris» At tuba ierribili ioniiru taraiantara transit, 0 Tiie , iute Tati tibi tanta tyranne tulisti.