Le Lorgnon
A V R R TI s; S F- M R N T.
'( bien, je ne la ferai pas. Il ne s'agit que d'être un peu « lâche un ^;eul incitant pour èlre très-heureux toujours... '( eh bien, je ne veux pas être là' he. Tl s'aiïit de mentir une (f fois pour obtenir ce quf^ je rêve... eh bien, je ne veux (( pas mentir. » Se priver d'un brillant destin pour rester conséquent avec ses principes, se sacrifier à une idée qui ne doit vous rapporter que des ennuis, savoir qu'on sera mal jugé et braver ce cruel jugement des hommes, oui, cela est beau, c'est tout simplement prouver Dieu. »
Le chapitre de l'amour est un des plu«J riches, le plus riche peut-être de ce livre. Personne ne s'étonnera qu'une femme spirituelle, très-habituée à observer, à réfléchir, ait appliqué souvent sa pénétration à se rendre compte d'un sujet qui sera toujours, quoi que l'en fasse, le plus intéressant de tous.
Seulement il faut lire ce qu'en a écrit madame de Girard in avec les mêmes sentiments qu'elle a eus elle-même : interpréter au séi ieux ce qui est sérieux, sourire de ce qui est plaisant, accepter comme paradoxal ce qui n'est qu'une pointe taquine, une boutade contie des vérités trop communes. La critique morose et pédante n'a rien h voir dans les jeux d'un esprit qui se donne à lui-même le spectacle des opinions et des exagérations fantastiques. Ce n'est pas ici une raisonneuse de Thotol de Rambouillet, qui pèse ses mots, veille sur leur sens et platonise ; non, mais une personne dont la pensée agile court librement avec les grâces (Tune piquante désinvoltuie, ne se refusant ni les audaces, ni les indiscrétions, ni les moqueries, ni les futilités pern.ises. Avant I8:M. D'-lphine ne fut et ne pouvait être (pi'up.e éloquente rhétoricienne; ce qu'elle a dit de l'amour jusque-l;i n'était guère que l'amplification de quelque thème po( tique; mais madnm;» d» dirardin, mêlée au monde.
A VF, RTi^^>K>rr;xT u
vivant commo une femme trè?-distin»uee (ian>î une société très-intelli?ente, n'y a pas fermé ses yeux et bouché ses oreilles. N'étant ni une pensionnaire ni une prude, ellp a pu dire sans inconvénient le secret de bien des comédies, ou, comme un artiste qu'elle était, jouer avec tout, même avec les pensées, les impressions, les caractères, qu'au fond elle respectait le plus. Une pochade, crayonnée en blanc sur la toile où le peintre va représenter quelque -cène n^ble et grave, est une plaisanterie inoffensive qui n'insulte à rien et met seulement les facultés en éveil. Carlo Vernit n'a-'-il pas été un maître à la m(vle. de son temps, dan- le i^fr.v sévère: un maître aussi dans la caricature?
Mais nous rougirions de garder davantage la |)aro1f\ no l'ayant prise que pour annoncer le caractère de ce recueil, et nous la cédons en hâte à M. de Lamartin'^.
LE*^ r.DiTErR'^;