‹ Esprit du p. FaberChapitre 11 sur 435 · XII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XII INTRODUCTION

la foule triviale des touristes. Il se faisait montrer les chambres où avaient vécu les Saints, où ils étaient morls dans la lumière et dans l'amour. Le culte des reliques n'avait plus rien qui l'étonnàt, et ses préventions protestantes étaient, à ses yeux, autant de maladies dont il aimait à guérir. Quand une intelligence en est là, quand elle aime la lumière, quand elle est folle à ce point, elle est sauvée, et j'oserais volontiers dire que Dieu ne saurait guère lui refuser le salut.

Le P. Faber dut garder toute sa vie un souvenir vivant de son séjour à Rome en 1843. Transportons-nous auprès de lui pendant les mois lumineux et ardents de juin et de juillet, et essayons de peindre une de ses journées... Il se lève de bonne heure, réveillé par son amour du travail et par ce rude soleil de là-bas. Le voilà tout aussitôt qui se précipite dans les livres. Deux, entre autres, l'attirent et le retiennent. Ce sont les Œuvres de sainte Thérèse et la Théologie du P. Perrone, et dans tous ses écrits on reconnaîtra plus tard fort distinctement l'influence de ces premières lectures. Cependant # veut profiter des fraîcheurs de la matinée pour visiter quelque Sanctuaire inconnu, et il est aujourd'hui conduit par une invisible main vers les lieux bénis qui ont gardé le souvenir de saint Philippe de Néri. Il noue de très-intimes relations avec ce Saint, qui prend soudain une place immense dans son intelligence et dans son cœur. Je dirais volontiers que ce jour-là il est sacré Oratorien : et notez que ce sera là, en réalité, sa vocation spéciale et son caractère particulier. L'heure se précipite, et le jeune anglican s'arrache avec peine à ces foyers ardents où il a jeté son cœur. Il ne saurait oublier qu'il a un rendez-vous avec le

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