Tome XV* »j
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ii*cn pût Mrc «onpconnde, ni le têcrifioe ^quiroqu' Quclijuc dUlinclion qui fût attachée & cet ordre, os aurait pcutr£trc eu fie la peine ù trouver dci sujets pour le remplir 9 si Ion n*eùt pas été appuyé de l'autorité et de la loi. 1^ dcrniarehe devenait délicate pour les parais) et outre qu il pouvait y entrer de la tendresse et de k compassion , le supplice d^une vestale qui violait ses esgagcmens, défthonorait toute une famille, f^rs donc cpill s'agissait d'en remplacer quelqu'une , tout Itonie était en émotion , et Ton tachait de détourner un choix où étaient attachés de si étranges inconvéuiens*
On ne voit rien dans les anciens monumens, dit Anli^ gellcy touchant la manière de les choisir^ et sur les eéré" moniesqui s'ohservaient à leur élection ^ si ee n'est ^ la première vestale fut enlevée par Numa. Nous lisons qie la loi Papia ordonnait au grand -pontife ^ au dé&Qllb ifeêlaleê volontaires , de choisir vingt jeunes filles roniftnés 9 telles que bon lui s<rmbli.'rait , de les faire toutes tiitf au sort en pleine assemblée , et de saisir celle sur qoi h sort tomberait. Le pontife la prenait ordinairement dai mains de son père , de l'autorité duquel il raffrancbisisili et Temmermit alors comme prise de bonne guerre f vdni bello abilacilun
Numa avait d'abord fait les premières cérémonies^ h réception des vestales, et en avait laissé ses en |K>ssessiou ; mais après l'expulsion des rois , cela naturellement aux [>ontifcs* Les choses cliangèrent la suite : le pontife recevait les vestales sur la présents dcii pareus, sans autre C(:rémonie , pourvu <|ue les stsi de la religion n'y fussent |>oint blessés* Voici la iori dont usait le grand-pontife k leur réception ,
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ir Âulugelle, qui l'avait tirée des annales de Fabius ctor : Sacerdotem. vestalem. quœ, sacra, faciat. quœ. ypimfieU sacerdotem. yestà\eiii.facere.pro.populo» Ro-^ uino. quiritibusque. ait. eu quœ. optuTna. lege.fovit. i^ te. Amata. capio. Le pontife se servait de cette exession amata , à l'égard de toutes celles qu'il recevait , rce que , selon Aulugelle , celle qui avait été la preiére enlevée à sa famille 9 portait ce nom. Sitôt qu'on avait reçu une i^eatale^ on lui coupait les evenx , et Ton attachait sa chevelure à cette plante si Dommée par les fictions d'Homère , appelée htoa ; ce LÎ , dans une cérémonie religieuse où tout devait être ^érieux 9 était regardé comme une marque d'affiranissement et de liberté.
Nmna Pompilius n'institua que quatre vestales. Servius ollins en ajouta deux , selon Plutarque. Denis d'Haïymasse et Yalère Maxime prétendent que ce fut Tarqui- 118 Priscus qui fit cette augmentation. Ce nombre ne iccrut ni ne diminua pendant toute la durée de Femre : Plutarque , qui vivait sous Trajan y ne compte que K vestales. Sur les médailles de Faustine^ la jeune , et de ilie, femme de Sévère , on n'en représente que six. Ainsi témoignage de saint Ambroise, qui fait mention de pt vestales , ne doit point prescrire contre les preuves mtraires à son récit.
Les prêtresses de Vesta établies à Albe , faisaient vœu 5 garder leur virginité pendant toute leur vie. Amulius^ ît Tite-Live , sous prétexte dTionorer sa nièce » la contera à la déesse Vesta , et lui ôta toute espérance de poS' irîté par les engagemens d'une virginité perpétuelle- Fiuna n'exigea , au contraire des Vestales, qu'une contir
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ncnce <\p 'trente années , dont elles passeraient les dix premières à apprendre leurs obligations , les dix suirantcs i les pratiquer, et le reste & instruire les autres ; aprèf quoi elles avaient liberté de se marier, et quelques-uns! prirent ce parti.
Au liout de trente années de réception , les restala pouvaient encore rester dans Tordre , et elles y jouissaisnt des privilèges et de la considération qui y étaient attaché! ; mais elles n'avaient plus la même part au ministre. Le culte de Vesta avait scb bienséances aussi bien que ses 1<H!; une vieille vestale seyait mal dans les fonctions du sacerdoce ; la glace des années n'avait nulle des convenance! recpiiscs avec le feu sacré ; il fallait proprement de jeime! vierges , et m^rme capables de toute la vivacité des pa!sioiis , fiui pussent faire honneur aux mystères.
Tandem virgineam faslidit Vesta teneciam*
On s'attacha à chercher aux ifeaUile» des dédommsge* mens de leur continence ; on leur abandonna une infinité d'honneurs ^ de grâces et de plaisirs , dans le dessein dV doucir leur état et d'illustrer leur profession ; on serqMM |>our leur chasteté sur la crainte des chatimens , qui , quelque efirayans qu'ils soient, ne sont pas toujours lé phi sAr remède contre Temportement des passions* Elles vivaient dans le luxe et dans la mollesse; elles se trouvaient aux spectacles dans les théâtres et dans le cirque) le! hommes avaient la liberté d'entrer le jour chez elles , et les femmes à toute heure; elles allaient souvent manger dans leur famille. Une vestale fut violée, en rentrant le 1 oir dans sa maison, par déjeunes libertins qui ignoraient 1 ou prétendirent ignorer qui elle était. De lA vint la C0113
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hime de faire marcher devant elles un licteur avec des faisceaux, pour les distinguer par cette dignité^ et pouvoir prévenir de semblables désordres.
Sous prétexte de travailler à la réconciliation des familles , elles entraient sans distinction dans toutes les affaires ; c'était la plus sûre et la derrière ressource des malheureux. Toute l'autorité de Narcisse ne put écarter la vestale Yibidia j ni l'empêcher d'obtenir de Claude que sa femme fût ouïe dans ses défenses; ni les débauches de l'impératrice , ni son mariage avec Silius , du vivant même de César , n'empêchèrent, point la vestale de prendre fait et cause pour elle ; en un moi, une prêtresse de Vesta ne craignit point de parler pour Messaline.
Leur habillement n'avait rien de triste, ni qui pût vx>i- 1er leurs attraits , tel au moins que nous le voyons sur quelques médailles. Elles portaient une coëffe ou espèce de turban y qui ne descendait pas plus bas que l'oreille , et qui leur découvrait le visage; elles y attachaient des rubans que quelques-unes nouaient par dessous la gorge ; leurs cheveux que l'on coupait d'abord , et que l'on consacrait an Dieux y se laissèrent croître dans la suite, et reçurent toutes les façons et tous les ornemensque purent inventer l'art et l'envie de plaire.
Elles avaient sur leur habit un rochet de toile fine et d'une extrême blancheur, et par-dessus une mante de pourpre ample et longue , qui ne portant ordinairement qact sur une épaule , leur laissait un bras libre , retroussé fort haut.
Elles avaient quelques ornemens particuliers les jours de fête et de sacrifices, qui pouvaient donner à leur habit plus de dignité , sans lui ôler son agrément. Il ne manquait pas de vestales qui n'étaient occupées que de leur.
parure , et qui se piquaient de goût , de propreté et de magnificence. Minutia donna lieu k d'étranges smipçons par ses airs et par si*n ajustemens profanes. On reprochait à d*autrrs renjoucment rt Findiscrétion des discours. Quelques - unes s'oubliaient jusqu'à composer des fcn tendres et passionnais.
Sans toutes ces yanit<^s et ces dissipations, il était difficile que des filles à qui l'espérance de se marier nVtait pas intordito , et que les lois favorisaient en tant de manières , qui , malgré les engagemens de leur état , recueillaient quelquefois toute la fortune de leur maison, prissent le goût de la retraite , qui seul était capable de les maintenir dans le genre de vie qu'elles araient embrassé sans le connaître. Tout cela cependant n'empêchait pas que leurs fautes ne tirassent h d'extrêmes conséquences.
La négligence du feu sacré devenait un présage funeste pour les «ifTairos do IVinpIre; d'éclatans et de malheurein ^vrneniens qnr la fort une avait placés & peu près dans le 1(*ms c|ue le fou sVtait éteint, établirent sur cela une superstition qui surprit les plus sngcs. Dans ces cas, elles étaient exposées a l'espère de cliâtiment dont parle Tite- I.ivc, cœaa Jlagro est veatalia , par les mains mêmes do souvernin pontife. On les conduisait donc, pour leS pniiir, dans un lieu secret, où elles se dépouillaient nues. IjCa pontif'rs à la vérité prenaient toutes les précautions pour l(>s soustraire dans cet état k tous autres ri*gards qu'aux leurs.
Après l.i punition de la ventale^ on sonf^eaît à rallumer le feu; ni.iis il n'était pas pcrçiis de se servir pour cela d'un feu niali'riel , comme bî và\ feu nouveau ne pouvait jtirc qu'un piciient du eicl : du moins, selon Plutarquc
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nVtait-il permis de le tirer que des rayons mêmes du soleil à l'aide d'un vase d'airain , au centre duquel les rayons venant à se réunir , subtilisaient si fort l'àir qu'ils s'enflammaient, et que par le moyen de la rërerberation , la matière sèche et aride dont on se servait s'allumait aussitôt*
Le soin principal des i^estales était de garder le feu jour et nuit ; d'où il paratt que toutes les heures étaient distribuées, et que les vestales se relevaient les unes après les autres. Chez les Grecs ^ le feu sacré se conservait dans des lampes où on ne mettait de l'huile qu'une fois l'an ; mais les vestales se servaient de foyers et de réchauds ou Yases de terre, qui étaient placés sur l'autel de Yesta.
Outre la garde du feu sacré , les vestales étaient obligées à quelques prières , et à quelques sacrifices particuliers , même pendant la nuit. Elles étaient chargées des vœux de tout l'empire, et leurs prières étaient la ressource publique.
Elles avaient leurs jours solennels. Le jour de la fête de Vesta, le temple était ouvert extraordinairement , et on pouvait pénétrer jusqu'au lieu même où reposaient les choses sacrées , que les vestales n'exposaient qu'après^ les avoir voilées y c'est-à-dire , ces gages ou symboles de la durée et de la félicité de l'empire romain , sur lesquels les auteurs se sont expliqués si diversement. Quelquesuns veulent que ce soit l'image des grands Dieux. D'autres croient que ce pouvait être Castor et Pollux , et d'autres Apollon et Neptune. Pline parle d'un Dieu particulièrement révéré des vestales, qui était le gardien des enfans et des £;énéraux d'armées. Plusieurs , selon Plutarque, affcclaiit de paraître plus instruits des choses de
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la religion c|im: le commun du peuple, esiimaSent que la vestales conservaient dans Tint^rieur du temple deux |M:tits tonneaux f dont l'un était vide et ouvert, lautrc fiïrnic vi plein , et quM n*y avait qu'elles seules & qui il <!lail pcrriiiis de 1rs voir : ce qui a quelque rapport am ceux cloiil parle llomrrc, qui étaient h Tentrde du palais de Jupilrr , dont Tun était plein de maux , et Tautre de Liens. Uisfins mieux que tout cela^ c'était le palladium niénw (\iw \v.% vestales avaient sous leur garde.
Il sudÎMiit [>our être re^'ue pentale , que , d'un e6té oi d'un autre , on ne fût point sortie de condition servile.! ou de parens qui eussent fait une profession basse. Msis quoique la loi se fût relicliée jusque là 9 il y a toujoan lieu de penser que le pontife avait plus en vue les filles d'une certaine naissance , comme sujets plwi susceptible! de tous les honneurs attachés à un ordre qui était , pour ainsi dire , & la tf:le de la religion. Une fille patricienne, qui joignait 11 son oirartm* Av. vostule la considération de su faniillc, <icvenait plus propre pour une société de fillcf chur^ées non-seulement des sacrifices de Vesta , mais qui jouaient le plus grand rùle dans les affaires de l'état.
iîllcfi jouissaient «le la |ilus haute considération. Auguste lui-niume jura (|ue si quel(|u'une de ses nièces était d'un ag(! convenahli;, il la présenterait volontiers pour Atr(ï rrriie vestale. Il faut n:gfirder comme un eflc't de r<!Atiine des Romains pour la condition de vestale , Tor* donnaiirr dont nou.s parle Capito AtéiuSi qui en excluait toutf* auln* qu*imc Honiainc.
\)iH i\\\v, le choix de la vestale était fait, c|u*elle avait nii.H h: pied dans l<! parvis du temple , et éloit livrée aux pontifes, clic (;nfi'aiL dr» lors dann tous les avanlaj^cs de
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sa condition , et sans autre forme d'émancipation ou changement d'état , elle acquérait le droit de tester , et n'était plus liée à la puissance paternelle.
Rien de plus nouveau dans la société que la condition d'une fille qui pouvait tester à l'âge de six ans ; rien de plus étrange qu'une pleine majorité du vivant même du père 9 et avant le nombre d'années que les lois donnent à la raison. Elle était habile à la succession au sortir des vestales , où elle portait une dot dont elle disposait selon sa volonté. Leur bien restait à la maison si elles mouraient sans testament : elles perdaient à la vérité le droit d'hériter ab intestat. Une vestale disposait même de son bien sans l'entremise d'un curateur : ce qu'il y avait de bizatre en cela , c'est que cette prérogative dont on voulait bien gratifier des vierges si pures , avait été jusque là le privilège des femmes qui avaient eu au moins trois enfans.
Il y a apparence que dans les premiers tems le respect des peuples leur tint lieu d'une infinité de privilèges j et que les vertus des vestales suppléaient à tous ces honneurs d'établissement qui leur furent accordés dans la suite j selon le besoin et le zèle du peuple romain.
Ce fut dans ces tems si purs que la piété 'd'AlbinuSi se signala à leur égard. Les Gaulois étaient aux portes de Aome, et tout le peuple dans la consternation; les uns se îettent dans le Capitole, pour y défendre, selon Tite- Itire, les Dieux et les hommes ; ceux d'entre les vieillards oui avaient obtenu les honneurs du triomphe et du consulat j s'enferment dans la ville , pour soutenir par leur exemple le commun du peuple.
Les ifestales , dans ce désordre général , après avoir délibéré sur la conduite qu'elles avaient à tenir à l'égard
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des Dieux (ft <1c8 clépoaîlles da temple , en cachireiil mr partie dans la terre près de la maison du saGrificateor^ qui devint un lieu plus saint , et qui fut honore dans h suite jusqu a la superstition : elles chargèrent le reste sur leurs épaules, et s'en allaient, dit Tite-Live, le long de h rue qui va du pont de bois au Janicule.
Cet Albinus , homme pldéîen , fuyait par le même chemin avec sa famille , qu*il emmenait sur un diarrioL II fut touché d*uu saint respect à la vue des vestales; il crut que c'était hlcsscr la religion que de laisser des prêtresses, et pour ainsi dire des Dieux mêmes à pied; il fit descendre sa femme et ses enfans , et mit à la place dodseulement les vestales , mais ce qui se trouva de pontife avec elles : il se détourna de son chemin , dit Valive Maxime, et les conduisit jusqu a la ville de Géré, DÙ eBes furent reçues avec autant de respect que si Fétat de h Tépublic{uc avait été aus^i florissant qu'à l'ordinaire* La mémoire d'une si sainte hospitalité, ajoute l'historien, s'est conservée jusqu'à nous : c'est de là que les sacrifices ont été (ippclés cérémonies ^ du nom même de la ville; et Ci:t équipage vil et rustique où il ramassa si à propos les vestales, a égalé ou passé la gloire du char de triomphe le plus riclic et le plus brillant.
On a lieu de croire que dans cet eSiroi des vestakê^U UTvice du feu sacré souiTrait quelque interruption. EDes 10 cliargèrent de {>orier partout le culte de Vesta , et d'en coiiliiiuer les solennités tant qu'il y en aurait quelqu'une qui survivrait à la ruine de Home; mais il ne parait point c|uo, dans la conjoncture présente , elles eussent pounn au foyer de Vesla, ni que cette flamme fatale ait été comp -j^ue (le leur ruilc. Peut ctie cûl-il clé plus digne d'elfe*-
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d'attendre tout ëvënement dans l'intérieur de leur temple et au milieu des fonctions du sacerdoce. La vue d'une troupe de prêtresses autour d'un brasier sacré, dans un lieu jusque là inaccessible, recueillies ainsi au milieu de la désolation publique , n'eût pas été moins digne de respect et d'admiration ^ que l'aspect de tous ces sénateurs qui attendaient la fin de leur destinée assis à leur porte avec une gravité morne , et revêtus de tous les ornemens de leur dignité. Peut-être aussi eurent -elles raison de craindre l'insolence des barbares, et des inconvéniens plus grands que l'extinction même du feu sacré.
Quoi qu'il en soit j l'action d'Âlbinus devint à la postérité une preuve éclatante j et du respect avec lequel on regardait les vestales, et de la simplicité de leurs moeurs : elles ignoraient encore l'usage de ces marques extérieures de grandeur qui se multiplièrent si fort dans la suite : ce ne fut que sous les triumvirs qu'elles commencèrent à ne plus paraître en public qu'accompagnées d'un licteur. Les fidsceaux que l'on porta devant elles , en imposèrent au peuple , et l'écartèrent sur leur route. Il manquait à la vérité à cette distinction une cause plus honorable ; llion- Deur eût été entier, s'il n'eût pas été en même tems une précaution contre l'emportement des libertins , et si , au rapport de Dion Cassius, ce nouveau respect n'eût pas été déterminé par le violement d'une vestale.
Ce fut apparemment dans ce tems là que les préséances furent réglées entre les vestales et les magistrats. Si les eonstlls ou les préteurs se trouvaient sur leur chemin , ils étaient obligés de prendre une autre route ; ou si l'embarras était tel qu'ils ne pussent éviter leur rencontre , ils fiôsaient baisser leurs haches et leurs faisceaux devant
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On 1^4 rrf^rrlnit riofif: r^rmm^ (»f;r4mific» mier^ •! à Iftliri «11? i#iiil«T fuAntcAi, Au tnouiê |iukli#|tie. Ce fotjp» lA qijr iVritrqirini; Avn f riliun* rtmirv. ClAMiliu* ftit fimh |MiiT. Omimr il lri#ini|ili«iil riiiilffr^ li:ur oppmiiiorif iUfsn^ Irrprirrrif. Ai*. Ii? rrîivfrrMrr Av. mm r.linr nu milieu même <le 1a rriArtlifr de M>n tri^miplii?» I^ Pfitialti (lUti/lie, M fitlef Mvnit ditivi tmiA Irnir* mouvenirii*. Kllr /le irirrritrii k pra« |KMy rt M! jftM dftn* le elmr nu momefit iiiAme que le tfi* liHfi «Unit rrnvrruer (ilnudiu*. Klle «e mil entre âon pi» et lijl« ri nrrAfn pur eir moyen Im tiolencedu tribun^ reti*nfi idor%, m/il^n: «» fiirrur, pnr r^t entrAme respect ipi rl»it d^i »iix vr^lMlf'A, vX f|ui ni: Li^^nit ii leur ^({nrd qtl^Mi^ ponfifr* «MiU Ih Itlffrrlr^ dr^ rniiontfAnciïA et deê tMeâ^le iMit : Mtnti rini nll/i rn triomphi! nn CApitole, et Vnnir^w \vmy\v Av. \v%\.n ; ri Ton uv put dire h qui on detMt fe plii4 d'nrclMm/ilioriAy oti à hi victoire du p/^re, en i k pii't^ di* l/i fille.
lifT priiplf! ^tAtt, Mir le r^AfACtère dr» vrai aIcta , dAfinoM pn-vrntion nrlifri«7iiA«i dont rirn nvM\ pu le d^|KMiiller# Ce nViMtt pn4 AfTidrnirnt \v d^pAt qui Iriir ^Init eonfi^qtf' (iVfiit /tidili r.i'Iti? pr/rvrniion ^ uuù^ uuv infinité â^Wft'^ tywn v%\*'nvurvA d*MUlorit^ ti Av piii<;4;iM(:«*.
f)uv\\r inipr#'(;«ioti uv ilrvMit pfti inirv nur lui ertlepf^^ r/)t;Alive et niti{*^iAu:iv , Av pouvoir lAUver l« vie h un r^î'
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minel qu'elles rencontraient sur leur chemin , lorsqu*on le menait au supplice? La seule vue de la vestale était la grâce du coupable. Â la vërité, elles étaient obligées de Êdre serment qu'elles se trouvaient là sans dessein ^ et que le hasard seul avait part à cette rencontre.
Elles étaient de tout tems appelées en témoignage et entendues en justice, mais elles n'y pouvaient être contraintes. Pour faire plus d'honneur à la religion , elles étaient bien aises qu'on les crût sur une déposition toute simple, sans être obligées de jurer p^r la déesse Yesta, qui était la seule divinité qu'elles pouvaient attester ; ce qui arrivait en effet très-rarement , parce que par là on écartait tous les autres témoignages , et qu'il ne se trouvait personne qui voulût aller contre le rapport et le serment des vestales»
Il y ayait une loi qui punissait de mort, sans rémission, quiconque se jeterait sur leur char ou sur leur litière , lorsqu'elles iraient par la ville. Elles assistaient aux spec-, tadbs, où Auguste leur donna une place séparée, vis-à-vis celle du préteur. La grande vestale, vestalis maxima^ portait tme bulle d^or.
Numa Pompilius , qui dans leur institution les avait dotées de deniers , comme nous l'avons déjà observé , assigna des terres particulières , selon quelques auteurs , sur lesquelles il leur attribua des droits et des revenus. Dans la suite des tems , elles eurent quantité de fondations et de legs testamentaires ; en quoi la piété des particuliers ëtait d'autant plus excitée , que le bien des vestales était ime ressource assurée dans les nécessités publiques.
Auguste y qui s'appliqua particulièrement à augmenter la majesté de la religion , crut que rien ne contribuerait
flarantAge au Hcsscin qu'il avait, que d 'accrotire en mtmê tmit la dignité et les revenus des vestales» Mais , outre les donations communes à tout Tordre, on faisait encore des dons particuliers aux vestales. Quelf|uefois c'étaient drs sommes d'argent considérables* Comélia^ selon Tv cilc, ayant été mise A la place de la vestale Scatia, refot un don de deux mille grands sesterces ( environ deux cents mille livres ) , par un arrÊt qui fut rendu à roccision d'une élection nouvelle d'un prêtre de Jupiter. U y en avait de plus opulentes les unes que les autres, et qui, par conséquent, étaient en état de se distinguer par un plus grand nombre d esclaves , de se montrer en public avec plus de faste , et de mieux soutenir au dehors la dignité de l'ordre^
A certains jours de Tannée, elles allaient trouver le roi des sacrifices , qui était la seconde personne de la religion: elles l'exhortaient & s'acquitter scrupuleusement de ses devoirs, c'est-à-dire, à ne pas négliger les sacrifices'^ k se maintenir dans cet esprit de modération que deméndait de lui la loi de son sacerdoce , h se t<:nir sans cesse sur ses gardes , et à veiller toujours sur le service des Dieux»
Elles interposaient leur médiation pour les récondiiations les plus importantes et les plus délicates , et elles entraient dans une infinité d'affaires indépendantes delà religion.
La condition des vesUilea était trop brillante pour ne pas engager cpclques grands , par goût et par vanité, ï tenter quelque aventure dans le temple de Vcsta. Catilina et Néron, hommes dévoués à toutes les actions hardies et criminelles^ ne furent pas les seuls qui entreprirent de les corrompre* Parmi celles que la vivacité des passions^ le
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tïominerce des hommes , ou les recherches trop pressantes, jetèrent dans rincontinence , il y en a eu quelques-unes de trop indiscrètes j et qui , ne se ménageant point asses à reztérieur , donnèrent lieu de les soupçonner et d ap-^ profondir leur conduite : quelques autres se conduisirent avec tant de précaution et de mystère, que leur galanterie, pour nous servir des termes de Minutius-Félix , fut igno»* rée même de la déesse Yesta.
Les pontifes étaient leurs juges naturels; la loi soumettait leur conduite à leurs perquisitions seules ; c'était le souyeraift pontife qui prononçait l'airèt de condamnation. H ordonnait l'assemblée du conseil; il avait droit d'y présider y mais son autorité n'avait point lieu sans une convocation solennelle du collège des pontifes.
On ne s'en tint pas toujours cependant aux jugemens qui avaient été rendus par le conseil souverain des pontifes ; le tribun du peuple avait droit de faire ses représentations^ et le peuple^ de son autorité^ cassait les arrêts X>ù ilsoiqpçonnait que les ordonnances pouvaient avoir été blessées^ et où la brigue et la cabale lui paraissaient avoir part.
On gardait dans la procédure une infinité de formalités : on suivait tous les indices, on écoutait les délateurs , on les confrontait avec les accusées , on les entendait elles-* mêmes plusieurs fois ; et lorsque l'arrêt de mort était rendu y on ne le leur signifiait point d'abord ; on commeu^^ çait à leur interdire tout sacrifice et toute participation aux mystères : on leur défendait de faire aucune disposition à l'égard de leurs esclaves , et de songer à leur affranchissement y parce qu'on voulait les mettre à la question pour en tirer quelques éclaircissemens et quelques lu-
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fiiî/'i-ci : vitr Irfi vndàfan , drvrnm liliri*4 pnr Ir'ur affrini' <:liit.H('mc*nt , ne pouvaient pliu Être Hp|ilif|iirA A la torture. (^ii<:lc|Ufrvuiif;s furent admiwft & donner des preuves tio* ^iiliercii de leur innocen«:e , et plari'iri'nt leur dernière ra- Miuru* d;in.H l.'i proti'clion de leur d<^-eMfr.
uC\ièi une eliom: ni<^inoral>le, dit Dénia d'Ilalicarnaaie, (|ue lea niarr|ur;K de protection c|ue la drcmffe a rpielquefob donnée» h Av.h uvHtalr» fiinftMfnient aecuM'e»; rhoief k k vériti: y cpji iiarall im:royaliley niaia cpii a étd honorée de la foi i\vH It ornai ns » et appuy(:e par lira trmoigruigct dei auteur» le» plus |;rav<:».... I«e dru »Vtant éteint ^r Fimpruflence d'I'iinilia , qui ftVtait repOKéi; du soin de Tentretenir »ur une jeune ventale qui nVlait |>oiiit cneore filitei ciîitf extri-me attention que rrqui'rait ce miniatire, tonte la ville fut dan» le troulili; ri dan» la con»temation ; le lile de» pontife» A^illuma ; on rrut r|u'une vefttale impure avait approché le foyrr »ncré ; l'jnilin , »ur qui le »on|M^on tom* hait, et qui en efl'rt était re»[>oti»ahle de la négligence de la jeune Vf-itnle, ne trouvant plu» de con»eil ni de rc9aource dan» »on innocenerry i^avanra vn préflirnce desprfr' tri'H fl dii irsii; de» vierf.^:», el »Vi:ria m tenant l'autel endinivsé ; i) V'esta , gardienne de Home , ai pendant trente aiiiiéi.>.<), j\'ii rempli dignement me» devoir»; f i )*ai ti'uilé te» my»U're» sacrée nvfc un e»prit pur et un OOipi eliahte, aerour»- moi maintenant, n^ahandonne point ti prAtre»»!! »ur le point Av. périr d'une manière cruelle; f! , au contraire , je »ui» conpiihle , détourne et expie |>ar moo hupplii:c, le désastre dont Home est menacée. Klle arrache en même li*riis un morreuii du voile qui la couvrait; 1 peine ravait-elle jelé hur Tautel , (|ue h*» cendre» fc r^ chauH'cnt , cl cpje le voile fui loul enilaninié| etc. » Cène
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fat {ms là le seul miracle dont Tordre des vestales s'est prëvalu pour la justiâcation de ses vierges,
Numa , qui avait tiré d'Âlbe les mystères et les cérémonies des vestales , y avait pris aussi les ordonnances et les lois qui pouvaient regarder cet ordre religieux , ou du moins en avait conservé l'esprit. Une vestale tombée dans le désordre , devait expirer sous les verges. Numa déclara également dignes de mort celles qui auraient violé leur pudicité^ mais il prescrivit une peine différente ; il se contenta de les faire lapider sans aucune forme ni appareil de supplice. Sénèque, dans ses Controverses j nous parle d'nae vestale qui^ pour avoir souillé sa pureté, fut précipitée d'un rocher. Cette vestale ^ selon lui^ sur le point d'être précipitée , invoqua la déesse , et tomba^ même sans se blesser , quelque affreux que fût le précipice ; ou plutôt elle ne tomba pas, elle en descendit ^ et se retrouva presque dans le temple.
Malgré cet événement , où la protection de Vesta était si marquée , on ne laissa pas de la vouloir ramener sur le rocher, et de lui vouloir faire subir une seconde fois la peine qui avait été portée contre elle : on traita son invo- Citiou de sacrilège : on ne crut pas qu'une vestale , punie pour le £aiit d'incontinence, pût nommer la déesse sans crime : op. envisagea cette action comme un second inceste : le feu sacré ne parut pas moins violé sur le rocher, <ja'il l'avait été entre les autels : on regarda comme un torcroU de punition qu elle n'eût pu mourir ; la providence des Dieux, en la sauvant , la réservait à un supplice ^08 cruel ; c'est en vain qu'elle s'écrie que puisque sa cause n'a pu la garantir du supplice , le supplice du moins Q^ doit la défendre contre sa propre cause. Quelle apparence Tome w. 28
434 KMiMur
<|ur \v ciel IVui iircourui! AI liinL hî cllf* vU\ «Hit iniiocmilr? On vrut cniiii c|uVII«* iiil violr le* micmtiIcn!!' , Mim quoi il MTait |irrtiiiA iliMlire que Ica Dirux iiiiriiicnt viix -niftiiirs violr Inir |»r/^lnvs»«».
I^irinî \vn iWffvrvnn n\in f|ii(* SriiiM|iM! nvoii rntnnmM*.i à vvMv orriiAÎon , il ii*y vu cul «|ur lrr.s-|MMi ili* fuvoriihlm & la vr.slulc. Main .si vvi f'xriiiplo iU: diAtiincni , «lans Ia l)oudit? «ruii (Irrlanialrur , nr tirr poiiil à «!OMiic*(|nencc pour rtalilir \vn vn\}vv.vn Av Mi|)|»li(*rH qui MTvaicni k la punit iou (l«*H vrstalr.i, du nioin.i nou» dirouvrr-i-il daiM qiu*l rspril ri avrc (|iirllr prrvcntion le» i'.ouiaiuji rcgnr- «luicut m rlIr.H \r rrinit! iriiironliururry f!l iu9c|u\Ml ils pou.HNaienl la hrvrrilr à cri r(;anl. Domitiai cliAlia clivcrnenirnt f|url(|urH-unrH ilc cvh niallK*un*UM*8 filles, il Inijuui i\ ilrux HcrurA de la inaiHOii d(;8 (Jc<*llalC8j la lilH*rtd de elioiflir leur genre de niorl.
(Juam violiwiiy" in illà Canditur^ et TtUun vfxtatfuft numen idem rsL
CjVhI i\ l'arqiiin, qui aviiijl déjà fail ([ueKptrs clinugcinen.H dan.t Tordre des veHtaleA, que Ton rapporle Tiniitilulion du Mippliee donl on le.H puni.s.Hail ordinairement, cl «pii f*on.sihiait a le.i enterrer vive». La Terre el Vc«U nVtaienl cpriine ni^nie divinité; eelle qui a violé In Terrc^ I diflail-on, doil /lire enlerréc; lonte vivanle houa in terre.
liC jour de rirxéctition élanl venu, touU*fl les nflîiircfli iMil puMi(pie» (|iie partieidière.H, élaienl inlerroinpucs , loule la ville étail dans Tappréliension el dan» le mouvcnienl; toute?» le» femme» élaienl ('perdue»; le peuple MmnN»ait de Ion» eAlé» et »e troiiviiit entre la ernintr ri IVsprranee »nr le» alHiire» de remplie , dont il allaeliail Ifi Imui et le niauv.'ii» »nee«\s an suppliée de la vestale, wlo»
DE l'kxcyclopédie. 435
qu'elle étail bien ou mal jugée. Le grand-prètre , suivi des autres poutifes y se rendait au temple de Vesta : là , il dépouillait la vestale coupable de ses orncmens sacrés y qu'il lui ôtait l'un après Tautre sans cérémonie religieuse , et il lui en présentait quelques-uns qu'elle baisait. VUima virgineis iumjlens dedlt oscuia vîUh, C'est alors que sa douleur , ses larmes , souvent ^ jeunesse et sa beauté ; Tapprocbe du supplice , Tespèce du crime peut-être y excitaient des sentimens de compassion cpii pouvaient balancer dans quelques-uns les intérêts de l'état et de la religion. Quoi qu'il en soit , on l'étendait dans une espèce de bière , où elle était liée et enveloppée de Êiçon que ses cris auraient eu de la peine à se faire entendre , et on la conduisait dans cet état depuis la maison de Vesta jusqu'à la porte Collatine , auprès de laquelle^ en dedans de la ville , était une butte ou éminence qui s^étendait en long, et qui était destinée à ces sortes d'exécutions ; on l'appelait à cet effet le champ exécrable, ager et sceleratiis campus : il faisait partie de cette levée qui avait été construite par Tarquin, et que Pline traite d^ouvrage merveilleux , mais dont le terrain , par une bizarrerie de la fortune , servait à la plupart des jeux et des spectacles populaires , aussi - bien qu*à la cruelle inkomation de ces vierges impures.
Le chemin du temple de Vesta à la porte Collatine, élait assez long; la vestale devait passer par plusieurs mes et par la grande place. Le peuple , selon Plutarque , «ooourait de tous côtés à ce triste spectacle , et cependant il en craignait la rencontre et se détournait du chemin ; les uns suivaient de loin , et tous gardaicut un silence morne et profond. Denis dHalicarnasse admet à ce convoi funèbre les parons et les amis de la vestale; iis la 5uivaicnt«
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dît-il, avec larmes , et lorsqu'elle tUaît arrivée au lieo da supplice, lexécuteur ouvrait la bière el déliait la vesîale. Le pontife, selon Plutarque « levait les mains vers le cielf adressait aux Dieux une prière secrète, qui apparemment regardait Thonneur de Tcmpirc qui venait d'être exposé par Tincoutinence de la vestale ; nisuite il la tirait luimême, cachée sous des voiles « et la menait jusqu'À l'é-* clielle qui descendait dans la lasse où elle devait être enterrée vive. Alors il la livrait à Texécuteur , après quoi il lui tournait le dos, et se retirait brusquement avec kl autres pontifes.
Sanguine adhue viro Urram suhitura $acerdo$.
Celte fosse formait une espèce de caveau ou de chambre creusée assez avant dans la terre : on y mettait du pain f de Teau , du lait et de Thuile : on j allumait une lampe, on y dressait une espèce de lit au fond. Ces commodités et ces provisions étaient mystérieuses ; on cherchait i sauver l'honneur de la religion jusque dans la punition de la vestale, et Ton croyait par là se mettre à portée de pouvoir dire (|u'elle se laissait mourir elle-même. Sitôt qu'elle était descendue, on retirait l'échelle^ et alors avec précipitation et à force de terre , on comblait l'ouverture de la fosse au niveau du reste de la levée.
Était-elle debout , assise ou couchée sur l'espèce de lit dont nous venons de parler ? c'est ce qui ne se décide pas clairement. Juste Lipse, sur ces paroles^ leciulo pa$ito ^ semble décider pour cette dernière position.
Tel était le supplice des vestales. Leur mort devenait un événement considérable par toutes les circonstances dont elle était accompagnée ; elle se trouvait liée , par la superstition , à une infinité de grands événcmens qui en
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étaient regardés comme la suite. Sous le consulat de Pi- ' narius et de Furius, le peuple, dit Denis d'Halicarnasse ^
fut frappé d'une infinité de prodiges que les devins rejetèrent sur les dispositions criminelles avec lesquelles s'exerçait le ministère des autels. Les femmes se trouvèrent aiHigées d'une maladie contagieuse , et surtout les femmes grosses ; elles accouchaient d'enfans morts , et périssaient avec leur fruits les prières, les sacrifices , les expiations , rien n'apaisait la colère du ciel ; dans cette extrémité , un esclave accusa la vestale Urbina de sacrifier aux Dieux pour le peuple, avec un corps impur. On l'arracha des autels, et ayant été mise en jugement, die fut convainciV3 et punie du dernier supplice.
Il paraît qu'en recueillant le nom de ces malheureuses filles , qui se trouvent répandus dans difiérens auteurs ^ quelque modique que paraisse ce nombre, on peut s'y réduire avec confiance, et arrêter là ses recherches. Ce n'est pas qu'on veuille assurer que le nombre des libertines n'ait été plus grand; mais à quelques esclaves près, les délateurs étaient rares, et le caractère dea vestdies trouvait de la protection.
Voici les noms des ^vestales qui furent condamnées , et que l'histoire nous a conservés : Pinaria , Popilia , Oppia, Minutia, Sextilia, Opimia, Floronia^ Caparonia^ Urbinia, Cornelia, Marcia, Licinia, Émilia , Mucia, Véronilla, et deux sœurs de la maison des Ocellates. Quelques-unes d^entre elles eurent le choix de leur supplice; d'autres le prévinrent, et trouvèrent le moyen de s'évader ou de se donner la mort. Caparonia se pendit , au rapport d'Eutropc ; Floronia se tua cruellement. Ce dernier parti fut pris par quelques- uns de ceux qui les avaient débauchées. L'amant d'Urbinia , suivant Denis d'IIali-
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carnasse, n'attendit pas les poursuites du pontife; il se li&ta de sauter lui-m^nic la vie.
Depuis rétablissement de Tordre des vestales^ jusqua sa décadence, cest -à-dire depuis Muma Pompilius jusqu'à Tbéodose , il s'est passé , au rapport des clironotc^stes ^ environ mille ans. L'esprit embrasa facilement ce long espace de tems , et le môme coup d^œil venant à se porter sur tous les supplices des vestales , et à les rapprocher en quelque sorte les uns des autres , on se forme une image effrayante de la sévérité des Romains à cet égard ; mais en examinant les faits plus exactement , et en les plaçant cha* cun dans leur tems, peut-ôtre était-ce beaucoup si chaque siècle se trouvait chargé d'un événement si terrible», dont l'exemple ne se renouvela vraisembkblcment que pour sauver encore aux yeux du peuple l'honneur de» lois et de la religion.
L'ordre âesvesùalea était monté du tems des empereur» au plus haut point de considération où il pût parvenir; il n'y avait plus pour elles qu'à en descendre, par ce droit
étemel des révolutions qui entraînent les empires et les religions.
Le christianisme , qui avait long-tems gémi sous les empereurs altacliés au culte des Dieux, devint triomphant à son tour. La religion monta, pour ainsi dire, sur le trône avec les souverains ^ et le zùle qu elle leur inspira succéda à celui qui avait animé contre elle leurs prédécesseurs : on se porta par degrés à la destruction de Tidolâtrie : on ne renversa d'abord que certains temples : on interrompit ensuite les sacrifices, rauguration, les dédicaces, et enfin on mutila les idoles qui avaient été les plus respectées.
L'honneur du paganisme n'était plus qu'entre les mains des vestales^ un préjugé antique, fondé sur une infinité de
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circonstances singulières, couliuuaîl à imposer de leur part; le respect des Dieux s'affaiblissait, et la vénération pour la personne des vestales subsistait encore : on n'osait les attaquer dans l'exercice de leurs mystères ; le se» pat ne se fût pas rendu volontiers aux intentions du prince, il fallut le tâter long-tems, et le préparer par quelque entreprise d'éclat.
Sous l'empire de Gratien, les vestales n^atiendirent plus de ménagement de la part des chrétiens : quand elles virent que ce prince avait démoli l'autel de la victoire y qu'il se fut saisi des revenus destinés à l'entretien des sacrifices, et qu'il eut aboli les privilèges et les immunités qui étaient attaches à cet autel , elles crurent bien qu^l n'en demeurerait pas là* L'événement justifia leur crainte: Gratien cassa leurs privilèges; il ordonna que le fisc se saisirait des terres qui leur étaient léguées, par les testa-* mens des particuliers* La rigu^ijurde ces ordonnances leur était commune avec tous les autres ministres de l'aneienne religion* Ceux des sénateurs qui étaient encore attachés au paganisme, eu murmurèrent publiquement ; ils voulurent porter leurs plaintes au nom. du sénat : Symmaquefut dé-^ puté vers rempei[eur y mais on lui refusa l'audience; il fàt obligé de s'en tenir à une requête très-bien dressée^ dont saint Ambroise empêcha le succès*
A peine le$ ordonnances de Gratiei> contre lesprétresses de Vesta> avaient-elles été exécutées ^ que Rome se trouva affligée de la famine* On ne manqua pas de l'attribuer à l'abolition des privilèges des vestales. Les Pères s'appliquèrent à combattre les raisonuemens qu'on fit à cet égard , et vinrent à bout d'éluder les remontrances de Symmaquev Il osa noblement représenter aux empereurs qu'il y aurait^
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plus de dt^cencc pour eux à prendre sur le fisc , far ki dépouilles des ennemis , que sur la subsistance des Tes* taies ; mais toutes ses représentations ne servirent qu'à montrer une iermctc dangereuse dans un homme tel que lui. Il sentait bien qu'on voulait perdre les vestales; elles ëtaieut prêtes à se réduire au titre seul de leurs privilèges, et à accepter les plus dures conditions , pourvu qu^on les laissât libres dans leurs mystères.
L'opposition des nouveaux établissemens qui paraissaient ne vouloir se maintenir que par la singularitii des vertus , entraînait insensiblement le goût du peuple et le détachait de toute autre considération. L'andntîon, et peutr-ètre encore auri sacra fanieSf achevèrent les progrès de la religion chrétienne. Les objets des ministres de rancienne religion étaient devenues des dépouilles très* considérables; de sorte qu'au rapport d'Âmmien Marodlin, le luxe des nouveaux pontifes égala bientôt Topulenoe des rois*
Sous le règne de Théodose 9 et sous celui de ses edansy on porta le dernier coup au sacerdoce païen par la oonfii* cation des revenus. La disposition qui en fut faite ^ est clairement énoncée dans une des constitutions impérisles où Théodoae et Ilonorius joignent à leur domaine tons les fonds destinés à Tentrctien des sacrifices , confinnsnt les particuliers dans les dons qui leur ont été faits ^ tsnt par eux-mêmes que par leurs prédécesseurs , et assurent à Trlglise chrétienne la possession des biens qui luiavsient été accordés par des arrôts.
Les veëtalea traînèrent encore quelque tcms dans l'in-' digence et dans la douleur les débris de leur considération.
DK l'encyclopédie. 44 1
L'ordre s'en était établi dès la fondation dé Rome ; l'ac«' croissement de ces honneurs avait suivi le progrès de là puissance romaine ; ils^était maintenu pendant long-tema avec dignité, sa chute knème eut quelque chose d'illustre. EUle fut le prélude de la ruine et de la dispersion de la plus célèbre nation du monde , comme si les destinées eussent réglé le cours de l'un par la durée de l'autre^et que le feu sacré de Vesta eût du être regardé commç l'âme de Tempire romain.
L'ordre des vestales de tout l'empire romain n'était composé que de six vierges* Le souverain pontife se montrait fort difficile dans leur réception ; et conune il fallait qu'elles n'eussent pas de défaut naturel, le choix tombait Gonséquemment sur les jeunes filles douées de quelque beauté* Richement dotées des deniers publics; elles étaient encore majeures avant l'âge ordinaire , habiles à succéder. et pouvaient tester de la dot qu'elles avaient apportées à la maison*
Elles sortaient nécessairement de l'ordre avant l'âge de quarante ans , et avaient alors la liberté de se marier. Pendant leur état de vestale , elles n'avaient d'autres soins que de garder tour-à-tour le feu de Yesta, et cette garde Ue les gênait guère. Leurs fêtes étaient autant de jours de toiomphe. Elles vivaient d'ailleurs dans le grand monde avec magnificence. Elles étaient placées avec la première distinction à toutes les espèces de jeux publics ; et le sé« XM. crut honorer Livie de lui donner rang dans le banc des vestales, toutes les fois qu'elle assisterait aux spectacles.
Aucune d'elles ne montait au Gapitole qu'en litière et ^vec un nombreux cortège de leurs femmes et de leurs
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cM;lavr*5. Kirri ne loucha cLivaritige Agrippiite rpir la pcrniîsAioii quV'lIc ohlifit «l«: Nrron^ de jouir de !a mêoie grâce. Kii un mot , noi religieuses n'ont aucun des hoii-< ncurs mondains dont les vestales étaient comblées. Gmtînuons de le prouver par de nouveaux faits qui conron- Dcront cet article.
Une statue fut d<:fér«k; à la vestale SufTftîa , pour m
cliamp dont elle gratifia le peuple, avec cette cîrconstanoey
que sa statue serait mise dans le lieu qu'elle choisinût
elle-même : prérogative qui ne fut accordée à attcooe
autre femme. Les vetUiles étaient employées dans les
médiations les plus délicates de Rome , et Ton déposait
entre leurs mains les choses les plus saintes. Leur seule
entremise réconcilia Sylla avec OSsar; ce qu'il avait refusëi
ees meilleurs amis , il l'accorda à la prière des ^vestakê*
licur sollicitation l'emporta sur ses craintes et sur ses
pressentimens mômes. « Sylla , dit Suétone , soit par ins*
piration , soit par conjecture , après avoir pardonné i
César , s'écria devant tout le monde , qu'on pouvait s'ap^
plaudir de la grâce qu'on venait de lui arracher ; mais qae
Ton sût au moins que celui dont on avait si fort souhaite
la lihcrté , ruinerait le parti des plus puissans de Rome ,
de ceux même qui s'étaient joints avec les vestales pouf
parler en sa faveur, et qu enfin, dans la personne de Géitri
il s'élevait plusieurs Marias. »
Une si grande déférence pour les vestales dans w» homme tel que Sylla, et dans un tems de troubles ^ oà hîs droits les plus sacrés n'étaient point à labri de sa violence, renchérissait en qucl([uc sorte sur cet extrême res[)cct des magistrats pour les vestales , devant lesquelles, comnic je 1 ai remanjuc , ils avaient accoutumé de batew
DE l'encyclopédie. 445
rs faisceaux. Cet esprit d'injustice et cle cruauté qui réna dans les proscriptions, respecta toujours les vestales ; : génie de Marius et de Sylla tremblait devant ce petit ombre de filles.
Elles étaient dépositaires des testamens et des actes les lus secrets ; c'est dans leurs mains que César et Auguste omirent leurs dernières volontés. Rien n'est égal au resect religieux qui s^était généralement établi pour elles. ^n les associait, pour ainsi dire, à toutes les distinc- ODS Élites pour honorer la vertu. Elles étaient enterrées Bjas l'enceinte de la ville , honneur rarement accordé aux lus grands honmies , et qui avait produit la principale lustration des familles Yaleria et Fabricia.
Cet honneur passa même jusqu'à ces malheureuses filles ui avaient été condamnées au dernier supplice. Elles fuint traitées en cela comme ceux qui avaient mérité l'honeur du triomphe. Soit que l'intention du législateur eût té telle, soit que le concours des circonstances eut favo- ^ cet événement , on crut avoir trouvé dans le genre de wr mort^ le moyen de concilier le respect dû à leur uactëre, et le châtiment que méritait leur infidélité» hinsi , la vénération qu'on leur portait, survivait en laelque sorte à leur supplice. En effet , il était suivi d'une Etante superstitieuse , laquelle donna lieu aux prières Bibliques qui se faisaient tous les ans sur leurs tomj pour en apaiser les ombres irritées.
Le Chevalier de JAUCOtJRT»