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titude, et ils se vengeaient, en médisant d'elle, de l'empire qu'elle exerçait sur eux. et auquel, par entraînement et par affection, ils ne pouvaient se soustraire. Le principal trait de son caractère était une loyauté d'impression qui lui faisait souvent tort. Elle n'avait pas cette indulgence hypocrite des personnes à qui tout est indifférent. La fausseté, le calcul, la bassesse lui inspiraient une noble indignation, qu'elle ne pouvait dissimuler. Son esprit passionné se révoltait, et. dans son juste mépris, les mots les plus spirituels, les plaisanteries les plus piquantes échappaient à son éloquence. Les sots ne manquaient pas autour d'elle pour ramasser les miettes qui tombaient de sa table, et bientôt ses bons mots étaient colportés de salons en salons, altérés, dénaturés par la malice, et surtout dépouillés du sentiment généreux qui les avait inspirés; car. lorsqu'elle employait ses armes, c'était toujours pour défendre un ami, pour laver une personne innocente d'un soupçon qu'un autre méritait: jamais un sentiment personnel n'éveillait sa malignité: mais par malheur ses plaisanteries étaient bonnes, elles faisaient image; elles étaient empreintes, pour ainsi dire, de cette poésie de la gaieté qui la colore et la rend vivante: elles restaient; ceux quelle frappait ne s'en relevaient point, et de là venait quelle passait pour une femme méchante qu'il fallait craindre. Eh! sans doute, il fallait la craindre et la fuir mi'me, lorsqu'on vivait d'une turpitude ou lorsqu'on étalait un vice.
« Avec une noble et sincère iiénérositè, avec ce dévouement sans bornes, ce zèle éclairé d'une amitié vi\ace qui n'est arrêtée dans ses élans ni par la certitude de nuire ni par la crainte de déplaire, quMIe chaleur elle mettait ii faire valoir l'esprit et les avantage'^ de sos amis; quel empressement à los >'^r\ir: qn<» de malh'^ur-; elle ;i\nit pr»>-
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\enus par son habileté bienveillante; que de familles elle avait réconciliées; que dennemis elle avait rapprochés; que de conseils bienfaisants elle avait donnés à son préjudice ; que de femmes soupçonnées réhabilitées par elle; que d'enfants repoussés lui devaient leur brillante existence ; que de talents méconnus tenaient leur prompte réputation de ses éloges; combien cette femme, d'une gaieté si vive, savait trouver de paroles consolantes pour la douleur! Cette bonté active et spirituellement dirigée, cette générosité de toute la vie, ne valaient-elles pas la bienveillance étudiée de telle autre femme, ses consolations inutiles et ennuyeuses, et les mauvais bouillons qu'elle envoyait à jour fixe à des indigents inconnus ^ ? »
Elle dit encore : « La vivacité de son esprit l'avait fait passer pour méchante. >; Ceux qui auraient donné ce nom affreux à madame de Girardin auraient été injustes; mais qu'elle ait eu le cœur malade, on peut le croire, et voici peut-être pourquoi il Tétait :
Madame de Girardin a presque toujours jugé en perfection le monde quelle a vu de près; il est facile pourtant de reconnaître que, par la situation même qu'elle occupait, elle n'a pas pu tout voir. Elle a, comme il arrive à chacun, généralisé trop vite des observations qui pour être multipliées n'en sont pas plus propres à devenir des lois universelles. Ainsi elle s'est trompée, selon nous et selon la justice, lorsqu'elle écrit quelque part : « Il y a dans toutes les opinions violentes un fond de souvenirs ou de projets, une arrière-pensée de place perdue, obtenue ou à obtenir. Lorsqu'on sait que chacun juge l'intérêt général de sa position particulière, toute distnission devient inutile. Ce n'est pas