Ibid., IX
le despotisme : rien de plus étrange que cette passion chez un homnne né dans les rangs pmilégiés, et après tout sous un gouvernement assez doux; il déteste non seulement le despotisme odieux des monarques asiatiques ou des Césars romains, mais ce despotisme tempéré et régulier tel qu'Auguste avait essayé de l'établir. » Auguste, dit-il, établit l'ordre, c'est-àdire une servitude durable; car dans un État libre où l'on vient d'usurper la souveraineté, on appelle règle tout ce qui peut fonder l'autorité sans bornes d'un seul, et on appelle trouble, dissension, mauvais gouvernement tout ce qui peut maintenir l'honnête liberté des sujets*. »
L'Esprit des lois. — Nous avons vu naître et grandir la pensée politique de Montesquieu : il est temps de saisir cette pensée dans toute sa maturité et dans toute sa force, et de revenir au chef-d'œuvre du maître, à l'Esprit des lois^.
Les principf,s. — On a reproché à Montesquieu la pensée et la méthode de son livre. Montes£uieu,a-i2^on^U, a. plutôt étudié^e £ui jst que ce gui doit être ; il a des raisons pour tout ; tous les faits trouvent grâce à ses yeux, et quand il peut dire pourquoi une loi a été faite, il est satisfait, sans se demander si elle aurait dû l'être. 11 seniitlerait, à entendre ces critiques, que Montesquieu fût de l'école de Machiavel, et qu'à l'exemple du politique du xv« siècle, il ait élevé un monument à l'utile au détriment de la justice^.
Rien n'est plus injuste que ces imputations. Le premier chapitre de l'Espiit des lois y répond d'abord suffisamment. Que dit Montesquieu? Qu'il y a « des rapports nécessaires dérivant de la nature des choses » : et c'est là ce qu'il appelle