‹ Esprit de Mme de GirardinChapitre 4 sur 31 · I. Le Loiynoii · texte numérisé non relu

I. Le Loiynoii

AVERTISSEMENT

que les opinions manquent de bonne foi; oh! chacun est de bonne foi dans son intérêt; mais elles manquent de stabilité, et, tout en contrariant la plus exagérée, on prévoit les chances qu'elle a de se modifier, le danger qu'elle court de changer ^. » Il existe des opinions parfaitement désintéressées, comme il est vrai que l'homme a des devoirs, et c'est pour avoir versé sur la pente du scepticisme que l'auteur de Napoline a souffert si cruellement; si Ion veut être heureux, il faut mépriser ce qui est méprisable, mais s'attacher avec toute l'énergie possible à l'amour de la beauté morale; il faut y croire et n* désespérer jamais de la trouver réellement. Cette foi. c'est le remède sacré, le préservatif de l'âme au milieu du monde, la seule garantie contre le désespoir. Madame de Girardin n'a pu s'empêcher d'être misanthrope ; mais ce chagrin intime et rongeur nous a valu, à nous, bien des pages émouvantes. Ainsi les angoisses d'un poëte donnent naissance à Werther, à René, à Manfred; le public s'attendrit, sympathise, compatit... et recueille avec un plaisir étrange les larmes de la douleur sincère qui s'épanche devant lui. Les cris les plus terribles sont ceux qui le touchent le plus, s'ils partent d'un cœur qui se brise. D'ailleurs les âmes qui sont de bonne foi ont beau souffrir du scepticisme, il ne saurait en prendre pleinement possession ; elles ont leurs moments de retour et de croyance consolante. ^Madame de Girardin nous en fournit elle-même la preuve dans un passage peu remarqué de ses Lettres parisiennes, où elle disait : « Pour un homme de cœur, il est beau de dire : « Ce qui est mal réussit... et je ne veux « pas réussir. Je n'ai, pour arriver au but, qu'une petite « mauvaise action à faire, pas très-mauvaise encore... eh

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