‹ Esprit de l'encycloped́ie, ou recueil des articles les plus curieux et les plus interessans de l'encycloped́ie en ce qui concerne l'histoire, la morale, la literature et la philosophieChapitre 6 sur 62 · TOMBEAU · texte numérisé non relu

TOMBEAU

loMBEAU. ( Hiat. ancienne. ) Partie principale d'an monument funéraire où repose le caHavre. C'eat ce que iea anciens nommaient arca^ et qu'ils faisaient de terre cuite 9 de pierre ou de marbre, creuse au ciseau carré^ ment ou i £Dnd de cuve , et courert de dales de pierre ou de tranches de marbre , avec des bas-reliefs et des inscriptions, n y avait aussi des tombeaux faits d'une espèce de pierre , qui consumait les corps en peu de tema* On les appelait sarcophages^ mange-chair , d*où est venu le nom de cercueil.

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Tombeau. ( Antiq. rom. ) Sépulcre plus on moins magni6que , où Ton met le corps des princes » dea grandi ou des riches , après leur mort.

Les rois d^ypte , pour se consoler de leur mortalité^ se bâtissaient des maisons ëternelles , qui devaient leof servir de tombeaux après leur mort : voilà TorigiDe da leurs obélisques et de leurs superbes pyramides.

Les Romains avaient trois sortes de tombeaux , sqnd^ chrum, , monumentum , et cenotaphium,

Sepulchrum était le tombeau ordinaire où l'on avait déposé le corps entier du défunt.

Le monument , monumentum , offrait aux yeux quat^ que chose de plus magnifique que le simple 8^palcr0|^

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«citait l'ëdlfice construit pour conserver la mémoire d'une personne , sans aucune solennité funèbre. On pouvait ëri«ger plusieurs monumens à l'honneur d'une personne ; mais on ne pouvait avoir qu'un seul tombeau, Gruter a rapporté l'inscription d'un monument élevé en l'honneur deDrusus , qui nous instruit en même tems des fêtes que I on faisait chaque année sur ces sortes de monumens.

Lorsqtt'après avoir construit un tombeau , on y célébrait les funérailles avec tout l'appareil ordinaire , sans mettre néanmoins le corps du mort dans ce tombeau , on rappelait cenotaphium^ cénotaphe; c'est-à-dire, tombeau vide. L'idée des cénotaphes vint de Popinion des Romains qui croyaient que les âmes de ceux dont les corps n'étaient point enterrés , erraient pendant un siècle ie long des fleuves de Tenfer, sans pouvoir passer dans les champ Elysées.

Hœc omnisçuam cernis inops inhumataque turha est»

On élevait donc un tombeau de gazon, ce qui s'appelait injectioglebœ. Après cela y on pratiquait les mêmes cérémonies que si le corps eût été présent. C'est ainsi que Virgile, Enéide , liv. VI ^ fait passer l'âme de Déiphobus , 9ioiqu*En& ne lui eût dressé qu'un cénotaphe. Suétone, dans la vie de T empereur Claude , appelle les cénotaphes des tombeaux honoraires , parce qu'on mettait dessus ces mots, ob honorent j ou memoriâ; au lieu que dans les tombeaux où reposaient les cendres, on gravait ces lettres D. M. S. pour montrer qu'ils étaient dédiés aux Dieux mines.

Cependant, comme ce n'était point en réalité qu^on bisait les funétailles de la personne en Thonneur de la-

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sonnances dans la musique ne nuisent point i l'ace or total.

On insiste , et Ton dit que le changement de rcligioii entraîne souvent des révolutions dans le gouvernement et dans Tétat. Â cela je réponds encore que Tintolérance est seule chargée de ce qu*il y a d*odIcux dans cette imputation; car y si les novateurs étaient tolérés^ ou n'étaient combattus qu'avec les armes de TËvangile, rétatne souffrirait point de cette fermentation des esprits ; mail les défenseurs de la religion dominante sVIèvent avec fu««. reur contre les sectaires, arment contre eux les puissances, arrachent des édits sanglans, soufflent daas tous les cœurs la discorde et le fanatisme » et rejettent sans pu* deur sur leurs victimes les désordres qu'eux seuls ont produits.

 l'égard de ceux, qui, sous prétexte de religion, ne cherchent qu'à troubler la société , qu'à fomenter les svditions , à secouer le joug des lois , réprimez-les avec sévérité, nous ne sommes point leurs apologistes; mais ne confondez point avec ces coupables ceux qui ne vous «lemandent que la liberté de penser, <le professer la croyance qu'ils jugent la meilleure , et qui vivent d'ailleurs en fidèles sujets de l'État.

Mais , direz-vous encore , le Prince est le défenseur de la foi; il doit la maintenir dans toute sa pureté, et s'opposer avec vigueur à tous ceux qui lui portent atteinte; si les raisonnemens , les exhortations, ne suffisent pas, ce n'est pas en vain qu'il porte l'épée , c est pour punir celui qui fait mal, pour forrcr les rebellcf? à rentrer danS'lo sein de rp^glise. Que vcux-lu donc, barbare? égorger ton frère pour le sauver? mais Dieu tVt-il chargé dv cet hor-

tiWe emploi? a-t-il remis entre tes mains le soin de sa Tengeance? D'où saîs-tu qu'il veuille être honore comme les démons 7 Va , malheureux , ce Dieu de paix désavoue tes affreux sacrifices; ils ue sont dignes que de toi.

Nous □'entreprendrons point de Rzer ici les horaes précises de la tolérance , de distinguer le support charitable que la raison et l'humanité réclament en faveur des errans , d'avec cette coupable indifférence , qui nous bit voir, sous le même aspect, toutes les opinions des biHnmes. Nous prêchons la tolérance pratique et non point U spéculative ; et l'on sent assez la différence qu'il y a entre tolérer une reUgion et l'approuver. Nous renvoyons les lecteurs curieux d'approfondir ce sujet au commen- Uirc philosophique de Bayle, dans lequel, selon nous, ce beau génie s'est surpassé.

M. ROMILLI fils.

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Hrt f^fM fliin« rKi«l« rompent runionpoUtiquCy relâcbi ili«««ilrriil lr« litf;ri/i «le l;i [latricy pour concentrer < lf*lir« v^ir^fn \vurn Mnt'c:lîoiM et leur» intérêts , et sont ] fli«piH«'« A «ncrifirr la iiOf:lrtc générale à leur société lii}ull^ri«. Kn un mot, que TKtnt soit u/i, que le pi unît nffnni Iniii r.iioyrn • f|u*il Miit soumis comme nulrr A In pui««Minrr ilu souverain , aux lois de sa pa f|Uii Atin NUtorili* pumnrnt spirituelle se borne à instr A i>xlinitrr • A prOrlirr Ih vertu ; quM apprenne de soi tin Maltro quo mui n^pir nVst pas de ce monde; car iNkt |H'i«lu nî vou» liiissrx un instant dans la mâme nu ||liii\«M't IVn«TMMMr.

H*^l** fi^fêf^tulr. Ucs|HTtcii inviolablement les d ili* U %vn«oirncr lian,^ tout ce qui no trouble point 1 viOti'» I «»^« vviTUv^ !i|Wt*uUli\C!( MMit indiflVrcntt^ à T U*\»\vi^»tO div» opuiKUu ri^iiucr^ touiours |virrai les AtiMii «nqMitUtty quo HuMumc: Li écrite prvxluit de i<\WW<«% \SMUUW le :>\^V\l d^-^ impurv^to et de* taches : n \Kmh' ^^« ^x^trr un mal iii<« it aMc % <*» «'mpIojiAt v\ W t>*4^ js*«v W d\*^;»\*t\Kr : punis*'» l<* crin'»<'5;aTei

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n perfection qu'il est impossible de n'y pas découvrir ; les » mêmes poids dans la police , les mêmes mesures dam » k commerce 9 les mêmes lois dans l'État ». la même re- » lig^n dans toutes ses parties ; mais cela est-il toujours » à propos et sans exception 7 le mal de changer est-il tou- » {oors moins grand que celui de souffrir? et la grandeiur » du génie ne consisterait-elle pas mieux à savoir dans » <piels cas il uni de l'uniformité , et dans quels cas il » fiiut des différences. » En effet , pourquoi prétendr^e à une perfection incompatible avec notre nature? la diversité des sentimens subsistera toujours parmi les bommes ; l'histoire de l'esprit humain en est une preuve continuelle; et le projet le plus chimérique serait celui de ramener les hommes à Tuniformité d'opinions. Cependant, dites-vous, Fintérèt politique exige qu'on établisse cette uniformité, qu'on proscrive avec soin tout sentiment contraire aux sentimens reçus dans l'Etat^ c'est-à-dire qu'il faut borner l'hoBune à n'être plus qu'un automate , à Tinstruire des Ofiaùim» établies dans le lieu de sa naissance, sans jamais oser les examiner ni les approfondir , à respecter servilement les préjugés les plus barbares, tels que ceux que nous combattons. Mais que de maux , que de divisions n'entraîne pas dans un Etat la multiplicité des religions? L'obfection se tourne en preuve contre vous , puisque l'intolémnce est elle-même la source de ces malheurs ; car si les pirtk différens s^accordaient un mutuel support et ne cherefaaient à se combattre que par l'exemple , la régularité des mœurs^ l'amour des lois et de la patrie; ^i c'était là l'iiBique preuve que chaque, secte fit valoir en faveur de sa crojfance ^ l'harmonie «t la paid^ i^ëgneniient bientôt da» rÉlat| malgré la variété d'opinions, comme les dis-

Su KSPRIt

quelle ce tombeau vide dtait construit , les iurisoonsaltes ont beaucoup disputé, si le cénotapbe était religieux. Marcian le prétend, Ulpien le nie; et tous deux se fondent sur divers endroits de V Enéide : mais il est aisé de les concilier, en distinguant le cénotaphe consacré dans les formes, de celui qui ne Ta point été avec les cérânonies requises. Virgile lui-même a décrit les cérémonies de cette consécration, en parlant du cénotaphe élevé en llioimear d'Hector sur le rivage feint du fleuve Simoïs.

SoUmnes Conforte dapes , et tristia dona À nie urbem in locofalsi Simoenlis ad undam Libabai cineri Àndromache^ manesque vocabai Hedoreum ad tumulum , puidi çuem cespiU inànem Et geminas , causant iacrimis , sacraoeral aras»

On ne peut pas douter que la consécration n'ait été nécessaire pour rendre le cénotaphe religieux , puisque Ton apprend par plusieurs inscriptions, que ceux qui faisaient construire leur tombeau pendant leur vie^ le consacraient dans la pensée qu'ils ne pourraient passer pour religieux ,

si par quelque aventure leur corps n'y était pas mis après leur mort.

Les gens de naissance avaient aussi dans leurs palais des voûtes sépulcrales, où ils mettaient, dans différentes urnes , les cendres de leurs ancôtres. On a trouvé autrefois à Nîmes une de ces voûtes , pavée de marqueterie, et garnie de niches dans le mur, les([ucllcs niches contenaient chacune des urnes de verre; remplies de cendres.

La pyramide de Gcstius, rjui contenait intérieurement une chambre admirablement peinte, n'était que le tombeau d'un particulier; mais il faut considérer ici

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principalenient les tombeaux ordinaires de la nation. Il y enrayait de famille, d^autres héréditaires, et d'autres qui n'avaient aucune destination* On trouve cette différence dans les lois du digeste et du code , sous le titre de religiosisj ainsi que dans le recueil éT inscriptions publié par les savans.

Les tombeaux de famille étaient ceux qu'une personne faisait faire pour elle et sa famille, c'est-à-dire, pour ses enfans , ses proches parens et ses affranchis. Les tombeaux héréditaires étaient ceux que le testateur ordonnait pour loi , pour ses héritiers , ou pour ceux qui l'acquéraient par droit d'héritage.

Tout le monde pouvait se réserver un tombeau particulier , où personne n'eût été mis. On pouvait aussi dé^ fendre , par testament , d'enterrer dans le tombeau de famille , aucun des héritiers de la. famille. Pour lors on gravait sur le tombeau les lettres suivantes : H. M, H. N. S. hoc monumentum hœredes non sequitur; ou ces autres : H» Al» ad H. JV. TRANS, hoc monumentum ad Ao?redes non transit-^ le droit de ce monument ne suit point rhéritier ^ c'est-à-dire que les héritiers ne pourraient disposer de l'endroit où était le tombeau, et que ni l'endroit , ni le tombeau , ne feraient partie de l'héritage.

On peut voir dans les anciennes inscriptions sépulcrales, les précautions que l'on prenait pour que les tombeaux subsistassent dans les différens changemens de propriétaires. Outre qu'on le gravait sur la tombe , outre les imprécations qu'on faisait encore contre ceux qui oseraient violer la volonté du testateur , les lois attachaient aox contraventions de très-grosses amendes. En un mot , les tombeaux étaient du nombre des choses

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