ZEND-AVESTA
Zend-AVESTA. ( Philos, et Antiq.) Cet article est de»tiiid à r(:parcr les inexactitudes qui peuvent se rencontrer dans celui où nous avons rendu compte de la philosophie des Parsis en général , et de celle de Zoroastre en particulier. C est à M. An({uctil ([ue nous devons les nouvelles lumières que nous nVons ac([uises sur un objet qui devient important par ses liaisons avec Hiistoire des Hébreux, des (irecs^ des Indiens, et peut-être des Chinois^
Tandis que les hommes traversent les mers , sacrifient leur repos , la société de leurs parcns , de leurs amis et de leurs concitoyens, et exposent leur vie pour aller chercher la richesse au-dcla des mers , il est beau d'en voir un oublier les mêmes avantages et courir les mêmes périb , pour Tinstruction de ses semblables et la sienne. Cet homme est M. Anquetil.
Le Zcîid-avesta est le nom commun sous lequel on comprend tous les ouvrages attribués à Zoroastre.
Les ministres de la religion des Parsis ou sectateurs
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modernes de Tancienne doctrine de Zoroastre , sont distingués en cinq ordres , les erbîds , les mobids , les destours^ les destours mobids, et les destours de destours.
On appelle erbid celui qui a subi la purification légale, qui a hi quatre jours de suite ^ sans interruption^ le Izeschné et le Vendidad , et qui est initié dans les cérémonies du culte ordonné par Zoroastre.
Si après cette espèce d'ordination , l'erbid continue de lire en public les ouvrages du Zrend, qui forment le rituel, et àexercerles fonctions sacerdotales, il devient mohid\ s'il n'entend pas le Zend-avesta , s'il se renferme dans l'étude de la loi du Zend et du Pehlvi , sans exercer les fonctions de ministre, il est appelé destour» Le destour mobid est celui qui réunit en lui] les qualités du mobid et du destour ; et le destour de destours est le premier destour d'une ville ou d'une province.* C'est celui-ci qui décide des cas de conscience et des points difficiles de la loi. Les Parsis lui paient une sorte de dixme ecclésiastique. En aucun lieu du monde les clioses célestes ne se dispensent gratuitement.
M. Anquetil , lors de son vovage à Surate , trouva les Parsis divisés en deux sectes animées l'une contre Fautre du zèle le plus furieux. La superstition produit partout les mêmes effets. L'une de ces sectes s'appelait celles des anciens croyons^ l'autre celle des réformateurs^ De quoi s'agissait-il entre ces sectaires , qui pensèrent tremper toute la contrée de leur sang? De savoir si \epenon, ou la pièce de lin de neuf pouces en carré que les Parsis portent sous le nez en certain tems , devait ou ne devait pas être mise sous le nez des agonisans. Quid rides ? inutiito nomine de te fabula narratur!
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Que proiluisit relie: ili.spult'? rc «juc les Iirrésies prodaisent tlans lotis les cultes. On remonte aux sources et , Ton s^inslruit. Les auciens livres de la loi des Parsîs furent feuilletés. Bientôt on s'aperçut que les ministres avaient alnisé de bi slu|)idité des peuples, pour Taccabler de pnriiications dont il nVtait point question dans le j^endy et iju(î cet ouvrage avait été défiguré par une foule d'interprétations absurdes. On se doute bien que ceux qui osiVent révéler aux ]>cuples ces vérités, furent traités de novaieun et XlmpieH. A ces disputes il i^v. joignit une autre sur le premier jour de rann<*e. Un linmnie de bien aurait en vain élevé la voix « et leur aurait crié : m Kli , mes frères, qu'im- » porte à quel jour Tannée commence? elle commencera » Iieurc^usement aujourd*liuî , demain , pourvu que vous » vous aimiez les uns les autres, et que vous ayez de » Tindulgencc pour vos opinions diverses. Croyez -vous » que Zoroastre n eût pas déclaré vos livres, s^il eût pensé » (pie chaque mot en deviendrait un sujet de bainc pour » vous? » Cet liomme de bien n'aurait été entendu qu'avec horreur.
M, Ancpietil profita de ces divisions des Parsis pour s'instruire et se |)rocurer les ouvrages qui lui manquaient. Bientôt il se trouva en état d'entreprendre en secret une traduction de tous Us livres attribués à Zoroastre. Il se forma une juste idée de la religion des Parsis; il entra dans leurs temples qu'ils appellent derimera^ et vit le culte qu'ils rendent au feu.
I/cnlliousiasnie le t^aijtia ; il jeta SQS vues sur le Sanskret, cl il songea à se jirocurcr les quatre Vedes. Les quatre A vAs^^ sont des ouvrages cjue les Bramines prétendent avoir clé composés, il y a cjuatre nulle ans, par
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Kresclinou. Ils se nonimeiil le samveda , le rldjoiipeda , Vatharnaçeda et le raghoiweda. Le premier est le plus rare. Il y avait une bonne traduction de ces livres , faite par Abulfazer, ministre d'Akbar, il y a environ deux cents ans, que M. Anquetil ne négligea pas. Il se procura des copies de trois vocabulaires sanskretaîns,l'Amerkosch, le Yiakkeren et le Nammala. Les deux premiers sont à l'usage des Bramines; le dernier est à l'usage des.Sciouras; Il conféra avec les principaux destours des lieux qu'il parcourut ; et il démontra par ses travaux infinis qu'il n'y a nulle comparaison à faire entre la constance de l'homme de bien dans ses projets et celle du méchant dans les siens.
Il apprit des auteurs modernes que la doctrine de Zoroastre avait été originairement divisée en vingt et une parties ; il y en avait sept sur la création et l'histoire du monde, sept sur la morale, la politique et la religion , et sept sur la physique et l'astronomie.
C'est une tradition générale parmi les Parsîs, qu'Alexandre fit brûler ces vingt -un livres, après se les être, fait traduire en grec. Les seuls qu'on pût conserver, sont le Vendidad , l'Izeschné , le Wisspered , les Jeschts et les Neaeschs. Us ont encore une traduction pehlvique , originale du Zend^ et un grand nombre de livres de prières, qu'ils appellent Nerengs , avec un poëme de cent vingt vers , appelé Barzournama , sur la vie de Roustoun , fils de Zoroastre , de Ssorab , fils de Roustoun , et de Barzour , fils de Ssorab.
Ce qui reste des ouvrages de Zoroastre, traite de \i\ matière , de l'univers , du paradis terrestre , de la dispersion du genre humain et de l'origine du respect que les Vursis ont pour le feu , qu'ils appellent ylthro-Ehremesr-
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(luopoi/irCf fils de Dieu. Il y rend romplc de Toriginc dri mal phytiffuc et moral, du nombre des anges ii qui la conduite de runiveri est conficfe , de c|uelc|ues faits tiis« toriques, de quelques rois de la première dynastie , et de la chronologie des héron de Ssillan et de Zaboulestan. On y trouve aussi des pn'dictions, des traits sur la un du monde et sur la r<!surrection^ d^excellens préceptes moraux et un traita; des rites et cérémonies três-dtendu. Le style en est oriental , des répc^tilions frc^ciuentes , peu de liaisons, et le ton de Tentliousiasme et de Finspiri;. Dieu est apfieléy dans le Zend , Meniotmepeneate ^ et dans le Pehlviy Madtnnadnfznuni ou XÊire abêorbé dan$ 9on excellence. Le texte des vingt-une parties ou nosks du l(%islateur Parsis, s*appelle Xcwcnta ou le monde, 11 est dans une langue morte toul-à-f'uit diflerente du pcblvî et du parsique. Ix;s plus savans destours ne disent rien de satisfaisant sur son origine. Ils croient a la mission divine (le Zoroustre. Ils nnsurent (|u'il reçut la loi de Dieu mrmct aprèi avoir |missc dix ans au pied de son trône. M, Anci uet il conjeclure (pnl In compoMi y retin* avec quelques collèf^ues linMIes entre des roeliers <;cart(;s ; conjecture c[U*il fonde sur la duret<^ nionlaf^narde et sauvage du style. I/alpliahet ou les caractèrc;.s de Xcn'cnUi s'appellent Zemh lU sont nets et simples; on en reconnaît Tantiquiti^ au premier coup d*u}il. Il peuM; (|ue le pchivi , langue morte, a été le véritable idiome des Parsis, qui en attribuent rinv<Mi1ion à Kaio-Morts, \v. preniicT roi. de leur première dynaMlie. Le earartère en v.sV nioin» pur et moins net que le /(;n(l.
Le pali/.cnd v.si nn idiome dont il ne reste que quelques nic)ts conservés dans les traductions peldviqucs.
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L'avesla est la langue des lems de Zoroaslre, il l'ap-. ' h porta dps montagnes ; les Parsis ne la, connaissaient pas avant lui. Le pehlvi est la langue qu'ils parlaient de son tems ; et le pabzend est l'avesta corrompu dont il leur, recommanda l'usage pour les distinguer du peuple; le pahzend est à lavesta ce que le siriaque est à l'hébreu. Mereod dans l'avesta, signifie il a dit , çt c'est meri dans le pabzend. L'alphabet du pahzend est compose du Zend. et du Pehlvi.
Les manuscrits sont de lin ou. de coton enduit d'un vernis sur lequel on discerne le trait le plus lëger. ,
Le Vendidad est un in-foL de 5 60 pages. Le mot veri" didad signifie séparé du diable , contraire aux maximes, du diable , ou l'objet de sa haine. Sade signifie pur, et sans mélange. C'est le nom qu'on donne aux livres Zend,^ qui ne sont accompagnés d^aucune traduction pehlvique.
Le Vendidad contient, outre sa matière propre , les deux traités de Zoroastre appelés YIzeschné et le f^isspered; parce que le ministre qui lit le Vendidad , est obligé de lire en même tems ces deux autres livres qu'on a 9 pour cet effet, divisés en leçons.
Le Vendidad proprement dit est le vingtième traité de Zoroastre. C'est un dialogue entre Zoroastre et le Dieu Ormusd, qui répond aux questions du législateur.
Ormusd est défini dans cet ouvrage, l'être pur, celui qui récompense > l'être absorbé dans son excellence, le créateur y le grand-juge du monde , celui qui subsiste par sa propre puissance.
L'ouvrage est divisé en vingt - deux chapitres appelés fargards'^ chaque chapitre finit par une prière qu'ils appellent Eschem voliouj pure, csccUcnlc. Celle prière