‹ Esprit des lois, livres I-V;Chapitre 5 sur 279 · Considératiiins, riii · texte numérisé non relu

Considératiiins, riii

qu'elles donnent à la nation, elles sont souvent utiles '. «

JDéjàjuissi voyons-nous ap^^araître en germe dans les ^on- Mdlvations le principe de la sép^aration des pouvoirs : « Les lois de Rome avaient sagement divisé la puissance publique en un grand nombre de magistratures qui se soutenaient, s'arrêtaient et se tempéraient l'une l'autre. »

Une des plus belles pensées de Montesquieu, et des plus vérifiées par l'expérience, c'est la nécessité des divisions, c'est-à-dire des partis dans les États libres ; il n'est nullement effrayé de ces divisions, et il y voit le signe d'une vraie vie politique, tandis que la paix apparente du despotisme n'est qu'une mort lente : c'est, dira-t-il plus tard dans VEsprit des lois, « le silence d'une ville que l'ennemi vient d'occuper ».

Aussi pour lui la lutte des plébéiens et des patriciens n'est j)oint du tout, comme l'ont pensé tous les auteurs, la cause de la perte de la république. Cette vraie cause, ce fut la grandeur exagérée de la villa et de l'empire. Ces divisions au contraire étaient nécessaires à Rome : « Demander à un État libre des gens hardis dans la guerre et timides dans la paix, c'est vouloir des choses impossibles; et, pour règle générale, toutes les fois qu'on verra tout le monde tranquille dans un État qui se donne le nom de république, on peut être assuré que la liberté n'y est pas ^. »

Ce n'estpas, bien entendu, queMontesquieu soit unpartisan de l'anarchie et un ennemi de l'ordre : personne ne le supposera : il n'entend parler bien évidemment que des divisions pacifiques, tout au plus de ces retraites volontaires du peuple qui amenaient les nobles à composition sans effusion de sang. Ce qu'il combattait, c'était l'ordre mensonger des États despotiques, sous l'apparence duquel « il y a toujours une division réellç... et si l'on y voit de l'union, ce ne sont pas des citoyens qui sont amis, mais des corps ensevelis les uns auprès des autres ^ ».

On ne saurait assez dire à quel point Montesquieu a détesté

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