‹ Esprit du p. FaberChapitre 116 sur 435 · LIVRE CINQUIÈME. — LA VIERGE MARIE ET S. JOSEPH · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME. — LA VIERGE MARIE ET S. JOSEPH

fanl qui n'avait d'autre Pore que l'Éternel. Pour Marie, et pour lui-même, combien Jésus n'a-t-il pas daigné devoir à saint Joseph ! Il a effectué son paiement en sainteté.

(Bethléem, I. pp. 125-128 )

C'est par la comparaison du choix que Dieu a fait de saint Joseph, avec la charge qu'il avait à remplir, que nous arrivons à voir la gloire et la grandeur de cet humble époux de Marie, et à contempler avec respect et vénération les hauteurs de cette sainteté qui a pu être si familière avec Dieu. Nous sommes étonnés de voir que la familiarité doit être le trait distinctif de la dévotion à un aussi grand saint. Cependant, il nous est facile de comprendre que cette familiarité doit être la grâce spéciale accordée à cette dévotion : car il n'a surpassé tous les hommes dans l'esprit d'adoration que parce qu'il les a surpassés tous dans sa tendre familiarité avec Dieu.

(Le Précieux Sang, pp. 109- HO.)

...Joseph aussi s'approche pour adorer l'enfant Dieu qui vient de naître. L'ombre terrestre du Père éternel s'arrête doucement au dessus de l'Enfant. La naissance temporelle de Jésus est complète par la manière dont est ainsi figurée sa nativité sans commencement et sans fin. Joseph s'approche ; Joseph, le plus caché de tous les saints de Dieu, et enveloppé dans les nuages mêmes et les ombres qui environnent la source incréée de la Divinité. Son âme est un abîme de grâces sans nom, de grâce plus profondes que celles dont jaillissent les vertus ordinaires ; ce sont des racines qui ne cherchent pas à faire l'essai

de l'hiver de ce monde, mais qui attendent pour se développer et pour porter des fleurs merveilleuses devant la face de Dieu dans le monde à venir. Il ne nous est pas possible de donner un nom au caractère de sa sainteté. Nous ne pouvons le comparer avec aucun autre des saints de Dieu. De même que son office était unique, de même sa grâce a été toute spéciale ; elle a suivi ce qu'il y avait de particulier dans son office ; elle a été aussi unique. Joseph a été pour Marie parmi les hommes ce que Gabriel était pour elle parmi les anges, mais il a été plus rapproché d'elle que Gabriel : car Joseph était de la même nature que Marie. Il a encore été pour elle, après Bethléem, ce que saint Jean a été après le Calvaire, de sorte que probablement, s'il nous était possible de l'apercevoir, nous reconnaîtrions une certaine analogie entre. sa sainteté et celle du Disciple b-ien-aimé. Mais sa sanctification est cachée dans l'obscurité. Il est probable qu'il a reçu le don de la justice originelle comme saint Jean-Baptiste, quoique nous ne puissions pas dire si ce don lui a été accordé avant sa naissance, comme il l'a été à Jean et à Jérémie. Il convient aussi de croire que, par une grâce spéciale, il a été préservé du péché véniel. Ce qui est certain, c'est qu'il a été un A-aisseau de la prédilection divine, prédestiné de toute éternité à un office particulier et incomparablement sublime, et revêtu des grâces les plus magnifiques qui étaient destinées à le rendre digne de cet office. Car quelque merveilleux que fût son office à l'égard de Marie, l'office qu'il avait rempli envers Jésus était encore de beaucoup supérieur, à moins peut-être que l'on ne dise, ce qui est plus vrai, que le premier n'était qu'une partie du second.

Il était en face de Jésus, il était visiblement à la place du Père éternel. C'est pourquoi il était aimé d'une manière toute particulière par la Personne divine qu'il représentait dans une fonction si imposante et aussi d'une manière toute particulière par la seconde et par la troisiè me Personne de la Sainte-Trinité,

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