VERSIFICATION
V ERSIFICATION. ( Belles-Lettres^ ) L'art ou la manière de construire des vers : ce mot signifie aussi le ton et Ul cadence des vers.
Ou entend ordinairement par versification ce que le poë'te fait par son travail ^ par art , et par règle j plutôt que par son invention , par. génie et par enthousiasme. La matière de la versîfiîcation consiste en syllabes longues et brèves , et dans les pieds que composent ces syllabes». Sa forme est l'arrangement de ces pieds en vers correcti, nombreux et harmonieux. Mais ce n'est encore là que le mérite d'un simple traducteur , ou d'un homme qui aurait mis en vers la guerre de Gatilina, écrite par Salhiste ^ on* ne lui donnerait pas pour cela le nom de poète.
C'est donc avec raison qu'on distingue ces simples matières d'avec la haute poésie^ et qu'on, les appelle versifia cation»
Ënefiet, il y a presque autant de différence entre la grammaire et la rhétorique , qu'il s>'en trouve entre l'art
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de faire (1rs vcra et celui il'invi-titcr t\n pot-mci ; 1 ne doïl conrundrvla versirintiliuiifiii uwc cv riu'iii lapuénie dea vhmwii, ni avec ce (ju'uii appelle 1 du atyîe.
On pourrait n'ignorer rien des rf-glcs conei construction des vers, savoir exactement les n dtjfîniLîons, les quulili^s propres ik clin ijuc genre t sjni nMÎriter pour cela le iium de poêle , toutet oaiiuaiices n'dtaiit ([ue l'extérieur et l'i^corcc de I comme it ne aullit pas, pour fitre diofjuentt de prëceptea de la rlK'lorifjue, C'est le gJuîe ^ui dii poète du versificateur.
Les règles de la versification grecque et latine
tenues dans les mélhodes apiteltSes prmoilics : n
sur la poésie rrançoîsc plusieurs ouvrages , cntr<
traitt! du P. Mourgucs, et celui de l'ablH-de Cl
Du
De torigine de ht veraijlvntion française. I furent nos premiers poi.'tcs comme nos premie giens. Leur occupiiliun , dit Lucain , ^Uit de et vers les louanges des héros.
Vos quoi/M, qui fnrtes animas bellùi/ua peremph LmidibuM ta longum valet dimiUilis avuia , ÏHwima tecuri fudiitis carmîna Itardt !
A CCS premiers poêles , qui se servaient , seloi de Sicile, du cliamic <les vers pour inspirer Vt vertus, sueci'diTeiit le.i druides, cjui eliiiiitaicn faits des dieux qu'uiluruient lulors nus oiicËtros gesse des lois (ju'ib observaient. Nouveaux T<
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employaient le charme de la poésie pour ranimer le courage des Gaulois ; nouveaux Orphées , leurs chants harmonieux^ que secondait presque toujours le son des instrumens , arrachèrent les peuples à leur rudesse , et urba* nisèrent les mœurs d'une nation qui les révérait comme ses modèles, les écoutait comme ses philosophes , les honorait comme ses prêtres. Leur goût se communiquait à tous les Gaulois , qui , si l'on ajoute foi aux Commentai- Tes de César, formaient leurs enfans encore jeunes, à Fart commun alors de faire des vers. Ils les apprenaient par eœur , dit le même historien , parce que les personnes qui comptent sur leurs écrits, négligent dès lors de cultiver leur génie , et d'enrichir leur mémoire : Litteris confUi y Migentiam inperdiscendo ae m£m,oriam remit tunl. Les Romains , devenus les maîtres des Gaules , accoutumèrent ces nations à parler leur langue, comme à suivre leurs lois ; et la poésie latine prit la place de la poésie gauloise. Bientôt la barbarie éteignit dans toute l'Europe le flambeau du génie. Charlemagne voulut le rallumer; quelques âincelles brillèrent encore, mais elles ne jetèrent qu'une . lumière faible et expirante.
Ge feu presque éteint reparut après plusieurs siècles , et le goût de la rime ranima celui des vers. Est-ce Paul,, diacre, auteur de l'hymne pour saint Jean; sont-ce les Maures , comme le soutient M « Huet , ou les Provençaux y. comme le pense le cardinal Bembe^ qui ont introduit f usage de terminer les vers par des consonnances? Ces questions 9 plus curieuses qu'utiles, ne doivent pas être discutées dans cet ouvrage.
Sous Louis yn y un certain Léoninus se distingua dans <^tte espèce de poésie^ et l'on donna le nom de vecsléor-
3ff) KSI'HIT
iiiiu 11 ceux (jui , comnii: Il-ï niciiii , rimaient à chaque hi
luislicliu.
Menùbta errab's ail .whm ne stdralif,
Vt vices piTttam , lU potilius iaape catiam.
iHingere citm bambië m at aaluliemma lumhis.
(tl.<IUD.S4»>».)
Ci-5 Vitra , n^lmin's (Inni (k-s .si^-<'l<;s où l'on |ir<!r<:ratl I |}1tÉi!iir (If l'ori^illc îi ri-luï *\i: IVsjirît, penlîri-iit <Iam I ■uîtL'l(-ur crt^dit; et la rc'|jiiliitii)ii (1rs troiihuduurs se E aux fVpciis (lu (x-l)« (les rjmcur.s Llins. C(;ux-lb , au mille «lu ilouxif'iiK! Nièclf! , (lu II 11 rrc lit «leii nniincls , ilt's pastori Kii, Atti Nalin.'M, (les chniisoiis, des (]i.'<[>ulcs (r^niour t vers pn>vciiriiux. Leur imisKiiicc servit peut-être plus )(;ur C(;l(^l>ritd que leur l;i1);itii. fl n'eut point talonnant (]V l'on ait ouvert tiius les cliiîleiiux, que nos ruis aient itivîl ù leurs tables et reeunvecilistiiietïon une troupe de beau esprits, parmi lesquels un comptait Fri^dL-ric 1, empt reur, Itielinrd I, roi (l'An};l(!lerrv,un dauphin du Vicn nois , et plusieurs autres sei(;n<^urs de la plus haute di: tiiiction. S'ils devaieut tes t'pirds (pi'on avait pour eu il leur noldesie , ils les devaient ('gaiement à la vanitt! d< princes dont ils ct'li'lirnient les actions, et <|ui étaxei iuli:ress(!s A la n'putatioii de leurs [>an(^{;yrisles. Mai eniiuy(!s de faire des l'Io^cs, les Iruulindours vouluren essayer de la satire. Bouifuce VIll, ridiculist! par Luci dcGrlmaud; Jeanne, reine de Naplcs, bafouée par Bsp tiste de Parasols ; les eccli<siastî<|ues di^chin^s dans les ver de Feydit, tout prouve qu'ils iiVparf^aient [tcrsoiiiK; Ceux àe ces poëtet que leur caraetère «Joignait de la s& lire , y^pnïu^RA i w^on uti auteur moderne , eo msdrï I Amoumuemctil gotlûquesj et de U «ont nés la iK-j
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alr^ les chaînes, les martyres, toutes des phrases :ereuses qui vieillirent dès leur nouveauté , et qui venues depuis affadir nos ëglogues , nos idylles , nos es, et surtout nos opéras.
Durant les premiers ans du Parnasse François , Le caprice tout seul faisait toutes les lois.
afin, Froissard^ connu comme historien ^ fit , à l'aide ^ieu et des anvours , des vers plus que passables pour tems , mais qui paraîtraient ridicules dans le nôtre. 3n parut, et, comme dit Boileau :
Dans ces siècles grossiers y Débrouilla Tart confus de nos vieux romanciers.
[arot fut un prodige pour son siècle.
Mais un pédant , le fléau du métier^ Et de Marot dédaigneux héritier, Nous fit parler une langue barbare ; C'était Ronsard , dont la verve bizarre Aux mots du tems ne pouvant se borner, Gâta la langue en la voulant orner.
C'en était fait, si le ciel n'eût fait naître Un nourrisson qui devint notre maître.
Malherbe apprit à ses contemporains A se passer de ces termes forains , Qu'au grand regret de la pédanterie Il renvoya chacun dans leur patrie.
Il fut suivi par Racan et Ménard ; Tous deux instruits des finesses de l'art Surent au Pinde amener sur leurs tracet La pureté , l'élégance et les grâces ; Mais il fallut bien du tems aux neuf Sœurs Pour leur trouver deux ou trois successeurs. On vit encore les Muses florissantes De jour cd jour devenir languissantes»
5fS IMPRIT
El II folie lion août inrrclt De cmODoctg <)ue DuloI ioTeah.
L> folle pointe , à l'iotilhiMi unie ; Pritd*a)le*Tcr»Uplacedu gëaie>
Enfin Corneille tira U tragédie et la comédie de le chaos;
Ce autre AogaMe rat un autre H^tae,
Qui flt couler le Tibre dan* la Seine
Rolie art loumli à l'eiaMe gnmaaire , Comme antTcroii ne fut plui arbitnite ; Le «en aloTi perdant «dareli, Avec la forme acquit la pureli i Pigaie alliil pit bondi et par ieconiiCi ; On lui donna de* allnrei plni doucei-
( irim * (kio. )
et Ton aatreîgBÎt pins que jamais les vers ans règles do: nous avons parlé au mot Vers.
Le Chevalier de Jadcourt.
DE l'encyclopédie. O'-g